‹ Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468) (volume 2)Chapitre 22 sur 144 · La Porte du Theil avait lu : Inricus · texte numérisé non relu

La Porte du Theil avait lu : Inricus

2. La Vierge est celui des douze signes du zodiaque qui correspond au mois d'août. Henri V mit en effet le siège devant Caen le t8 août 1417. Après une résistance héroïque, cette ville fut prise d'assaut le 4 septembre 141 7. Le château ne capitula que le i 7 septembre.

'i. Le pape Jean XXIII fut déposé au concile de Constance, le 2g mai 1415. Jean XXIII mourut le 22 novembre 1419.

4. Jean XXIII se démit volontairement du pontificat à Florence le i3 mai 14T9 dans les mains de Martin V qui avait été élu pape au concile de Constance le 11 novembre 141 7.

5. Le 29 juillet 141 8, Henri V commença le blocus de Rouen. Le siège dura près de six mois, et les assiégés y perdirent cinquante ou soixante raille âmes. Henri V fit son entrée dans la capitale de la Normandie le 20 janvier 1419. La ville de Gisors, défendue par Lionnet de Bournonville, capitula le 1 1 et se rendit le 17 septembre 141 9. A cette dernière date, le château tenait encore [Bibl. Nat., quitt., t. 5-2, n" 5419). Cherbourg était devenu anglais le 2g septembre 1418, Toutes les autres places de basse Normandie, sauf le Mbnt-Saint-Michel, s'étaient aussi rendues. Falaise, assiégé le i''' décembre 1417, avait capitulé le 20 et s'était rendu le 2 janvier 14 18.

6. Le dimanche 29 mai 1418, jour de l'entrée des Bourguignons à Paris et du massacre des Arm.agnacs,TanneguyDuchâtel, prévôt de Paris, emporta demi-nu dans ses bras le jeune Dauphin, depuis Charles VII, alors âgé de quinze ans, pour le soustraire aux envahisseurs.

7. Le dimanche 10 septembre 141 9, Jean sans Peur, duc de Bour-

qui avoit fait tuer monseigneur d'Orleens, fut ausi tué en septembre :

SIC dVGe, BVrgVndI, septeMbrï, Cède Caretls !

En cel an mesmes, le duc de Bretaigne fut prins par le conte de Paintievre, et tantost après les gens du duc firent tant qu'il destruirent toutes les forteresses :

FLent oCVLIs, Medio febrVI \ Britones, dVCe Capto.

L'an mesmes, le jour Saint Aubert^, les Françoys prindrent sur les Anglois d'assault Avrenches et Tendemain auxi Pontorson.

L'an mil mi^xx, la rivière de Caynon ^ passa et courut lonc temps entre le Mont et Tumbelaine. En ce mesme an, monseigneur le comte d'Aubmalle vint au Mont Saint Michiel le premier jour de may * et print possession de par le roy de la capitainerie de la place.

gogne, fut tué sur le pont de Montereau par des hommes d'armes de Tescorte du Dauphin.

1. Februi est une licence poétique pour februarii ou februario, Jean VI, duc de Bretagne, fut en effet pris dans un guet-apens par Olivier de Blois, comte de Penthièvre, vers le milieu de février 1419 ou 1420 (n. st.).

2. Le jour Saint-Aubert, c'est le 18 juin. Cette reprise d'Avranches et de Pontorson par les Français, le 18 juini4i9, n'apas été mentionnée par les historiens de Charles VI. C'est dans le cours de cette même campagne que le fameux Ambroise de Loré (Orne, arr. Domfront, c. Juvigny) reprit aux Anglais Beaumont-le-Vicomte (Sarthe, arr. Mamers) et fut fait chevalier.

3. Le Couesnon est une rivière qui prend sa source à Saint-Pierredes-Landes (Mayenne), passe à Antrain et Pontorson et se jette dans la baie du Mont-Saint-Michel après un cours de 90 kilomètres.

