‹ Chronique des ducs de BourgogneChapitre 129 sur 142 · CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXV

Copie des trêves de noef ans.

Charles, par la grâce de Dieu, etc., à tous ceux elc, salut. Comme par ci-devant plusieurs journées ayent eslé tenues en divers lieux, entre les gens à ce commis et députés par le roy et nous , pour trouver moyen de réduire à bonne paix et accord les questions , divisions et différents estans entre nous, et sur icelles recouvrer, trouver et accepter finalement une bonne paix, laquelle chose jusques ici n'a peu prendre conclusion; considérant que à l'honneur et louange des princes chrestiens, riens n'est plus convenable que de désirer et avoir paix, de laquelle le bien et le fruict des choses terriennes et mortelles est si grand que plus ne pourroit :

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Nous, désirans envers Dieu, no^ire créateur, nous raonstrer vertueux, obéissans en toutes nos opérations par effect , affin que l'église vacquant au service divin , puisse prendre vigueur , et demourer en vraie et seure franchise et liberté; les nobles courages des hommes mortels habonder en repos et tranquillité, sans servitude d'armes, et que l'entretenement dé nos pays et seigneuries, tant au faict de la marchandise comme autrement, puist estre permanente, et l'estatd'un chacun demorer en son entier ; et conséquement le povre et menu peuple, ensemble tous nos subjects, puissent labourer et vacquer, chacun en droictsoi, à leurs industries et artifices sans quelqu'oncques violences et oppressions ; et en temps à venir , moyennant la grâce de Dieu, entre eux vraie et perpétuelle paix et justice nécessaire à tous chrestiens, garder, entretenir et conserver , et en icelle vivre ou mourir inviolablement : Ayons, par l'advis et délibéracion de plusieurs de nostre sang et gens de nostre grand conseil , faict , conclud et accordé entre le roi et nous, pour nous, nos hoirs et successeurs, et pour tous les pays, terrçs et seigneuries d'une part et d'aultre, trêves générales en la forme et manière qui s'ensuit :

Cy sont les articles faicts et accordés entre le roi et monseigneur le duc de Bourgogne , touchant la trêve faicte et conclue entre eux.

« Premièrement. Bonne, seure et lovale trêve, seur estât, abstinence de guerre, sont prinses,

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acceptées, formées, conclues et accordées par terre et par mer, et par eaues doulces, entre le roy et mondit seigneur de Bourgogne, leurs hoirs, successeurs , pays , terres , seigneuries , subjects et serviteurs, icelles trêves, sur Testât et abstinence de guerre, coiumenchantce jourd'bui, treiziesine jour de ce présent mois de septembre, durant le temps et terme de neuf ans, et finissant à semblable treiziesme jour du mois de septembre les dits neuf ans révolus, qu'on dira Tan mil quatre cent quatrevingt et quatre. Pendant lesquelles trêves, seur estât et abstinence de guerre, cesseront d'une part et d'antre toutes guerres, hostilités et voy es de faict; et ne seront faicts par ceux de l'un parti sur l'aultre, de quelque estât qu'ils soient , aulcuns exploicts de guerre, prinses ou entreprises de villes, cités, chasteaux, forteresses ou places tenues ou estans es mains ou obéissance de l'un ou de l'aultre^ quelque part qu'elles soient scituées ou assises, par assaults, sièges, emblées , esche 1 le ments, compositions , povoir, actions , ne sous couleur de debtes ou obligations , tiltres ne aultrement, en quelque forme ou manière que ce soit. Supposé que les seigneurs habitans desdites villes , cités , chasteaux , places ou forteresses, ou ceux qui en auront la partie, les voulsissent rendre , bailler ou délivrer de leur voulonté ou aultrement , à ceux du parti ou obéissance contre; au quel cas, s'il advenoit celui par lequel ou. à l'aveu duquel avoit estéprinse ladite ville ou villes, chasteaux, places ou forte-

