‹ Chronique du Mont-Saint-Michel (1343-1468)Chapitre 8 sur 115 · La Colombe, Manche, arr. Saint-Lô, c. Percy · texte numérisé non relu

La Colombe, Manche, arr. Saint-Lô, c. Percy

2. Il résulte de la déclaration à laquelle nous avons emprunté cet extrait que la plupart des habitants de la terre de la Roche Tesson, notamment Jean de la Touche et Renouf Furet, avaient vidé le pays et s'étaient retirés en Bretagne en haine de l'occupation anglaise.

CXLÏ

Mention d'un nommé Jeannin le Peu, de la garnison du Mont- Saint-Michel, fait prisonnier et mis à rançon par Berlin Enthesville, écuyer, seigneur de Bricquebec et lieutenant d'Avranches, ainsi que d'un moine de l'abbaye de la Luzerne pris les armes à la main avec plusieurs autres brigands par des Anglais de la garnison d'Avranches.

Robert Jozel, lieutenant gênerai de noble homme Hue Spencier, escuier, bailli de Costentin au viconte de Coustances, salut. Nous vous mandons que des deniers de vostre recepte vous paiez et délivrez à Julien Hardi, messagier, la somme de quatre livres dix sept sous six deniers tournois que tauxés lui avons pour sa paine et sallaire d'avoir esté, par nostre commandement et ordonnance et par l'adviz et deliberacion des advocat, procureur et autres conseulz du roy nostre sire eu dit bailliage, du dit lieu de Coustances à Gaen devers monseigneur du Mont, conseillier du roy, et d'illec à Rouen devers messeigneurs du Conseil, porter noz lettres closes contenans que Bertin Enthesville, escuier, seigneur de Briquebec et lieutenant d'Avrenches, estoit venu es assises de Coustances requérir délivrance de la terre du dit lieu de Briquebeq qui prinse et arrestée avoit esté en la main du roy nostre sire pour ce que, non obstant que par justice il eust esté deuement sommé de mettre es mains des gens et officiers du roy nostre dit seigneur ung traittre brigan nommé Jehannin le Peu, de la garnison du Mont Saint Michiel, qu'il detenoit prisonnier au dit lieu d'Avrenches, lequel avoit esté autrefoiz rendu en l'obéissance d'icellui seigneur, pour en faire pugnicion, il avoit mis icellui brigan à délivrance, en soy aydant d'un mandement à lui adressant donné de hault et puissant seigneur monseigneur d'Arondel,

lieutenant du roy nostre sire et de monseigneur le régent es basses marches de Normandie : par vertu duquel mandement il disoit avoir délivré le dit Peu et avoir porté le double d'icellui mandement afin qu'il plaise à mes diz seigneurs faire savoir se mon dit seigneur d'Arondel avoit celle puissance, et en cas qu'il ne l'aroit, donner sur ce leur bonne provision. Item, pour avoir porté au dit lieu de Rouen unes autres lettres closes adressans à l'advocat et procureur du roy nostre sire au dit lieu afin d'avoir leur conseil comme il faut procéder à la pugnicion d'un moine de l'abaye de la Luserne * lequel s'estoit rendu brigan et avoit n'a guères esté prins en armes aveques plusieurs autres brigans par les gens de la garnison d'Avrenches, lequel moine estoit requis

par son abbé pour en avoir la correccion et pugnicion

Donné pour tesmoing de ce soubz nostre seel dont nous usons eu dit office le xiie. jour de juillet l'an mil ccccxxxm. Dixnis.

[Bibl. Nat., Quittances, t. 66, n° 2io3.)

i. La Luzerne, aujourd'hui la Lucerne-d'Outremer, Manche, arr. Avranches, c. la Haye-Pcsnel, abbaye de l'ordre de saint Benoît au diocèse d'Avranches.

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