janvier
5. Charles le Bel eut trois et non deux femmes : 1° Blanche, fille d'Olton IV, comte de Bourgogne; 2° Marie, fille de l'empereur Henri VII; 3° Jeanne, fille de Louis de France, comte d'Évreux.
Trinité ^ en présence des pairs de France. Le comte de Flandre figure au sacre et le roi s'engage à le rétablir dans son comté 2 (Page 36).
De retour à Paris, Philippe convoque les princes et barons de son royaume et marche sur Gassel où se sont rassemblés les Flamands 3. Bataille de Gassel^ (24 août 1328); défaite des Flamands qui perdent 11,000 hommes^. Prise d'Ypres; soumission de la Flandre. Le comte Louis est rétabli dans sa terre (Page 36).
L'année suivante, Philippe VI reçoit l'hommage du roi d'Angleterre, Edouard III, à Amiens, pour le duclié d'Aquitaine et le comté de Ponthieu^'. 11 envoie son fils Jean au pape^ pour lui
1. Le Contuiualeiir de Guillaume de Nangis (II, 91) donne pour la date (lu sacre de Philippe VI le dimancha jour de la Trinité (29 mai 1328). La même date est donnée par Jean Le Bel et Froissart ; voir dans ce dernier (éd. Luce, I, 296-297) les noms des pairs de France et des seigneurs qui assistèrent à cette cérémonie.
2. L'hommage du comte de Flandre au roi de France est placé par le Continuateur de Guillaume de Nangis avant la cérémonie du sacre (II, 90). C'est après cet hommage que Phllipjie VI lui j)romil de le rétablir dans son comté. Le même auteur place d'ailleurs, comme Jean Le Bel et notre chroniqueur, le conseil de guerre dans lequel fut résolue l'expédition, à Reims après le couronnement.
3. Le rendez-vous de l'armée était fixé à Arras pour le jour de la Madeleine (22 juillet); mais notre chronique dit, d'accord avec le Continuateur de Nangis, et contrairement à ce qu'affirme Froissart, que le roi revint de Reims à Paris avant d'entrer en campagne: il alla prendre l'orillamme à Saint-Denis.
4. Le Continuateur de Nangis (II. 96) et la Chronique de Flandre, éd. Kervyn de Lettenhove (I, 344-7), datent la bataille de Cassel du 23 août, veille de la Saint-Barlhélenii.
5. Ce chiffre est à peu près celui du Continuateur de Guillaume de Nangis, qui dit (II, 99) que sur le champ de bataille on Irouva 11,547 cadavres: le roi de France dans une lettre à l'abbé de Saint-Denis estimait le nombre total des morts à 19,800 {Ibid.). Voir au sujet de ce chiffre, probablement exagéré, Froissart, édit. Luce, I, clv, note 1; le relevé fait par les Flamands eux-mêmes n'indique que 3,192 morts.
6. L'acte d'hommage rapporté par Rymer (II, 2, p. 765) est daté du 6 juin 1329. Cet hommage fut renouvelé par Edouard III, le 30 mars 1331 (Rymer, ibid., p. 813).
7. Nous ne trouvons dans les chroniques aucune trace de ce voyage de Jean de Normandie à Avignon. Philippe VI paraît avoir conçu ce projet de croisade à l'instigation de Pierre de Palud, i>atriarche de Jérusalem, qui avait été envoyé en mission auprès du Soudan. C'est à la requête du roi que Jean XXII ordonna aux prélats de France de prêcher la croi-
demander la croix et la reçoit des mains des légats avec le roi de Navarre' et beaucoup d'autres princes. L'évêque de Beauvais va outre-mer délier le Soudan 2 (Page 37).
Cependant à l'instigation de Robert d'Artois», banni par le roi de France, Edouard III se prépare à faire la guerre à Philippe VI et à faire valoir les droits à la couronne qu'il tient de sa mère, sœur de Charles IV (Page 37).
Un chevalier de Bayonne^, auquel Edouard III devait une grosse
sade en 1331 (Cont. de Nangis, II, 131). L'année suivante, dans un conseil tenu à Paris, le 2 octobre, à la Sainte-Chapelle, le roi annonça aux barons, prélats et chevaliers et aux bourgeois de Paris, qu'il était décidé à partir et qu'il laisserait comme régent du royaume son fils Jean , alors âgé de 14 ans {Ibid., II, 134). Il ne prit du reste la croix que l'année suivante dans une assemblée tenue au Pré-aux-Clercs, après un sermon de l'archevêque de Rouen. Le départ fut fixé au mois d'août 1336 {Ibid.). Ces derniers faits sont rapportés à peu près dans les mêmes termes par la Chronique des Quatre Valois (pp. 5-G).