4. Ce fut le départ de Robert Jolivet, à la fois abbé et capitaine du Mont-Saint-Michel, qui quitta son abbaye pour aller faire sa soumission à Henri V, roi d'Angleterre, devenu régent de France en vertu du traité de Troyes, ce fut, disons-nous, le départ de Robert Jolivet qui donna lieu à la nomination de Jean de Harcourt, comte d'Aumale, comme capitaine du Mont-Saint-Michel. Dès le 21 mai 1420, Robert avait quitté son abbaye puisque, dans un procèj-verbal,

Eli cel an, le roy de France et dame Katherine furent baillez au roy d'Angleterre, en may \

L'an mil iiii^xx ^, le duc de Clarence, o grant partie des nobles d'Angleterre, fut desconfit et mort à Baugié en Vallée :

Mors apVd AndegaVIs Vos InfICIt, AngLICe CLarens!

L'an mil iiii'^xxii, mourut le roy d'Angleterre : Cor VVLt septeMber ^ VICennIs CLaVdere Pardo.

En cel an, deceda semblablement le roy Charles VI""", roy de France :

SeXtVs obit KaroLVs oCtobrI ^ peCtore CLeMens.

dressé à cette date^ de la prise de possession par le comte d'Aumale d'un certain nombre de joyaux de l'église du Mont-Saint- Michel, on mentionne « l'absence de l'abbé dudit lieu ». L'abbé renégat ne tarda pas à recevoir le prix de sa défection. Par acte daté du siège devant Melun le 2g octobre 1421, Henri V, roi d'Angleterre, héritier et régent de France, donna l'ordre de mettre entre les mains de Robert tous les biens et revenus du Mont-Saint-Michel {Neusiria pia, p. 3g3). Quant à Jean de Harcourt , il prend déjà, dans l'acte en date du 21 mai dont il vient d'être question, le titre de « lieutenant du roi et du régent, ayant la garde des abbaye, forteresse et ville du Mont-Sainî-Michel. •>•> Voyez le n" V de nos Pièces diverses. 1

1. Allusion au traité de Troyes, promulgué le 21 mai 1420, et stipulant le mariage de Henri V avec Catherine de France, fille de Charles VI et d'Isàbeau de Bavière.

2. Le samedi saint 22 mars 142 1, Thomas de Lancastre, duc de Clarence, frère de Henri V, fut battu et tué à Baugé (auj. chef-lieu d'arr. de Maine-et-Loire, entre Beaufort et la Flèche) par une petite armée franco-écossaise sous les ordres de Jean Stuart, comte de Buchan.

3. Henri V mourut au bois de Vincennes le lundi 3i août 1422, âgé de 35 ans et 26 jours. Par conséquent, notre chroniqueur se trompe en rapportant au mois de septembre la mort du roi anglais.

4. On lit dans le manuscrit october, et nous avono cru devoir corriger ce solécisme. Châles VI mourut de la fièvre quarte dans son hôtel de Saint-Paul le 21 octobre 1422, âgé de 54 ans.

En cel an, monseigneur d'Aubraalle gaigna a Montagu ^ sur les Anglois.

Anno Domini millesimo quadringentesimo vigesimo primo, ecclesia ista, cunctis illesis, cecidit in vigilia Sancti Mathei ^.

L'an mil iiii'=xxi[n] ^, le m jour de Jullet, fut né monseigneur le dauphin, nommé Louys.

En cel an, monseigneur d'Aubmalle desconfist le sire de la Pôle et viron mil y'^ Anglois en sa compaignie a la Gravelle :

AngLorVM pVLLos ContrIVIt LIbra ' GraVeLLe.

En cel an ^, les Anglois vindrent a Tumbelaine, le

1. Le château de Montagu, dont on voit encore aujourd'hui les ruines, était situé dans la paroisse de Montanel (Manche, arr. Avranches, c. Saint-James), à un kilomètre au sud-est de l'église et à l'entrée des gorges septentrionales de la forêt de Blanchelande. Cette seigneurie, appelée aussi le fief de la grande verge d'Argouges, était le chef-lieu d'une châtellenie dont relevaient Sacey, Vessey, Boucey, Argouges, Carnet et Montanel. Comte de Guiton-Villeberge, Mém. de la Société d'archéologie d'Avranches, IV, 329.

