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‘ Monsieur,
# J'ai l'honneur d’accuser réception de la copie de votre pétition aux Chambres, que vous avez bien voulu m'adresser. Je ne manquerai pas de l'appuyer de tout mon pouvoir, si je suis consulté à ce sujet.”
“ J'ai l'honneur d’être, ‘ Monsieur, “ Votre très-obéissant serviteur, (Signé) P.-J.-0. CHAUVEAL,
‘“ Surintendant de l'Education.”
Qu'il soit dit en passant que l'Honorable Chauveuu
s'est toujours montré d’une grande bienveillance
toutes les fois qu'il s’est agi de l’éducation de la jeu
nesse, et du soutien de nos maisons religieuses.
Malgré ces pressantes sollicitations, et vu le mau-
vais état des financos du pays, certifié par l’'Honorablo
Chauveau, dans une lettre adressée à M. G. Potvin, et qui ôte tout espoir de secours demandé dans les requètes susdites, M. le curé d'alors, le Révd. Epiphane Lapointe, après une adresse très-vive et une invitation des plus chaleureuses faite à tout le comté
de Rimouski, ouvrit une liste de souscriptions, appe-
lée le livre des Fondateurs. Ce livre est conservé dans
les archives du Collége.
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L'examen du Collége eut lieu au milieu d’un concours considérable de parents et d'amis, et à la grande satisfaction de toutes les personnes présentes, le 17 juillet 1862.
Pendant les vacances, M. Potvin, avant d’entreprendre les travaux dans l’intérieur de l'ancienne église, obtint de la paroisse la résolution suivante, du 27 juillet 1862.
“ Vu l'intention de cette paroisse, exprime utéerieurement dans une assemblée publique tenue en mil huit cent cinquante-quatre : (1) Qu'ils ont l'intention bien arrètée de transformer et parachever l’ancienne Eglise en Collége Industriel pour le Comté de Rimouski, Mgr. l’Archevèque ayant déjà, dans une lettre du 7 février dernier, voulu approuver le projet qui lui en avait été soumis, les francs-tenanciers de la dite paroisse de St.-Germain de Rimouski, dans le désir de fonder une maison d'éducation supérieure, ont abandonné et abandonnent dès ce jour, à MM. les Commissaires pour les municipalité du village de St.- Germain de Rimouski, la pleine et entière Jouissance
(1) M. le Curé Tanguay avait obtenu, en 1854, de la fabrique et de l’Archevêque de Québec, Mgr. Turgeon, la permission de
convertir la vieille Eglise en Collége, dès que la nouvelle serait livrée au culte.
ou
de la bâtisse de l’ancienne Eglise et sacristie pour tout le temps qu'ils voudront la tenir pour Collège ou maison d'éducation sous la protection de Sa Grâce l’Archevèque de Québec, et la direction immédiate du Curé de la paroisse, qui en sora la tête naturelle et l’un des Commissaires, à moins qu’il ne jugo plus convenable de se faire remplacer en cette fonction par son adjoint, avec toute la latitude pour y faire les altérations et changements jugés nécessaires pour le but proposé.” (1)
MM. les Commissaires, voyant qu'ils n'avaient pas réussi dans leur demande auprès du Gouvernement cet voulant parachever une partie de l'intérieur de la vieille Eglise pour l'ouverture des classes, firent un appel à la générosité des paroissiens de Rimouski, par la voix éloquente de leur curé.
M. Potvin passa par toute la paroisse, frappant à chaque porte, pour obtenir los secours nécessaires.
Partout il rencontra de la bonne volonté et de la générosité.
Il recucillit un montant de près de 8800.00 dans la seule paroisse de St,-Germain,
(1) Feu M. Lapointe fut toujours grandement opposé à la formation d’un Collége classique ; ii ne voulait qu’un Collége Industriel et Agricole.
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Ce fut au moyen de cette souscription, payée en grande partie sur le champ, que, dans le cours du mois d'août, on prépara un premier étage dans l’an-
cienne église.
Les classes ouvrirent le 3 septembre, et M. Potvin prit la direction des études et du collége, par ordre de Mgr. de Tloa.
M. Potvin exercait aussi les fonctions de vicaire toutes les fois qu’il n’était pas retenu au Collége, cet c'était à cette condition qu'il recevait gratuitement sa
pension de M. Lapointe.
