‹ Chronique métrique de Chastellain et de MolinetChapitre 53 sur 72 · V. 791. Variante. Prindrent vaillantise. (Buchon · texte numérisé non relu

V. 791. Variante. Prindrent vaillantise. (Buchon

V. 793. Cette strophe est transcrite par Du Verdier, ainsi que les en, cm , civ et cxxxiii.

V. 801. li doit être question des îles Açores, découvertes en 1461 par les pilotes du prince Henri de Portugal. Déjà Jean de Bethencourt, gentilhomme normand, avait découvert les Canaries en 1405. En 1472 les Portugais découvrirent les îles de Saint-Thomas et du Prince sur les côtes d'Afrique, et le cap de Bonne-Espérance en 1486. Le premier voyage de Christophe Colomb est de 1492. (Buchon.)

Les iles dont parle M. Buchon avaient été connues précédemment des Arabes, au rapport d'Hartman, et des Génois, selon le dire de Bergeron. Elles furent occupées ensuite par les Portugais , et habitées enfin , en 1 466 . par une colonie flamande soumise au roi de Portugal.

805 Sont d'estranges manières , Saulvaiges et velus ; D'or et d'argent mynières Voit-on en ces pallus.

Par mystère fort riche 810 Où Dieu presta les mains, Veiz l'archeduc d'Austriche Esleu roy des Rommains , A Aix en Allemaigne Dignement couronné ; 815 Son père l'accompaigne Richement entourné.

cm.

J'ay veu une Rommaine , Dame de grant renom , Fille humble et fort humaine 820 Du sénateur Zenon ; Sept cents ans enterrée Fut sans corruption ;

y. 816. Maximilien, fils de Frédéric III, fut élu roi des Romains par la diète de Francfort, en 1486, intronisé à Rensée, et couronné à Aix-la-Chapelle. (Buclion.)

Rhensé, petite ville de l'ancien électorat de Cologne, sur le Rhin. Le trôtie de Rhensé ou Koenigsthul était un bâtiment octogone , construit en pierres de taille sur les bords du Rhin , voûté par dessous , et formant une terrasse découverte en plein air. Cette terrasse était entourée d'une espèce de balustrade en maçonnerie , dans le massif de laquelle on avait pratiqué sept bancs de pierre, qui remplissaient l'intérieur des sept faces principales et qui servaient, dans ces sortes de solennités, de sièges aux électeurs. Ce monument fut détruit à la révolution française. Sur le couronnement de 3Iaximilien , consultez Molinet, chap. cxxix et suiv.

Au peuple fut monstrée ., Par admiration.

825 J'ay veu frère Nicolle ,

Ung Suisse dévot ,

D'abstinence l'cscolle ,

Fort bien tenant son vot,

Vingt ans vivre en ce monde 830 Sans manger peu ne point;

Lieu en sa gloire munde

Luy doint viande à point.

GV.

J'ay veu vif sans fantosme

Ung jeune moysne avoir 835 Membre de femme et d'homme

Et enfant concepvoir ;

Par luy seul , en luy mesmes ,

Engendrer , enfanter ,

Comme font aultres femmes , 840 Sans outilz emprunter.

V. 825. Ce frère Nicole est connu en Suisse sous le nom du bienheureux Nicolas d'Underwald. — La strophe est copiée dans les Mélanges tirés d'une grande bibliothèque, D, 320.

