Le jeudi 2 5 septembre
5. Auj. le Hommet-d'Arthenay, Manche, arr. Saint-Lô, c. Saint- Jean-de-Daye. Le château du Hommet ne fut pas pris par des troupes régulières, mais par des paysans révoltés qui s'étaient réfugiés de vieille date dans le bois des Landes, sur les bords de la Loque, dans le bois du Hommet, sur la rive droite de la Therette, et dans la forêt de Neuilly, sur la rive droite de l'Elle et de la Vire, d'où ils inquiétaient les garnisons anglaises du Hommet, de Saint-Lô et de Carenian.
Jucquez au mardy ensuivant \ ouquel jour se rendirent, ou estoient six ou sept vins Anglois qui s'en allèrent chascun ung baston peley de seut - en leur main. Les Pons d'Ouve ^ ydonc furent prins d'assault, le chasteau de Nully ^ par composicion et aussy Lausne ^. Après lequel jour entra partie dudit ost ou clos Costentin, et dès au devant y avoient esté plus de m mille hommes.
Et lors s'en retourna le duc, le connestable, le sire d'Estouteville et aultres plusieurs a Constances ou furent jucquez au lundy ensuivant ^. Et entretant les gens d'armes, qui estoient eu dit clos de Costentin, prindrent par composicion la ville de Valongnes ~. Et lors furent mandez hasîivement pour venir a Gavrey ou mistrent le siège
I. Le mardi 3o septembre 1449. Le 2 octobre, c'est-à-dire le surlendemain de la reddition de Carentan, Arthur, comte de Richemont, seigneur de Parthenay, connétable de France, était encore dans cette forteresse d'où il a daté un traité de capitulation accordé aux habitants de Neuilly-l'Evêque (Arch. Nat., JJ i85, n" 64). Par acte daté de Rouen en novembre 1449, Charles Vil accorda aux bourgeois de Carentan la restitution de tous les biens dont ils jouissaient, avant leur soumission, nonobstant tous dons qui auraient pu en être faits à d'autres (Ordonn., XIV, 74).
■2. Ce mot est encore usité aujourd'hui dans le patois normand, pour désigner le sureau.
3. Les Ponts-d'Ouve sont aujourd'hui un hameau de Saint-Cômedu-Mont, Manche, arr. Saint-Lô, c. Carentan.
4. Auj. Neuilly, Calvados, arr. Bayeux, c. Isigny. On disait ordinairement, au moyen âge, Neuilly l'Evêque, parce que cette seigneurie appartenait aux évêques de Bayeux. On a vu plus haut que le traité de capitulation accordé par Richemont aux habitants de Neuilly est daté de Carentan le 2 octobre 1449. La prise de Neuilly a été mentionnée par Thomas Basin dans un passage où le très-savant éditeur de la chronique de l'évêque de Lisieux a lu « Milleyum, castrum episcopi Bajocensis », au lieu de « Nulleyum » qui est la bonne leçon. Thomas Basin, éd, Jules Quicherat, I, 222.