2. La veille de Saint-Mathieu correspond au samedi 20 sepiembre 142 1. Les auteurs du Gallia Christiana (XI, 528) ont constaté à cette date, peut-être d'après notre chronique, l'écroulement du chœur de l'église du Mont-Saint-Michel. La reconstruction de ce chœur ne fut commencée qu'en 1460 par les soins du cardinal Guillaume d'Estouteville, abbé commendataire du Mont-Saint-Michel.

0. La date de 142 1, qu'on lit dans le manuscrit, doit provenir d'une distraction du scribe. Louis Dauphin, depuis Louis XI, fils de Charles VII et de Marie d'Anjou, naquit à Bourges le 3 juillet 1423.

4. La Livre (balance) est celui des signes du zodiaque qui correspond au mois de septembre. William Pôle, comte de SufFolk, fut en effet battu à la Gravelle (Mayenne, arr. Laval, c. Loiron) ou plutôt à la Brossinière, le 26 septembre 1423, par Jean VIII de Harcourt, comte d'Aumale, capitaine du Mont-Saint-Michel.

5. Ces mots se réfèrent à la date de 1423, année où se livra le combat de la Brossinière. D'après ce passage, les Anglais auraient occupé Tombelaine (rocher haut de 140 mètres situé au milieu des

xi"^'" jour de febvrier, et le fortifièrent mervoilleusement pour tenir les gens du Mont en subjecion; mes les gens de la garnison du Mont leur firent plus de dommage et a mer et a terre, comme a gaigner leurs vesseaulx, affondrer les aultres et aultrement, qu'il ne firent a ceulx du Mont.

Environ ce temps ou au devant, il estoit venu une grande armée d'Escoce \ bien x™, la ou estoit le connestable d'Escoce, le cOmte de Boucan qui puys fut connestable de France ^, et moult d'aultres vaillans gens de guerre, a Painde du roy de France, qui moult vaillement se portèrent en gardant leur loyaulté au roy nostre sire.

L'an mil iiii*=xxnii, le xvii™^ jour d'aoust, les Anglois gaignérent la journée de Verneul, la ou fut prins monseigneur d'Alenson ^ et plusieurs aultres, et fut le jour

sables, à 3 kil. environ au nord du Mont-Saint-Michel, où l'on avait construit un prieuré), le ii février 1423. Cette occupation est certainement postérieure à 1420, année où l'influence des marées, détournant le Couesnon de son cours ordinaire, fit passer pendant quelque temps cette rivière entre le Mont et Tômbelaine, de sorte que les Anglais d'xAvranches purent fortifier à loisir ce dernier point sans être incommodés par la garnison française du Mont- Saint-Michel. Elle est même postérieure au 27 juillet 1422, jour où les religieux du Mont-Saint-Michel déclarèrent prendre, avec le consentement de Jean le Juif, prieur de Tômbelaine, 3ooo de plomb qui devaient être aftectés tant à des citernes qu'à d'autres constructions, en s'engageant à rendre ce plomb ou à en rembourser la valeur audit prieur. Voyez le n'XIV de nos Pièces diverses.

1. En janvier ou février 142 1, quatre à cinq mille Ecossais, en voyés au secours du dauphin, débarquèrent à la Rochelle sous la conduite du comte de Buchan, de Jean Stuart de Darnley, cousin du comte, connétable des Ecossais, et d'Archibald Douglas, comte de Wigton.

2. Jean Stuart, comte de Buchan, fut fait connétable de France du i"" au 5 avril 142 1, en récompense de la victoire qu'il avait remportée sur les Anglais à Baugé le samedi 22 mars précédent.

3. Jean II, duc d'Alençon, celui que Jeanne d'Arc appelait « le beau duc », était, à titre de comte du Perche, seigneur de Verneuil (Verneuil-sur-Avre, Eure, arr. Evreux). Fait prisonnier dans la

des Octaves Saint-Lorens ^ . Monseigneur le connestable, c^est assaver le conte de Boucan, monseigneur d'Aubmalle ^ et moult d'aultres de France et d'Escoce y moururent:

Fit prope VernoLIVM LaVs angLICa CaVda Leonîs".

