‹ Chronique normande du XIVe siècleChapitre 241 sur 315 · Lot-et-Garonne, arr. d'Agcn, cant. de Port-Sainte-Marie · texte numérisé non relu

Lot-et-Garonne, arr. d'Agcn, cant. de Port-Sainte-Marie

12. Puymirol, Lot-et-Garonne, arr. d'Agen. — Nous trouvons dans la collection Decamps (vol. 83, f° 286 et s.) la liste des lieux forts de Gascogne occupés par des garnisons françaises, avec les noms des seigneurs qui les commandaient; nous allons indiquer les princii)aux. — « Establies par deçà la Garonne : » Puymirol : Guillaume Rollant, chevalier banneret, sénéchal de Rouergue. — Malause (Tarn-et-Garonne, arr. et cant. de

Edouard III se rend avec son fils aîné dans l'ile de Gagant'. Par rentremise de Jacques d'Artevelle, il offre aux Flamands de

Moissac) : Raimond Bernard de Durfort, seigneur de La Capelle. — Agen : Guillaume de Cauveroque. — Bajamont (Lot-et-Garonne, arr. et canl. d'Agcn) : Guillaume de Caumonf, sergent d'armes, capitaine. — Le Puy- St-Michel de Penne (? Penne d'Agenais, Lot-et-Garonne, arr. de Villeneuvesur-Lot).— Villeneuve-sur-Lot: Gautierde Maisières, ctievalier. — Port-Ste- Marie (Lot-et-Garonne, arr. d'Agen) : Aimar de Mauléon, chev. — Tombebœuf (Lot-et-Garonne, arr. de Villeneuve-sur-Lot, cant. de Monclar) : Arnaud deCaumont, fds du sire de Torabebœuf. — Sainte-Livrade (Lot-et- Garonne, arr. de Villeneuve-sur-Lot). — Casseneuil (ibid.). — Monflanquln [ibid.). — Montpezat (Lot-et-Garonne, arr. d'Agen, cant. de Prayssas). — Fumel (Lot-et-Garonne, arr. de Villeneuve-sur-Lot). — Sauveterre en Agenois (ibid.). — Marmande. — La Réole : Guillaume de la Baume, Tliibaut de Barbazan. — Montségur (Gironde, arr. de La Réole). — Sauveterre [ibid.) : Ogier de Barbazan, Barthélemi de la Baume, Adémar de Mauléon. — Blasimon (Gironde, arr. de La Réole, <;ant. de Sauveterre) : Arnaud Raimond de Castelbajac. — Saint-Ferme (Gironde, arr. de La Réole, cant. Pellegrue) : Ogier de Montant, seigneur de Saint-Front. — Auvillar (Tarn-et-Garonne, arr. de Moissac). — Astaffort (ibid.). — Nérac (Lot-et-Garonne). — La Plume (Lot-et-Garonne, arr. d'Agen). — La terre de Fezensaguet : Guiraud d'Armagnac, vicomte de Fezensaguet. — La terre du Fié-Marconf : Jean de Lomagne. — Condora : Bertrand de Lisle, capitaine en Condomois. — Sos (Lot-et-Garonne, arr. de Nérac, cant. de Mezin). — Poudenas (ibid.). — Mezin (ibid.) — Damazan (Lotet-Garonne, arr. de Nérac). — Vilieton (Lot-et-Garonne, arr. de Marmande, cant. du Mas-d'Agenais). — La terre du sire de Lisle en Agenais : Bernard Jourdain, sire de L'isle. — Grézet-Cavagnan (Lot-et-Garonne, arr. de Marmande, cant. de Bouglon). — Le Mas d'Agenais (Lot-et- Garonne, arr. de Marmande) : Beaumont d'Esterac, Gaillard de Castelpugon, Arnaud Raimond de Castelbajac. — Bouglon (ibid.). — Bazas : Oth de Montant, Bernard de Pardaillan, Thibaut de Barbazan. — Langon (Gironde, arr. de Bazas) : Jean, comte d'Armagnac. — La terre d'Armagnac: id. — Monlezun (Gers, arr. de Condom, cant. de Nogaro) : Le sire de Monlezun. — Mont -de-Marsan. — Castelnau-Tursan (Landes, arr. de Saint-Sever, cant. Geaune). — Castelsarrazin en Béarn (Landes, arr. de Saint-Sever, cant. d'Amou). — « Establies du Toulousain » : Muret (Haute-Garonne). — « Establies de Perigord » : Bourg-sur-Gironde (Gironde, arr. de Blaye) : Payen de Mailly, sénéchal de Perigord. — Fronsac (Gironde, arr. de Libourne). — Bergerac. — Limeuil (Dordogne, arr. de Bergerac). — Cognac. — Bourdeille (Dordogne, arr. de Périgueux, cant. de Brantôme). — Estissac (Dordogne, arr. de Bergerac, cant. de Villamblard).

