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Noire intention est de faire, dans celte chronique, une rapide analyse des principaux événements qui se rattachent à Thistoire religieuse de notre ville, première métropole des Gaules. Nous prendrons la religion chrétienne depuis son établisseaient à Vienne, et nous la suivrons dans ses diverses périodes de souffrance^ de puissance et de détresse, el enfin nous ferons la description de nos églisesi monuments qui nous rappellent de si grands souvenirs.
Le Polythéisme romain était une religion extrêmement animée ; outre les Divinités du premier ordre, on en comptait une foule^de subaU
ternes: les Dieux des Jardin^, les Dieux Lares^
les Dieux Termes, les Sylvains, les Nymphes, ies Naïades, avaient leurs adorateurs. Souvent la reconnaissance se changea en culte pour les bienfaiteurs de rhumanité ; souvent aussi la crainte, plus aveugle, décerna les honneurs divins h des homnies la terreur du monde. Alors des sages, des hécos, des tyrans, des monstres mêmes, pri reni rang parmi les diviniiés inférieures.
Quelques-uns des premiers empereurs romains reçureui les honneurs de la déificalion ; mais, ù la longue» le sénat, tombé dans Tavilissement, ne se compromit plus par des refus; les Commode, les Caracalla, nés pour le malheur de rhumanité, n^en obtinrent pas moins, après leur mort, des ^ temples et des autels. L*abjeciion. poussée plus loin, finit par dépasser toutes les limites du bon sens ei de la raison, quand on oflVii les honneurs divins à des empereurs vivants, assez orgueilleux pour les recevoir et quelquefois pour les exiger.
A mesure que les Romains envahissaient le territoire de ceux quils nommaient barbares, ils ne faisaient nulle difficulté pour admettre les idoles de ces nations parmi les leurs. L*Allobrogie révérait particulièrement Bèlénus, TApollon des Romains; ils permirent qu'on 1 adorât sous
Tun et l'autre nom. Jamais peuple n'a peul-éirc porlè plus loin la tolérance religieuse ; car nous voyons qu^Elagabale , successeur de llacrin , fil transporler dans la capilale de Tempire le Dieu du temple d'Emèse, qui n'était autre chose qu'un gros caillou noir qu'on disait être tombé du ciel ; il éleva un temple à cette étrange divinité» à laquelle les romains n'hésitèrent pas à prodiguer leur encens. Lampride rapporte qu'Alexandre Sévère avait un oratoire domestique où, tous les matins^ il rendait les honneurs divins h Jésus- Christ, à Abraham, à Orphée et à Apollonius de Tyanes.
Si les romains renversèrent la religion des
Druides, c'est qu'ils y furent excités par leur politique» et, sans doute, par des sentiments d'humanité» La puissance temporelle se trouvait entièrement aju pouvoir des prêtres Gaulois ; c'est cette puissance que les romains voulurent saper» en détruisant le culte qui en était la base. Les sacrifices humains faisaient partie essentielle de la croyance des Druides , et ce fut là , sinon la véritable cause» du moins le prétexte de son anéantissement. Cependant on doit remarquer que sa chute n'eutraina pas celle des idoles vénéjrées jusqu'alors. Les pratiques secrètes et
mysténeiises de Toncien culle disparurent^ mais le préire de Jupiter ne refusait Tencens ni à Teuiatès , ni à Bclénus , ni au Dieu Penin qui était le même que Pan.
Chaque ville voulut avoir sa divinité, son génie particulier; ces innovations ne soufifrirent aucun obstacle. Le Christ fut le seul que le sénat ne voulut pas admettre au rang des Dieux.. L'einpe* reur Tibère , après avoir examiné les actes du ])roci!S de Jésus-Christ, en fil la proposition. On repoussa sa demande par un sentiment d'orgueil qui, sans doute, ne permettait pas aux sénateurs de déifier celui qu'un gouverneur romain avait, peu de temps avant, condamné à être crucifié. Ainsi| ce peuple si indulgenijusqu'aFère chrétienne f s^opposa à rétablissement de Tunique religion qui apportait aux hommes le sublime commandement de Tamour de Dieu et du prochain. Nonobstant cette improbatlon , le christianisme lit de nombreux prosélytes, contre lesquels s'élevèrent de violentes persécutions.
Ponce-Pilale, procurateur de la Judée sous le règne de Tibère, commanda dans cette province pendant dix ans. (le magistrat pusillanime, dont . la conscience capitula devant la tremblante am* bition y en 33 , livra Jésus-Christ aux bourreaux
qui le crucilièrciu. Un an après la mort cJn San* veur, Pilateayaui disposé de l'argent du trésor sacré pour ftiire travailler à un aqueduc , vit le peuple se soulever cooire lui, et fut obligé de re* courir à la force pour étouffer la sédition dont il se voyait menacé. Plus tard il exerça de grandes cruautés contre tes habitants de Samarie. Les plaintes de ces malheureux parvinrent à Tibère, qui priva le Procurateur de son gouvernement , cl le manda à Rome pour rendre compte de su conduite» Mais il n'y arriva qu^après la mort de cet empereur, dont le successeur, Caligula, envoya Ptlate eu exil à Vieune. Deux ans s'étaient à peine écoulés , qu'il donna , dans toutes les provinces , Tordre formel de faire périr les bannis. Ce fut alors que Tex-gouvemeur de la Judée se tua de sa propre épéc , dans la tour située sur les bords du Rhône , oii il avait été obligé de se renfermer durant le séjour de Caligula dans notre ville. Cette toar» qui se rattachait aux fortifications de Sospolium^ existait encore en partie dans le dernier siècle ; elle n^a été démolie totalement que lors de la construction du quai du Rhône, en 1767.
L'église de Vienne est une des plus illustres de la Chrétienté -, après celle do Rome » c'est elle
qui se glorifie du plus grand nombre de saints. Depuis saint Creseent, en tô, josqu^à saint Adon, en 875 , elle compte cinquante pontifes canonisés ; dans ce laps de temps, l'archevêque Agilmar est le seul qui n^obtint pas cet honneur.
Tous les auteurs qui ont écrit l'histoire ecclésiastique de notre cité , s'accordent à dire que saint Crescent, disciple de saint Paul, nous apporta révangile. Quelques-uns croient que Tapô' tre des nations séjourna lui-même dans notre ville, qu'il y fit construire une crypte.souierraine, oh il prêcha la loi du Christ , et qu^en quittant Vienne il en nomma saint Crescent premier évêque. Lorsque saint Crescent alla fonder Téglise de Mayence , d'où plus tard il passa en Galatie, province romaine de TAsie mineure , dans laquelle, en 68, il reçut la palme du martyre, saint Zacharie, galiléen, disciple de saint*Pierre, prit la conduite de Téglise Viennoise.