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resses, l'on seroit tenu de faire rendre ou restituer plainement à celui sur qui ladite prinse avoit esté faicte, sans en délaisser la restitution pour quelconques causes ou occasions que ce soit advenu , en dedans huict jours après la sommation sur ce faicte de l'une des parties à l'aultre ; et au cas que deffault y auroit de ladite restitution , celui pour la partie duquel ladite surprinse aura esté faicte, pourra recouvrer ladicte ville ou villes , cités, chasteaux, placés ou forteresses, par sièges, assaults, eschellemeïits ou compositions , par voie de faict ou hostilité de guerre et aultrement, ainsi qu'il pourra, sans ce que l'aultre y donne empeschement, ou que, à l'occasion de ce, lesdites tresves seur estât , ou abstinence de guerre puissent estre dictes ne entendues rompues ne enfreintes , mais demoureront ledit temps durant en leur pleine et entière force et vertu. Et si sera tenu celui qui n'aura faict ladite restitution, rendre et payer tous cousts et dommages qui auroient esté ou seront faicls ou soustenus , en général et particulier, par celui ou ceux sur qui ladite prinse auroit ainsi esté faicte,

idtem, et par les gens de guerre ou aultre parti et alliances de mondit seigneur de Bourgogne , qui voudront estre comprins, ne seront faictes aulcunes prinses de personnes, courses, roberies, pilleries , logeis , appactis , ranchonnements y prinses ou descousses de personnes, de bestes ou d'aultres biens quelconques, sur les terres, villes,

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places , seigneuries, ou aultres lieux estans du parti ou obéissance du roy ; et pareillement , par les gens de guerre et aultres estans du parti et alliance du roy, qui vouldront estre comprins, sur sur les terres, villes, places, seigneuries, ou aultres lieux estants du parti et obéissance de monseigneur de Bourgogne ; ains seront et debvront tous les subjects et serviteurs d'un costé et d'aultre, de quelque estât , qualité ou condition qu'ils soient, chascun en son parti et obéissance, seurement , saulvement et paisiblement, de leurs personnes et de leurs biens; et y pourront labourer, marchander , faire et pourveoir toutes leurs aultres besongnes, marchandises, négociations et affaires, sans destourbier ou empeschement quelconque, et tout ainsi qu'en temps de paix.

« Item , pendant et durant lesdites trêves, seur estât et abstinence de guerre , les subjects, ofliciers et serviteurs , d'une part et d'aultre, soit prélats, gens d'esglise , princes , barons, marchands, bourgeois, laboureurs et aultres, de quelque estât, qualité ou condition qu'ils soient , pourront aller , venir, séjourner, converser , marchander , et autrement, en tels habillements comme bon leur semblera, pour quelconques leurs négoces et affaires , les uns avec les aultres, et les uns es pays et seigneuries et obéissance de Faultre , sans sauf-conduict et tout ainsi que bien polroit oncques aller et marchander en temps de paix et sans aulcun cjestourbier , arrest ou empeschement, si n'est

par voye de justice, ou pour debtes, ou pour les délicts, abus ou excès qu'ils y auront d'ici en avant perpétrés et commis ; sauf aussi que gens de guerre en armes et en puissance, ne pourront entrer de l'un parti en l'aultre, en plus hault nombre de quatre vingts ou cent chevaliers , ou en dessoubs; et ne seront dictes et proférées, à ceux

, qui iront ou converseront d'une part et d'aultre , aulcunes injures et opprobres , à cause du parti ; ets'aulcuns font le contraire, ils seront pugnis comme infracteurs des trêves.

« Et en oultre prélats ^ gens d'esglise, nobles, bourgeois, marchands, et aultres subjects, officiers et serviteurs d'un parti et d'aultre , de quelque estât ou condition qu'ils soient, durant lesdictes trêves, seur estât et abstinence de guerre, auront et retourneront à la joyssance et possession de leurs bénéfices , places , terres , seigneuries , et aultres biens immeubles , en l'estat qu'ils les trouveront ; et y seront receus sans empeschement , contredict ou difficulté, et sar?s en obtenir aultre lettre de main-levée , ne estre constraincts à en faire nouvelle féaulté ou hommage , en faisant servir en leurs personnes , ou par leurs procureurs , ou son lieutenant, soubs qui seront lesdicts bénéfices, places, terres, seigneuries ou biens immeubles , de non traicter ou pourchasser d'iceulx quelconques chose préjudiciable au parti où elles seront ; et les seigneurs du parti auxquels appartiendront places estans es frontières de l'aultre parti, en

