‹ Chronique normande du XIVe siècleChapitre 33 sur 315 · Bibl. de l'École des Chartes, II, i (1844), pp · texte numérisé non relu

Bibl. de l'École des Chartes, II, i (1844), pp

Ixxiv INTRODUCTION.

pittoresques et vraiment, malgré ses réticences, il en avoua assez pour mériter deux fois la corde que le Parlement ne sut pas lui refuser. C'est comme la contre-partie des récits de Froissart, un exemple de la manière dont se recrutaient les armées d'alors ^ Arnaud Foucaut avait vingt-trois ans quand ce malencontreux arrêt mit fin à ses exploits ; il y avait huit ans qu'il faisait ce beau métier ; on voit que le sujet promettait.

Après les pièces justificatives on trouvera le sommaire de la Chronique, très étendu et analogue à celui dont M. Luce a enrichi son excellente édition de Froissart. Dans les notes qui l'accompagnent, nous avons cherché, sans toujours y réussir, à identifier tous les lieux, toutes les personnes nommées dans le texte, à fixer la date de tous les événements. Partout où soit le commentaire de M. Luce, soit V Histoire de du Guesclin du même savant, nous fournissait les éléments de ce travail, nous avons renvoyé le lecteur à l'un ou à l'autre. Grâce à des recherches assez longues, grâce à l'emploi des principaux ouvrages imprimés, des collections manuscrites de la Bibliothèque Nationale et des registres du Trésor des Chartes, nous sommes arrivés à faire d'une manière assez complète la critique d'une grande partie de la Chronique.

Enfin le volume se termine par la table des noms de lieux et de personnes ; ces derniers sont rangés aux prénoms et à la forme moderne ; de nombreux renvois en facilitent l'usage.

1. C'est ainsi que l'armée du comte de Derbi en 1346 se composait en grande partie de voleurs et d'assassins. Les Rôles gascons de cette année renferment surtout des lettres de rémission accordées pour leurs méfaits à ces brillants héros de Froissart. Nous devons ce renseignement à l'obligeance de notre confrère et ami, M. Charles Bémont.

INTRODUCTION. Ixxv

Il ne nous reste plus qu'à remercier publiquement notre savant maître, M. Léopold Delisle ; non seulement l'éminent administrateur de la Bibliothèque Nationale a bien voulu nous servir de commissaire responsable et relire nos épreuves, mais encore, en nous cédant gracieusement une copie de la Chronique normande qu'il possédait, il nous a épargné un long et fastidieux travail.

DU

Du'' temps duroy Phelippes le Bel, avoit ung conte en Flandres, que on appel loit Guy de Dampierre, et fut filz à la contesse Marguerite, et ot en son vivant deux femmes. Sa première femme fut fille à l'avoué de Betune; de celle ot le conte trois filz, Robert, Guillaume et Phelippe, et plusieurs autres filles, dont l'une fut mariée au conte de Guérie et l'autre au conte de Juilliers. Et la seconde femme audict conte de Flandres fut fille au conte de Luxembourg et fut contesse de Nemmur, et le conte en ot trois filz, Jehan, Guy et Henry, et une fille, qu'on appelloit [Philippe^] et fut filleuUe au beau roy Phelippe de France. Le roy d'Angleterre, qui pour le temps estoit, fist cette pucelle demander pour Edouart son filz , et [li contez^] lui acorda et fiança en la main des messagers. Mais il fut briefvement dit au roy de France par ung des chevaliers de la court du conte, et estoit cil chevalier appelle Symon Lavais^.

1. Le commencement de la chronique manque dans A jusqu'aux mots : et le comte de Hollande (p. 3). 1. B appelle cette princesse Jehanne ; nous corrigeons d'après 5610.

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