‹ Chronique du règne de Charles IXChapitre 75 sur 103 · LÀ FLAMME DE PBBBUSSIGB · texte numérisé non relu

LÀ FLAMME DE PBBBUSSIGB

bey a souri , et il dit : - Bon , recouche-toi. •» Et il prit son chapelet et il se remit à prier.

Quand il eut dit son chapelet* il appela sa femme et lui dit : « Prascovie , ouvre encore la fenêtre et re-

- garde. »♦ Et elle se leva et dit : " Seigneur, je vois H au milieu de la rivière une lumière brillante * qui

- chemine rapidement de ce côté. »» Alors elle entendit un grand soupir et quelque chose qui tombait sur le plemcher. Le bey Janco était mort.

NOTBS.

> L'amitié est en grand honneur parmi les Morlaques , et il est encore assez commun que deux hommes s'engagent Tun à l'autre par une espèce de fraternité nouvelle. 11 y a dans les rituels illyriques des prières destinées à bénir cette union de deux amis qui jurent de s'aider et de se défendre Tun Tautre toute leur vie. Deux hommes unis par cette cérémonie religieuse s'appellent en illyrique pobratimi, et les femmes poiMfrtme, c'est-à-dire demifrères , demi-sœurs. Souvent on voit les pobratimi sacrifier leur vie l'un pour l'autre ; et, si quelque querelle survenait entre eux, ce serait un scandale aussi grand que si , chez nous, un fils maltraitait son père. Cependant, comme les Morlaques aiment beaucoup les liqueurs fortes, et qu'ils oublient quelquefois dans l'ivresse leurs serments d'amitié , les assistants ont grand soin de s'entremettre entre les pobratimi, afin d'empêcher les querelles, toujours funestes dans un pays où tous les hommes sont armés.

J'ai vu à Knin une jeune fille morlaque mourir de douleur d'avoir perdu son amie, qui avait péri malheureusement en tombant d'une fenêtre.

> L'idée qu'une flamme bleuâtre voltige autour des tombeaux et annonce la présence de l'âme d'un mort , est commune à plusieurs peuples , et est généralement reçue en lllyrle.

Le style de cette ballade est touchant par sa simplicité , qualité assez rare dans les poésies illyriques de nos jours.

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