Il y eut, cette année-là, cinq professeurs ; tous surent mériter, par leur conduite exemplaire et leur habileté dans l’enseignement, l'estime de leur directeur, l’affec-
tion des élèves et la reconnaissances des parents.
M. Potvin sacrifia les quelques épargnes qu'il avait réalisées pendant son vicariat pour les travaux de la maison ; de plus, le salaire qu'il recevait du collége était employé pour le soutien de quelques elèves
pauvres.
Feu M. le Curé Lapointe continua à se montrer toujours grandement opposé à l’enseignement du latin;
il ne voulait qu'un collége industriel et agricole,
Il défendit expressément aux élèves de porter le capot bleu avec nervure, que les commissaires avaient adopté dans une de leurs délibérations, comme devant
ètre le costume des élèves.
Par respect pour la parole de leur curé, les commissaires décidèrent que les élèves porteraient le capot noir, réservant à plus tard le capot bleu pour ceux
qui étudicraient le latin.
Le cours du collège n'était encore qu'industriel et agricole; en conséquence on donnait régulièrement
des leçons d'agriculture.
Pour que cet enseignement ne füt pas inutile, et ne se bornât point à une simple théorie, on y ajouta quelques expériences ; et, pour les multiplier et engager les autres à les imiter, les Directeurs demandèrent des secours à la Chambre d'Agriculture et un dépôt d'instruments aratoires, par une requète adressée à
M. Sicotte, le 22 septembre 1862.
M. Sicotte accusa réception de la dite requête le 6 octobre de la mème année, mais les secours deman
dés ne furent pas accordés.
On donna seulement la minime somme de $100.00,
le 13 mars 1863, sur les instances réitérées de M,
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James Smith, alors membre de la Chambre d’Agticulture.
M. Picrre-Léon Lahaye fut nommé curé de Rimouski, le 15 novembre 1862,en remplacement de feu M. Epiphane Lapointe, qu'une maladie de - cinq semaines enleva à l'affection et à l'estime générale de ses paroissiens.
M. Lapointe doit ètre considéré, à juste titre, comme
un des premiers bienfaiteurs de cette nouvelle maison.
Ce fut lui qui, par ses vives ct pathétiques exhortations, engagea la paroisse de $St.-Germain à contribuer si généreusement en faveur du CoHége, et se-
conda M. Potvin dans ses énergiques efforts,
‘M. Lahaye se montra bienveillant envers le directeur et lui donna sa pension, en retour des services, que celui-ci lui rendait dans l'exercice du ministère
jusqu’en septembre 1863.
M. Lahaye, occupé des soins de sa paroisse, ne prit aucune part active dans la direction de la maison, bien qu'il en fût le Supérieur, en sorte que le Directeur seul était chargé de l'administration spirituelle
et temporelle de l'institution. (1)
(1) M. Pierre-Léon Lahaye vient de mourir à St.-Jean Deschaillons, le 25 du mois de septembre dernier, après quelques semai-
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Après l'examen d'hiver, qui eut lieu le 30 ct 31 janvier, M. le Directeur éprouva beaucoup de difficulté
de la part des élèves et des parents.
Tantôt on trouvait la règle trop sévère, tantôt on
inventait mille prétextes pour ne point suivre la classe.
Des parents se permettaient de venir faire la leçon au Directeur et de soutenir leurs enfants dans l’insubordination. Les uns prétendaient que l’eau du Collége rendait leurs enfants malades, les autres demandaient des amendements à la règle et mille autres choses encore.
M. Potvin ne se laissa décourager ni par les menaces, ni par les reproches ; il sut supporter toutes ces difficultés, et en même temps maintenir la règle et étabir le bon ordre. Il fallait se montrer ferme et
énergique, aussi le fut-il à un haut degré.
L'examen d'été eut lieu le 10 juillet, au second
étage du Collége, qui était alors d’une seule pièce.
nes de maladie, soufferte avec la plus grande résignation. Ce regretté confrère a dépensé les six dernières années de sa vie au service de cette paroisse, qui pleure à bon droit cette perte prématurée, Agé seulement de cinquante-trois ans, M. Lahaye a fait du bien partout. Nommé successivement vicaire à St.-Roch de Québec, missionnaire à Stanfold, curé à St.-Etienne de Beaumont, au Cap-Santé, à St.-Germain de Rimouski et à St.-Jean Deschaillons, toujours il a été sincèrement estimé de ses paroissiens, dont il avait toute l’affection.
