‹ Chronique normande du XIVe siècleChapitre 240 sur 315 · Froissart ne dit rien de cette trahison · texte numérisé non relu

Froissart ne dit rien de cette trahison

d'Artois eu Angleterre ^; il meurt peu après et est enterre à Canterbury (Page 56).

Edouard III conduit en personne de nouvelles troupes en Bretagne; une partie, sous la conduite des comtes de Glocester et de Gueldres, du marquis de Brandebourg et du comte de Glèves, met le siège devant Nantes ; le roi lui-même, le prince de Galles, les comtes de Hampton, de Derby, de Warwick et d'Arundel assiègent Rennes, tandis que le comte de Northampton, le comte de Winchester et les évêques de Lincoln et de Durham investissent Vannes^ (Pages 56-57).

Année 1342. Philippe VI se met en marche pour venir combattre Edouard III ; il envoie d'abord en Bretagne son fils Jean, le roi de Navarre, les comtes d'Alençon, de Valois et d'Harcourt. Trahison de plusieurs bourgeois de Nantes qui essaient de livrer la ville aux Anglais ; Miles de Noyers arrête les coupables ; les Anglais lèvent le siège et vont rejoindre Edouard III devant Rennes. Entrée du duc de Normandie à Nantes. Il marche contre Edouard III qui abandonne le siège de Rennes et se replie sur Vannes. Le duc le poursuit et vient camper à deux lieues de son camp. Trahison d'Olivier de Glisson et de Godefroy d'Harcourt. Edouard III et le duc Jean fixent le jour de la bataille au jeudi

1. Notre chroniqueur place la mort de Robert d'Artois après l'arrivée d'Edouard III en Bretaj^ne, puisqu'il mentionne auparavant le second siège de Vannes. Dès le 15 août 1342, le roi annonçait son départ pour la Bretagne (Rymer, II, 2, p. 1209), et le 5 octobre suivant il quittait le port de Sandwich [Ibid., p. 1212); mais comme la nouvelle de la mort de Robert d'.\rlois ne fut pas connue en Angleterre avant le 20 nov. 1342 [Ibid., p. 1215), il ne faut pas faire de cette mort, avec Froissart, la cause de l'expédition d'Edouard III. On peut conclure, d'une part que le combat où fut blessé mortellement Robert n'est pas antérieur au 5 octobre, puisqu'Édouard l'ignorait à son départ d'Angleterre; d'autre part que le siège de Vannes par le roi commença longtemps après l'arrivée de ce prince en Bretagne, puisque la mort de Robert, postérieure, d'après notre chroniqueur, au commencement de ce siège, ne fut connue que le 20 novembre en Angleterre. Ajoutons que Robert ne mourut pas en Angleterre, mais en Bretagne (Rymer, II. 2, p. 1222; Froissart, III, V, n. 2).

1. Cependant nous savons par Robert d'Avesbury [Hisloria Edwardi III, ])[>. 99-100) que le comte de Northimplou fut envoyé du côté de Nantes. Guillaume de Bohun, comte de Northampton, avait été nommé par Edouard III lieutenant en France et dans le duché de Bretagne, dès le 20 juillet 1342 (Rymer. II, 2, pp. 1204-1205).

après la Saint-Martin d'hiver (14 novembre) 1342. Philippe "VI rejoint son fils avant cette date. Les deux armées restent en présence pendant cinq jours, au bout desquels un cardinal^, envoyé par le pape, décide les deux rois à conclure une trêve de trois ans. Retour d'Edouard en Angleterre et de Philippe en France. Charles de Blois reste maître de la Bretagne Galot et d'une partie de la Bretagne Bretonnante (Pages 57-59).

Le comte de Salisbury, ayant appris l'affront que lui avait fait le roi d'Angleterre, se rend à la cour de France et met sous les yeux de Philippe VI le traité conclu entre Olivier de Clisson, Godefroy d'Harcourt et le roi Edouard. Le comte de Salisbury quitte ensuite la cour « et puis ce temps ne fut veu en France ne en Angleterre » (Pages 59-60).

Olivier de Clisson est décapité à Paris; Godefroy d'Harcourt 2 est banni et se réfugie auprès d'Edouard III (Page GO).