On ne peut admettre aucun motif plausible qui eut pu engager nos vieux chroniqueurs à inventer Texislence d'éveques antérieurs à saint Just. Leur véracité est prouvée par Taccord de toutes les versions, la concordance des époques, et les vieilles liturgies , les antiques missels , dans lesquels on voit TofBce de saint Crescent et
de saint Zacharie. On peut également consulter les œuvres de saint Epiphane, saint Jean-Cbrifostôme , saint Jérôme y saint GrégoIre-le^Graod» Zozime^ Théodoret, la chronique d'Âdon et son martyrologe ; tons nos premiers évéques y sont meniionaés. Enfin, les nombreux écrivains qui oui traité la partie historique de cette époque , font le plus grand éloge de rhistoiie de Téglise de Vienne , et la considèrent comme une des plus exactes qui nons aient été transmises. ( Voyez Grégoire de Tours , Dubois , Aymar du fiivail , Leiièvre , Chorier , Drouet de Maupertuy , Charvet , etc.)
Nous avons cru devoir entrer dans ces détails
parce que quelques auleurs Gxent Tintroduciion du christianisme dans les Gaules au temps de saint Polhin, contemporain de saint Just, d pourtant il est positif qu'il existait dans la province Viennoise plus d'un siècle avant l'arrivée du premier évéque de Lyon. Toutefois» nous éviterons de nous jeter dans une discussion qui a donné lieu à des controverses très animées ; nous nous contenterons de faire observer qu^il n'y a rien d'cionnanl que la religion chrétienne ait été préchée plutôt à Vienne qu'à Lyon , parce qu'en 63, époque de sa naissance dans nos
contrées , Vienne jouissait d'une très - grande
importance , et nous voyons que Rome avait avec elle beaucoup plus de relations qu'avec les autres métropoles de la Narbonnaise. Il est donc naturel de penser que les disciples du Christ , venant d'Italie, durent d'abord exercer leur zèle dans la ville^la plus importante des Gaules.
L'incendie de Rome , dont Néron accusa les chrétiens, produisit la première persécution. Galba, Othon , Vitellius ne firent pour ainsi dire que passer sur le tronc des Césars. Le culte du Christ s'accrut considérablement pendant les règnes de Vespasien cl de Titus ; Domitien tourmenta cruellement ses prosélytes » et prétendit même les anéantir ; Trajan les poursuivit aussi violemmentX^est à celte époque que, par ordre de Pompéius^ gouverneur de Tienne , le 25 mai 103 , notre second évéque^ saint Zacbarie» fut lapidé hors de la porte triomphale , dans la vallée de St-Marcel. Ce prélat » presque centenaire, avait dirigé Téglise viennoise pendant l'espace d'environ quarante années. La nuit qui suivit sa mort» de pieux fidèles Tensevelirent secrètement.
Après le trépas du second évéque de V^ienne ^ l'apostolat vaqua dans notre cité jusqu'à Tannée 109. Alors le pape Alexandre 1'% pour remplir ce
ministère» envoya saint Martin , romain dWigine et disciple des apôtres. Ce pontife fit construire une crypte sur le tombeau de son prédécesseur , qui est honoré comme premier martyr des Gaules ; elle sert aujourd'hui de cave à une maison située rue de la Charité. Jusqu'à la révolution de 1793 , le chapitre de St-Pierre, l'un des trois jours des Rogations, se rendait processionnellement devant cette maison pour y chanter une antienne à Thon* neur de saint Zacharie. Lorsque le culte catholique put de nouveau s'exercer librement, MM. les curés de St-Maurice et de St-André-le-Haut continuèrent CQtle pieuse pratique; nous déplore* rions beaucoup qu'en cessant de Fobserver, on perdît uuc des plus antiques traditions de la primitive église* U existe encore a*Vienne plusieurs autres chapelles souterraines j nous les décrirons dans un article spécial.
Pendant trois siècles, la haine des païens poursuivit les. chrétiens avec la plus grande atrocité. Ces malheureux, tourmentés et traités comme des criminels, se rendaient mystérieusement dans des cryptes pour prier ensemble avec toute la ferveur de leur croyance. Bientôt il ne restera plus qu'un souvenir vague et incertain de ces pauvres et obscurs oratoires qui reçurent dans leur sein les
premières semences et les premiers «ymboies du
calholicisme j et pourtant, c'est \h que nos plus saints évéques , au milieu des reliques vénérées des martyrs, exerçaient leurs pieuses fonctions , et, pour raniour du Christ et le triomphe de révangile , exhortaient les fidèles k la charité ainsi qu'à la résignation. Rien à cette époque ne faisait pressentir aux romains , à ce peuple si iier^ que cette religion qu'ils appelaient la religion des pauvres et des esclaves » dominerati la ville des Césars et une grande partie du globe.
A la tin de son règne, Trsgan défendit d'adniettre les dénonciations qui n'auraient pour objet que d'atteindre des personnes uniquement ac« cusées de suivre les pratiques du christianisme* Les supplices recommencèrent sous Adrien. La liiP* année de notre ère, saint Martin» troisième évéquc devienne, reçut la palme du martyre.
Saint Vère lui succéda. Quelques années plus lard, Adrien , mieux informé , ordonna que les chrétiens ne seraient poursuivis que sur des accusations en bonne forme, et non d'après de vagues clameurs ou de jalouses dénonciations. Cet empereur rendit un édit sévère contre les calomniateurs , et renouvela la proposition de Tibère poor Tadmission du Christ parmi les Dieux de
Tempire; mais celle tenialive échoua devanl les^ menées des prélres païens , qui lut opposèrent les avis d'oracles merîa(^anls , dictés dans leurs iniéréls* Anlonia le pieux laissa i église en paiii» el saint Justin fit pàraître h première apologie ducbristiaDisme. Peu d'années après Tavènement de Marc-Aurèle au trAne , la peste et la famine décimaienl la population romaine. Prenant oc-^ casion de ces calamités , en 170 , les Quades , les Marcomans et les Sarmates pénétrèrent en Italie , et ne furent repoussés qu'après avoir fait de grands ravages. La destruction des chrétiens parut un acte propre à calmer le courroux du ciel , et Marc-Aurèle , cruel par pitié » permit la persécution qui sévii violemment dans les Gaules et commença à Vienne et à Lyon* Saint Just qui» en 164^ avait remplacé saint Vère , y échappa en se tenant caché dans les environs du mont Crap* puMi oii il mourut, sans qu'on put découvrir sa retraite. On voit les détails de cette persécution dans une lettre des chrétiens de Vienne et de Lyon à leurs frères d'Asie et de Phrygie, lettre qu'Eusèbe de Césarée cite presque toute entière. La tradition de Péglise de notre ville conserve quarante-huit noms de ces martyrs , et la plus grande partie de ces noms se retrouve dans les
inscriptions romaines découvertes ici, preuve incontestable de Forigine viennoise de ceux qui les portaient. Ou célébrait leur féiele dimanche de Toctave de TAscension , appelé le jour des merveilles. On remarque que la rage des bourreaux s'épuisa particulièrement sur le diacre Sanctus, Mataras, néophyte , Attalus, de Pergame, et Blandine, jeune esclave viennoise. Dans les siècles postérieurs le mont Crappum reçut le nom de Sàml-Just , et le mont Quiriacum celui de Sainte-Ulandine. En 180 , saint Denis remplaça saint Jiisl pour présider notre église, qu'il gouverna neuf ans.