Plusieurs membres du clergé y assistaient, ainsi
qu'un grand nombre de personnes instruites.
Les élèves obtinrent beaucoup de succès, Ils firent mémoire de feu M. Lapointe par un exposé de sa vie et de ses missions ; après quoi eut lieu la distribution des prix, au milieu des applaudissements répétés et à la grande réjouissance de toutes les per-
sonnes présentes,
Dans le mois d'août, le directeur fit un vovage à Québec, dans l'intérêt du Collége, et dans le but d'obtenir quelques livres pour les commencements
d'une bibliothèque.
Il reçut plus de 150 volumes, de M. le Secrétaire de l’'Archevèché. de M. le Princinal de l'Ecole Normale, M. Jean Langevin, et de la bibliothèque du Parle-
ment.
La biblic shèque du Grand-Séminaire renferme au-
jourd’hui 850 volumes environ, et celle du Petit
Séminaire 1200.
M. le Grand-Vicaire Langevin fut toujours un des plus fermes appuis de M. Potvin, dans toutes ses demandes auprès de l’Archevèque de Québec ; il défen-
dit bien des fois sa cause et lui obtint, à maintes
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reprises, plusieurs faveurs pour sa maison, quoiqu'il
fût à cette époque loin de soupçonner, qu'un jour, il
serait appelé par la voix de son supérieur à la charge de Grand-Vicaire de ce diocèse, pour lequel il con-
sacre cncore ses travaux et ses veilles.
Le latin ne fut introduit dans le Collége que dans l’automnede 1863, sur la demande réitérée du Directeur à Mgr. l’Archevèque, et sur une requête à Sa Grandeur, des élèves qui venaient de terminer leur cours
commercial.
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M. Potvin fut chargé, cette année encore, de Ia
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direction temporelle et spirituelle du Collège. Il
suivait régulièrement les classes, en les visitant tous
les jours ; il remplissait l'office de Procureur, surveillait
se
les élèves pendant les récréations, présidait au dortoir,
puis dirigeait les travaux intérieurs de la maison, ainsi que la construction de ses dépendances: de plus, il faisait régulièrement, deux fois la semaine, le
catéchisme, et tous les jours, une classe de latin,
M. Potvin fit des règlements plus complets que ceux des années précédentes, presque en tout conformes à ceux du Séminaire de Québec et du Collége Ste.-Anne. Ces règlements furent approuvés par Mgr. l’Archevé-
que et mis en vigueur.
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Le 29 septembre 1863, Mgr. de Québec établissait, sur la demande de M. le Directeur et des Commissaires, une corporation interne pour la gestion des affaires temporelles de la maison, et écrivait à M. Potvin, dans
les termes suivants :
“ Votre zèle et votre courage pour l'établissement et la bonne administration du Collége, sont pour moi un véritable sujet de consolation, ct me font espérer
un bel avenir pour cette institution naissante.”
Cette corporation devait se composer de M. le Curé de la paroisse, du Directeur et du Procureur du Collége, du plus ancien professeur de la maison et de toutes autres personnes qu'il plairait à Sa Grandeur
de nommer.
Le 31 octobre 1863, fut célébrée la première messe, dans la chapelle du Collége, par M. Georges Potvin, pour tous les bienfaiteurs de l’Institution ; l’autel était magnifiquement bien orné, grâce à la générosité
des dames du village St.-Germain. (1) Cette chapelle où se disait la sainte messe pour la
(1) Cette chapelle se trouvait où est aujourd’hui la salle de récréation de MM. les Ecclésiastiques du Grand-Séminaire.
Le calice fut donné par Mgr. l’Archevêque, le ciboire par la Dame de l’Honora: Juge Ulric Tessier, et une statue de la Ste.-Vierge par Madame Chalifour.
première fois, avait été consacrée à Marie le 25 octobre, par le cantique qui convenait à la fête du jour, (Patronage de Marie), au milieu des directeurs, des professeurs et des élèves ; puis suivirent Îles litanies de la Ste.-Vierge et la prière suivante composée par
le Directeur.