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recepvant le délivrement d'icelles, proumetteront, jureront, et bailleront leurs scellés, de non en faire guerre au parti où elles sont, et que, lescKtes trêves expirées , les délaisseront en pleine obéissance au parti où elles seront. Toutes-fois, pour aulcunes causes et considérations, le roy est content que la place de Ramburs soit entièrement baillée et délivrée aux seigneurs d'icelle, sans y mettre aultre capitaine ou garde , podrveu qu'il fera serment, et aussi qu'il baillera son scel en la main d'iceluy qui lui fera ladicte restitution , que devant ceste présente trêve, ne après icelle finie, il ne fera ne pourchassera chose préjudiciable au roi, ne à ses pays et seigneuries; et ne mettra garnison en icelle place, qui porte ou face dommage à l'une ne à l'aultre partie. Et quant aux places et forteresses de Beaulieu et Vervins , mondict seigneur de Bourgogne consent , en lui faisant la délivrance réelle des villes et bailliages de Sainct-Quentin, et des places dont traicté est faict entre le roi et lui, les forteresses desdicts lieux abattues, la revenue et seigneurie demeurent entièrement aux seigneurs d'icelles. Et aussi est traicté et accordé , pour plus ample déclaration, que les terres et seigneuries de la Ferre , Ghastelet, Vendeul et de Saint-Lambert, dépendans de la comté de Marie ,demoureront au roy en obéissance, pour y prendre tailles, aides et tous aultres droicts, comme es aultres terres de son obéissance. La seigneurie et revenue d'icelle demoureront à monseigneur le

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comte de Marie, et pareillement les chasteaux, villes , terres , chastellenies et seigneuries de Marie, Gercy, Montcornet, Sainct-Goubain , aussi demoureront à mondict seigneur de Bourgogne en obéissance , pour y prendre telles aydes et tous autres droicts dessus dicts. La seigneurie et revenus demoureront au comte de Marie, selon le contenu de l'article précédent. Et aussi, en la présente trêve et abstinence de guerre, en tant qu'il touche lesdicts articles de conservation, hantise , retour et jouissance de biens , ne seront Comprins messeigneurs Baulduin, soi disant bastart de Bourgogne , le seigneur de Renty , messire Jehan de Chassa , et messire Philippe de Commines, ains e$ seront et demoureront en tout exceptés et fourclos. Et s'aulcune chose estoit faicte ou attemptée au contraire de ceste présente trêve, seur estât et abstinence de guerre , ou d'aulcun des poincts ou articles qui y sont contenus, ce ne tournera ne portera préjudice, fors que à l'infracteur ou infracteurs seulement, ladicte présente trêve toujours demourant en sa force et vertu, ledict temps durant ; lesquels infracteurs en seront pugnis si griefvement que les cas le requéreront ; et seront les infractures, s'aulcunes, sont réparées et remises au premier estât et deu , par les conservateurs cy après nommés, promptement, se la chose y est disposée , ou du plus commenceront à y besongner dedans six jours après que lesdictes infractures seront venues à leur congnoissance ; et ne partiront

Chroniques. T. XLIII. — J. Moliket. /. Il

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lesdicts conservateurs d'une part et d'aultre , d'ensemble , jusques à ce qu'ils auront appoincté et fait faire lesdictes réparations , ainsi qu'il appartiendra , et que les cas le requéreront. Et pour la part du roi seront conservateurs pour la comté de Sainct Waleri , et les autres places à l'environ, monseigneur le mareschal de Gamasces ; pour Amiens, Beauvoisis, et marches à l'environ, monseigneur de Torsi ; pour Compiègne, Noyon, et les marches à l'environ , le bailly de Vermandois ; pour la comté de Guise , la Terrace et Erteloix , le seigneur de Villiers ; pour la chas telle nie de la Ferre et Laon , le prevost de la cité de Laon ; pour le pays du roi, environ les marches de Bourgogne, monseigneur de Beaujeu y pourra commettre; pour le baillage de Lyonnois, le bailly de Lyon; pour toute la coste de la mer de France , monseigneur l'admirai y polra commettre •