Commode, successeur de Marc-Aorèle, ne per-sécula pas les chrétiens des Gaules; toutefois Rome revit en lui un second Néron, qui se qualifiait d'Hercule Romain , Ois de Jupiter. Nous connaissons des médailles sur le revers desquelles il est représenté tenant d'une main Tare et la massue , et de Tautre une peau de lion. Sous le règne de ce prince et celui de Sepiime Sévère, on vit se développer Téloquence des premiers pères de réglise, Clément d'Alexandrie et Tertulien, que M. de Chàteaubriand appelle le Bossuel africain. Clément XIY comparait le génie de cet auteur au, /eu qui brise tout ce qu'il y a de plus
dur. Il serail trop long d'énumérer ici tous le» antres écrivains religieux qui se firent remarquer à cette même époque.
Septime Sévère favorisa d^abord le christianisme ; mais, changeant bientôt, il provoqua une persécution générale contre cette religion. En 199, saint ParacoJe, originaire de la Grèce, devint le septième évéqne de Vienne ; il occupa le siège épiscopal Fespace de trente-six ans, et finit paisiblement ses jours dans notre cité. Saint Florent le remplaça. Alexandre Sévère protégea ouvertement les disciples du Christ ; malheureu-< sèment il eut peu d'imitateurs , et les chrétiens furent de nouveau poursuivis par Maximin , qui envoya saint Florent en txiU Saint Lupiein lui succéda. Ce prélat est le premier qui osa entreprendre à Vienne la construction d'une diapelle hors de lerre j il ne put Tachever, car^ le 14 décembre â77| il eût la téte tranchée à St-Paultrois-Ch&ieanx.
Au moment oii le catholicisme semblait jouir d'on peu de eairoe » il soutint les longues et sanglantes épreuves que lui imposèrent Diooiétien , ses collègues et leurs successeurs. Les tortures les plus rafiinées, les cruautés les plus épouvantables» eitercées contre les fidèles^ signa*
lèreol celle ère > nommée ère des martyrs. On accasa les adorateurs de l'Homme-Diea des cri • mes les plus énormes. Ils ne se réunissaient mysiérieusementi disaiit-on , que pour faire des sacrifices homaifis et des repas d^antropophages. Ces horreurs, débitées par les prêtres païens* excitaient le peuple qui, endurci par le spectacle habituel des combats de gladiateurs, demandait à grands cris le supplice des chrétiens , et met* lait à voir leurs tourments et leur douloureuse agonie « le môme empressement qu'aux jeux du cirque. Le nombre des victimes fut alors si grand, que les idolâtres crurent leur triomphe assuré^ èt se vantèrent dans une inscriptim d'avoir détruit la superstition chrétienne et rétabli Tancien culte des Dieux.
Maximien - Hercule , collègue de Diociélien , pour Taider à détruire les Bagaudes , coinman« décs par OEmillanus elAmandus, avait appelé dans les Gaules la légion Thébéenne. 11 voulut obliger cette légion chrétienne à sacrifier aux idoles, ce qui fut repoussé avec horreur. Assurez rEmpereur^ dit Maurice, leur chef ou tribun, que tous mes frères d'armes et moi sommes prêts d lui obéir en totU ce qu'il eommarhdera selon Dieu; mais puisque nous avons le bonheur d'être
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ekréiienSi il nous dispensera d'assUterau saerù
fice qui est contre l'honneur et la gloire du vrai Oieu que nous adorons, Maximien» ponr punir Cl vaincre la résistance qu'il éprouvait, appela des forces A'Octodurum (Mariigny) et fit par deux fois décimer ces braves soldats, sans pouvoir intimider les survivants. Voyant que ceux qui édiappaient au sort persistaient dans leur refns, ce tyran ordonna d'investir la phalange entière» et de la massacrer sans pitié. Les exhortations de leurs chefs Maurice, £xupère et Candide, péné* trèrent les cœurs de ces guerriers qui » tous , demeurèrent inébranlables. L'armée de Maximien s'attendait pourtant à une vive résistance, ayant à faire aux meilleures troupes de TOrient ; mais toutes les victimes mettant bas les armes , reçorent la mort avec la plus sublime résignation. Cette atroce exécution eut lieu en 286 , à Agaune^ en Helvétie , dans le bas Valais , sur la rive gauche du Rhône.
Lorsque Gondebaud, en 515, associa Sigismond aux titres et aux honneurs de la royauté , Sigismond fit construire un superbe monastère à Agaune , sous le vocable de saint Maurice; il le dota très-ricbement| et y entretint un grand nombre de moines. Sept ans après , ce malheureuse
monarque» poursuivi par les remords, se retira quelque temps dans ce même monastère, pour y pleurer Sigeric, son fils, qu'il venait de faire périr d'une mort violente* Il y réunit quatre cents religieux qui se relevaient alternativement, le jour et la nuit , et récitaienl un office continuel pour le repos de Tàme du Jeune prince. Ce service fut appelé Laus perennis.
Dans le Yuf siècle , saint Maurice devint! le patron de la ville , de Téglise et du diocèse de Vienne. Monseigneur Daviau, dernier archevêque de notre cité, ainsi qu^un grand nombre d^eccté* siasiiques français obligés de fuir leur patrie , reçurent une bienveillante hospitalité k Saint- Maurice d'Agaune , et trouvèrent dans cette abbaye, fondée par un de nos anciens rois , un abri momentané contre la tourmente révolutionnaire.
La mémoire du chef de la légion Théb^eane
éiaitsi chère aux Valaisans, qu'ils donnèrent son nom à la ville et à la vallée d'Aganne, etplaoèrent leur canton sous sa protection. La maison de Savoie, qui avait aussi la plus grande vénéraraiion pour ce saint, alla môme jusqu'à quitter le^ armoiries des princes Bourguignons pour adop* ter la croix de saint Maurice. En 1434, le célèbre
Amédée VIII institua en son honneur un ordre de chevalerie devenu très-illustre. Sous le pontificat de Grégoire Xill 9 cet ordre, qui existe encore aujourd'hui, fut réuni à celui de saint
Lazare.
