‹ Chronique du temps de charles 9. 1572Chapitre 13 sur 41 · LE LENDEMAIN DINE FÊTE · texte numérisé non relu

LE LENDEMAIN DINE FÊTE

que douteux que ces messieurs consentissent à le lui

rendre. Peu à peu il s'accoutuma à l'idée que son cbeval était perdu sans retour , et comme dans cette supposition il n'avait rien à faire sur la route d'Orléans , il reprit celle de Paris , ou plutôt une traverse, pour év iter de passer devant la malencontreuse auberge témoin de ses désastres. Insensiblement, et comme il s'était habitué de bonne heure à chercher le bon côté de tous les événemens de cette vie, il considéra qu'il était fort heureux, à tout prendre , d'en être quitte à si bon compte ; il aurait pu être entièrement volé, peut-être assassiné, tandis qu'il lui restait encore un écu d'or, à peu près toutes ses bardes, et un cheval, qui, pour être laid, pouvait cependant le porter. S'il faut tout dire, le souvenir de la jolie ÎUila lui arracha plus d'une fois un sourire. Bref, après quelques heures de marche et un bon déjeûner, il fut .presque touché de la délicatesse de cette honnête fille, qui n'emportait que dix-huit écus d'une bourse qui en contenait vingt. Il avait plus de peine à se réconcilier avec la perte de son bel alezan, mais il ne pouvait s'empêcher de convenir qu'un voleur plus endurci que le trompette aurait emmené son cheval sans lui en laisser un à la place.

Il arriva le soir à Paris, peu de temps avant la fermeture des portes , et il se logea dans une hôtellerie de la rue Saint- Jacques.

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