‹ Chronique normande du XIVe siècleChapitre 270 sur 315 · Voyez plus haut p. 306, n · texte numérisé non relu

Voyez plus haut p. 306, n

5. Voyez plus haut p. 306, n. 8. Cette forteresse ne fut vidée qu'en mars 1361, en même temps que Dornfront et quelques autres localités, le tout moyennant 20,000 écus (Luce, ut supra, pp. 494-95).

6. Le 21 août 1357, Etienne de Paris, Jean de Champeaux et Régnant d'Acy avaient reçu un sauf-conduit d'Edouard III pour passer en Angleterre (Rymer, III, i, 368); ils en revinrent au mois de janvier 1358, et le 27 de ce mois ils firent au régent et à son conseil un rapport sur leur mission et leur communiquèrent le traité projeté entre les deux rois {Grandes Chroniques, VI, 83).

7. Jean de Conflans, maréchal de Champagne, et Robert de Clermont, maréchal de Normandie, furent tués sous les yeux du dauphin. Quant à Régnant d'Acy, il fut tué en revenant du Palais chez lui, « en l'ostel d'un pâtissier, là on il se bouta quant il vit que l'on le vouloit tuer » [Grandes Chroniques, VI, 86-87). Cette émeute eut heu le 22 février

autres chevaliers pillent la ville de Corbeil, qui fournissait des vivres aux Parisiens*. Le prévôt des marchands vient pour la reprendre le jour du vendredi-saint (30 mars 1357 v.-s.), mais les chevaliers avaient déjà décampé (Pages 123-124).

A l'instigation du prévôt des marchands et des gens des trois États, le roi de Navarre est mis en liberté par Jean de Picquigny, malgré son gardien Tristan du Bois 2, dont Jean de Picquigny contrefait le sceau. Charles de Navarre se rend à Amiens, harangue le commun de la ville et se fait recevoir comme bourgeois'. Le régent, à cette nouvelle, quitte secrètement Paris et se retire à Meaux, avec l'aide de son maître des eaux et de son maître charpentier^ (Pages 124-125).

1. Les Grandes Chroniques ne disent rien du pillage de Corbeil, mais elles nous rapportent que « un chevalier appelle le Bègue de Villaines qui moult estoit ami du dit monseigneur Robert de Clermont, qui avoit esté tué à Paris, se rendit ennemi de ceux de la dite ville de Paris » (VI, 98). En outre ces mêmes Grandes Chroniques disent {Ibid., p. 99) que « le jeudi absolu, furent les ennemis à Corbueil et y pillèrent et y pristrent des prisonniers et s'en partirent tantost. » Mais faut-il entendre par ennemis les partisans du prévôt des marchands ou les hommes d'armes du Bègue de Villaines, c'est ce qu'il est difficile de décider. Il faut toutefois en retenir que vers Pâques 1358, Corbeil fut pillé par un des deux partis, peut-être successivement par les deux, ce qui rentrerait tout à fait dans les habitudes de l'époque et confirmerait l'assertion de notre chroniqueur.

2. Le roi de Navarre sortit de sa prison d'Arleux en Palluel, le 8 novembre 1357 {Grandes Chroniques , VI, 63); il fut délivré par Jean de Picquigny et les bourgeois d'Amiens ; cette version est plus vraisemblable que celle qu'a donnée Froissart, et s'accorde complètement avec les documents cités par Secousse [Histoire de Charles le Mauvais, p. 148, et Preuves de cette histoire, p. 98). Le roi de Navarre ne se montra pas ingrat envers Jean de Picquigny : en avril 13G5, étant à Pampelune, il lui donna son château de Tinchebrai (Orne , arr. de Domfront) pour le récompenser des services qu'il lui avait rendus « au fait de nostre délivrance » (Bibl. nat.. Pièces orig., doss. Picquigny).

3. Sur le séjour de Charles le Mauvais à Amiens, aussitôt après sa délivrance, voyez les Grandes Chroniques, VI, 63, et Secousse, ut supra, pp. 98-99; il devint en effet bourgeois d'Amiens.

4. Ceci n'est pas tout à fait exact; notre auteur rapporte probablement la version populaire, qui circula au moment du départ du daupldn. D'abord le dauphin, qui ne prit le titre de régent que le 14 mars 1358 [Grandes Chroniques, VI, 97), ne quitta Paris que fort longtemps après la délivrance du roi de Navarre et après une sorte de

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Craintes du prévôt des marchands et de ses alliés. Ils appellent le roi de Navarre à Paris : celui-ci harangue le peuple aux Prés- Saint-Germain et fait valoir ses droits à la couronne de France, sans que personne ose le contredire ^ (Pages 125-126).