Poursuivant dans nos contrées, avec la violence
qui lui était habituelle, sa missiou cuiUre lo cuUe du Christ, Ma&imilien-Hercule fit renverser à Vienne Téglise dédiée aux SS. Apôtres, qu'avait coomieucée saint Lupicien et que continuait son successeur Simplide qui, en 296, mourut victime de la persécution. L'achuruemcnt iuouï des païens durait encore huit ans plus tard , et un grand nombre de Viennois furent alors Tobjel de pénalités sévères , et même quelques- uns condamnés à mort parce qu'ils professaient le christianisme. Parmi les personnes sacrifiées en ces jours de fortes épreuves qui grandissent rhOQime ou rabatleni, nos historiens citent Ferréol et Julien^qui, Tun et Tautre, appartenaient aux familles les plus distinguées de la ville, et servaient dans les armées de reropijre ; Julien se vit obligé de s'éloigner de son pays natal parce qu'il ne dissimulait point qu'il était chrétien. Il se réfugia à Vincelle, non loin de Brioude , en Auver* gne» où deux vieillards lui donnèrent asile ; mais
Ci ispus, gouverneur de notre cîié, découvrit sa retraite el envoya des soldats pour le mettre à mort. Julien ^ ne vonlant pas compromettre ses liôles, alla à la rencontre des délégués de Tauiorité, et fut décapité le 28 aoûtSOi. On porta son corps à Brioude et sa lêie au çouverneur de Vienne. Le tribun Ferréol, sous le juste prétexte de Tamitié qui Tunissait à Julien , obtint que la tète de son ami lui serait remise ; les démarches trop actives qnll fit pour arriver à ce but désiré, le rendirent suspect. On le questionna; il avoua qu'il suivait les préceptes de Févangile. Alors Crispus le condamna à être flagellé et jeté dans un cachot « d*oti il trouva moyen de s'échapper» et, traversant le Rhône à la nage, il s'enfuit du côté de Lyon. Les gardes s^étant aperçus de son évasion, le poursuivirent, et Tayant atteint près du Gier, ramenèrent sur les bords du Ubône, où ils le mirent à mort, le 18 septembre 30i. Des fidèles ensevelirent ce saint au lieu même ou il avait été martyrisé , et se procurèrent la téte de Julien, qu'ils placèrent sur sa poitrine. Quelques années après , on catéchumène nommé Castuie érigea une chapelle sur la tombe deFerréol.
Nous lisons dans Charvet : Une ancienne tra* dilion nous apprend que la maison de saint
Julien était située au-dessous du palais du gouverneur* On voit encore eur le dewnt de celle maison , qui est aujourd'hui dans la grande rue, l'image de ce saint. (Cette matsoa est à Tangle de la Grand'Rue , au-dessoos du palais de justice.)
Le même jour, on faisait également une sîa^
tiou à St'Martin, rue Cuvière, près d'un carrefour qu'on appelle Bacon, oà était autrefois la maison des saints martyrs Séverinf Exupère et Félicien* Celui gui liabitait cette maison faisait trois couronnes ;de)ix étaient attachées aux chau' deliers des acolytes et la troisième au haut de la croix, (pages 45 et &8).
£n â05, Dioclétien et Masimien ayaut abdiqué le souverain pouvoir, le sénat donna le litre d'Augusie à Constaoce-Chlore et à Maximien- Galère. Constance » prince doux et tolérant, eut en partage les Gaules , où il s'acquit Pamour et la vénération des peuples. Il suspendit les persécutions, s'attacha à faire des heureux et eut le bonheur de réussir. Constance mourut à Yorck, en 306, après avoir déclaré César son fils Constantin, sous le règne duquel le christianisme s'enerça librement, et les fidèles obtinrent successivement de nombreux privilèges ; et un pre-
mier édit donné , en 3ti , aux noms des empereurs Galcrius, CoastaïUin et Licinius, ordonna de cesser de les perséculer. Aurelius-Maxence n'était poiqt encore reconnu comme empereur, etMaximin, surnommé jDoia, ne voulut pas ac* céder au désir de ses collègues. Après la victoire de Constantin sur Maxence» un second édit, rendu par ce prince et Licinius, réitéra les injonctions contenues dans celui de Tannée pré* cédente.
Constantin ie-Grand embrassa la religion du Christ à la suite d'une vision qu*il eut en 312, étant à la léie de son armée pour aller en Italie. Il aperçut après midi une croix lumineuse audessous du soleil avec cette inscription : in hoc signo vinees. Ce fut Torigine du Labarum. étendard composé d'qne longue pique dorée, traversée à une certaine hauteur par un bâton formant une croix, dont les bras soutenaient un drapeau pourpre et or^ sur lequel étaient peintes une croix grecque et rinscription précitée, surmontées d une couronne de diamants et de pierres précieuses; au milieu brillait le monogramme du Christ , accompagné des deux lettres alpha et oméga (commencement et fin). Unqnante hom* mes d'élite furent chargés par rempercur de
porter et de défendre tour à tour cette bannière. CoDstantin, pour témoigner sa gratitude envers le symbole de notre rédemption par lequel il avait vaincu, fit exécuter à Rome sa statue tenant à la main ce signe fortuné. On frappa aussi des médailles où cet empereur est représenté portant une croix.
Par un édit daté de l'année 313, les empereurs Constantin et-Licinius donnèrent à leurs sujets la liberté de suivre la religion qui leur conviendrait , et ordonnèrent de remettre les chrétiens en possession des biens qui leur avaient été enlevés pendant les persécutions. Deux ans plus lard, Constantin, par une loi expresse , abolit le supplice de la croix, et le 8 juin 316 « étant à Tienne, oti il séjourna depuis le mois de mai jusqu'au mois d'août, ce prince rendit une autre loi par laquelle il permit aux maîtres d'affranchir leurs esclaves en présence des fidèles assemblés dans les églises , sous la présidence dès évéques et des pasteurs, sans qu'il fut besoin de recourir au ministère des préteurs et des consuls. En 323, demeuré seul maître de Tempire , Constantin rappela les chrétiens exilés pour cause de religion , et permit de reprendre leurs fonctions h ceux qui , pour le même motif, avaient été privés
de leurs grades mililaires. Il fit aussi fermer les temples des idoles » reconstruire à ses dépens les églises détruites par les païens, défendit les combats de gladiateurs, ordonna qu'on nourrit à ses frais les enfants des pauvres, et que les criminels ne fussent plus livrés auiL bétes féroces , mais employés aux travaux des mines. Par suite de changements aussi manifestes» si le christianisme ne devint pas dominant, du moins il est positif que Constantin le protégeait ouvertement; toutefois on observe que lorsque les bûchers et les tortures disparurent^ les tracasseries dogma^ tiques se multiplièrent davantage.
Depuis le commencement de Tère du Christ, oh déjà Ton vit Simon le magicien , Cérintbe et d'autres hérétiques, chaque siècle a fourni ses novateurs » qui tous ont eu des adeptes , mais dont le plus {^rand' nombre, il est vrai , fut oublié au bout de quelques années : nous, par exemple, qui n'avons pas encore franchi la première moitié du xix' siècle, dans celte courte période, ne pouvons-nous pas d^à signaler l'apparition des Anti^ Concordatistes ou la petite église, des Templiers, des Fourriéristes ou Phalanstériens , des Saint- Simoniens et de Téglisedite Catholique Française.
{^'hérésie d'Ai^ius, qui prit naissance sous l9
règne de Constantin, fut condamnée par le con« cile d'Aie^tandrie en 32t ei, en 326» par le premier concile œcuménique tenu à Nicée en Bîlhynie, dans TAsie Mineure. Saint Claude, évé* que de Vienne, se rendit à celte dernière assembiéej dans laquelle on comptait 318 prélats, qui composèrent la formule du Credo, que FEglise conserve encore dans sa liiiii gie, et qui est connue sous le nom de symbole de Nicée.