“ O divine Marie, vous que l'Eglise célèbre aujour- &# d’hui, sous le titre de Patronne des Humains, daignez “ accepter, en ce moment, une nouvelle famille age- “ nouillée à vos pieds, et lui permettre de venir vous “ saluer tous les jours dans ce nouveau temple qui “ vous est consacré, sur ce nouvel autel élevé en votre “ honneur ; oui, nous l'espérons, car jamais vous “ n'avez refusé de protéger ceux qui se sont rangés
“ sous votre douce protection. Déjà, nous nous som-
‘ mes dévoués à vous ; aujourd'hui nous nous donnons
— pa
encore, mais d'une manière plus solennelle ; unis
‘ tous de cœur et d'âme, remplis des mêmes désirs et
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des mêmes espérances, nous formons tous ensemble ‘le mème vœu, savoir: de vous aimer, vous plus” ‘* belle que la lune, plus radieuse que le soleil; de vous “ servir, vous reine des anges et des hommes ; de ‘“ chanter vos louanges partout où la Divine Provi-
‘“dence nous appellera dans ce séjour de la vie si
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‘ court et si passager, pour nous obtenir la grâce de
“ chanter, un jour avec vous, dans la céleste patrie.
‘ Ainsi soit-il.”
Le Surintendant de l'Education fit visite au bureau des Examinateurs, qui se tenait au Collége; il visita ct parcourut les différentes classes de cet établissement, fit un examen très-attentif ct crès-soigné sur la plupart des matières, tout en fuisant quelques remarques tant aux professeurs qu'aux élèves, puis manifesta une impression des plus favorables à In
maison,
Les élèves lui présentèrent une adresse de remerciments et de reconnaissance, ce qui leur mérita un
grand congé,
Le 6 janvier 1864, le Collége recevait la visite de l'Honorable Luc Letellier, ministre de l'Agriculture, accompagné de plusieurs notables de Rimouski. Une adresse des mieux exprimées lui fut présentée par les élèves. M. Ulfranc St-Laurent, aujourd’hui secrétaire de l’évèché de Rimouski, au nom de tous ses
confrères, fut chargé de la lire.
L’Honorable Letellier répondit avec bonheur, en remerciant les élèves d’une adresse si bienveillante,
ct les encouragea dans l'étude de la science agricole.
M. Potvin, sentant ses forces diminuer et voyant
que bientôt sa santé, déjà chancelante, ne pourrait plus
se soutenir, s’adressa à - Monseigneur pour obtenir du secours. Il supplia Sa Grandeur .de lui envoyer un prêtre et quelques ecclésiastiques, pour l'aider dans
ses diverses charges.
La réponse de l’Evêque fut des plus consolantes : elle lui promettait un aide dès qu'il le pourrait, et Ini disait en outre ces paroles pleines de bonté.
‘ J'ai lu avec grand intérèt votre bonne lettre du 11dece mois. Elle m'expose en toute simplicité votre sollicitude pour les élèves de votre intéressant collége, leurs bonnes dispositions, leurs succès et vos fatigues excessives. Dieu bénit sans doute votre
zèle et votre dévouement admirables.
# Je comprends que vous avez besoin d'aide dans la
tâche immense que vous vous êtes imposée, que vous ÿ à ne pouvez suffire seul.” À
M. Potvin, voyant la pénurie d'ecclésiastiques dans le diocèse de Québec, et l'impossibilité pour Mgr. d'en donner à sa maison, s'adressa aux Frères des Ecoles Chrétiennes, qui acceptèrent, mais à des conditions trop onéreuses ; c’est pourquoi ce plan ne pui
se réaliser.
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Dans le cours de juillet 1864, à une délibération de MM. les membres de la municipalité scolaire du village de St.-(rermain, la note suivante fut inscrite dans l’appendice au rapport de 1864, lequel fut adressé au Surintendant de l'Education. ‘“ Cette note, y est-il dit, pourra servir à expliquer certains malentendus qui pourront surgir dans la suite des années, c'est pour
cela qu'on x jugé à propos de l'inscrire ici.”
‘# Aux mots: de cette feuille, Date de sa fondation ‘ etpar qui fondé, il y a un changement qui s'explique ‘“ de cette manière : La corporation du Collége de ‘ Rimouski, voulant que justice soit rendue à qui de “ droit, déclare formellement que le Collége fondé par “ Je Révd. C. Tanguay a failli, et que la fondation du ‘€ Collège actuel de Rimouski est due au Révd. M. “ Greorges Potvin, c'est ce que veut aussi le Révd. M. ‘# Lahaye, qui ost regardé comme supérieur du collége, “ot enfin Sa Grandeur Mgr. de Tloa, qui dans ses “ correspondances, dit toujours : Nouveau Collège de
‘€ Rimouski.”