Le prévôt des marchands fait décapiter en place de Grève le maître des charpentiers et le maître des eaux du régent, qui avaient aidé celui-ci à quitter Paris. Accident arrivé au bourreau au moment de l'exécution^ (Page 126).

Le roi de Navarre se rend à Rouen. Il fait enterrer en la chapelle des Innocents de la grande église Notre-Dame les corps du comte d'Harcourt, du sire de Graville et des autres seigneurs décapités par ordre du roi Jean 3. Il harangue le peuple de Rouen et fait alliance avec plusieurs chevaliers de Picardie (Picquigny, Beaulo, Rifflart de Pollehai) et de Normandie. Hotot de Garmille, qui avait précédemment trahi Jean de Meudon'', capitaine du châ-

réconciliation avec lui ; en outre s'il quitta Paris, ce fut pour aller assister aux états convoqués à Senlis pour le 25 mars 1358 {Ibid., p. 99), états auxquels devait assister le roi de Navarre qui se fil excuser. Ce qu'il faut croire, c'est que Charles de Normandie, bien aise de se soustraire à la tutelle du prévôt des marchands, profita de l'occasion pour ne pas rentrer à Paris. Ce point a été parfaitement éclairci par M. Flamrnermont {La Jacquerie en Beauvaisis, dans la Revue historique, IX, i (1879), p. 124).

1. Notre chroniqueur a confondu une première harangue du roi de Navarre au Pré-aux-Clercs, le jour de la Saint-André, 30 novembre 1357 (Grandes Chroniques, VI, 65), avec une seconde qu'il fit le 15 juin 1358, à l'Hôtel de ville, et dans laquelle il parla assez ouvertement de ses droits à la couronne de France {Ibid., 115-116).

2. Ceci est encore une erreur ; Jean Peret, maître du pont de Paris, et Henri Métret, maître charpentier du roi, furent mis à mort le 29 mai 1358, mais ce fut « pour ce que il dévoient avoir traictié avec aucuns

du dit duc de Norraendie de mettre gens d'armes dedens la dite

ville de Paris pour ledit régent » {Grandes Chroniques, VI, 111). Ce dernier auteur raconte également que le bourreau fut frappé d'une attaque d'épilepsie au moment de l'exécution.

3. Ceci est encore une erreur de chronologie; le voyage du roi de Navarre à Rouen eut lieu en janvier 1358 {Grandes Chroniques , VI, 73-76).

4. C'est sans doute pour se venger de cette trahison que Jean de Meudon brûla Évreux, au mois de mai 1358, « dont le roy de Navarre fut moult courroucié, » disent les Grandes Chroniques (VI, 108). Jean de Meudon était en 1350 concierge du château de Saint-Germain-en-Laye

teau d'Evreux, Sauvage de Pommereuxi et plusieurs chevaliers du Cotentia embrassent également le parti du roi de Navarre , ainsi que nombre de bourgeois des bonnes villes (Pages 126-127).

Séjour du régent à Meaux^. Ses chevaliers lui conseillent de faire mettre en état de défense par la noblesse de France et de Beauvaisis les forteresses voisines de Paris pour affamer cette dernière ville. Embarras de la noblesse ; les exactions qu'elle est obligée de faire amènent la révolte des paysans^. Le prévôt des marchands en profite pour aller détruire les châteaux de Gournay*, Palaiseau^, Trappes^, Ghevreuse^, etc. (Pages 127-128).

Les paysans de Beauvaisis cherchent inutilement à se faire livrer les nobles réfugiés à Compiègne par les bourgeois de cette ville^. Beaucoup de nobles quittent le pays. Les paysans assiègent le château du Plessis^ défendu par Mahieu de Roye; ils sont défaits par Raoul de Coucy'". Les paysans du Beauvaisis livrent une partie des leurs aux bourgeois de Beauvais. Le maire d'Amiens envoie à leur secours cent hommes du commun de la ville'i. Les nobles se liguent contre les paysans qu'on appelle dès lors les Jacques. Geux-ci s'emparent du château de Poix'- et marchent sur

(Arch. nat., JJ 78, a. 200) et, en 1366, maître des chasses du roi (Delisle, Mandements de Charles V, p. v).

1. Sur ce Sauvaige de Pommereux, voir un acte de 1363, publié par M'. Luce, Hisl. de du Guesdin, pp. 565-566.

2. Le régent arriva à Meaux le 12 avril 1358 (Grandes Chroniques, VI, 103).

3. Sur les causes de la révolte des paysans, voyez le mémoire de M. Flammermont, La Jacquerie en Beauvaisis {Revue historique, t. IX, I, p. 122 et s.); la Jacquerie éclata le 28 mai 1358.

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