Malgré les deux solennelles sentences qu'avait prononcées rEglise, la secte d'Arius se répandit rapidement dans tout rOrienl, et, plus tard, apportée en Occident, elle domina dans notre cité pendant le règne de nos premiers rois bonrgnl* gnons ; alors Vienne eut à la fois un évéque orthodoxe et un évéque arien.
En 337| peu de jours avant de mourir, Cons-
tantin reçut le baptême à Achiron, près de Ni-
comédie. On Tinhuma dans Tune des églises qu'il avait fondées à Constantinople » et, malgré les lois de cet empereur contre le culte idolâtre, le sénat fit son apothéose et le plaça parmi les Dieux : c'est ce que prouvent positivement quel* ques médailles conservées dans plusieurs collectioos.
Les soldats, pour assurer Tempire aux trois
fils de CoDsiaolio, massacrèreni impivoyablemeni tous les autres princes de sa famille, à Texception de ses deux neveux, Juliea et Gallus, fils de son frère Juies-Constaoee.
L'empereur Constance créa Julien César, en 355, ei renvoya dans les Gaules pour s'opposer aux enlreprises des Germains. Julien passa Thiver à Vienne avec Hélène, sœur de Constance , qu'il venait d'épouser. Toute la population Tac* cueillit avec des iransporls de joie, voyant en lui un puissant défonseur contre les barbares du Nord. Ammien-Marcellin rapporte qu une vieille femme viennoise» privée de la vue« prédit alors que le nouveau César rétablirait Tancien culte des Dieux. Au printemps» il quitta notre cité et se dirigea du côté du Rbin. Cinq ans après, Julien,, revêtu de la pourpre impériale, passa encore Ttaiver à Vienne, car il était satisfait de la manière dont il y avait élé reçu n'éiant que César ; il y fit célébrer des jeux et donna des fêtes magnifiques pour solenniser son avènement à rempire, et il assista à celle de TÉpiphanie, qu^ saint Nectaire et son clergé environnèrent .d*une |)ompe majestueuse.
Pendant son séjour dans notre ville, Julien epmposa son îngépieuse satire des Césars, corn-
prenant depuis Jules -César jusqu'à Consiance, Ce prince supersiUieux avait étudié l'astrologie et la magie, et croyait connattre Tavenir. Nous li&OAft dans Ammien-Marcellinj qu'étant couché dans le palais impérial, palais qui occupait Tcmplacemeni des Capucins et du collège, à minuit, lorsque Julien commençait à s'endormir, une iigurc environnée de splendeur lui apparut et répéta plusieurs fois quatre vers grecs , lut annonçant la mort de son beau-frère Consiancc, éyèueinejat qui comblait de joie ; mais dans cette vision, que peut-être il inventa , on ne lui prédit pas que bientôt il aurait le inaliieur de perdre Hélène , son épouse chérie , jeune impératrice douée d'excellentes qualités. Elle mourut c|irétiennemept à Vienne en 360^ soq corps fut transporte à Rome; les médailles frappées en son bonneur la représentent avec des traits pleins de dignité; Julien , fidèle à sa mémoire, ne voulut pas se rcniarier.
Devenu l'adversaire du christianisme, cet eni* pereur, par u|i édit génér:)! de 361 , ordonna de rouvrir les temples païens , et il y remplît luimême les fonctions de souverain pontife. Le caractère de la nouvpll0 persécution qu'il fit souf* frir aux dîsdples de la religion qu'il reniaiti eut
au début une douceur apparcnic : il se servit contre eux de Tarme toujours si dangereuse du ridicule ; néanmoins il ne tarda pas à employer les moyens violents, dès qu'il s'aperçut que les autres étaient inutiles, et II y eut un grand nombre de martyrs dans plusieurs provinces. Julien-T A postal mourut en Perse le 26 juin 363 , n'étant âgé que de 32 ans. Il y a peu de princes dont les auteurs aient parié aussi diversement : il est ^ivemeut attaqué par les uns et passionénient vanté pnr les autres. Esprit fort et pourtant superstitieux, idolâtre par inclination, chrétien par les mœurs, platonicien par les idées , il oiïra'l un si bizarre assemblage de bonnes et de mauvaises qualité^, que les chrétiens le blâmèrent et le plaignirent iît les païens Tadmirèrent.
En 363 , après sept mois et vingt jours de rè-* gnc, Jovien, successeur de Julien, descendit au tombeau. Pendant son rapide passage sur le .
trône, il rendit les immunités et les biens aux églises et au clergé , et replaça le labarum à la tête des légions. Yalentinien I*' régna ensuite er Occident > il était zélé pour la religion catholi que et Tavait même confessée généreusement sous Julien, au péril de sa fortune et de sa vie Son fils « Gratien lUnî Ruccéda en 376. Ce jeuw
prince, sage , modéré et vaillant • Irouvani trop
lourd le fardeau de Tempire, irois ans plus tard, s'associa Tliéodose et lui donna Consianiinople> laTbracc et tontes les provinces de TOrient. Profilant dun intervalle de tranquillité, Graiien voyagea enlllyriei en Italie, et visita les principales villes des Gaules. Il ûl restaurer les inurs de Cularo (Grenoble) , et répara plusieurs mo-numenîs de celle même ville , qui , par recon-i' naissance t prit le nom de GraiianopolU. 11 su rendit aussi, sans douAe, agréable aux Vien-'. uois , car son nom fui donné à la porte irioni-* pbale , appelée depuis porte Gratienne. Son dén vouement au Christianisme lui devint funeste, lljie cruelle famine ayant désolé liome , le peu-', pie Faccusait d'avoir attiré ce malheur par seis édits contre le paganisme , cl se montrait irrité conire lui^ Maxime, général des troupes romai^: nés dans la Bretagne , profila de ces disposilionîf ndalyeiUantes , et promit d^ relever les temples et les autels des Dieux • si on loi donnait la couronne» Il fut élu ei^p.creur par rarmée^qui alors, au gré de son inconstance^ élevait ou dé-< truisait ses souverains, sans se douter que cette iostabilité du pouvoir précipitait la cbute du plus puissant emjpjire du monde. Graiien , abandouné
par ses soldats, forcé de se sauver, ehercha à regagner les Alpes , mais en arrivant à Lyon , en 382, il fut arrêté et livré aux rebelles, qui le massacrèrent sans pitié. Saint Ambroise versa des pleurs sur le tombeau de ce prince, aussi grand qu'infortuné , qu'il regardait avec raison comme un martyr. Son frère Valenlinien H lui succéda, mais, en 387, le tyran Maiime le dépouilla de ses Etats. Il eut recours à Théodose , qui défit Maxime qt lui iii couper la téte. £n 391, Valentinien II vint s'établir à Vienne avec tou^e sa cour. Formé par les instructions et rcxemplq de Théodose, il oublia les impressions que Justine , sa mère , lui avait données coqtre la foi catholique, et attendait saint Ambroise, son conseiller et son ami , des mains duquel il désirait recevoir je baptême, car il n'était encore que catéchumène ^ mais le 15 mai 392 , veille de la Pentecôte^ il fut assassiné dans les jardins du palais impérial, par ordre d'Arbogaste, auquel il avait ôté le commandement de son armée , redoutant Tabus du pouvoir qu'il s'était acquis par sa valeur et ses talents militaires. Saint Ambroise était déjà arrivé à Briançon lorsqu'il apprit la fm déplorable de Valentinien -, le saint évéque, sans aller plus loin , retourna à Milan , où les
rcsles mortels du jeune prince furenl Iransportés et déposés auprès de ceux de Gratien IL
Saint Nicèla ou Nizier , quinzième évêque do notre cité, en 392, fit construire une église qu'il ilédia à saint Martin, Ton de ses prédécesseurs, et uon à saint Marlin de Tours, comme on le croit commonément ; aussi , devrail-on célébrer la féte de réglise de saint Marlin de Vienne le 1^"^ juillet, au lieu du 11 novembre, qui n'est point celle de son patron. Si nous faisons celte observation • ce n'est pas que nous n'ayons une profonde vénération pour rapdire des Gaules, instituteur de la vie cénobitique dans nos contrées , pour celui qui fonda le célèbre monastère de Marmoutier , où de bons religieux , par leur travail et Tanstérité de leurs mœurs , retraçaient dans leur vie celle des solitaires de la Thébaide ; mais nous avouons que, quoiqu'il soit moins connu, nous avons une prédilection toute spéciale pour saint Martin , évéque de notre cité , et nous nous faisons m devoir de rappeler sa mémoire au souvenir des Viennois.
