‹ Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468) (volume 2)Chapitre 124 sur 144 · I. Philibert de Moiitjeu, évêquede Coutances de \^2^k · texte numérisé non relu

I. Philibert de Moiitjeu, évêquede Coutances de \^2^k

reprimer, rebouter et tenir en destresse les adversaires et ennemis de nostre souverain seigneur qui tiennent et occuppent la place du Mont Saint Michiel et aussi pour abatre et mettre au néant certains apatists que il vouldroient cueillir, exercier et lever sur le pays subget du roy nostre dit seigneur, et pour prendre et destruire les brigans qui conversent ou dit pays', que c'estoit chose bonne et prouffitable que noble homme monseigneur Jehan Harpeley, chevalier, bailli Constantin, eust charge de vint lances et cent archiers oultre et pardessus les gens d'armes de son ordonnance, pour huit mois a commencer du jour que ilz feroient leurs monstres et fenissans les dis huit mois accomplis, dont es despens du roy nostre souverain seigneur seroient paie's pour les dis huit mois deulx lances et quarante huit archiers, et le sourplus montans a dix huit lances et chinquante deulx archiers seroient paies es despens des habitans du dit bailliage de Constantin et ressort ancien d'icellui, et estre le paiement des dis dix huit lances et chinquante deulx archiers assis cueilly et levé sur eulx par forme de taille, en cas que a ce les dis habitans se vouldroient consentir ; savoir faisons que au jour d'ui xi™" de mars l'an mil cccc vingt sept, a Saint Lo, devant nous viconte dessus dit, après que les choses dessus dictes eurent esté exposées par les dis révérend père en Dieu, Campront et Cointe, en la présence de Jehan le Faé, bourgois de Coustances, ad ce commis et depputé pour la dicte ville, de maistre Guillaume le Fevre et Guillaume Pois-

I. Ces « brigands », dont quelques-uns étaient surtout des Normands rebelles, infestaient particnlièrement le grand chemin de Saint-Lô à Carentan. Le 19 mars 1428, Jean Harpeley, bailli du Cotentin, fit payer i5 livres tournois à Eliot Lebret, lieutenant à Saint-Lô du vicomte de Carentan, qui avait passé neuf jours à faire élargir avec des houes et des pics « la cavée d'au dessus du Pont Hébert (Manche, arr. Saint-Lô, c. Saint-de-Daye), tellement que on puisse passer a pié, a cheval et a charrey». Suivi d'une escorte composée de 7 hommes d'armes pris dans la garnison anglaise de Saint-Lô, Eliot Lebret s'était rendu sur les lieux et avait fait couper ou brûler les taillis qui bordaient en cet endroit le grand chemin de Saint-Lô à Carentan. Le terrain ainsi déblayé, on avait ouvert une tranchée pour élargir la voie, afin que ce chemin fût fait « de si grant largesse que sur icellui chemin les brigans, ennemis et adversaires du roy, qui fréquentent continuelment tant de jour que de nuyt a guetier les chemins du Pont Hébert, ne s'i puissent désormais embuschier, muchier ne guetier icellui chemin n {Bibl. Nat., Quitt., t. 59, n" 855;.

son, bourgois de Carenten, ad ce commis et depputés pour la dicte ville, de maistre Pierres de la Roque et Thomas le Cauf, bourgoiz de Vallongnes, ad ce commis et depputés pour la dicte ville, et de Nicolas Voyer, Raoul Rouillart, Guillaume Jehan, maistre Jehan le Tousé, Thomas Matenot, Jehan le Jollivet, Jehan le Tenneur et Guillaume Cauvin, bourgoiz de Saint Lo, ad ce commis et depputés pour la dicte ville, et de plusieurs des gens et officiers du roy nostre dit seigneur ad ce appelles, iceulx bourgoiz dessus nommés, eu nom que dessus, après ce que par plusieurs journées ilz ourent eu grant deliberacion et advis ensemble, distrent et respondirent que, en obbeissant et en obtempérant aus dictes lettres de mon dit seigneur le régent, ilz se consentoient et estoient d'acord que sur les dis habitans du dit bailliage de Constantin et ressort ancien d'icellui fust prins, assis, cueilli et levey par forme de taille la somme de cinq mille trois cens livres tournois pour les causes qui ensuivent, c'est assavoir : pour *le paiement des dictes dix huit lances et chinquante deulx archiers, trois mil neuf cens soixante dix livres tournois a quoy le paiement se povoit monter pour les dis huit mois, au feur de quinze livres tournois par niois pour chascune lance, et de cent soulz par mois pour chascun archier oultre et pardessus ce qui paie doit estre par le roy nostre dit seigneur; et au dit monseigneur le bailli, pour employer a la fortifficacion du logis, tant pour lui que pour ceulx de sa retenue, soit a Gênez ou a Saint Lienart, au mielz qu'il verra convenir, et pour plusieurs cousteages qu'il lui esconvendra faire en la besongne, tant en espies, messages que autrement, la somme de sept cens chinquante livres tournois, sans ce que iceulx habitans se consentent que le dit bailli ne autre puisse créer ne imposer aucune autre charge sur eulx a la cause dessus dicte ; et aus dis monseigneur l'evesque, Campront et Cointe, pour avoir esté a Paris pour le fait de la dicte besongne pardevers mon dit seigneur le régent et le conseil du roy nostre dit seigneur ou ilz ont vacqué par le temps et espasse de quarante sept jours; et pour plusieurs fraiz, cousteages et missions par eulx fais et ensuis a cause de ce, la somme de quatre cens chinquante livres tournois, par composicion faicte avesques eulx, laquelle ilz ourent agréable, et pour plusieurs autres frais et missions

neccessairespour le fait de la dicte besongne, tant pour impetrer et pourchassier les lettres de l'acomplissement de ce que dit est, la somme de six vings dix livres tournois y sera mise et employée sur la dicte somme de cinq mille trois cens tournois ; a paier icelle somme a deulx termes, c'est assavoir la moittié eu mois d'avril prouchain venant, et l'autre moittié eu mois de septembre après ensuivant. Laquelle somme fut departie par les vicontes du dit bailliage, en la présence du dit monseigneur le bailli et de plusieurs des gens et officiers du roy nostre sire et du consentement des bourgoiz dessus nommés, en la manière qui ensuit, c'est assavoir : la viconté de Coustances et ressort ancien d'icelle, a la somme de mil cinq cens livres tournois ; la viconté de Carenten et ressort ancien d'icelle, a la somme de mil huit cens livres tournois ; la viconté de Vallongnes et ressort ancien d'icelle, a la somme de douze cens livres tournois; et les vicontes d'Avrenches et de Mortaing et ressort ancien d'icelles, a la somme de huit cens livres tournois. Donné pour tesmoing de ce, soubz le grant seel aux causes de la dicte viconté de Carenten, en l'an et unziesme jour de mars dessus dis. Lebret.

(Bibl. Nat., Quittances, t. S g, n° 853.)

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