En ce mesme an, les Anglois mistrent une bastille devant le Mont - Saint - Michiel '' a Arde-

journée du i8 août 1424, le duc d'Alençon ne fut mis en liberté qu'en 1427, après avoir payé une forte rançon aux Anglais.

1. Gomme la Saint-Laurent tombe le 10 août, le 18 de ce mois se trouve être en effet le jour des Octaves.

2. Outre Jean Stuart, comte de Buchan, connétable de France, et Jean VIII de Harcourt, comte d'Aumale, les Français perdirent à Verneuil Archibald Douglas, duc de Touraine; James, son fils; les comtes de Tonnerre et de Ventadour; Guillaume, le dernier des vicomtes de Narbonne de la maison de Lara.

3. illusion au Lion, celui des signes du zodiaque qui correspond au mois de juillet.

4. Dès le 24 et le 26 août 1424, presque au lendemain de leur victoire à Verneuil, on voit les Anglais s'apprêter à mettre le siège devant le Mont-Saint-Michel. Jean, duc de Bedford, régent de France, confia la direction des opérations à l'un de ses favoris, Sir Nicolas Burdett, chevalier, bailli du Gotentin pour le roi d'Angleterre, grand bouteiller de Normandie. La mort du comte d'Aumale, qui venait d'être tué à Verneuil, privait de son chef la garnison du Mont; mais Jean de la Haye, baron de Goulonces (Calvados, arr. et c. Vire), capitaine de Mayenne^ appelé par Jean Gonault» vicaire général de l'abbaye depuis le départ de Robert Jolivet en 1420, vint au secours des assiégés. Les garnisons anglaises des places du Gotentin, notamment celles de Coutances, de Saint-Lô, d'Avi-anches, de Cherbourg, de Régnéville, du Pont-d'Ouve et du Parc-l'Évêque, fournirent des détachements qui prirent part au siège. D'un mandement de Bedford daté de Rouen le 26 août 1424, il résulte que le^ total des forces assiégeantes s'élevait alors à i3o hommes d'armes auxquels on avait adjoint un nombre proportionnel d'archers; et comme il y avait toujours, dans le système militaire anglais de cette époque, 3 archers par homme d'armes, et qu'en outre chaque homme avait un cousiilier et un serviteur, on voit que les Anglais avaient aft'ecté spécialement au blocus du

von \ le xvii^ jour de septenbre, laquelle y fut jucquez au xxini^ jour de febvrier Tan mil iiii'^xxvii,. que les Anglois mesmes ardirentet desenparérent, seuUementpour paour des Françoys qui venoient devant eulx.

L'an dessus dit, en ce mesme mois "', le jour Saint Michiel, les Anglois assiégèrent par mer le Mont Saint Michiel, qui s'en fuyrent ains qu'il fut nu jours.

L'an mil niif'xxv, les dis Anglois mistrent de rechief siège a la mer devant le dit Mont, o grant force de navirez, desquieulz Lorens Hauldain ^ estoit capitaine, qui furent combatuz par monseigneur d'Auzebosc^, monsei-

Mont-Saint-Michel 780 combattaats (n" XXX et XXXI des Pièces diverses).

1. Manche, arr. Avranches, c. Pontorson. D'après un mandement de Nicolas Burdett, en date du 2 3 décembre 1424, on commença la construction de la bastille d'Ardevon le i3 septembre de cette année in" XXXlXi. Dès le 12 novembre, Burdett, capitaine de cette bastille, -y faisait montre de 20 lances et de 60 archers à cheval (n- XXXTX).

2. Le 24 septembre 1424, Bertin Entwessall, écuyer, lieutenant en Normandie du comte de SufFolk, amiral, chargé d'assiéger par mer le Mont-Saint-Michel, fit montre devant cette place pour un mois avec 28 hommes d'armes, 84 archers et 24 mariniers {Bibl. Nat., ms. fr. n" 14546, f" 8).

