CHAPITRE CCCXLVII
Comment les nobles qui estèrent en tour du duc estoicnt mal édifiez et oontens desesnautaincs paroles aux ambassades, par grand hauteur de corrage dont il ne se peut refraindre à l'heure.
Ce fut ici l'effect de la responce que le duc fit à Sain t-Omer aulx gens du roy, et dont la fin, comme vous oez, estoit dure et estrange à oyr , et non pas bien prise des gens mesmes du duc, pour ce qu'il y avoit de malvais agoust pour commander tacitement un roi de France à tous les cent mille diables. Et sambloit à ceulx qui dueil y prenoient , qu'à ly mesmes il se fist grand blâme en ces paroles , considéré encore qu'il estoit su bject du roy et honoré et paré des armes des fleurs de lys , la gloire et splendeur de son front et le plus cler desestiitres; et en, ce, quant il se nommoit Portugalois, fut murmure aussi de ses propres gens , pour ce que tacitement contenipna^nj le non* de France dont il estoit, ne se osa nommer Angles là où le cuer luy estoit ; mes se renom moit de la feue de sa mère T ancienne amie d'Angleterre et contraire à France. Ainsi doncques jà-soit-ce que le temps d'alors portoit ainsi , que cestui duc Charles s'estoit de tous points eslongnié de l'amour et affection envers France, fut complaint toutefois et durement mal pris entre ses propres gens, que tant publiquement
et si irrévérament , il se osa çstordre en ses ;parôles. Car quoique le maistre sceust tie quel ne com fais eulx tous estaient en affection devers France, non pas vers Angleterre, fut faite murmure aussi entre les plus sages, et qui beaucoup veu avoient , de son hault élevé siège qui, par excès de hauteur, passoit mode et riègle* Si lui fût imputé à merveilleuse élation de cuer mal loable, et par espécial parce que c'esloit envers ung roy de France , son souverain et le plus grand de la terre , envers lequel il se voloit extoller maintenant , ce sambloit, soustiltre d'ennemisté que le roy lui monstroit, en ce qu'il portoit et soustenoit Warwyc encontre lv. Parquoi , comme le roy lui monstroit le dent en soustenir son ennemy en contraire de leur appoinctement , avoit bien loy aussi, ce sambloit voloir, dire de monstrer son orgueil envers le roy, pensant, en nature d'ennemisté, riens pooir mesprendre, aveuqdes ce que son pooir sentoit gros et fier , et par lequel il espéroit encores, aveuques Edouard , le roy Angles , tenir ledict roy encore en cremeur et soubz verge ; car ne cuidoit point ne ne créoit que ce deust avenir en Angleterre, qui depuis avint. Et par ainsi, partie par chaleur de jeunesse et en son premier haut vol , que jà avoit exsécuté de haultes besognes, partie aussi par soy cognoistre redoubtablement fort et de chevance et d'ommes, et tout tourné en ennemistéet en haine envers cely qui son ennemiporloit contre ly, n'y avoit ne orgueil, ne beuban,ne rude parole,
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ne fiers mots qui lui pooient sambler vicieux ne de reprise , parce qu'à son ennemi on se doit monstrer tel pour tel , et qu'en ennemisté n'a point de courtoisie , jà-soit-ce que je ne l'appreuve point ainsi 3 mes en cuer ennemi et felle coustumièrment se trouve raison esteinte ; et là où raison faut, là est légier consentement à vice.