Nous ne voulons point nous prononcer sur la question du fondateur du Collége, qui a déjà été discutée, il y a quelques années, dans les journaux de Québec et
de Rimouski ; nous exposons seulement les faits ct
nous reproduisons les principaux documents, et le lecteur jugera.
L'ouverture des classes eut lieu le ler septembre 1864, et le Révd. Luc Rouleau, aujourd'hui curé de Matane, fut chargé do la direction des études et de la surveillance des classes, et demeura au Collége jusqu’à l'automne 1868.
Il y eut cette année 115 élèves, dont 27 étaient pensionnaires.
En octobre, M. le Directeur adress une requête pour demander à la Fabrique de Rimouski de céder la propriété du terrain où se trouvait le Collége. Mais, M. le Supérieur, curé de [x paroisse, s’opposa fortement à la concession du dit terrain. Par ce refus, la maison resta dans une grande gène, ne pouvant donner aucune garantie à ses créanciers, et éprouvant par là même un grand obstacle à son prompt perfec-
tionnement.
MM. Magloire Hudon, avocat, et André-Elzéar
, (rauvreau, régistrateur, furent les deux plus fermes
appuis que rencontra M. Potvin. Le premier se montra opposé pendant quelques temps, aux vues du directeur, mais comprenant bientôt son erreur, il
changea d’idée.
| t le Tous deux, par leurs conseils, leur dénérosité et leur dévouement, contribuèrent beaucoup à l'avancement nbre de l’Institution. Ils furent les meilleurs défenseurs du , de Directeur, au sujet de la règle que voulaient abolir le la certains parents, prétendant qu’elle gènait trop la liqu'à berté de leurs enfants.
Dans le mois de juillet 1566, M. le Directeur préaient senta à M. le Recteur de l’Université-Laval, M. T, Smith, pour l'examen du baccalauréat. (1) pour ARS Re pp en M. Smith s'était adressé lui-même, quelques Jours er la x Lo ; avant, à M. le Recteur pour son admission aux épreu- Mais, ves du baccalauréat et reçut la réponse suivante : forte- | us, la “ Universite-Laval, 19 mai 1866.
avant | oz ‘“ Mon cher Monsieur, uvant erfec- | “ C’est avec le plus grand plaisir que je vous verrai vous mettre au nombre des candidats du premier examen.
zéar : | ue | “ Veuillez croire, monsieur, que je félicite cordialemes | ; ment le Collège de Rimonski de ce qu'il se trouve si er se s du
(1) M. Smith est prêtre depuis quelques mois et vicaire à ur, il Carleton. Ce fut le premier ecclésiastique à qui Sa Grandeur Monseigneur de Rimouski donna la soutane, après son arivée dans son diocèse, le 16 juin 1867.
vite en état defournir un candidat, et que je souhaite aussi tout le succès possible à celui qui commence la liste des heureux candidats fournis par cette maison. ‘“ Votre dévoué serviteur, (Signé) E.-A. TACHEREAU, Ptre.
M. Théodule Smith, R. U. L.
Rimouski.
Comme M. le Directeur tenait beaucoup à présen-
ter le premier élève de sa maison aux examens de l'Université-Laval, il s'était chargé des frais du voyage.
Après l'examen du jeune candidat, M. Potvin reçut la note suivante de M. Taschereau, Recteur de l'Uni-
versité, et aujourd’hui Archevêque de Québec.
‘ Québec, 11 juillet 1866,
‘ Monsieur le Directeur,
“Je vous envoie ci-inclus le tableau des points
conservés par le premier élève de Rimouski qui subit
l'examen pour l'inscription. Sans être bachelier, il a
eu un succès qui doit l’encourager, puisque sur la liste
il yen a huit qui ont moins de points que lui. Je l’en
félicite de tout mon cœur et j'espère que ce ne sera
pas le dernier candidat que votre collége fournira à
ute
son.
ints subit il a liste l'en sera
Ma à
ces concours généraux si propres à exciter l’émulation parmi les professeurs aussi bien que parmi les élèves.” “ Votre tout dévoué, (Signé) E.-A. TASCHEREAU, Ptre.