Item y pourlapartde mondictseigneur de Bourgogne seront conservateurs pour le pays de Pontieu et Vimeu , messire Philippe de Crèvecœur, seigneur d'Esquerdes ; pour Corbie et la prévosté de Salloit etBauquesne, le seigneur de Contay; pour Péronne et la prévosté dudict Péronne, le seigneur de Clary, et en son absence le seigneur de la Bergerie. Et pareillement , pour les prévostés et villes de Montdidier et Roye, et places là environ , pour Arthois, Gambresis et Beaurevoir, Jehan de Longue val , seigneur de Vaux ; pour la comté de Marie , monseigneur de Hombercourt ; pour le

pays de Haynault, le seigneur de Aymeries, grand bailly de Haynault ; pour le pays de Liège et de Namur, mondict seigneur de Hombercourt, lieutenant de mondict seigneur le duc èsdicts pays ; pour le pays de Luxembourg, le marquis de Rotelin ; pour le pays de Bourgogne , ducé et comté , villes et places à l'environ, estans en l'obéissance de mondict seigneur , monseigneur le marescal de Bourgogne, qui commettra particulièrement en son lieu, où il sera besoing; pour le pays de Masconnois et places à l'environ , messire Tristan de Toulonjon , gouverneur dudict Aussoire ; pour la ville et chastellenie de Bar-sur-Seine et places à l'environ , le seigneur des Champs; pour la mer de Flandres , messire Josse de Lalaing, admirai ; pour la mer de Hollande , Zellande , Arthois et Boullenois, monseigneur le comte de Bouchain, admirai desdicts lieux.

« Item , et s'il advenoit que, durant et pendant le temps de ladicte trêve , aulcuns des conservateurs, d'une part et d'aultre , allassent de vie à trespas , en ce cas , le roy , en sa part , et mondict seigneur de Bourgogne, en sa part, seront tenus nommer et establir aultres conservateurs , qui auront otel et semblable povoir comme les précédents , et le signifier aux conservateurs prochains, afin qu'aulx cun n'y puist prétendre ignorance.

Item, lesquels conservateurs particuliers qui ainsi seront commis pour la part du roy, et pour la part de mondit seigneur de Bourgoingne ou

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leurs subrogués et commis, s'ils avoient légitime accusation de non y vacquer en personne, c'est assavoir les deux de chacune marche pour les deux costés, seront tenus d'eux assembler chascune sepmaine , le jour du mardi , es limites du roy , et aultres fois es limites de mon dit seigneur de Bourgoingne , en lieux propices et convenables qu'ils aviseront , pour coloquer illec de toutes les plaintes et doléances qui seront survenues d'un costé et d'aultre touchant lesdites trêves, et prestement en appoincter et faire réparation , ainsi qu'il appartiendra. Et s'il advenoit que , pour aulcunes grandes matières, il y eut difficulté entre eulx, dont Ùs ne se peussent appoincter , ils seront tenus le faire signifier et sçavoir incontinent ; c'est assavoir les conservateurs de la part du roy, pour les marches de par deçà ; et les conservateurs de la part de mondit seigneur de Bourgoingne es marches de par deçà ; monseigneur le chancelier et gens du conseil de mondit seigneur de Bourgoingne es marches de Bourgoingne à mondit seigneur le mareschal, et aux gens du conseil estants à Digeon, la qualité des plaintes et ce qu'ils en auront trouvé; lesquels seront tenus incontinent , et le plus bref que faire se pourra après ladicte signification, vuider et décider les dictes plaintes et doléances, et en faire jugement et décision, telles que de leurs consciences ils adviseront estre à faire.

Item y et au cas que , à cause des difficultés , lesdits conservateurs renvoyèrent lesdictes plaintes ,

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ainsi que dict est , et s'il y a personne empeschée , lesdicts conservateurs leur pourvoyeront d'eslargissement; et s'il advenoit que aulcuns desdicts conservateurs se voulsissent excuser d'entendre auxdictes réparations , maintenans et prétendans les dictes infractions non estre advenues en leurs limites, ils seront, en ce cas, tenus de signifier au conservateur , es limites duquel ils maintiendront lesdictes infractions estre advenues. Lequel ' conservateur, au cas qu'il ne voudra emprendre la charge d'entendre seul ladicte réparation, sera tenu de soi assembler , avec l'aultre conservateur qui lui aura faict ou faict faire ladicte signification , pour ensemble , avec ledict conservatenr de l'aultre costé, besongner èsdictes réparations , parla manière su sdicte.

Item , et seront les jugements que feront lesdits conservateurs, d'une part et d'aultre, exécutés réellement et de fait; et à ce seront constraints les subjets d'une part et d'aultre, nonobstant appellations et oppositions quelconques , et sans ce que lesdits condampnés puissent avoir ne obtenir aulcun remède au contraire, en quelque manière que ce soit.