1. Froissart dit aussi que le roi de Navarre prit la croix en même temps que Philippe VI (I, 116).
2. Jean de Marigny, évêque de Beauvais, fut en effet envoyé outre-mer, causa pluribus ignorata, dit le Continuateur de Nangis (II, 145), et ne revint en France qu'en 1335. Il eut pour compagnon de voyage Jean de Cépoy, que Philippe VI avait envoyé en Orient pour s'occuper des préparatifs de la croisade.
3. Robert d'Artois, banni du royaume de France en mai 1332 (Conl. de Nangis, II, 132), se réfugia auprès du roi d'Angleterre, après avoir séjourné quelque temps en Brabant et dans le marquisat de Namur; il accompagna Edouard III dans son expédition contre les Écossais (Froissart, I, pp. 309- 316).
4. Il y avait tant de sujets de querelles entre le roi d'Angleterre et le roi de France, que chaque chroniqueur assigne à la guerre qui commença en 1337 une cause différente. Le Continuateur de Nangis (II, 157) parle du pillage par les Anglais d'un château de Saintonge, nommé ParacoLum; un chevalier languedocien, qui avait livré la place, fut peu après décapité à Paris sur le marché aux Pourceaux [Ibid., p. 138). Les Grandes Chroniques, dont les auteurs ont traduit en i)artie le Continuateur de Nangis, rapportent naturellement les mêmes faits (V, 368-369), mais elles parlent aussi d'un débat à propos du château de Saintes en Poitou, qui aurait été pris en 1324, lors des campagnes de Charles de Valois, château dont Edouard III, poussé par Robert d'Artois, réclamait impérieusement la restitution (V, 366-367). Froissart comme notre chroniqueur donnent pour occasion à la guerre des différends entre le roi d'Angleterre et certains de ses vassaux, diflérends que le parlement de Paris régla en dernier ressort par des arrêts, dont les sergents de Philippe VI durent assurer l'exécution. Cette dernière version est plus probable; du inoins
somme d'argent, demande à Philippe VI de le faire payer. Le roi de France ordonne de saisir le château de Pommerel en Gascogne ;
elle s'appuie sur des textes. Nous donnons plus haut, pp. 205-207, un certain nombre d'arrêts du Parlement sur ces différends. Le premier, du 4 juillet 1335, nous montre la cour recevant, malgré les protestations du procureur d'Edouard III, la déclaration de l'abbé de la Seauvc, qui se disait vassal immédiat du roi de France. L'année suivante, le 13 juillet 133G, le duc de Guyenne est condamné par défaut à payer une somme importante à divers marchands de Bordeaux. Les deux jours j)récédents avaient été employés par la cour du roi à régler une alï'aire plus importante et sur laquelle il faut nous arrêter un instant. Garsias- Arnaud, seigneur de Navailles en Béarn, avait eu un différend avec son suzerain, le duc de Guyenne, et la cause avait été portée devant le Parlement. Celui-ci décida, le 11 juillet 1336, que le duc payerait au plaignant les dépens, taxés à 242 I. 4 sous parisis, et chargea les sénéchaux d'Agenais et de Périgord de forcer le duc à s'exécuter par la saisie de ses terres et châteaux. Le lendemain 12, la cour décida, contre Edouard III, que le sire de Navailles serait chargé, sous la surveillance du sénéchal d'Agenais, de distribuer à ses hommes la somme à eux adjugée à titre de dommages et intérêts par un précédent arrêt ; il déclara en même temps que le paiement serait fait en monnaie forte , comme celle qui avait cours au commencement du procès. Si l'on rapproche les indications fournies par ces actes du récit de Froissart, on sera frappé des ressemblances; suivant ce dernier, un seigneur de Noyelles, originaire du Poitou, était créancier du roi d'Angleterre pour une somme de 30,000 écus hjT)othéquée sur la chàtellenie de Condora ; le châtelain expulsa les sergents du roi de France chargés d'opérer la saisie et maltraita leur chef Raimond Foucaut, procureur du roi en la sénéchaussée de Carcassonne (éd. Luce, I, cxciv-cxcv et 379-380). On reconnaît dans Noyelles la forme Noalhiae francisée , mais les prénoms donnés au seigneur en question par les arrêts du Parlement prouvent son origine méridionale, et donnent ici raison à la Chronique normande contre Froissart. Ce dernier place à Condom le conflit entre les officiers français et anglais; la Chronique normande le place à Pommerel ou Puymirol : peut-être les deux auteurs ont-ils raison tous les deux et le séaéclial d'Agen fit-il saisir à la fois les deux châteaux; en tout cas un acte, que nous donnons parmi les pièces justilicatives du présent volume (pp. 207-209), confirme le dire de la Chronique normande ; le 17 juillet 1337, les commissaires royaux, maîtres de Puymirol, déclarent qu'ils étaient venus dans le pays pour mettre ledit château sous la main du roi et que , les habitants persistant dans leur désobéissance, ils ont dû assiéger la ville. Enfin un autre acte de janvier 1339-1340, que nous publions également, nous apprend que le sénéchal d'Agen vendit plus tard le château de Pommerel ou Puimirol au seigneur de Navailles pour une somme de 20,000 livres à déduire de sa créance sur le roi d'Angleterre (p. 214).
