‹ Chronique normande du XIVe siècleChapitre 22 sur 315 · Voir par exemple pp. 179 et suiv · texte numérisé non relu

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INTRODUCTION. Ij

njme a amplifié le récit primitif, et d'autre part l'étendue de sa continuation. — Remarquons cependant qu'il y a des cas où l'auteur tournaisien ne se contente pas pour l'histoire générale du texte de notre chronique, mais le complète à l'aide d'un ouvrage plus étendu ; c'est ainsi que pour les temps antérieurs à 1321, il a pu combler quelques lacunes de la Chronique normande *. Le fait ne se représente qu'une seule fois après 1328, dans le récit de la bataille de Cocherel ^ ; l'auteur tournaisien emploie en même temps que le récit de l'abrégé une autre version, de valeur infiniment m.oindre. Inutile de pousser plus loin l'étude de cette vaste compilation ; il suffit d'avoir déterminé le lieu d'origine de son auteur et l'époque de sa rédaction.

g. Paris, Bibl. Nat., ms. fr. 4957 (anc. 9630). Papier, 200 ff., longues lignes ; haut. 290, larg. 214"^"*. Commencement du XIV* siècle. Aucun ornement 3. Ce manuscrit, quoiqu'écrit d'une seule main, se compose de plusieurs parties tout à fait distinctes. 1" ff. 1-81. Courte chronique universelle allant depuis la création jusqu'à l'avènement de Charles IV. L'ère chrétienne commence au f. 22 ; nombreuses légendes; la fin surtout, à partir de l'an 1100, est extrêmement abrégée ; le premier feuillet étant mutilé, nous ne pouvons donner le début de l'ouvrage. — 2° ff. 82-140. Seconde rédaction de la Chronique normande ; on a ajouté vers la fin un court passage (16 lignes du manuscrit) donnant quelques détails sur les deux sièges de Limoges. — 3" ff. 140-141. Continuation allant

\. Voir par exemple pp. 117-120, 124-125.

3. Sur ce manuscrit, voir une note de Paulin Paris, Chroniques de S. Denis, VI, 496 ; le savant auteur avait reconnu l'identité au moins partielle des mss. fr. 10138, 4987 et 4957.

lij INTRODUCTION.

jusqu'à la prise du captai de Buch à Soubise ; peu intéressante, les premières lignes ressemblent fort à la continuation du ms. fr. 5610. — 4° ff. 142-176 et ff. 182 v°-186 r. Chapitres l-xgiii et xcrv-c de l'histoire du règne de Charles V dans les Chroniques de Saint-Denis. — 5°ff. 176-182 v°. Manifeste des cardinaux assemblés en conclave après la mort de Grégoire XI (en latin ; premiers mots : Cum propter falsa?n assercionem iniquorum . . . . ) — 6° ff. 186 v°-200. « Avis baillié par l'Université de Paris « au Roy sur le débat des papes. » Mémoire de la fin du règne de Charles V, en français.

3. Manuscrits dans lesquels la seconde rédaction de la Chronique normande suit les Chroniques abrégées de Baudouin d'Avesnes.

Il serait superflu, à propos de l'ouvrage qu'on appelle Chroniques abrégées de Baudouin d'Avesnes, d'étudier la chronique attribuée à ce seigneur, d'autant plus qu'un article tout récent vient de réduire avec raison la valeur de cette compilation trop vantée ^ On sait qu'on a longtemps attribué à ce personnage, fils de la comtesse Marguerite de Flandre, ane grande chronique française allant de la création au dernier tiers du xiii" siècle, compilation sans originalité et curieuse seulement au point de vue de l'histoire littéraire. M. Heller, dans l'article cité, estime que

1. Heller, Ueber die Herrn Balduin von Avesnes zugeschriebene Hennegauer Chronik und verwandte Quelleji, dans le Neues Archiv der GeseUschaft fur altère Deutsche Gescliichtskunde , VI (1880), pp. 129-151. — Sur cet ouvrage, voir encore la préface de l'édition du Ménestrel de Reims, de M. de Wailly, p. xx, et celle de M. Kervyn de Lettenhove, Istoi^e de Flandre, I, pp. v-xxi.

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rien ne permet d'attribuer à Baudouin d'Avesnes lui-même cette vaste composition historique ; tout ce qu'on peut croire, c'est qu'elle a été écrite par un ou plusieurs auteurs inconnus sous son inspiration directe.

Quoi qu'il en soit, vers la fin du xiii" siècle ou au commencement du xrv® siècle, cet ouvrage très étendu, — il forme environ trois forts volumes in-folio, — fut abrégé par un scribe inconnu, qui le premier, comme M. Heller l'a fait remarquer avec raison *, attribua expressément l'œuvre qu'il abrégeait à Baudouin d'Avesnes. Voici le titre de cette seconde rédaction, tel que le donnent la plupart des manuscrits : « Chroniques extraites et abrégées des livres de « monseigneur Baudouin d'Avesnes, fils jadis de la com- « tesse Marguerite de Flandres et de Haynaut, qui fust « moult saiges homs, et assembla de plusieurs livres. » La plupart des manuscrits assez nombreux de cet abrégé s'arrêtent à l'élection du landgrave de Thuringe à l'Empire (1246) et finissent aux mots suivants : « li prélat « eslurent le frère du langrave de Duringhes, mais il mo- « rut^. »

Ces chroniques abrégées n'ont à vrai dire aucun rapport avec la Chronique norynande et son remaniement ; seulement les copistes, pour conduire le récit des chroniques copiées par eux jusqu'à leur époque, ont souvent inséré sans aucun changement la chronique abrégée à la suite des extraits de l'ouvrage de Baudouin d'Avesnes, en comblant par quelques additions généralement courtes et sans valeur la lacune qui existait entre la fin de l'un des deux ouvrages et le commencement de l'autre. M. Kervyn de Lettenhove lui-même a

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