.3 Laurent Haulden, écuyer anglais, était capitaine de Tombelaine. Nicolas Burdett ayant été fait prisonnier par la garnison du Mont avant le 12 mai 1425, Laurent Haulden prit le commandement en chef des forces assiégeantes sous la haute direction de Robert Jolivet, qui s'intitulait a conseiller et commissaire du roi d'Angleterre en la Basse Marche de Normandie pour le recouvrement de la place du Mont Saint-Michel ». (N" XLVl à XLIX des Pièces diverses.) A la date du i3 juin suivant, Jean Helmen, écuyer, était lieutenant de la bastille d'Ardevon au lieu et place de Nicolas Burdett resté entre les mains des Français ; il avait sous ses ordres 43 hommes d'armes et 102 archers à cheval. Le blocus effectif du Mont, commencé le 12 septembre 1424, durait depuis dix mois et un jour, à la date du i3 juin 1425 (n" L).

4. Louis d'Estouteville , seigneur d'Auzebosc (Seine-lnférieurC;, arr. et c. Yvetot), fils aîné de Jean H, seigneur d'Estouteville, alors prisonnier en Angleterre, où on le retenait captif depuis la bataille

gneur de Beaufort ^ les bourgois de Saint Malou et plusieurs aultres chevaliers, escuyers etaultres:

MaCLoVII Pardls dat VVLnera CanCer ^ In Vadis.

L'an mil iiii^xxvi, les François et des Bretons fortifièrent Pontourson la ou les Anglois mistrent tantost le

d'Azincourt. Au commencement de mars 1426, Charles VII avait nommé capitaine du Mont-Saint-Michel Jean, surnommé le bâtard d'Orléans, comte de Mortain, vicomte de Saint-Sauveur, seigneur de Valbonnais, grand chambellan de France, l'illustre guerrier qui devait devenir si populaire sous le nom de Dunois ; mais celui-ci, après avoir approvisionné et ravitaillé la place et avoir reçu le serment de fidélité des hommes d'armes de la garnison, avait délégué ses pouvoirs à un brave chevalier bas-normand, à Nicole Paynel, seigneur de Bricqueville (N"" XLV et LUI des Pièces diverses], qui ne tarda pas à le remplacer tout-à-fait lorsqu'il fut entraîné, le 3 août 1425 (N° XL), dans la disgrâce où le président Louvet, son beau-père, tomba dès les premiers mois de cette année. Le 26 octobre suivant, Nicole Paynel lui-même fut invité à remettre ses pouvoirs à Louis d'Estouteville (N" LUI). Nommé par Charles VII capitaine du Mont le 2 septembre 1425 (N° LU), Louis d'Estouteville conserva cette charge jusqu'à sa mort qui eut lieu le 21 août 1464.

1. Briand de Chateaubriand, V» du nom, chevalier banneret, sire de Beaufort, du chef de son père Bertrand I" du nom, et du Plessis Bertrand, du chef de sa mère Thiphaine du Guesclin, fille unique et seule héritière de Pierre du Guesclin en qui s'éteignit la branche aînée de cette illustre maison , Briand de Chateaubriand avait passé dès le 7 décembre 1423 une transaction avec Geoffroi de Malestroit, ch"", sire de Combourg et de Derval, ainsi qu'avec Raoul, sire de Coetquen, pour secourir le Mont-Saint-Michel dont les Anglais avaient entrepris de faire le siège. Il porta secours aux assiégés à la tête d'une flottille armée à Saint-Malo. Briand de Chateaubriand avait adopté les armes de sa mère, c'est-à-dire celles des du Guesclin de la branche aînée, les mêmes, sauf la brisure, que celles du connétable de Charles V. Sur l'importance de la flotille armée en course par la garnison française du Mont-Saint-Michel avec le concours des habitants de Saint-Malo, voyez les n°' XVII, LI, LVI et LXVI des Pièces diverses.

2. Le Cancer est celui des signes du zodiaque qui correspond au mois de juin.

siège ^ Et pour empeschier le dit siège, le baron de Couloncez et plusieurs aultres chevaliers et escuyers, tant de France que de Bretaigne, se ordonnèrent moult notablement au Mont Saint Michiel : toutez foiz y furent desconfiz a la Gueintre ^ le jeudi absolu, et y mourut le dit baron ^.