Sous le pontificat de saint Nizier, saint Aignan donnait à Vienne^ dont il était originaire, le premier exemple de la vie érémi tique et contemplative. Afin de ne s'occuper que de Dieu, auquel
il s'élail voué, il passa plusieurs années dans une cellule souterraine conslruiie sous la ville. La rcpulalion (le saintelé dont jouissait Euverle, cvéque d'Orléans, rengagea h quUter sa retraite pour se rendre auprès de lui, cl Euvcrie , eu 390, le désigna comme son successeur ; il occupait encore le siège épiscopal d'Orléans lorsqu'Allila assiégea celle ville, eu 651. Les IiabitanlSi réduits h Textrémîté, parlaient de se rendre; mais le vieux prélat les c&borla et releva leur courage en leur promettant la protection du ciel ; il donna ainsi le temps au palrice Aètius, gouverneur des Gaules, qu^il avait prévenu du danger qu*ils couraient , de venir les secourir. Aêtîus joignît ses troupes à celles de Tbéodoric et de Mérovée, força Attila de lever le siège et de se retirer dans les plaines de la Champagne , où il fut complètement battu. Saint Aignan mourut le 17 novembre 453. Les Orléanais ont encore une grande vénération pour ce saint pontife.
Peu de mois avant sa mort, en 395, Théodosele>Grand partagea délinilivement entre ses deux fils les immenses états qu'il avait sous sa domination. Arcadius eut lempire de Byzancc 03 d'Orient; lionorius celui d'occident, qui corn* prenait ritalie, TAfriquei la Gaule , Albion ou
'la Grande- Ërclagne el la moi lié de rillyrîe.
Par uac loi du 13 juillet 399» Arcudius ordonaa d'abattre tous les temples des faux Dieux, ai par un autre édit du 15 novcnibre de lu même Muée, il prescrivit que les matériaux provenant de ces édifices fussent employés à réparer les ponts » les grandes routes , les aqueducs ei les enceintes des villes. Il interdit sévèremeul loiit culte superstiiieux, oi les prétre& païens se virent dépoiiUlés de leurs privilèges.
Précisément à cette époque, Uonprius , cmpc- ^01^ d^Occideiit, défendait aussi , sous peine de mort I de sacrifier aux idoles, et ordonnait le bris de leurs statues et le reAversemeni de leurs temples. Après tant de combats, le christianisme trioniphaut détrûnait enfin les divinités si nombreuses et si poétiques de TOlympe; car les édits des empereurs Arcadius et llonorius portaient un coup mortel au Polythéisme , et, dans toute rétendue de l'empire, des églises remplaçaient les autels du paganisme» Gaudentius et Jovius furent chargés de veiller à rexéculiou du déplorable vandalisme qui détruisit dans beaucoup de contrées ces antiques monuments, chefsd'œuvre de la belle époque romaine , qu'il eût été si facile de conserver en leur donnant une
aulre deslinalion. Alors disparurent tous les édifices du ciilto païen , qui décoraient la vHIe de Vienne, et montraient Tinfluencc des idées dominant les siècles qui les produisirent. Quelques inscriptions nous indiquent encore qu'ils existèrenty mais leurs vestiges ont été tellement mutilés et disséminés, ({uo nos auteurs ne sont pas d'accord sur remplacement qu'occupaient plusieurs d'entr'eui. On ne connatt pas de loi d'Honorius relative à remploi que Ton devait faire de leurs débris » mais nous avons remarqué maintes fois que des restes très-précieux d^architecture romaine se trouvent enfouis dans les fondements des vienx murs et des édifices publics. A Tappui de cette observation, nous pourrions alléguer nombre de faits; nous nous contenterons de mentionner qu'en 1819, l'autorité municipale ordonna la démolition d'une muraille construite dans le ti* siècle , et qui divisait en deux parties le terrain du cimetière actuel. Cette muraille, d*u ne épaisseur de cinq mètres, servait autrefois de clôture au jardin de l'abbaye des Dames de Saint-André-le*Uaut , et sa situation prouvait évidemment que cel ancien monastère était fortifié. On découvrit dans sa base une immense quantité de morceaux de marbre et dd
porphyre de couleurs variées» des débris de fùis
(le colonnes, de corniches et d'entablements, que l'on déposa au musée. Tous ces restes d'antiquités provenaient des ruines du magnifique temple de Mars et de la Victoire, qui occupait cet emplacement et fui détruit par suite des ordres d'rîonorius.Une lour qui reliait la muraille dont nous venons de parler^ et la flanquait du coté du nord, étati restée debout. M. Donnât atué , ik qui clic appartenait y désirait la conserver ^ elle résista encore pendant plusieurs années aux ravages du temps et servait d'entrepôt pour la poudre ; lorsque « le 16 juin 18â7 » une portion de rimmense rempart romain, qni soutenait le terrain sur la rive gauche de la Gère , s'écroula tout-sb-coup^ et , le 31 octobre de la même année, réboulement continua jusqu'au-dessous de la tour, dont la chute prochaine semblait menacer la sûreté publique ^ l'autorité locale ordonna do rabattre. M. Donnât céda à des entrepreneurs tons les matériaux provenant de sa démolition, qui fut commencée le 15 décembre. Là encore « on trouva des fragments de corniches et d'entablements en marbre blanc, parfaitement fouillés et d'un fini très remarquable > un des plus beaux morceaux de ces débriade scuiputre est un pan-
neaa de décoration iiitérieare , que nous avons
en noire possession. On y voit une branche de palmier décrivant sar elle-même plusieurs circonvolulions ; h la partie supérieure est un blboii vu de face et les ailes cployées; la léic de cet oiseau est légèrement mutilée. A la partie inférieure (le la branche est posé un écureuil, vu de profil, dont la téte et une porliou du corps sont endommagés. Ce panneau a 57 centimètres de hauteur et 68 de largeur.
