‹ Chronique du règne de Charles IXChapitre 63 sur 103 · LIS BRAVES HE1I>IIQI}ES · texte numérisé non relu

LIS BRAVES HE1I>IIQI}ES

^ nous reviendrons sucer le sang de nos ennemis. » MIadin s est levé, il s'est écrié : « Enfants , debout ! » mieux vaut une belle balle que l'agonie de la faim. » Ils sont descendus tous les trois comme des loups enragés. Chacun a tué dix hommes, chacun a reçu dix balles dans la poitrine. Nos lâches ennemis leur ont coupé la tête, et, quand ils la portaient en triomphe, ils osaient à peine la regarder , tant ils craignaient Christich MIadin et ses fils '.

N OTES.

* On dit que Hyacinthe Maglanovich a fait cette beUe ballade danë le temps où il menait lui-même la vie d'un heiduque, c'est-à-dire, à peu de chose près, la Vie d'un voleur de grand chemin.

•Les heiduques souffrent la douleur avec encore plus de courage que les Morlaques même. J'ai vu mourir un jeune homme qui , s'étant laissé tomber du haut d'un rocher, avait eu les jambes et les cuisses fracturées en cinq ou six endroits. Pendant trois jours d'agonie, il ne proféra pas une seule plainte; seulement, lorsqu'une vieille femme qui avait , disait-on , des conDais^ances en chirurgie, voulut soulever ses membres brisés pour y appliquer je ne sais quelle drogue , je vis ses poings se contracter, et ses sourcils épais se rapprocher d'une manière effhiyante.

^ Grand couteau que les Mor laques ont toujours à leur ceinture.

* Ce mot rappelle celui de l'écuyer breton au combat des Trente ; Bois ton sang, Beaumanoir! »

*< Les soldats qui font la guerre aux heiduques sont nommés pandours. Leur réput<ition n'est guère meilleure que celle des brigands quMIs poursuivent; car on les accuse de détrousser souvent les voyageurs qu'ils sont chargés de protéger. Ils sont fort méprisés dans le pays, à cause de leur lâcheté. Souvent dix ou douze heiduques se sont fait jour au travers d'une centaine de pandours. Il est vrai que lu faim que ces malheureux endurent fréquemment esl un aiguillon puissant pour exciter leur courage.

Page 1