‹ Chronique normande du XIVe siècleChapitre 239 sur 315 · Loire-Inférieure, arr. de Saint-Nazaire, ch.-l. de cant · texte numérisé non relu

Loire-Inférieure, arr. de Saint-Nazaire, ch.-l. de cant

5. Le Galois de la Baume, maître des arbalétriers, était déjà venu en Bretagne lors de la première expédition du duc de Normandie. Le 16 octobre 1341, il mandait à François de l'Hôpital, clerc des arbalétriers, qu'il avait retenu « aux gages du roi Jehan de J.ia Tour, maistre engingneur et six charpentiers de sa compaignie, pour aler avec nous au service du dit seigneur es parties de Bretaigne » (Bibl. nat., Pièces orig., vol. 226, doss. Baume, n" 28, orig. se); le 8 novembre 1341, à Angers, le même mandait au garde du clos des galées de Rouen « que toute l'artillerie que vous avés fait venir de Rouen à Angiers par charetes pour cest présent fait de Bretaigne, vous délivrés à Robin des Perres, lieutenant de Jehan du Louvre, m"^ de l'arlillerie du roy » [Thid., n° 35, orig. se). Mais dès le mois de mai 1342, le maître des arbalétriers était de

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de la comtesse se retirent dans les forteresses, et elle-même va demander des secours au roi Edouard ^, qui envoie en Bretagne 40,000 hommes commandés par Robert d'Artois 2, le comte de Salisbury3, le comte de Suffolk-^, le comte de Bedford, le baron de Stafford^. Cette armée part pour la Bretagne avec la comtesse de Montfort et son fils Jean (Pages 53-54).

retour à Paris, d'où il repartait bientôt pour la Picardie et l'Artois [Ibid., n"' 36, 37, 38).

1. La comtesse de Montfort n'alla point en personne demander ses secours à Edouard III: elle chargea de cette négociation Amauri de Clisson, tuteur de son fils. Au surplus le départ d'une expédition pour la Bretagne était depuis longtemps décidé en Angleterre; dès le 3 octobre 1341, Edouard III ordonnait de réunir et de préparer des vaisseaux à Portsniouth (( i)ro passagio magnatum et aliorum lidelium nostrorum quos ad partes Brilanniœ in obsequium nostrum pro diversis urgentissimis negotiis nostris missuri sumus » (Rymer, II, 2, p. 1177). Les actes publiés [)ar Rymer nous permettent de suivre les préparatifs de cette expédition : 10 novembre 1341 : Ordre de payer diverses sommes sur leurs gages à venir à Robert d'Artois, à Gautier de Manny et à quatre autres seigneurs, « qui ad partes Britanniaî in obsequium nostrum sunt profecturi » [ibid., p. 1181); — 20 février 1342 : Ordre de préparer des vaisseaux pour le prochain passage en Bretagne {ibid., p. 1187); — 10 mars 1342 : Edouard III donne pouvoir à Gautier de Manny de l>rendre possession des ports, villes et châteaux de Bretagne, que conformément au traité conclu avec Amauri de Clisson, tuteur du jeune duc, on doit remettre à l'armée anglaise pour sa sûreté [ibid., p. 1189); — 27 mars 1342 : Ordre de préparer des vaisseaux pour le passage du comte de Northampton en Bretagne {ibid., p. 1190): — 20 juin 1342 : Autre ordre semblable {ibid., p. 1201).

2. Robert d'.\rtois avait avec lui 120 hommes d'armes; il était encore en Angleterre le 3 juillet 1342 {ibid., p. 1201).

3. Il n'est pas certain que le comte de Salisbury ait fait partie de l'expédition de Bretagne; prisonnier de Philippe VI, il ne fut mis en liberté qu'en s'engageant par serment à ne jamais porter les armes contre la France, engagement qu'Edouard III approuva le 20 mai 1342 {ibid., p. 1195).

4. Le comte de Suffolk, accompagné de 51 hommes d'armes, dut passer en Bretagne peu après le 13 juillet, en même tenqis que Régnant de Cobeham (40 hommes d'armes), Philippe de "Weston (20 hommes d'armes), Thomas de Hatfeld (20 hommes d'armes), Thomas de Beauchamp, comte de Warwick (80 hommes d'armesj , Jean de Veer, comte d'Oxford (40 hommes d'armes), Michel de Ponynges (15 hommes d'armes), Thomas Bradeston (20 hommes d'armes) , Hugues de Courtenay , comte de Devonshire (50 hommes d'armes) et Hugues d'Audeley, comte de Glocester (100 hommes d'armes) {Ibid., p. 1203).

5. Raoul de Stafi'ord enimena 50 hommes d'armes {Ibid., p. 1201).

Pendant l'absence du comte de Salisbury, Edouard III viole la comtesse, sa femme' (Page 54).

Les Anglais arrivent devant le port de Beauvais-sur-Mer^ que gardent Louis d'Espagne^ et Otton Doria. Une partie des Génois de la garnison va sur mer à la rencontre des Anglais, qui sont battus; le comte de Stafford est tué dans le combat. Les Anglais se décident à aller assiéger Vannes (Pages 54-55).

Vannes est défendu par Olivier de Glisson et plusieurs autres cbevaliers, partisans secrets de Montfort, et par Hervé de Lion*. Ce dernier bat une première fois les Anglais , mais pendant une seconde sortie dirigée par Olivier de Glisson, Robert d'Artois s'empare de la ville par trahison^. Les gens de Vannes demandent du secours à la garnison de Beauvais qui vient les rejoindre ; le combat recommence le lendemain; défaite des Anglais qui sont chassés de Vannes ; Robert d'Artois meurt peu après des blessures reçues dans cette bataille que plusieurs nomment le Combat de Morlcs (Pages 55-56).

Second siège de Vannes par les Anglais. Retour de Robert

L Notre chroniqueur est ici très aflîrmatif; sans accepter entièrement son dire, remarquons toutefois qu'il n'avait pas les mêmes raisons que Froissart pour se taire à ce sujet; il y revient du reste plus bas.

1. Beauvoir-sur-Mer (Vendée, arr. des Sables-d'OIonne, ch.-l. decant.) au fond de la baie de Bourgneuf, en face de l'île de Noirmoutier. Il faut peut-être identifier ce combat de Beauvoir-sur-Mer avec le combat naval dont parle Froissart (IIÏ, 7-11). Cet engagement eut lieu entre le 3 juillet 1342, date à laquelle Robert d'Artois se disposait à quitter l'Angleterre (Rymer, II, 2, p. 1201) et le 15 août, date à laquelle l'armée anglaise était déjà partie {Ibid., p. 1209).

3. Louis d'Espagne était comte de Talmond et amiral de France ; nous le voyons figurer avec ce titre en septembre 1341 à Harlleur, Graville et autres lieux de Normandie , où il s'occupait de préparer la prochaine campagne (Mandements divers aux gardes des galées de Rouen, Bibl. nat.. Pièces originales, vol. 1065, dossier Espagne, n. 2, 3, 5, 6). En septembre 1342, le même arsenal délivra à Charles Grimaldi de l'artillerie et des armes pour la guerre de Bretagne [Actes normands de la chambre des comptes, p. 282).

4. Froissart (III, 11) cite également Hervé de Léon comme chargé avec Olivier de CHsson et les seigneurs de Tournemine et de Lohéac de la défense de Vannes. M. Luce a démontré (Froissart, III, p. iv) qu'il n'est guère possible qu'Hervé de Léon ait figuré à ce siège de Vannes ; il était alors ])risonnier en Angleterre.

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