partie de la garnison d'une des places fortes qu'il mentionne
Il dut quitter cette partie de la France peu après la reddition de Calais; le récit des combats de 1348 et de la trahison d'Aimeri de Pavie est tellement écourtê ^ qu'on ne peut le supposer témoin de ces événements. Dès cette époque, il était sans doute dans le midi, en Agenais avec Robert d'Houdetot, alors sénéchal de ce pays, dont il raconte longuement les campagnes^. Tout ici dénote le témoin oculaire; notre auteur sait comment la ville de Dunes fut prise ; il donne, et il n'est point coutumier du fait, une date précise ; il sait que dans un château occupé par le parti anglais, « furent « prins le seigneur et la dame de l'ostel et de belles damoi- « selles, et fut tout amené à Agin^ » Remarquons enfin que seul il mentionne cette campagne, que D. Vaissète n'a pas connue.
Peut-être notre auteur assista-t-il, en 1349, à la bataille de Lunalongue en Poitou, qu'il est seul à raconter^, mais il serait téméraire de rien affirmer à ce sujet. Il est bien évident d'ailleurs qu'il ne mentionne que par ouï-dire les campagnes du Galois de la Heuse en Bretagne et en Vendée °.
Le règne du roi Jean s'ouvre dans la chronique par les quelques mots sur la mort du connétable d'Eu, que nous avons cités plus haut. Le premier des événements racontés ensuite, auquel l'auteur a pu assister, est la bataille de Saintes, perdue par la faute du maréchal de Nesle*^ ; les dé-
XIV INTRODUCTION
tails qu'il donne sur le lieu du combat, sur les dispositions militaires du maréchal, sur les retards qui amenèrent la défaite , tout confirme à nos yeux cette opinion. Peut-être prit-il également part à la tentative contre la ville de Sainte- Foy-sur-Dordogne S mais il est certain qu'il n'assista ni au siège de Saint-Jean-d'Angély, ni à la reprise de Loudun^. Nous pensons toutefois qu'il servit encore en Poitou en 1354, quand Arnoul d'Audrehem perdit le combat de Comborn ^ sur lequel il donne certains détails caractéristiques ^.
Notre auteur avait dû en effet venir dans le nord de la France en 1352 ; on peut croire qu'il y avait suivi le nouveau maître des arbalétriers, Robert d'Houdetot, qui allait y servir sous Geoffroi de Charni. Il s'agissait à ce moment de reprendre le château de Guines, livré aux Anglais par un traître, Hue de Beaucourroi; Geoffroi de Charni fit construire une bastille dans la ville même et ce furent dès lors entre les assiégés et les assiégeants une suite non interrompue de combats, que notre auteur raconte brièvement. Tous ses dires sont vérifiés par les pièces du temps et nous croyons que s'il ne fit pas partie de la garnison même de la bastille, Use trouva sur les lieux et qu'il tint ses renseignements des combattants eux-mêmes ^. L'auteur assista, vers le même temps, à la prise et à la mort d'Aimeri dePavie^, supplicié à Saint-Omer par ordre de Geoffroi de Charni. A cette affaire prit également part Robert d'Houdetot, avec lequel notre auteur était certainement en rapport à cette époque.