Vengeance de la dame de Clisson; elle s'empare par surprise du château de Brest gardé par Le Galois de la Heuse et en massacre la garnison, puis elle entre en mer et arrête les marchands français. Elle est bannie du royaume et ses terres sont confisquées (Pages 60-61).

Guet-apens dressé contre Charles de Blois par le sire de Malatrait et son fils, Thibaut de Moreillon, le sire de Laval, le sire d'Avaugour et plusieurs autres ; les traîtres , au nombre de dix , sont faits prisonniers, menés à Paris et décapités par ordre du roi (veille de la fête de saint André, 29 novembre 1343)* (Page 61).

Philippe VI tient sa cour à Paris le jour de Noël et met en

1. Les légats envoyés par le pape étaient Pierre des Près, évoque de Palestrina, et Annibale Ceccano, évêque de Frascati (Rymer, II, 2, p. 1216). Cette trêve, dite trêve de Malestroit, ne fut conclue que le 19 janvier 1343; PhiUppe VI dut quitter la Bretagne peu après; il était encore à Ploërmel le 21 janvier 1342-3 (JJ 68, n. 99).

2. Sur la trahison du sire d'Harcourt, voyez Delisle, Hisi. du château et des sires de Saint-Sauveur-le-Vicomte, p. 54 et suiv. — Godefroy d'Harcourt se retira d'abord en Brabant [Ibid., p. 59j. Olivier de Clisson fut exécuté le 2 août 1343 (Froissart, 111, p. ix, n. 3).

3. Ces dix prisonniers furent en eflet décapités le 29 novembre 1343; M. Luce a publié le procès-verbal de leur exécution (Froissart, III, p. x, n. 1). Voici leurs noms : Geoffroy de Malatrait et son lils Geoffroy, Guillaume de Briex, Alain de Kedillac, Jean de Montauban, Denis du Plaissié, Jean Malart, Jean des Briez, Raoulet des Briex, Jean de Sevedain. Sur cette aftaire, voir encore les Grandes Chroniques, V, 432-433.

SOMMAIRE. 2>Q'd

liberlé le comte de Montfort ^, qui s'engage à renoncer à ses prétentions; toutefois il reprend bientôt les hostilités et rejoint sa femme dans la Bretagne Bretonnante. Il meurt peu après, en

1344, et est enterré à Quimper-Corcntin^ (Pages 61-62).

Siège et prise de Quimper par Charles de Blois. Henri de Malatrait, ancien maître des requêtes du roi Philippe, y est fait prisonnier et envoyé à Paris ; châtiment qui lui est infligé (Page 62).

Edouard III demande au pape d'appuyer ses réclamations auprès de Philippe VI; le pape envoie un cardinal au roi de France, qui refuse de rien écouter. Reprise des hostilités (Pages 62-63).

Edouard III envoie eu Gascogne les comtes de Dertiy^, d'Arundel, Gautier de Manny et Régnant de Cobeham. Les Anglais débarquent à Bayonne'*. Avant leur arrivée, les Français avaient conquis La Réole^, Penne d'Agenais^, Bourg'', Blaye^, Bergerac 5, Sainte-B'oy^o^ Aiguillon" et Pommereux^^ (Page 63j.

1. D'après les Grandes Chronique^), Jean de Montfort fut mis en liberté dès le mois d'août 1343 (V, 430).

2. Jean de Montfort mourut à Hennebont, le 26 septembre 13i5; son corps fut plus tard transporté à Quiinperlé et non à Quimper-Corentin (D. Lobineau, Hixt. de Bretagne, I, 337); voir à ce sujet le Chronicon Briocense (D. Morice, Mémoires pour l'histoire de Bretonne, I, 42) et le Chronicon Nannetense {ibid., 113); ce dernier donne la date du 13 mai

1345, mais une charte publiée par D. Lobineau (II, 490) prouve que Jean de Montfort vivait encore le 13 septembre 1345.

3. Le 8 mai 1345, Edouard III nomma Henri de Lancastre comte de Derby, capitaine et lieutenant eu Guienae (Ryrner, III, 1, |). 37).

4. Les Anglais durent débarquer vers le 25 juillet 1345. M. Bertrandy [Études sur Froissart, pp. 28-30), i)ense qu'en effet ils abordèrent non à Bordeaux, mais à Rayonne, le comte Derby ayant à terminer certaines négociations avec la Castille.

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