V. 840. Cettestrophe est copiée dans le Ducatiana , II, 424. LeDuchat dit qu'elle a trait à un passage de la Chronique scandaleuse. Et il a raison. Voici, en effet, ce passage. « En la dite année (1478), au mois d'octobre, avint au « pays d'Auvergne, que en une religion de moines noirs, appartenant à mon- « seigneur le cardinal de Bourbon, y eut un des religieux dudit lieu qui « avoit les deux sexes d'homme et de femme, et de chascun d'iceux se aida « tellement qu'il devint gros d'enfant, pourquoy fut pris et saisi, et mis en « justice et gardé jusques à ce qu'il fust délivré de son postume {apostume) , a pour après iceluy venu estre fait dudit religieux ce que justice verroit estre « à faire. » Éd. de Commines, Brux., 1823, II, 251 . Le savant Thomas Brown, qui a examiné la question des hermaphrodites appliquée aux lièvres, aurait bien dû nous dire ce qu'il en pensait relativement aux hommes. Pseudodoxiu epidemica , liv. III, ch. xvii.

106 RECOLLECTION.

CVT.

De fort dure fortune Veiz Bourgoignons servir, Espérans de Béthune Les formaiges ravir ; 845 En lieu de fins formaiges Trouvèrent faux baratz ; Gueldres y eut dommaiges Nasso et Lassaras.

J'ay veu , par mutinaige , 850 Bruges mettre les mains

V. 845. Formaiges. Le ch. clxi de Blolinet a pour titre : La dure rencontre des Bourguignons devant Béthune , que aulcunes gens nommèrent la journée DES FROMAGES. Le même auteur, dans la Robhe de l'archeduc :

Béthune et ses formaiges Que cuidasmes avoir, Nous firent grans dommaiges De nobles et d'avoir.

V. 848. De l'expédition contre Béthune étaient Philippe de Clèves, le duc de Gueldre , le comte de Nassau , le sire de Lassaras , noble chevalier de Savoie, et beaucoup d'autres personnages de distinction, tels qu'Estienne du Chasteler, appelé de Chastelre et Chastelle dans M. Buchon, le seigneur de Dadizeele {A^Endisselle) , dont M. Voisin a analysé les mémoires, Ferry de Noyelles (Nouvelle) , l'Aman (Lamant) de Bruxelles, etc.

V. 849. Hist. de l'ordre de la Toison-d'Or, p. 184. Tous ces troubles et séditions sont racontés dans la Chronique en prose de Molinet, ch. cxlii, XLV, xLVi , XLvii , etc., et dans Custis , II, 275 et suiv. Voici encore quelques corrections pour le texte de Molinet, tel que l'a imprimé M. Buchon -.Barodo, lisez Baradot; Neufwenhove, Nieutrenhove ; Inckerke, Uutkercke ; Sorne , Solre; Marchigue d'Anvers , Marquis ou Margrave; Polhain, PoUieim , dont Gaillard fait un fils du roi de Pologne; Neringhiers, Neeringhen ; Sauveuse, Saveuse; Lanchast, Lanchals *; Charapenaux, Champuans ou Champvans;

• Voyez le portrait de Lanchals avec une notice par M. Van Lokei-en, Messager des sciences et des arts de la Belgique, 1854, pp. 453-464.

RECOLLECTION. 107

Au digne personnaige Roy sacré des Rommains ; Ses chevalliers , ses nobles , Son mignon fort fringant , 855 Pis logez qu'en vignobles, Emprisonnez à Gand.

CVIIT.

Les moutons détentèrent En son parc le berger, Les chiens qui le gardèrent 860 Sont constraints d'eslonger; Le berger prist figure D'aigneau, mais ses brebis

Guieslin , Guiselin ou Gyselin ; Van Nenose , Van Nenove , et dans la notice de M. Van Lokeren , Ninove, f^an Niemcenhove; Waulergrave, ff'atergrave ; Willervault, ffillerval , etc. 11 est fait allusion à ces événeraens dans le Theiierdank , dont M. Chai'les Haltaus vient de donner une nouvelle édition. (Quedlenburg und Leipzig, 1836, in-8o.) f^oyez\es clefs de Sébastien Franck et de Mathieu Schultes; Haltaus, pp. 126, lô2.