1. Edouard III quitta l'Angleterre le 3 juillet 1345 (Rymer, III, 1, p. 50).

prendre son fils pour comte et leur promet sa protection. Refus des bourgeois de Gand et de leur chef le tisserand Grandenisi. Jacques d'Artevelle, de retour auprès d'Edouard, offre de lui livrer la ville de Gand et de massacrer ses adversaires. Edouard III accepte et lui envoie cinq cents Galois. De retour à Gand, Jacques d'Artevelle est mis à mort par Grandenis et ses partisans. Retour d'Edouard III en Angleterre ^ (Pages 63-65).

Siège de Blaye par le comte de Derby ; résistance énergique de la place, défendue par Miles d'Hauteroche, bourgeois de Toulouse. Au bout de sept semaines de siège, le comte de Derby accorde aux Français une trêve de trois mois. — Le châtelain de Bourg vend la place aux Anglais. Rejoint par le capitaine de Blaye, il est fait prisonnier et décapité '. Derby se rend à Bergerac* et de là à Auberoche^ qu'assiègent le comte de Llsle et Godemar du Fay,

1. Thomas Denis, suivant Froissarl; il faut sans doute corriger Gérard Denis, car tel était le nom du doyen des tisserands en 1345; voir une note de M. Kervyn de Lettenhove, citée par M. Luce (éd. de Froissart, III, XXVI, n. 3).

2. Jacques d'Artevelde fut tué le 24 juillet et Edouard III était de retour en Angleterre dès le 2G juillet 1345 (Rymer, III, 1, p. 53).

3. M. Bertraiidy pense ([ue la première opération de Derby fut le siège de Bergerac (voir plus bas). Nous ne voyons aucune impossibilité, étant donnée la position géographiffue de Bourg et de Blaye, à ce que ces deux villes aient été attaquées d'abord. Seulement le siège de Blaye ne peut avoir duré sept semaines, puisque Derby ne débarqua que vers le25 juillet et que dès le 24 août il était maître de Bergerac. Froissart (III, pp. 94-5) dit, comme notre chroniqueur, que Bhiye résista avec succès. Nous n'avons rien trouvé sur la personne de Milles de Hauteroche. — M. Ber- Irandy, croyant que Bourg n'avait pas cessé d'aiipartenir aux Anglais, rejetait le témoignage de Froissart, qui mentionne également la prise de Bourg par Derby {Études, pp. 233-236). Mais cette ville étant mentionnée par la liste des lieux forts appartenant aux Français, publiée plus haut, il n'y a plus aucune raison pour nier cet événement. — La prise de Bourg et le siège de Blaye ])euvent se placer au commencement d'août 1345.

4. La prise de Bergerac eut lieu d'après M. Bertraady {Études, pp. 31- 33) entre le 15 août et le 2 septembre 1345. On peut donc accepter pour cet événement la date du 24 août donnée pour cet événement par la chronique bordelaise, que nous citons plus loin (Bibl. nat., ms. fr. 53G1, fM).

5. Le château d'Auberoche (Dordogne, arr. de Périgueux, cant. de Savignac-les-Églises, com. du Chauge) avait été livré par trahison aux .\nglais (Bertrandy, Études, pp. 75-76, et Froissart, III, xv, n. 9).

sénéchal de Toulouse. Défaite des Français; prise du comte de L'Isle et mort du sénéchal^ (Pages 65-6G).

A ce moment les Français assiégeaient à la fois trois villes en Gascogne : le sénéchal de Périgord, Moncuq2, près Bergerac; le comte d'Armagnac, Monchamp 3; Robert d'Houtetot, sénéchal d'Agenais, CasseneuiH. Après le combat d'Auberoche, ces trois sièges sont levés. Défaite du sénéchal de Périgord par Derby, près de Bergerac, et prise de cette ville ^ (Pages 66-67).

