‹ Chronique normande du XIVe siècleChapitre 96 sur 315 · ne manque A · texte numérisé non relu

ne manque A

[1347] DU xiv^ SIÈCLE. 85

paix au roy Phelippe^ qui l'avoit banny de son pais. Le roy Edouart ala à Bruges-, à la journée que les Flamans lui avoient mise, et les Flamans y menèrent leur seigneur comme prisonnier et lui firent accorder à prendre la fille du roy Edouart par force et malgré luy ^, et fut prise la journée pour espouser à la pasque close prochain ensuivant. Et s'en râla le roy Edouart au siège devant Calais à ses hommes et Flamans firent garder leur seigneur à gens d'armes, afin que il ne leur eschapast pour aler au roy de France. Le conte Loys avoit avec lui deux chevaliers avec la commune gent. Et moût se fioit l'enfant Loys en eulz, et par leur conseil il fist faire noble feste à Gant et fist semblant que il vouloit noble feste tenir, pour la fille du roy Edouart espouser. Mais pour ce ne furent Flamans asseurez, que ilz ne le feissent garder songneusement. Un jour requist Loys de Flandres à ses gardes que ilz le menassent vouler, et ilz lui accordèrent. Ainsi qu'il s'esbatoit à vouler des oiseaux, le jeune conte laissa aler un faucon et fist semblant que il aloit après. Quant il fut eslongné de ses gardes, il brocha tant le cheval des espérons, que il vint à la rivière, à un pas que on dit le gué de Fiennes, et là trouva deux chevaliers qui l'atendoient de fait pourveu, puis le montèrent sur un courcier et se ferirent en l'eaue et passèrent à no parmy la rivière à force de cheval, et Flamans qui le suivoient n'osèrent passer ne entrer en l'eaue, ains s'en retournèrent tout quoy. Ainsi eschappa l'enfant des Flamans et fut mené au roy Phelippe par les deux

1. Les mots au roy Phelippe manquent dans A, B. •2. Berghcs 5610.

Page 1