Une circonstance assez remarquable et qu'on ne lit pas , que nous sachions, dans les historiens français ni belges, c'est que le bouffon de Maximilien , homme de bon conseil et d'une grande perspicacité , conseilla à ce prince de ne pas aller à Bruges. Et même au moment où Maximilien était devant la porte de Sainte-Catherine , il courut après lui et chercha encore à le détourner d'entrer. Voyant qu'il n'y pouvait réussir , il entra avec le roi , mais sortit par une autre porte et alla rejoindre à Middelbourg le duc Christophe de Bavière. Cependant, pendant la captivité de son maître, il ne resta pas oisif, et il s'ingénia de toutes les manières pour lui rendre la liberté et lui faire passer des avis utiles. Ce bouffon, qui était plutôt un facétieux compagnon qu'un fou en titre, s'appelait Kunz ou Conrad Von der Rosen (non pas Zonder Jîosen), et ne fut point attaché, comme on l'a dit dans les notes sur la traduction du Luther de Werner, à Charles-Quint, dont les bouffons les plus connus furent Pedro de San Erbas, Zapata et Paiie Theun. Floegel parle longuement de Kunz Von der Rosen, dont il donne même le portrait, Geschichte der hofnarreti , 1789, pp. 190-203. C'est de ce personnage que Manlius (Locor. commun, collectanea, p. 444) a dit : Conradus de Rosis^ imperatoris Ma.rimiliani miles ^ homo lepidus [non colo eutn nominare scurram : gevimœ enim sunt raro inter lapillos) . Voyez notre Histoire des fous en titre d'office f Le Lundi , p . 269.

108 RECOLLECTION.

Dont il avoit la cure , Devindrent loups rabis.

865 Bruges mist à torture

Chevalliers et barons

Sans raison et droicture ,

Comme on feroit larrons j

Par gent rude et meschante, 870 Fut lors sur le marché

D'une espce trenchante

Maint noble despesché.

ex.

Pourquoi l'impérialle

Majesté accourut , 875 Qui son filz la royalle

Dignité secourut;

La noble Germanie

Tellement huttina

Que Flandres fut pugnie 880 Et Bruges en saigna.

V. 880. Molinet a publié en français le Monitoire pénal , envoyé par le pape aux habitans de Bruges et de Gand, ainsi que le traité conclu entre le roi des Romains et les trois membres de Flandre. Nous possédons ces pièces, la première en latin , la seconde en flamand, imprimées dans le temps même. Celleci , qui est très-curieuse, sous le rapport typographique , est intitulée :

Dit es ghemaect te Brugghe Int jaer ons heere duysent vier Hondert acht en tachentich den Sestiensten dach in meye.

11 y a toute apparence que cette pièce de 6 feuillets in-fol., en lettres de somme d'un beau caractère , a été imprimée à Bruges. Or en 1488 , Colard Mansion était mort, et d'ailleurs cette impression ne ressemble à aucune des siennes. Cependant dans le quinzième siècle on ne connaît à Bruges que Co-

RECOLLECTION. 109

J'ay veu à bas desdendre Ung fort jeune éléphant , Coiilouré comme cendre, Aspre et fort remouvant ; 885 De sa grande narine Fort bien s'esbanoya, Et puis sur la marine Meschamment se noya.

GXII.

J'ay veu , parmy ung voire , 890 François et Bourgoignons

Ensemble à Cambray boire ,

Comme bons compagnons ;

Puis aux champs , hors la ville ,

L'ung sur l'autre charger 895 Pour mettre en prison vile

Ou en mortel danger.

J'ay veu haulte princesse D'Yorck de grant renom ,

lard Mansion, car M. VanPraet ne veut pas que l'on compte Jean Briton, qui vivait encore en 1494. Les partisans de ce dernier ne pourraient-ils pas tirer avantage de la pièce que nous signalons?

L'autre impression, la bulle papale, est en placard. Voyez notre Troisième Mém. sur l'unie, de Louvain , p. 17, et Nouv. arch. des Pays-Bas ^ VI, 73.

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