le châtelain anglais chasse les sergents royaux. A cette nouvelle, Philippe, averti d'ailleurs des préparatifs d'Edouard, saisit sa cour de l'affaire. Les possessions du roi d'Angleterre en France sont confisquées pour cause de forfaiture (Pages 37-38).
Philippe envoie une grande armée en Gascogne sous la conduite de Simon d'Arquery*, de Raoul de Rabastre et du Galois de la Baume. Edouard III envoie en Gascogne Robert d'Artois 2 et plusieurs autres seigneurs pour défendre le pays. Les Anglais se contentent d'occuper les places fortes. Le comte d'Armagnac, le comte de Foix-'', le sénéchal de Toulouse et les gens de Garcas-
1. Dès le 23 mai 1337, Raoul, comte d'Eu et de Guines, fut envoyé comme lieutenant du roi « es parties de la Langue d'oc et en Gascoigne »; il en revint le 2 novembre 1337 (Bibl. nat., Coll. Decamps, vol. 83, f" 172 et D. Vaissete, Hisl. de Languedoc, éd. in-fol., IV, 223, 224). — « Monseingneur Robert de la Heuse... A li par cedule de Mons. donné à Paris xxn de juillet cccxxxvni pour les gages d'une journée d'une partie des genz d'armes de l'oslel de Mons., qui comptèrent et se paierent par li, es parties de Gascoingne en esté cccxxxvii , que
Mons. y fu Ueutenant du Roi » (Arch. nat., Comptes du connétable
d'En, JJ 269, f" 31). — « Item par ledit trésor des deniers, recouvrez là pour les parties royées en la Chambre es comptes de Monseigneur du voyage de Gascongne, quant il y fu lieutenant du Roy et i)our la raençon de maistre Régnant de Houdetot et de Robert de Seris mil xlv I. p. et xvin s. II d. obole » {Ibid., f° 16). Il fut remplacé ]>ar Shnon d'Arqueri, conseiller du roi, et le Galois de la Raunie, maître des arbalétriers; les lettres de commission de ces deux personnages sont du 13 nov. 1337 (Arch. nat. JJ 72, n. 2); ils portaient le titre de capitanei et gubernatores in parlitms Occiianis. Ils étaient à Marmande dès le 26 décembre 1337 (Und.); en février 1338, ils commencèrent le siège de Madaillan (Lotet-Garonne, arr. d'Agen, cant. de Prayssas). (Coll. Doat, 186, f" IGO; Bibl. nat., Pièces originales, vol. 226, dossier Baume, n. 1.) Leur pouvoir dura jusqu'au commencement de 1339: le 20 février 1338-1339, Le Galois de la Baume et Pierre de la Palu, sénéchal de Toulouse et d'Albigeois, furent nommés capitanei et gubernatores in Occitanis partibus {\Tch. nat., JJ 71, n. 254. et Bibl. nat , Pièces originales, vol. 226, Dossier Baume, n. 2).