Item, en ceste présente tresve sont comprins les . alliés, d'une part et d'aultre, cy-après nommés, si comprins y veulent estre ; c'est assavoir , pour la part du roy , très bault et très puissant prince le roy de Castiile et de Léon , le roy d'Escosse , le roi de Danemarck , le roi de Jérusalem et de Cécile, le roy de Hongrie, le duc de Savoye, le

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duc de Lorraine, l'évesque de Metz, la seigneurie et communauté de Florence , la seigneurie et communauté de Berne , et leurs alliés , qui furent comprins en la tresve précédente de l'an mil quatre cents soixante-deux , et non autres, ceux de la langue de la Haulte-AUemaigne , et ceux du pays de Liège qui se sont déclarés pour le roy, et reeheus en son obéissance. Et lesquels alliés seront tenus de faire leurs déclarations, s'ils vouldront estre comprins en ladicte tresve, et icelle signifier à mondit seigneur de Bourgoingne , dedans le premier jour de janvier prochainement venant. Et pour la pari de mondit seigneur de Bourgoingne y sont comprins , si comprins y veulent estre , le roy d'Angleterre, le roy d'Escosse, le roy de Portugal, le roy Fernand de Jérusalem et de Cécile , le roy d' Arragon , le roy de Castille et de Léon , le roi de Danemarck, le roy de Hongrie, le roy de Poulongne , le duc de Bretaigne , madame de Savoy e, le duc son fils, le duc de Milan et de Gennes, le comte de Romont et maison de Savoye, le duc et seigneurie de Venise, le comte Palatin, le duc de Clèves et le duc de Juilliers, les arche vesque de Coulongne et évesques de Liège, d'Ulrecht et de Metz, lesquels seront tenus de faire déclaration, s'ils veulent estre comprins dans ladicte tresve, et le signifier au roy en dedans le premier jour de janvier prochainement venant; ce toutes-fois entendu , que si lesdicts alliés comprins de la part du roy, ou aulcuns d'eulx, à leurs propres

querelles , ou en faveur ou aide d'aultruy , mouvoient guerre, ou faisoient à mondit seigneur de Boùrgoingne , il se pourra contre eulx deffendre ; et à ceste fin les offendre, faire exercer la guerre , ou aultrement y remédier et obvier de toute sa puissance, le contraindre ou réduire par armes et hostilités et aultrement, sans ce que le roy leur puist donner secours, aide, ne assistance à rencontre de mondit seigneur de Boùrgoingne, ne que ladicte tresve soit par ce enfraincte. Et pareillement se lesdicts alliés comprins de la part de mondict seigneur de Boùrgoingne, ou aulcuns d'eux, à leurs propres querelles, ou en faveur et aide d'aultrui mouvoient ou faisoient guerre au roy , il se pourra contre eux deffendre , et à ceste fin les offendre , faire exercer la guerre , ou aultrement y remédier et obvier de toute sa puissance, les contraindre et réduire par armes et hostilités et aultrement, sans ce que mondit seigneur de Boùrgoingne leur puist donner aide, secours ne assistance à Tencontre du roy, ne que ladite tresve soit par ce enfraincte.

Item 9 pour os ter toutes matières et excusation de guerre ou débat pendant ladite trêve , le roy se déclarera pour mondict seigneur de Boùrgoingne à Tencontre de l'empereur des Romains et de la cité de Coulongne, et tous ceux qui leur feront cy après service ou aide à Tencontre de mondict seigneur de Boùrgoingne , et proumettra de non leur faire aide , secours ne assistance quel-

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conques à rencontre de mondict seigneur de Bourgoingne , ses pays , seigneuries et subjets , comment que ce soit ou puist estre.

y>Itemy pour considération de ce que ledict traité fut depiécà, mesmement au mois de mai an soixante quatorze , pourparlé et conclud entre les gens du roy et de mondict seigneur de Bourgoingne, le roy consent et accorde que toutes les places , villes et terres qui, depuis ledict pourparlement de ce présent traicté , ont esté prinses et occupées sur mondict seigneur de Bourgoingne , ses subjets et serviteurs, en quelque pays que ce soit, les gens du roy ou aultres, qui, de sa part, seront ou voudront estre comprins en ceste présente trêve , soient rendues et restituées à mondict seigneur de Bourgoingne et à sesdicts sujects et serviteurs. Et ainsi le fera faire par effect le roy, de toutes celles qui sont çn obéissance ; et les aultres qui sont de sa part en ces te dicte trêve , seront tenus de le faire quant à celles qui sont en leurs puissances , avant qu'ils puissent jouir de l'elTect d'icelle , ne estre réputés et comprins,

» Item y pour meilleur entretenement de ladite trêve et accord, que les places deHorchies et de Gerundçlles seront abattues, si des-jà ne le sont, et les terres demeureront de telles seigneuries qu'elles sont.

