Edouard IV premier roi de la maison d'York
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moyen du comle deWarwic ; et le duc Charles en l'autre lez d'en avoir mesmes fruit et joie pat son régner et durer maugré tout homme ; mes ainsi n'avint point : car sitost que le comte de Warwyc se trouva descendu en Angleterre , après son retour de France, comme il a esté conté, et que multitude de communes du pays de Kent s'estoit tirée devers ly aveucques aucuns nobles, de jour en jour en jour croissoit sa puissance ; et béant de venir à ses fins, comme de déchassier Edouard dehors, et de remettre en son throne le roi Henri », tenu prisonnier en la tour de Londres, déclaira au peuple sa volenté; et sachant que moult de peuple y avoit son affection, et que le corrage de peuple est mobile et variable , et ne quiert que nouveau seigneur toujours^ et que le roi Henri leur estoit en cuer, les persuada de moult belles paroles et leur dist que, jà-soit feust-il ainsi que autrefois il avoit esté contraire audit Henri , et avoit esté cause de sa ruine , cuidant bien faire et servir à la chose publique du royaume } toutefois maintenant, revenu à cognoissance du tort qu'il lui avoit tenu et fait, et dont il estoit repentant , en acquit de sa conscience, lui voult réparer son injure et le remettre en son estât devant , comme vrai droiturier de la couronne sur tout autre; dont, et du délit qu'il en avoit fait à malvaise cause et par
i. Henry VI de la maison de Lancastre.
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malvaise informacion, présent tout ce peuple, il eu prioit nierehy à Dieu ; et soi ruant à genoux devant eux, leur en requist merchj et perdonnance. Et alors vous oyssiez tout le monde crier vive le roy Henry ! vive mylord de Quine T Henri ! Et là obtint Warwyc et acquist le bruit et la grasce du peuple par ceste manière de faire ; et se tint comme asseur quasi alors petit à petit d'avoir tout le royaume pourly, et d'y faire ung nouveau monde, comme il fit voiraient ; car aveucques ce que plusieurs seigneurs et barons du pays sevenoient joindre à ly , qui toujours avoient esté du parti du roy Henry céléement , mes ne s'en estoient osez déclarer, ledit de Warwic, jour après autre , tira toujours avant jusques à Londres, là où arrière trouva des faveurs assez, et autres aussi beaucoup, et grand nombre de contraires et maintenans le roy Edouard. Enfin tontefois, et comme Edouard r\j vint à deffense , Warwic mist dehors la tour de Londres , Henri a et l'assist en trône royal , et le fit publier et crier roi d'Angleterre en confusion de Edouard , promettant au peuple toute salut et prospérité leur approchier et estre à venir par icely de la part du roy de France et de tous les Franchois , et gaignages et conquestes et ra-
i . My Lord the Ring.
a. Le comte de Warwick fit sortir Henry VI de prison, le 6 octobre 1 47^ et le rétablit sur le trône.
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pines sur le duc de Bourgogne et ses pays, qui estoit une des fins principales à quoi il tendoit à l'appétit du roi Loys, avecques l'expulsion du roy Edouard hors du royaume, et d'en avoir le gouvernement.
CHAPITRD CCCXXXV.
Comment lareyne se tenoit en la tour de Londres, et comment Londrois estoient en division l'ung contre l'autre.
Les grans toutefois et les puissans de Londres un grant pièce se tindrent pour Edouard ; et estoit la reine d'Angleterre, en la tour de Londres, à tout cinq cens combattans pour sa garantise , car estoit fort grosse d'enfant ; et se tenoit là soubz la fiance qu'elle avoit des Londrois, les grans et les puissans, pour résister au menu peuple en temps de variation; car le roy Edouard, son mari, se tenoit en noort, au bout du royaume pour faire son assemblement ; car en cely endroit gisoit sa puissance et toute sa confidence. Et en effet, jà savoit-il bien que le conte de Warwyc estoit descendu en Angleterre et venoit à puissance contre ly pour venir à Londres ; mes au gros cuer qu'il portoit, n'en fit pas grand estime, car durement estoit vaillant prince, et se confioit toujours de pooir recouvrer sur ly assez à tost quant il aroit ses gens ensemble sur lesquels il se fondoit ; car estoit tout certain, se une fois il se pooit trouver
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ig4- CHRONIQUE . •" (1469)
sur lés champs eo barbe de Warwyc, Warwyc ne tenroit point de piet, qui estoit laiche et couard , ne oncques ne se trouva en lieu fors fuitif. Et pourtant se confia en soi-mesmes et en la bonté de ses gens, qui lui avoient promis service, et se fondoit sur la lascheté de son ennemi, qui en son effort ne l'oseroit attendre. Fut toutefois le premier deceu et gabé , et ses propres gens l'abandonnèrent et tournèrent contre ly , et Warwyc bouta sa corne tout oultre, et vint jusques à avoir Londres pour ly et la cremeur d'Angleterre ; et par faute de résistance faite en temps, toute Londres tourna à çstre sienne ; et la reine abandonna la tour de Londres, par crainte de Warwyc, quil'eust fait mourir, ce savoit bien , et perdre son fruit ; et s'en alla à Sainte-Catherine, une abbaye disoient aucuns 5 aucuns autres disoient à Vasëmonstre (Westminster), lieu de franchise , qui oncques n'avoit esté corrompu.