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INTRODUCTION. XJ
ger. Beaucoup des nobles grands et petits, qu'il nomme, faisaient partie de la maison militaire des deux connétables d'Eu , avaient suivi Raoul I" en Lombardie et la plupart restèrent certainement attachés à son fils. Citons notamment les seigneurs d'Houdetot, Le Galois de la Heuse, le sire de Bouvelingbem, Thibaut de Moreuil, Bertaut d'Oultrelaue, Geoffroi de Charni, Jean de Caieu, etc. Tous ces personnages dont notre chronique s'occupe et qu'elle nomme souvent figurent dans le registre des comptes de Raoul 1"% comte d'Eu et de Guines'. Il semble bien que c'est au milieu d'eux que vécut notre chroniqueur , que c'est avec eux qu'il combattit, que c'est d'eux qu'il tint une partie de ses renseignements. Ajoutons que notre hypothèse rend compte d'une particularité qui autrement resterait inexplicable; pourquoi notre auteur, normand d'origine, très attaché à son pays, parle-t-il si souvent de la Picardie et de l'Artois, connaît-il si bien ces deux provinces? Le fait s'explique si l'on admet qu'il était attaché à la maison d'Eu ; celle-ci possédait le comté de Guines, et l'auteur anonyme dut par suite visiter plus d'une fois cette partie de l'Artois et les pays voisins.
Jusqu'au siège d'Aiguillon, en 1346, aucun des faits de guerre dont parle le chroniqueur n'est raconté de façon à faire croire qu'il y ait assisté. Il s'étend longuement sur les campagnes de 1339 et de 1340 dans le Hainaut et sur la frontière de Flandre, il raconte avec force détails les premières guerres de Bretagne jusqu'à la trahison de Clisson et à la trêve de Malestroit, mais dans toute cette première partie , on ne relève aucune phrase , aucun mot décelant un témoin oculaire. Nous venons de dire qu'il faisait