L'an dessus dit, les Bretons fortifièrent Saint Jame de Bevron *, qui y furent desconfiz et mis en fuyte par les Anglois, Et la estoit monseigneur le connestable, c'est assaver Arthur, frère du duc :

DespICIt arMorICos BeVro sVb PIsCIbVs ^ arCVs.

L'an mil im°xxvii, les Anglois mistrent le siège a Montargis qui y furent desconfiz :

1. Ce siège de Pontorson par les Anglais est postérieur de près d'un an à la défaite des Français à Saint-James de Beuvron, racontée dans l'alinéa suivant. Grâce à une aide spéciale de 5o,ooo livres votée par les États, Richard de Beauchamp, comte de Warwick, put assiéger Pontorson, du 27 février au 8 mai 1427, à la tête d'un corps d'armée composé de 600 hommes d'armes et de 1,800 hommes de trait, en tout 3,5oo combattants.

2. La Gueintre est le nom d'une petite rivière qui se jette dans la baie du Mont-Saint-Michel, entre Huynes et Courtils.

3. Cet avantage aurait été remporté, d'après notre chroniqueur, le jeudi saint 17 avril 1427 (n. st.). Le chef de la troupe anglaise victorieuse dans cette rencontre était lord Thomas Scales. La chronique n° 3416 du fonds Joursanvault, conservée aujourd'hui au British Muséum, ajoute : « Et pour ce que le dit baron de Coulonces portoit les floquars a sa devise, le dit seigneur de Scalles les porta toujours depuis en signe de vaillance, et lessa les seraines qu'il portoit en précèdent. » Cité d'après M. Vallet de Viriville, Bibl. de l'École des Chartes, VIII, 113.

4. Les Bretons ne venaient pas pour fortifier Saint-James, mais pour mettre le siège devant cette place alors occupée par les Anglais .

5. Le signe des Poissons correspond au mois de février. Toutefois, la déconfiture d'Arthur, comte de Richemont, devant Saint-James, due à une panique qui s'empara de troupes novices recrutées de la veille, n'eut lieu que le mercredi 6 mars 1425 ou 1426 (n. st.).

ClrCa Montargis VoLVens Leo^ LILIa IWIt.

L'an mil iiii<=xxviii, le vi^ jour de mars ^, la Pucelle vint au roy :

PLaVsa sVblt FranCos sVbPIsCIbVsSaLMa PVeLLa.

L'an mil mi^xxxix, la ditte Pucelle leva siège qui estoit devant Orleens la ou il avoit des plus diverses bastillez et aultres fortificacions qui fussent de tout le temps de ceste guerre :

ECCe PVeLLa VaLens GeMInls^ IVVat AVreLIanos.

En cel an, la ditte Pucelle print Jargeau ou estoit le conte de Suforc et ses deux frères et plus de V Anglois, et fut le xix'"^ ^ de juing. Le sabmedy ensuivant,

1. Le Lion est celui des signes du zodiaque qui correspond au mois de juillet. C'est, en effet, au commencement du mois de juillet 1427, que les Anglais, sous les ordres de Richard de Beauchamp, comte de Warwick, et de William de la Pôle, comte de Suffblk, vinrent mettre le siège devant Montargis; mais c'est seulement le 5 septembre suivant que le bâtard d'Orléans et Etienne de Vignoles (auj. hameau de la commune de Castera- Vignoles, Haute-Garonne, arr. Saint-Gaudens, c. Boulogne), dit la Hire, forcèrent l'ennemi à lever le siège.

2. Cette date, ramenée à notre manière actuelle de compter, où l'année commence, non à Pâques, mais le i" janvier, est parfaitement exacte et ne se trouve que dans notre chronique. Partie de Vaucouleurs le 25 février, Jeanne d'Arc, après onze jours de trajet, arriva à Chinon, où résidait alors Charles VII, le 6 mars 1429. Ici commence le court fragment publié par M. Jules Quicherat. Procès de Jeanne d'Arc, t. IV, p. 3i3 et 314.

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