Reprenons maintenant Thistoire de cIbs siècles écoulés , de ces générations éteintes , que nous avons un instant suspendue poar nous occuper d'œuvrcs d'art dont les vestiges sont encore si dignes de notre admiration. Avant la fin du iv* siècle, les évéques jouissaient déjà d'un trèsgran J pouvoir, et tenaient beaucoup à leurs droits et prérogatives. La querelle qui survint à cette époque, conccîraint la priniilie, entre Simplice devienne, et Gonstantius d'Arles, en est une preuve évidente. G3 débat fut porté devant le concile de Turin, qui, d'après le père Sîrmon , se tint en /iOI et s'ouvrit le 10 des calendes d'oc* tobre. Mais les prélats de cette assemblée ne prononcèrent qu* un jugement provisoire qui ne termina rien. Il n'est pas dans notre intention d'en-
Irer dans les détails de oeiie longue affaire, qui ialére&serait fort peu nos Iccieurs Cependant nous aorons encore rooeaaîoa d'en citer quelqoe
chose.
Nott» alhms jeter un conp d'cail géoéral anr
répoque où Vienne devint la capitale du premier royaume de Bourgogne» et développer avec brièveté les causes qui amenèrent ce diangcmeat înalteodu.
^ Pendanl le v* tiède « les invasions silceessivcs des peoplea du. nord causèrent de grands ravalées en Europe» et surtout dams les Gaules, ou ils
établîrent un autre ordre de choses, fondèrent de oouveausi étals i et oioaaèreot le monde par la rapidité de leurs conquêtes ; on voyait s'élever et fi'af&rmir leur puissance à mesure que la grandeur romaine s^aiiaissail. Les Bourguignons traversèrent le Rhin les derniers et s'éloignèrent peu de ses bards jusqu'en 496 ; alors ils cbercbèrent à étendre leur domination dans la Cbaml>agne« mais Aëtîus les vainquit en bataille rangée. L'année suivante ils furent attaqués par les UunSf qui en iuèrent uo grand nombre, et même Gandieaire, leur roi. Gondieaire eut pour successeur son fils Gondioc» qui ne tarda pas à re • prendre ToOsnaîve i car en peu de temps il se
rendit aiaUre de Genève , de la Francbe^Comié , el meaaça Lyon. Pour empêcher un envahissemenl plus vaste , le vaillant Aêiioa réonfi tMtes ses forces; toutefois, ne voulant pas s'exposer aux chances d'une défaite » il proposa prademment aux Bourguignons de les laisser maîtres du pays qu'ils ocoupaieut déjà» et de leur céder la colonie de Vienne, à condition qu'ils abandonneraient aux romains la partie de lAlsace et de la Suisse qni avoistne le Ehin. N« voyant dans cette proposition que l'accomplissement de leurs plos chères espA*raceSt c'est à-dire la certitode d'un établissement fixe dans le midi de la Gaule, ils se hâtèrent d'accepter , et , en 4d8 , prirent possession de b province Viennoise i alors Vienne devint leur capitale et le séjour ordinaire de Gondioc et de ses snecessairs. Il est posHif qoe dans une circonstance si importante pour eux, les Viennois ne forent pas eansoliés $ aussi est^il facile de juger combien le joug que leur imposaient des princes étrangers les fit souffrir ! C'est dans ces jours de division intestine que le clergé, par i'asci.ndaut de la morale chrétienne, protégea le poa|3fle contre la tyrannie de ses nouveani maîtres. Si l'histoire de notre noi>le cité a des périodes qui nous charment, elle enn onssi qni
amèueot (ie cruelles décopUans. Depuis près dô trente ans, Vienne, ravagée tantôt par un parti , tantôt par un antre, n'offrait pUis que des scènes de désolation. Rien eneore ne s'élevait sur les raines de ses mag;nifiqnes tenoples ; on ne pensait même pas a les remplacer par d'aotres-Dioounients, carie p«*ésent était si pénible et lavenir si léiiébreui , que personne ne pouvait compter snr utbflimieBt de tram|nilU(é«
En UUO, Mamert remplaça Simplioe sur le Irônc épiscopal de YieoM , sa ville natale. Ce prélat était disciple de saint Aignan, évôqiie d Orléans, etnon de saint Martin, comme le dit Charvet» et comme , diaprés cet auteur , nous le répétons nous -môme dans le second volume de VilisLoire de Vienne^
Nous tisons dans les œnvres de saint Avitqu'à cette époque les esprits étaient effrayés pai* des prod iges sans nombre, de flréquents iremblemenis de lerre^ des bruits nocturnes; on vitdesbétessau* vages se mêler aut rémÉmu des hommes avee la
même familiarité que les animaux domestiques ; des cerfs Y malgré leur timidité, eotrèi*eot par les portes étroites de la ville cit pénétrèrent jusqu'au forum. Enfin onne pariait que de fantômes et d'apparitions. Après ces détails» saint Avii explique
que les opioions éiaieat parugées sur ces dittè*
renls prodiges ; les uns n'y voyaient que des choses naturelles ou dues au hasard , tandis que le ])lus graod nombre le« considérait comme le présage de maux inOnis. La terreur dut être à soneomblé iorsquOi le iiami 460^ pendant que, pour se préparer à la féie du lendemain , les fidèles étaient réunis dans les églises , la foudre tomba sur le palais impérial , construit sur le point le plus élevé de la moyenne ville (empla* cernent des Capucins et da collège) . En peu d'instauis ce bel édifice fut toialenieni embrasé* Pendant cetie nuit néfaste^ saint Mamert ne quitta pas le sanctuaire , cl, prosterné au pied de Tautel» obtint de Dieu quel incendie» conceati*é dans rintérieur du palais , épargnât la ville. En reconnaissance de cette faveur , il institua des pratiques pieuses auxquelles il donna le nom de Rogations, laissant celui de Supplications à d'autres exercices en usage longtemps avant. D'après les prescriptions de notre saint évéque , et pour accomplir son vœu » pendant les trois jours qui précèdent TAscension , on ofasenre Tabstinence , et le clergé et les fidèles de chaque paroisse se rendent prooessionneliement auK croii siatio* nales qui maintenant, à Vienne et ù ses alentours,
sont presque toutes plantées dans les lieux qu'oc-
cupaicnl les anciens monastères^ les églises et les chapelles détruites pendant les guerres relîp[ieusc$. Le trajet se fait en ehantani des psaumei, desantieaneSt les litanies des saints ^ en invoquant la miséricorde du très-haut et demandant sa bénédiction pour les fruits de la terre.