» Item,pQur considération de laquelle tresve, et mieux préparer et disposer toute chose au bien de paix perpétuelle, le roy sera tenu de bailler et dé-»

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livrer , et par effect baillera et délivrera à mondict seigneur de Bourgoingne la ville de Saint-Quentin et le bailliage de Saint-Quentin , pour le tenir en tel droict qu'il faisoit avant le commencement des présentes guerres et divisions ; et dedans trois jours après les délivrances de toutes lettres accordées, le roy en baillera ou fera bailler l'entrée et pleine ouverture et obéissance à mondict seigneur de Bourgoingne, ou à son commis à ce, en telle puissance et en tel nombre de gens qu'il plaira à mondict seigneur de Bourgoingne , en retirant seulement pour le roy telle artillerie de ladite ville de Saint-Quentin qu'il y a faict mettre et amener , depuisque icelle ville s'est oit mise en son obéissance , sans toucher à l'artillerie appartenant à ladicte ville, avant que fusistmis hors de l'obéissance de mondict seigneur de Bourgoingne, ou appartenant aux aultres que au roy ou ses capitaines. Et à ceste fin, pourra mondit seigneur de Bourgoingne avoir aulcuns de ses gens pour voir charger et amener ladite artillerie à lui appartenant, et pour faire cueillir et garder celles qui appartiennent à ladite ville ou à aultre que au roy et à sesdits capitaines ; et en recepvant ladite ouverture obéissance et délivrance de ladite ville de Saint-Quentin par mondic t seigneur de Bourgoingne , icelui délivrera ou baillera, ou par son commis fera bailler et délivrer es mains des gens commis du roy à faire icelle délivrance ses lettres, pour les manants habitants dudit Saint-Quentin, de les garder et entre-

I7O CHaOKIQUES (*b5)

tenir en leurs biens, droicts et privilèges, et de non les travailler et molester pour les choses passées, et aussi main levée de leurs biens immeubles et de leurs biens meubles estants en matière et debtes non receues ou acquittées estans es pays de mondict seigneur de Bourgoingne , et de les traieter ainsi que un bon seigneur doibt faire ses bons subjets,

» Item y quant à toutes villes , places et âultres choses quelqu'onques dont cy dessous n'est faicte expresse déclaration et sur lesquels n'est aultrement disposé ne ordonné, elles demeureront en tel estât, parti et obéissance , durant et pendant ladicte tresve, qu'elles sont de présent.

» Et icelles tresves , abstinences de guerre et aultres points cy dessus déclarés , le roy et mondict seigneur de Bourgoingne , pour eulx , leurs hoirs et successeurs, promettront en bonne foy et parole de prince, par les serments donnés aulx sainctes évangiles de Dieu , sur leur honneur et sur l'obligation de tous leurs biens et seigneuries, avoir et tenir fermes et stables , et icelles garder et entretenir, accomplir inviolablement durant le temps et par les manières cy dessus spécifiées et déclarées, sans aller ne faire aulcune chose au contraire, directement ou indirectement, soubs quelque cause , couleur ou occasion que ce soit ou puist estre ; et en seront faictes et despeschiées lettres d'une part et d'aultre, en telle forme qu'il appartiendra.

(lfa5) DE JEAN MOL1NKT. 171

El sera ladite trêve publiée d'unepart et d'aultre dedans le l jour du mois de...,,2, saulf et réservé que s'il advenoit, que Dieu ne veuille, que de la part du roy , ladite ville et bailliage de Saint- Quentin ne fussent baillés et délivrés à mondict seigneur de Bourgoingne dedans le temps dessus déclaré ^ et les choses contenues es articles de ce faisant, mention , et dont lettres seront faictes et despeschées, ne fussent accomplies, mondict seigneur de Bourgoingne , nonobstant la publication , ne sera tenu , s'il ne lui plaist , de garder , tenir, ne observer ladite trêve de neuf ans, et les articles contenus en icelle , plus avant que jusque au premier jour de mai prochain venant , que l'on dira l'an mil quatre cents soixante seize , jusques auquel premier jour de mai la trêve néantmoins demourera en sa force et vertu.

