LES BB4YES HEIDUQUES
Lorsque les pandonrs ont fait uo prisonnier, ils le conduisent d'une manière assez singulière. Après lui avoir ôté ses armes, ils se contentent de couper le cordon qui attache sa culotte , et la lui laissent pendre sur les jarrets. On sent que le pauvre heiduque est obligé de marcher très-lentement, de peur de tomber sur le nez.
L'AMANTE DE DANNISICH,
Eusèbe m'a donné une bague d*or ciselée * ; Wlodiiner m'a donné une toque rouge* ornée de médailles ; mais , Dannisich , je Caime mieux qu'eux tous.
Eusèbe a les cheveux noirs et bouclés ; Wlodimer a le teint blanc commft une jeune femme des montagnes ï mais , Danniâieh , je te trouve plus beau qu'eux tous.
Eufîî^be m'a embrassée , et j'ai souri ; Wlodîmer m*a embrassée, il avait Thalcine douce comme la violette ; quand Datmisich m*einbrasse * , mon cœur tressaille de plaisir.
Eusfebe sait beaocfîup de vieilles chansons ; Wlodimer sait fiiire résonner la guzla. J'aime les chansons et la guzla , mais les chansi^ns et la guzla de Dannisich.
Eusèbe a chargé son parrain de me demander en . mariage ; Wlodimer enverra demain le prêtre à mon
l'amante de DANIflSICH. 407
père * ; mais viens sous ma fenêtre , Dannisich , et je m'enfuirai avec toi.
* Avant de se marier, les femmes reçoivent des cadeaux de tontes les mains sans que cela tire à conséquence. Souvent une fille a cinq ou six adorateurs, de qui elle tire chaque jour quelque présent , sans être obligée de leur donner rien autre que des espérances. Quand ce manège a duré ainsi quelque temps , Tamant préféré demande à sa belle la permission de l'enlever, et elle indique toujours rheure et le lieu de Fenlôvement. Au reste , la réputation d'une fille n'en soulfre pas du tout , et c'est de cette manière que se font la moitié des mariages morlaques.
* Une toque rouge est pour les femmes un insigne de virginité. Une fille qui aurait fait un faux pas, et qui oserait paraître en public avec sa toque rouge , risquerait de se la voir arracher par un prêtre, et d'avoir ensuite les cheveux coupés par un de ses parents en signe d'infamie.
* C'est la manière de saluer la plus ordinaire. Quand une jeune fille rencontre un homme qu'elle a va une fois , elle l'embrasse en l'abordant.
Si vous demandez l'hospitalité à la porte d'une maison, la femme ou la fille aînée du propriétaire vient vous tenir la bride du cheval , et vous embrasse aussitôt que vous avez mis pied à terre. Cette réception est très-agréable de la part d'une jeune fille , mais d'une femme mariée elle a ses désagréments. Il faut savoir que , sans doute par excès de modestie et par mépris pour le monde , une femme mariée ne se lave presque jamais la figure : aussi toutes sont-elles d'une malpropreté hideuse.
* Sans doute pour la demander aussi en mariage.