Derby envoie le comte d'Arundel assiéger Sainte-Foi sur Dordogne^. Les Anglais sont battus par Raimond Foucaut, capitaine

1. Après la prise de Bergerac, le comte Derby était revenu vers Bordeaux pour faire reposer ses troupes. Les préparatifs de Jean, duc de Normandie, qui réunissait des forces en Angoumois et en Saintonge, et du duc de Bourbon, lieutenant général en Languedoc, qui garnissait de troupes le Quercy et l'Agenais, le forcèrent à rentrer en campagne. Eu attaquant le corps d'armée qui assiégeait Auberoche, Derby voulait couper les communications entre les deux généraux français. Il réussit à retarder de six mois la campagne que Jean de Normandie allait entreprendre. — D'après Villani (Muratori, Rer. Italicanim Script., XIII, col. 927) et une chronique placée en tète des Coutumes de Bordeaux (Bibl. nat., ms. fr. 5361, f° 1), la bataille d'Auberoche eut lieu le jour de la fête de saint Séverin, c'est-à-dire le 21 octobre 1345. Le comte de L'Isle qui fut fait prisonnier dans cette rencontre était o capitaine dans les parties de Périgord, Xaiutonge et Limousin » (D. Vaissète, Hist. de Languedoc, éd. in-folio, IV, notes, p. 570). Quant au sénéchal de Toulouse, il ne fut point tué dans la bataUle, mais seulement fait prisonnier; du reste «e n'était plus Godemar du Faye, mais Agout des Baux (Ibid., p. 255), lequel fut remplacé dans sa charge par Girard de Montfaucon (Froissart, III, xvii, n. 4, et Bertrandy, Études, pp. 170 et suiv.).

2. Les faits que raconte ici notre chronifjue sont en effet aniérienrs à l'affaire d'Auberoche. Le 15 août 1345, Henri de Montigny, sénéchal de Périgord et de Qucrci, assiégeait Montcuq (Dordogne, arr. et cant. de Bergerac, comm. de Saint-Laurent-des-Vignes); voyez Bertrandy, Études, p. 32, n. 1.

3. Monchamp, probablement Mouchan, Gers, arr. et cant. de Condom, dont la situation, sur les contins de l'Agenais et du Condomois, entre les possessions anglaises et les domaines de la maison d'Armagnac, convient très bien.

4. Casseneuil, Lot-et-Garonne, arr. de Villeneuve-sur- Lot, cant. de Cancon.

5. Nous avons vu que Bergerac avait été pris par le comte Derby dès le 24 août 1345.

n. Sainte-Foy-la-Grande, Gironde, arr. de Libourno. Ce fait d'armes

de la place. En se retirant, ils s'emparent d'Aiguillon, grâce à la trahison des habitants. Le comte d'Arundel rejoint Derby à Bergerac^; celui-ci vient en personne assiéger Sainte-Foi. Le sire de Ghastelbaiart^, capitaine de Sauveterre^, se jette dans la place et force les Anglais à lever le siège. Derby se dirige alors vers Sauveterre, où le sire de Gastelbaiart rentre à temps. Montpezat'* est livré aux Anglais par les habitants et Derby s'empare par surprise des châteaux de Loury^ ei de Monroy*^ (Pages 67-69).

dut avoir lieu dans le courant de novembre-, voir ci-dessous ce que nous disons de la prise d'Aiguillon.

1. Sur la prise d'Aiguillon par Derby, voyez Bertrandy, Études sur Froissart, pp. 150-155; elle eut lieu avant le 10 décembre 1345.

2. Il s'agit ici d'Arnaud-Raimond de Castelbajac qui servait en Gascogne dès avant 1336 (Bibl. nat.. Pièces orig., vol. 612, doss. Castelbajac, n° 2) et auquel Jean, duc de Normandie, lit don, par leltres datées d'Agen, août 1346, du lieu de Guodor en Bigorre en récompense de ses services (Arch. nat., JJ 76, n° 392). En 1345, ce seigneur n'était pas châtelain de Sauveterre, mais de Blasimon (Gironde, arr. de La Réole, cant. de Sauveterre); voir plus haut, p. 264.— Nous ne trouvons aucune trace dans les actes du temps des exploits attribués par notre chronique à ce capitaine. Nous savons seulement qu'en 1342, Jean, évêque de Beaavais, lieutenant du roi en Languedoc, lui donna une rente héréditaire pour ses services dans les guerres de Gascogne ; dans cet acte , on vante sa belle conduite comme capitaine du Mas d'Agenais, de Sauveterre et de la bastide mise devant Sainte-Bazeille (Arch. nat., JJ 74, n. 77). L'auteur de la Chronique normande aura peut-être confondu les temps et attribué à l'année 1345 des faits datant de 1342. N'oublions pas toutefois qu'en août 1346, Jean de Normandie fit au sire de Castelbajac une donation importante (voir plus haut) et que les termes de l'acte prouvent que ce seigneur s'était distingué dans la dernière campagne.

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