‹ Chronique du règne de Charles IXChapitre 102 sur 103 · DE LA NOBLE EPOUSE D ASAN-AGA · texte numérisé non relu

DE LA NOBLE EPOUSE D ASAN-AGA

Qu'y a-t-il de blanc sur ces collines verdoyantes? Sont-ce des neiges? sont-ce des signes? Des neiges? elle seraient fondues. Des cygnes? ils se seraient envolés. Ce ne sont point des neiges , ce ne sont point des cygnes : ce sont les tentes de Taga Asan-Aga. Il se lamente de ses blessures cruelles. Pour le soigner , sont venues et sa mère et sa sœur; sa femme chérie , retenue par la timidité / n est point auprès de luit.

Quand la douleur s'est apaisée , il Mi dire à sa fidèle épouse : « Ne me regarde pas dans ma maison »» blanche , ni dans ma mgiison , ni devant mes pa- »» rents. » La dame , en entendant ces paroles , se renferme dans son appartement toute triste et accablée. Voilà que des pas de chevaux retentissent près de sa maison , et la pauvre femme d' Asan-Aga , croyant que son mari s'approche , court à son balcon pour se précipiter. Mais ses deux filles ont suivi ses pas : " Arrête, M mère chérie ! ce n'est point notre père Asan-Aga , " c'est notre oncle Pintorovich-Bey. »

L'infortunée s'arrête; elle serre dans ses bras son frère chéri. « Ah ! mon frère , grande honte ! Il me ré- » pudie , moi qui lui ai donné cinq enfants ! •»

Le bey garde un morne silence ; il tire d'une bourse de soie rouge un écrit qui lui rend sa liberté'. Mainte-

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