Sçavoir faisons que pour considération des choses dessus dites, et singulièrement en l'hoqneur deDieu nostre créateur, acteur et seigneur de paix, lequel peult donner victoire aux princes chrestiens , telle qu'il luiplaict, et pour envers lui nous humilier, afin de éviter et fuir plus grande effusion de sang humain, et que par les inconvéniens procédans de la guerre , ne soyons abdignes et ostés de la main de Dieu le père et viredés de la succession du fils, et perpétuellement alliénéset privés de la grâce du benoist Saint-Esprist, désirans la seureté,

repos et sublevement du povre peuple , et icellui

l« Lacune. 2. Lacune.

I72 CHRONIQUES (lilS)

relever de la grande désolation , charge et oppression qu'il a soustenu et soustient de jour en jour à cause de la guerre , et espérant de venir à paix amiable, comme dit est : Nous , ladite trêve et seur estât, et abstinence de guerre, avons feictes , acceptées, prinses , fermées, conclues, promises et accordées , et par la teneur de ces présentes , par l'advis et délibération que dessus faisons, acceptons , prenons, fermons, concluons, promettons et accordons , pour nos dits hoirs et successeurs ; et avons promis et juré , promettons et jurons , en parole de prince et par la foi et serment de nostre corps , sur la foi que nous tenons de Dieu nostre créateur , et que nous avons receu au sainct sacrement de baptesme } et aussi parle sainct canon de la messe, sur les sainctes évangiles de Nostre - Seigneur , sur le fust de la vraie et piteuse croix que nous avons manuellement touchée pour ceste cause d'icelle trêve , et toutes les choses que nous debvons faire de nostre part , ainsi qu'elles sont contenues èsdits articles, garder , tenir et observer , entretenir et accom plir bien et léaument, selon la forme , et manière desdits articles , sans de rien en laisser > ne jamais faire, ne venir au contraire, ne quérir quelque moyen , couleur ou excusation pour y venir , ne pour en rien pervertir , ne faire quelque mutation d'aulcunes choses dessusdites. Et s'aulcune chose est oit faite, attentée ou innovée au contraire par nos chefs de guerre ou aultres nos subjets et serviteurs , de la faire réparer ; et des trangres-

seurs ou infracteurs, faire telle pugnition que le cas le requerra, et en manière que ce sera exemple à tous aultres. Et à toutes les choses dessusdites , nous sommes submis et obligés , submettons et obligeons par l'hypotecque et obligation de tous nos biens présens et advenir quelqu'oncques , sur nostre honneur , sur peine d'estre perpétuellement deshonorés, reprochés et vilipendés en tous lieux. Et avec ce avons promis et juré , promettons et jurons par tous les serments dessus dits, de jamais n'avoir ne pourchasser de nostre sainctpère le pape , de concile , légat , pénitencier , archevesque , évesque , ne aultre prélat ou personne quelqu'onque , dispensation , absolution ne relievement de toutes choses susdites, ne d'aulcunes d'icelles; et quelque dispensation qui en seroit donnée et obtenue par nous ou par aultres ^ pour quelque cause, couleur, ou excusation que ce soit, nous y renonchons dès à présent pour lors , et voulons qu'elle soit nulle et de nulle valeur et effet ; qu'elle ne nous soit ou puist estre vaillable ne proufitable , et que jamès ne nous en puissions aider en quelque manière que ce soit ou puist estre. Et pour ce que de ces présentes l'on pourra avoir affaire en quelque lieu, nous voulons que au vidimus d'icelles faicts et signés par l'un des notaires, ou sopbs scel real nostre, ou aultre , autentique loi soit ajoustée comme à ce présent original. Et afin que ce soit chose ferme et stable , nous avons signé ces présentes de nostre

main , et icelles fait sceller de nostrescel. Donné au chastel de So-le-mur, le treizième jour de septembre , l'an de grâce mille quatre cents soixante quinze ,

Signé Charles ,

Etdu secrétaire par monseigneur le duc, Gros.

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