Bibl. historique, II, n
INTRODUCTION. Ixj
teur ne dit pas qu'il ait composé lui-même sa chronique, et cette compilation est si incohérente, si mal ordonnée, que l'opinion des éditeurs du Recueil des historiens de France nous paraît tout à fait acceptable. Suivant eux, Jean de Noyai se serait contenté de copier ou de faire copier des passages d'auteurs plus anciens en les mettant à la suite les uns des autres, sans se soucier du manque de proportion, sans même prendre garde aux répétitions qu'une pareille manière d'agir rendait inévitables. Nous verrons cependant tout à l'heure que cette compilation mal digérée ne laisse pas de contenir un certain nombre de passages originaux, qu'il serait intéressant de relever et de publier*.
Les deux principales sources de Jean de Noyai ont été la Chronique de Guillaume de Nangis et sa seconde continuation dont il traduit littéralement de longs passages ; les éditeurs du Recueil des historiens de France pensent aussi que certains passages sont empruntés textuellement aux Flores Chronicorum de Bernard Gui^ Ajoutons-y une source très importante, que les savants éditeurs ne pouvaient reconnaître, l'abrégé de notre chronique.
C'est au f. 42 du manuscrit 10138 que commencent les emprunts faits par l'abbé de S. -Vincent de Laon à cette dernière source ; il commence par y prendre tout le récit du règne de Philippe le Bel à partir de 1297 ^ L'emprunt est textuel ; seulement le compilateur a corrigé quelques grosses erreurs commises par notre chroniqueur ; c'est ainsi (f. 52)
1. Les éditeurs des Historiens de France ont publié la partie de cette chronique allant de l'an 1264 à l'an 1328 (XXI, 182-196). D'autres fragments, se rapportant au règne de Philippe VI, ont été imprimés par M. Kervyn {Istore de Flandres, I, 618-632).