‹ Chronique du temps de charles 9. 1572Chapitre 12 sur 41 · LE LENDEMAIN D'UNE FÊTE · texte numérisé non relu

LE LENDEMAIN D'UNE FÊTE

le cheval se sentant un maître nouveau, conçut le désir malin d'éprouver ses connaissances dans Fart de l'équitation. Il ne tarda pas beaucoup cependant à s'apercevoir qu'il avait affaire à un excellent cavalier, moins que jamais disposé à souffrir ses gentillesses; aussi , après quelques ruades , bien payées par de grands éperons bien pointus, il prit le sage parti d'obéir et de prendre un grand trot de voyage. Mais il avait épuisé une partie de sa vigueur dans sa lutte avec son cavalier, et il lui arriva ce qui arrive toujours aux rosses en pareil cas , il tomba, comme Ton dit, en manquant des quatre pieds.

Notre héros se releva aussitôt, légèrement moulu , mais encore plus furieux à cause des huées qui s'élevèrent aussitôt contre lui. Il balança même un instant s'il n'irait pas en tirer vengeance à grands coups de plat d'épée; cependant, par réflexion, il se contenta de faire comme s'il n'entendait pas les injures qu'on lui adressait de loin, et, plus lentement, il reprit le chemin d'Orléans, poursuivi à distance par une bande d'enfans, dont les plus âgés chantaient la chanson de Jehan Petaquin 1 , tandis que les plus petits criaient de toutes leurs forces : au Huguenot! au Huguenot! les fagots !

Après avoir chevauché assez tristement pendant près d'une demi-lieue, il. réfléchit qu'il n'attraperait probablement pas les reitres ce jour-là; que son cheval était sans doute vendu ; qu'enfin il était plus

1 Personnage ridicule d'une vieille chanson populaire. J$||g$î

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