L'HEIDUQUE MOURANT
" A moi ! vieux aigle blanc, je suis Gabriel Zapol, qui t'ai souvent repu de la chair des pandours, mes ennemis. Je suis blessé , je vais mourir. Mais, avant de donner à tes aiglons mon cœur, mon grand cœur, je te prie de me rendre un service. Prends dans tes serres ma giberne vide et la porte à mon frère George pour qu'il me venge. Dans ma giberne il y avait douze cartouches, et tu verras douze pandours morts autour de moi. Mais ils sont venus treize, et le treizième , Botzaï , le lâche, m'a frappé dans le dos. Prends aussi dans tes serres ce mouchoir brodé , et le porte à la belle Khava pour qu'elle me pleure. »» Et l'aigle porta sa giberne vide à son frère George, et il le trouva qui s'enivrait d'eau-de-vie ; et il porta son mouchoir brodé à la belle Khava , et il la trouva qui se mariait à Botzaï*.
*J'ai lu, Tannée dernière, à Athènes, une chanson grecque dont la fin a quelque analogie avec celle de cette ballade. Les beaux génies se rencontrent. En voici une traduction.
Tm jeune fille en enfer.
Qu'elles sont heureuses, les montagnes! qu'ils sont bien partagés , les champs — qui ne connaissent pas Charon , qui n*at- . tendent pas Charon ! L'été des moutons , Thiver des neiges. — Trois braves veulent sortir de Tenfer : l'un dit qu'il sortira au mois de mai , l'autre en été , le troisième en automne , lorsque les raisins sont mûrs — Une Ûlle blonde leur parla ainsi au séjour — «terrain : — Emmenea-moi, mes braves; menez-moi à l'air, à
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la lumière. » — « Fillette, te& habits font froufrou, le vent siffle dans tes cheveux. — Tes pantoufles craquent; Charon serait averti. » — « Eh blenl mes habits, je les ôle ; mes cheveux, je les coupe ; — mes petites pantoufles , je les laisse au bas de l'escalier.— Emmenez-moi, mes braves; menez-moi dans le monde d'en haut , — que je voie ma mère qui se désole à cause de moi , — que je voie mes frères qui pleurent à cause de moi. > — « Fillette , tes frères , à toi , sont au bal à danser; — fillette, ta mère , à toi, est dans la rue à babiller. »