‹ Chronique métrique de Chastellain et de MolinetChapitre 67 sur 72 · REMARQUES ADDITIONNELLES · texte numérisé non relu

REMARQUES ADDITIONNELLES

Ouvrages de G. Chastellain,

Le catalogue de la bibliothèque Harléienne , au British muséum, porte, sous le n" 4,3971-4 :

Le temps perdu de Pierre Chastellain, à 3Iichault Faille-erent.

Ce dernier mot semble mis pour Tailletent, et Pierre pourrait bien occuper la place de Georges.

Note sur la. strophe Lxi relative aux défaites essuyées par le duc Charles-le- Téméraire.

L'auteur d'un livre rare et singulier imprimé à Liège en 1610 sous le titre de Cabinet Historial ^ , messire Remacle 3Iohy du Rondchamp , dit , p. 1 91 , que les cruautés exercées sur les Liégeois par le duc de Bourgogne furent cause de ses désastres , et il raconte ensuite cette anecdote qu'il a prise je ne sais oti : « Estant « avec son armée près de Nancy , il n'avoit pensé que les Suisses u viendroient contre luy , si est-ce qu'ils vindrent bientost en « grand nombre et en bon ordre. L'on dict qu'ils avoyent dessus « un chariot un instrument à la façon d'un grand cor , qui à force « de sufflets donnoit une résonnance espouvantable , et que le duc

' Ces remarques étant trop longues pour les placer au bas des pages , nous avons été obligé de les rejeter à la fin.

2 Nous en parlons encore dans V Introduction du premier volume de notre édition de Philippe Mouskes,

<i Charles sentant ceste résonnance , commença à trembler des « mains , et sentir un grand frémissement par tout le cœur : que n cela sembloit un présage de sa mort, aussi fut-il bientost pau- <t vrement occis au choc que les armées se donnèrent, n

Parmi nos remarques sur le texte de V Histoire des ducs de Bourgogne par M. de Barante, il en est une (t. VIII, p. 223) oii nous parlons du chapeau ducal que Charles de Bourgogne perdit à Granson , et citons Jean Jacques Fugger. Ce seigneur avait écrit en allemand une histoire de la maison d'Autriche dont le manuscrit, en deux volumes in-folio, est conservé à la bibliothèque impériale de Vienne. En 1669 le savant Lambecius en donna, au tome second de ses Commantarii de Bibl. Cœsarea, p. 510 etsuiv., un extrait accompagné d'une traduction latine , orné d'estampes copiées sur les dessins du manuscrit, et représentant le duc Charles, son chapeau ducal, un bracelet de pierres précieuses, un rubis reconnu faux depuis , avec deux plats d'argent dorés admirablement ciselés qui lui avaient appartenu et qui furent pris à Granson. Quoique l'ouvrage de Jean Jacques Fugger ait été publié vers le même temps (1668) à Nuremberg, par Sigismond Van Birken, Kollarius a inséré dans sesAnalecta P^endobonensia ,1 , 826, l'extrait de Lambecius. Ce dernier donne d'abord de longs passages d'H. Gundelfingius, où on lit les détails suivans sur le butin de Granson : u Per castrorum médium trucidantes

H insequuntur hostium tentoria omnibus gazis , victualibus, dite versorum telarum generibus,quadringentisque pixidibus referta «I obtinentes, et, quod dignum memoratu est, curruli sede ac can thedra argentea auro obrizo pluris aestimationis exornata , pate- «( risque aureis et argenteis, aliisque clenodiis, pecuniarum copiis, <c vestibus lacernatis, milleque curribus falcatis et onerariis , sub it sexingentorum millium florenarum summaria taxa complexis , <t inibi relictis, acquisitis.... >>