M. Potvin demandait déjà depuis longtemps à Mgr. de Québec la faveur d’un second prètre qui serait
chargé de la direction des élèves.
Mgr. acquiesça à sa juste demande en ces termes : “ Archevèché de Québec, 27 mai 1866.
“ Mon cher monsieur,
‘ J'ai dessein do vous donner, cette année, un nouveau collègue qui serait directeur du collége, pendant
que vous en seriez le procureur et l’économe.
‘ Mais comme vous portez le plus vif intérèt à tout ce qui peut contribuer au progrès de ce collége, qui vous reconnaitra avec justice pour son fondateur, je ne voudrais rien faire en cette circonstance sans prendre
votre avis.
“ Le prètre que je voudrais vous donner pour asso-
cié, est M. Laliberté, dernièrement arrivé d'Europe,
bion connu par l'aménité de son caractère, et par son
habileté à conduire les jeunes gens, habileté dont il a
donné des preuves au Séminaire de Québec, où il a été employé durant douze ans comme professeur cet
comme maitre de salle.
“ Ayez la bonté de me donner votre réponse avant
la fin de juin.
“ Et je demeure bien cordialement
“ Votre dévoué serviteur, (Signé) “+ C. F., Evèque de Tlou.” M. Potvin accepta ce digne prètre avec la plus grande reconnaissance, et remercia Mgr. de la protection spéciale qu'il accordait au collége.
L'entrée des élèves eut lieu le 4 septembre 1866. Mgr. nomma M. Ferdinand Laliberté directeur ct
préfet des études ;
M. Georges Potvin, assistant-directeur et procureur;
M. John Colfer, professeur d'anglais et de rubriques,
et maitre de cérémonies ;
M. Luc Rouleau, professeur de belles-lettres, de ver-
sitication et de catéchisme.
Les ecclésiastiques, cette année, furent au nombre
de quatre, chargés chacun d’une classe et de la surveil-
‘son Lila a été
r ct
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lance des élèves. MM. Maxime Hudon, Chs. Rouleau,
Ernest Hudon et Placide Beaundet. (1)
Jusqu'à ce jour le collége de Rimouski avait été ‘angé dans la catégorie des colléges industriels, quoique les études classiques y fussent commencées,
mais non pas encore complétées, (2)
Si la divine Providence n'eût veillé sur ses commencements, il eût été impossible de le voir subsister ; c'est pourquoi M. Potvin disait souvent, à qui voulait l'entendre, que Dieu voulait cette institution, qu'il
avait des desseins évidents sur cette maison.
Que de contrariétés, de peines et d'épreuves M. Potvin n'eut-il pas à rencontrer, à endurer, à surmonter ! il était encouragé, il est vrai, par quelques membres du clergé, mais plusieurs se montrèrent
opposés à son œuvre.
Comme l’'Evêque était nommé et que ce collége devait être la pépinière de son clergé, les idées alors changèrent. On cessa de parler du collége, pour dire
(1) M. Ignace Langlais, ecclésiastique, fut envoyé au Collége
de Rimouski dès l’antomne *de 1864, et y demeura jusqu'aux vacances 1866.
(2) Dans l’automne 1866, on y enseignait la philosophie, dont le professeur était M. Ferdinand Laliberté.
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qu'il n’était pas temps de former un nouveau diocèse : tant il est vrai que les hommes ne songentpas assez que le doigt de Dieu marque tout pour sa plus grande
gloire.
M. Potvin, prévoyant que bientôt il se trouveraitdans l'impossibilité de continuer ses services au collège, demanda à Mgr. de Tloa de lui assigner un autre
poste pour refaire sa santé.
Mgr. de Tloa lui adressa la réponse suivante : “ Archevèché de Québec, 23 avril 1567.
‘ Mon cher M. Potvin,
“ En réponse à votre bonne lettre du 19 courant, je me sens pressé de vous dire que personne n’a plus d'estime et d’affection pour vous que moi ; personne n’a plus de reconnaissance que moi pour les services importants que vous avez rendus, en fondant comme vous l’avez fait, au prix de tant desacrifices héroïques et de votre santé, le collége si florissant de Rimouski ; institution si précieuse aujourd'hui pour le nouveau diocèse, et qui va être la ressource de l’Evêque et la pépinière de son clergé. VWoyez comme la divine Providence prépare toutes choses pour ses fins, à notre
insu, et vous êtes l’homme qu’elle a choisi pour ces