2. Robert d'Artois était encore en Angleterre le 5 mai 1337 (Rymer, n, 2, p. 969).
3. Le comte de Foix fut envoyé par le roi en Gascogne, le 20 mai 1337. Il devait se trouver à Marmande dans la quinzaine de la nativité de saint Jean-Baptisle {Hisl. gcn. de Languedoc, IV, 223. — Cont. de Nangis, II, 158). 11 opéra principalement dans la vicomte de Marsan; le 20 septembre 1337, le comte d'Eu lui permit de retourner chez lui avec se., troupes (Doat, vol. 186, f" 115-116). Le 10 juillet 1337, il était près d'Aiguillon {Ibid., f^ 163J. En 1338, il continua ses campagnes dans la
sonne' viennent renforcer l'armée française, qui prend d'assaut Blaye, Penne 2, Bourg* et Pommerel* (Page 38).
Cependant les Français se concentrent en Normandie et entrent en mer sous le commandement du comte de Gaines et de Robert Bertran. Prise de Guernesey et défaite des Anglais. Le comte de Glèves, Aimar de Valence et 1200 Anglais sont faits prisonniers^ (Pages 38-39).
vicomte de Marsan (Doat, 186. f° 160): le 26 juillet, étant à la Réole, il envoya à sa place dans ce pays Arnaud Gnillern de Béarn (Ibid., f" 123-4) ; il l'y rejoignit quelques jours plus tard {Ibid., f° 124-5, acte du 12 août). Le roi le nomma pour 30 jours son lieutenant en Gascogne et Agenais, 15 jours avant et 15 jours après Noël (Lettres du 4 novembre 1338; Doat, 186, f° 235-6): le 16 mars 1339, il devint pour quelques jours capilaine général et lieutenant en Gascogne, jusqu'à la quinzaine de Pâques charneux, c'est-à-dire jusqu'au 1 1 avril.
1. Les gens de Carcassonne étaient partis dès le 13 mai 1337 avec le sénéchal Pierre de la Palu {Hist. ge'n. de Languedoc, IV, 221).
2. Penne, Lot-et-Garonne, arr. de Villeneuve-sur-Lot. Le Continuateur de Guillaume de Nangis place la prise de Penne en 1338. Nous savons que le siège en dura assez longtemps; le 19 et le 25 juin 1338, le Galois de la Baume et Simon d'Arqueri étaient in castris ante Pennam (Doat, 186, f. 132 et 121): ils durent le lever peu après, car le 8 août le Galois était à Toulouse {Ibid., f° 122). Le comte de Foix fut nommé lieutenant en novembre 1338, avec la charge spéciale de réduire celte place (voir plus haut). Le roi lui adjoignit le 30 du même mois le roi de Bohême {Hist. gén. de Languedoc, IV, 228). Les bourgeois se rendirent peu après par capitulation, mais le château tint bon, et le comte promit aux habitants que le Galois de la Baume ne quitterait pas la ville avant sa réduction; ce dernier approuva cet accord le 2 janvier 1339 (Doat, 186. f. 246-7). La reddition de Penne eut pour principal auteur Aimeri de Roquefort, chevalier du Toulousain, auquel Gaston de Foix, par acte daté de cette ville, 29 mars 1338-1339, donna le lieu de Nogaret en Toulousain pour le récompenser de ses bons ofTices (.\rch. nat., JJ 73, n. 140).
3. Bourg-sur-Gironde, Gironde, arr. de Blaye, chef-lieu de canton. La prise de Bourg et de Blaye est placée en 1339 par les Grandes Chroniques, V, 377.
4. Puymirol, Lot-et-Garonne, arr. d'Agen. — Voir plus haut p. 243. Cette place capitula le 17 juillet 1337(V. Pièces justificatives, p. 208). A cette date, Simon d'Arqueri et le Galois de la Baume, voulant récompenser de ses bons offices Bernard de Briget, que les habitants de Puymirol avaient chirgé de la négociation, donnèrent à lui et à ses héritiers une rente j)eriiétuelle de 100 livres tournois sur les revenus de la baylie de cette ville.
5. Les courses maritimes des Français contre les .\nglais avaient com-
A la nouvelle de ces revers, Edouard III envoie l'évéque de Lincoln, le comte deSuffolk et Gautier de Manny avec 1000 hommes attaquer l'île de Gaganti qu'occupaient des chevaliers Flamands. Défaite de ces derniers; prise de Gui, hâtard de Flandre, frère du comte; mort de Diacres de Halluin^, de Jean Demmer de Quarque, de Jean Denmerede^ et d'Ernoul de Bruguedant* (Page 39).