Nous allons maintenant traduire la relation de Fugger, qui peut servir de correctif à toutes les fables débitées sur les diamans de Bourgogne, et dont le récit, rapporté par M. Peignot, n'est pas plus exempt que les autres, u Les Suisses, vainqueurs à Granson, se rendirent maîtres de toute l'artillerie des Bourguignons et des trésors et de la vaisselle du Duc , estimés plus d'un million de florins. Les magnifiques tapisseries d'argent qu'ils avaient crues

travaillées en ctain, et quantité de tentures précieuses en soie devinrent leur butin. Dans le partage de ces dépouilles tomba aussi le grand et épais diamant taillé à facettes (à cinq faces) et qui passait alors pour le plus beau de la chrétienté. On l'avait réuni, en forme de bracelet, à trois grands rubis balais, que, pour l'égalité de leur grandeur, de leur épaisseur et de leur poids, on appelait les trois frères, et à quatre énormes perles orientales. Cette monture à l'antique, et d'une forme très -élégante, avait été faite avec tant d'art , que les trois rubis n'étaient point enveloppés de feuilles de métal, ni d'autres ornemens, mais joints les uns aux autres par de légères attaches d'or, afin qu'on put mieux voir la beauté naturelle de ces pierreries , et leurs merveilleuses proportions. Ce joyau , qui avait souvent servi au duc Charles à étaler sa magnificense, était d'un prix trop élevé pour trouver facilement des acheteurs qui le payassent comptant. Quelques années après cependant il fut proposé au seigneur Jacques Fugger , mon cher grand oncle , frère de mon aïeul Georges , lequel était alors renommé dans tout le monde, par son rang et ses richesses. Quoique ce bijou fut aussi précieux en lui-même par la grandeur, l'éclat, et la pureté des pierreries et des perles, que parce qu'il avait servi de parure au duc de Bourgogne , mon grand oncle ne l'acheta cependant aux Suisses que pour la somme de -47,000 florins, avec un rubis et un chapeau à aigrettes dont je parlerai tout-àl'heure. Dans l'espoir que ce trésor retournerait à l'auguste maison d'Autriche, il le garda pendant long-temps. Il y a trente ans que le sultan Soliman ayant fait rechercher chez les plus puissans princes de la terre des pierreries pour en orner son diadème , mon oncle Antoine, quoiqu'il eût pu faire un bénéfice considérable, ne voulut pas abandonner cette pièce unique , toujours dans la vue qu'elle ne sortît pas de la chrétienté et qu'elle revînt à la maison d'Autriche. Elle est donc restée dans notre famille pendant quarante ans et m'a été transmise à moi, Jean Jacques Fugger, auteur de cette histoire. Pendant cet intervalle , non-seulement mon ayeul, mais mon père ainsi que moi nous l'avons offert souvent à un prix raisonnable aux empereurs Charles V et Ferdinand 1" ; les guerres que ces souverains devaient soutenir les empêchèrent de conclure ce marché, et, ayant perdu toute espérance de restituer à la maison d'Autriche une merveille qui semblait lui appartenir, je la vendis

à des conditions favorables ' au roi d'Angleterre Henri VIII , et quoique ce monarque soit mort quelques jours avant le terme du paiement, je n'en ai pas moins reçu la somme qui m'était due, comme le stipulait mon contrat. Enfin ce bijou , qui pendant environ 76 ans avait été possédé par les Bernois et par les Fugger, revint au quatrième duc de Bourgogne de la maison d'Autriche par le mariage de Marie, fille de Henri VIII, avec Philippe, fils de Charles-Quint et prince des Espagnes.... »

Fugger s'élève ensuite contre ceux qui se sont donné carrière sur les diamans du duc Charles, en racontant comment ils furent souvent perdus, souvent retrouvés et achetés ensuite à vil prix. Mais il se pourrait que toutes les pierreries du Duc n'aient pas eu le même sort que celles vendues aux Fugger, car Commines , qui avait vécu à la cour de Bourgogne et qui ne pouvait se tromper sur ce point, dit expressément qu'il a vu à Milan le collier que portait le Duc et qu'il fut vendu deux ducats.

Note sur la strophe xcni relative à Olivier le Dain,

Les extraits des registres criminels qui suivent, sont tirés d'un ouvrage manuscrit de Dongois. Ils ont été communiqués à la Revue Rétrospective par M. Taillandier, ainsi que les extraits des registres civils qui terminent cet article.

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