V mil A, B
d'autres choses. Et s'estoient les gens de la ville si destrains de vivres, que li pluseurs mengoient raz, souriz, chaz, chiens, cuiers et moût d'autres diverses viandes. Et bien savoit le roy Phelippe la famine, que son peuple souffroit à Calais. Lors manda le roy Phelippe au roy Edouart bataille de corps contre corps, de cent contre cent, de mil contre m ou de gent contre gent, mais le roy Edouart le refusa, et bien vit le roy Phelippe que la ville ne povoit secourre ne la bataille avoir. Adonc s'en parti à son ost et s'en râla en France. Lors se rendirent les bourgois de Calais par celé manière, que six^ des bourgois delà ville enalerentau roy Edouart en linges, draps deflfublez et deschauciez, la hart au col, mais par la prière de la royne sa femme, ilz furent de mort respitez et tout le commun peuple de la ville s'en parti à sauveté de corps, mais leur avoir perdirent, et tous les chevaliers, qui là estoient de par le roy de France, se rendirent et furent prins à rançon.
Donc laissa le roy Edouart à Calais Jehan de Beauchamp et son frère et pluseurs autres pour la ville garder, et fist chastellain du chastel un Lombart, qui estoit nommez Emery de Pavie. Et lors envoya le roy Phelippe gens d'armes et autres à Saint Osmer et à Boulongne et en pluseurs autres forteresses pour le pais garder.
En cel an mesmes qu'il avint que Calais-^ fut prins, ala Charles de Blois asseger La Roche-Darien, et Jehan de Montfort assembla Thomas d'Agorne et grant foison