Troubles en Flandre; les Flamands reprochent à leur seigneur la mort d'un chevalier nommé Sohier le Courtrisien, exécuté par
mencé dès la fin de l'année 1336 (Ryrner, II, 2, 951-952, acte du 27 novembre). Il y eut deux expéditions contre les Iles normandes; la première est antérieure au mois de juillet 1337 (Ryrner, ibid., p. 983), la seconde paraît avoir eu lieu vers la fin de 1338, au mois d'octobre (Havet, Série chronol. des gardiens des Iles normandes, dans la Bibl. de l'Ec. des Charles, 1876, p. 209); le comte d'Eu put assistera celle-ci, car nous savons qu'il quitta Amiens, où il résidait le 1"' septembre 1338, le 16 du même mois (Bibl. nat., Coll. Decamps, t. 83, f° 246). Philippe VI fit don des Iles normandes à Jean, duc de Normandie, qui les donna à son tour à Robert Bertran, sire de Briquebec, et celui-ci confia la garde du château et de l'île tle Guernesey à Nicolas Hélie, qui en fut capitaine jusqu'à leur reprise ])ar les Anglais en 1345 ou 1347 (Havet, ibid.; Delisle, Histoire du château et des sires de S.-Sauveur-le- Vicomte , pp. 62-63). Voir dans les Actes normands de la Chambre des comptes publiés par M. Delisle pour la Société de l'histoire de Normandie, i>p. 194-195, une pièce de janvier 1338-9, relative à l'armement des Iles par le sire de Briquebec. Les deux expéditions furent faites avec le concours de la marine normande et des galères génoises, dont les capitaines étaient entrés au service de la France à la fin de 1337 (voir plus haut pp. 210-213). Les marins génois restèrent au service de Philippe VI jusqu'en 1339; le compte des sommes à eux payées existe encore aujourd'hui, du moins en partie, et a été publié par M. Delisle dans les Actes normands, pp. 211-232.
1. Gagant, aujourd'hui Cadzanl, village de la provinco de Zélande (Pays-Bas), à 7 kil. N.-O. d'Ootsburg, près de la frontière belge, et du rivage méridional de l'embouchure de l'Escaut; c'est ce village qui a donné son nom à l'île qui l'avoisine. — D'après Froissart (I. 132), la garnison de Cadzant interceptait les communications entre la Flandre et l'Angleterre; c'est ce qui aurait décidé Edouard III à diriger une expédition contre elle. D'après le même auteur, les .\nglais arrivèrent devant l'île le 10 novembre 1337.
2. Ducres de Halluin suivant Froissart (I, 136), ou le duchere, c'està-dire le sire {Ibid., ccxiv-ccxv).
3. Le même que Jean de Rhode (?) de Froissart, I. 138, des Grandes Chroniques, V, 371 et des Chron. de Flandre, I, 363.
4. BrulLedent, suivant Froissart (I, 136), Brigdammc suivant M. Lucc {Ibid., ccxiv).
ordre de Philippe VI'. Les rebelles prennent pour chef Jacques d'Artevelle, bourgeois de Gand. Soulèvement de Bruges^; le comte Louis se réfugie à la cour deFrance^. Philippe VI, craignant une alliance entre les Flamands et les Anglais, fait garder les ports du royaume (Pages 39-40).
Edouard III rassemble ses troupes et se rend à Anvers. Il a pour alliés le duc de Brabant, le duc de Gueldres, le comte de JuUiers, le comte de Hainaut, son beau-frère, le marquis de Brandebourg, fils de Louis de Bavière''; celui-ci nomme Edouard vicaire de l'Empire''. L'évêquo et les bourgeois de Cambrai refusent de reconnaître son autorité , Louis de Bavière étant e.xcommunié, et choisissent pour gouverneur Jean, duc de Normandie. Le comte d'Armagnac met garnison dansCambrai^ (Pages 40-41).
Conciliabule d'Edouard et de ses alliés à Anvers ; le roi entre en
1. Sohier de Courtrai, arciisé par le comte de Flandre d'avoir trop bien reçu, en 1337, les envoyés du roi d'Angleterre, qui venaient solliciter l'alliance des Flamands, fut exécuté le 2t mars 1338 (Froissart, 1, ccviii, et Chroniques de Flandre, éd. Kervyn, 1, 362).
2. Comparez Grandes Chroniques, V, 371-373, et Chroniques de Flandre, éd. Kervyn, I, 363-365.