‹ Chronique normande du XIVe siècleChapitre 4 sur 315 · P. 54 et · texte numérisé non relu

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X INTRODUCTION

« pourchacié vers le roy Jehan la mort dudit conte d'Eu, « dont il fut moût de gens qui l'en haïrent ^ » Le chroniqueur est si réservé d'ordinaire, que cette phrase est à noter et qu'on peut sans trop d'invraisemblance supposer que jusqu'en 1350 il fit partie de la maison du grand seigneur dont il regrette la mort.

On peut, il est vrai, formuler plusieurs objections contre cette hypothèse. Notre auteur ignore entièrement que le père du comte d'Eu, décapité en 1350, Raoul P"", connétable comme son fils, fut lieutenant en Languedoc et en Guyenne lors de l'ouverture des hostilités entre la France et l'Angleterre, avant Le Galois de la Baume , maître des arbalétriers, et Simon d'Arqueri, seuls nommés par lui^; en outre il ne dit presque rien du rôle joué par le même seigneur pendant les campagnes de 1339 et 1340 , en Hainaut, Cambrésis et Artois. Mais aucun texte ne prouvant que Raoul II ait servi à cette époque sous les ordres de son père , ces objections sont faciles à écarter. Notre auteur peut au surplus n'avoir connu le second connétable d'Eu qu'un peu plus tard , pendant les guerres de Bretagne par exemple. Il servait probablement sous ses ordres au siège d'Aiguillon, en 1346^, et assista avec lui à la défense de Caen contre Edouard III ^; peut-être avait-il quitté l'armée de Jean de Normandie en même temps que lui ^.

Nous n'avons pas d'autres arguments directs à utiliser ; mais il en est un, indirect, que nous aurions tort de négli-

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