Saint Mamert, avant de rendre publiques les pratiques pieuses qu 11 venait de formuler, voulut avoir l'adhésion de plusieurs évéques et théologiens ; il réunît un synode i\ Vienne, dans Téglisc des Machabées , et exposa son projet dans le discours dMnstitution quil prononça lui-même. La majeure partie des prélals et du clergé Tapprouvèrent ; il reçut aussi la sanction des membres les plus influents du sénat viennois, et, plus tard, celle du premier concile d'Orléans. L'établissement de processions solennelles , dans la capitale du royaume, sous les yeu\ du roi, à une époque où les nouveanx maîtres de la cité professaient TArianisnic , prouve inconiestablcment qu'avec une sage tolérance les Bourguignons éloignèrent toute lutte, toute f&cheuse rivalité et tout coupable excès.
Sidoine ApoUtuaire, évéquo de Clermont, Grégoire de Tours. Alcime Âvil et plusieurs autres
auteurs foui lo plus groad éloge de la profoadc science et de la vive piété de saint tlamert. Ce grand poulife écrivit plusieurs ouvrages, dout la plupart sont aujourd'hui perdus. C'est sons son cpiscopat que Ton chanta pour la première fois le trUagium. Ce cbani , composé pour glorifier la sainte trinité , n'^esc d'usage que parmi les cUrciiens orthodoxes ; quelques historiens l'attribuent à révéquG de Vienne , et d'autres îk son frère puîné, Claudien Mumert.
Durant cette période, lorsque la littérature et les arts tombaient dans une décadence complète, de pauvres et modestes moines , menant une vie sainte , laborieuse et utile , s'occupaient de la transcription do manuscrits échappés aux ravages du temps et des hommes, nous transmettaient une partie des belles productions du génie des anciens, et devenaient les uniques conservateurs du peu de livres qui survécut à la civilisation romaine. Claudieu il^Iamert, coadjuieur de révoque de Vienne , partagea aveclui les travaux de répiscopat sans en avoir les honneurs ; une tendre amitié unissait les deux frères. Qaudien professa d'abord la vie cénobitique et consacra à rétude les loisirs que lui procurait la solitude ; il lut avec beaucoup de fruit les auteurs grecs et
latins, et apportait encore plus de zèle a rétiide de l'écriiure sainte et de la théologie, do sorte que l'on voyait briller en ce grand docteur une triple bibliothèque romuiae , grecque et chrétienne : aossi, souvent on le eonsnltait dans les queslious les plus abstraites. Il écrivit en vers et eo prose » pablta un tratié sur Vékd el la substance de l'àme% un recueil de raisoaneinents fier la nature eorpordle et incorporelle » qu'il dédia|àSidoine Appolinaire, et composa des hymnes pour les principales fêtes de Tannée, entr'au*tres celle de la croix Pange lingua gloriasi Prœlium certamiiûs , etc. , que Ton chante le vendredi saint , et qu'il ne faut pas confondre avec Fhymnede la passion Vexilla régis Prodeunt,elc.^ que Voa dit être également de lui , et que pourtant linéiques écrivains atlribaent 5 Fortunat Veaance , évéque de Poitiers. Nous lisons dans saint Adon , âge 6 , que Saivien, prêtre de Mar-^ seilic , qu'on nomma le niailre des évéques , le Jérémie du v« siècle» dédia son traité sur la providence à ce savant et modeste viennois, dont la réputation s'étendait au loin* Sidoine Apollinaire» fion contennporaia et son ami, dit : qu'il jugeait comme l^ythagore» parlait comme Sucrate, expliquait comme Platoui onibarrassait coirnne Aris*
loie cl plaisait comme Esehine. Claudien Mamert mourut à Vienne, eu 474; Tauieur que nous venons de citer fit son épitapbe, qu'il termiae
ainsi : ilens et gloria non queunl humavi. Vespritei la gloire m de$cmvimi pas dans le tombeau.
Saint Mamert fut tracassé par Léontius d' Arles, pour avoir consacré un évéqueà Die; le pape saint llilaire intervint dans celte discussion , où le roi Goadioc ne se roonira pas l'ami de i'évéque de sa capitale. Pourjiigor celle affaire, on réunit un synode. Sans se disculper, Mamert laissa cette assemblée décider ce qu'elle Yonlut ^ et, pendant ce lemps, il s'occupait avec sollicitude des besoins de son diolcèse. Les eaax da Rhône avaieni peu à peu ruiné la chapelle construite par Castulle, sur la rive droite de ce fleuve, à rhonneur de saint Ferréol et de sainl Julien ; Mamert en éleva une autre sous Tinvocation de ces deux illustres viennois; mais il ent soin de la placer dans une position qui la meltait àTabri des inondations , et conserva scrupuleusement & ce nouveau bâiimenl la forme el les dimensions du pren^ier. I^e vendredi 13 décembre 474 , ce petit oratoire étant achevé' , notre ptenx évéque m H la dédicace^ el présida, avec un grand ap^
pareil religieux , à la iranslulîon des cçrps des deux marlyrs que Ton y déposa.
Cinq mois plus làrduvaii lieu uoe aulre cérémo-* nie Don motos toucbanle, 6b tes habitants de no-^ tre cilé apporiaient l'euipreinle d'une profoude et douloureuse émotion, car on célébrait à Vieiltie les obsèques de saint Mauiert, décédé le dimanche 11 mai 475. On inhuma ses restes mortels dans réglise de 8t-Plorre, au côté droit du grand autel. Toutefois ce dépôt sacré, si cher aux Viennois , ne leur i*esta pas ; ia vine d'Orléans , oti saiiu Mauiert avall été élevé par saiut Aigtian , et sans doure aussi agrégé à un ordre religieux , demanda son corps au i)ape Simplice, qui lui accorda cette faveur , qu'on ne refusait pas aux congrégations monastiques.
Déjà avant la lin duiV siècle, il exislail à Vienne une charge bien extraordinaire, qui devait, il nous semble, ne pas attirer de nombreux concurrents: C'était celle de grand pénitencier ou de reclus. Les rcclusières étaient de ])elits ermitages, consacrés à recevoir des martyrs de ferveur etd'abné* gatlon. De hautes murailles entouraient quelques-unes de ces maisons de prières qui , le plus souvent, ne renfermaient qu^un seul habiiuut ou deux au plus; encore le s^econd n'y en-
Irak que des le moment où son prédécesseur, atieignaot ud grand àge^ désirait former un successeur. Quand le clergé avait installé le pieux reclus dans cette espèce de tombeau^ on en murait la porle» sur laquelle le sceau de révéque était apposé ; mais on y laissait une petite fenêtre par oùy sans se montrer jamais, il recevait sa subsistance quotidienne , et correspondait avec les personnes qui lui demandaient des conseils. IS^cs prélats apportaient le plus grand soin pour que les austères fonctions de grand pénitencier , où ils ne pouvaient admettre que des ames d'élite et ayant des vertus surhumaines, m restassent pas vacantes. Au temps de Mamert, saint Léonien, né à Sabarie, en Pannonie (aujourd'hui Stain, dans la basse Hongrie], occupa quarante années cet emploi dans notre cité. réputation de sainteté dont il jouissait attira près de sa retraite une foule de lidèlesi qui se mirent sous sa direaion, et dont la plupart devinrent ses disci* pies. Fuyant le monde et ses prestiges , voulant vivre dans le recueillement et la méditation , ils élevèrent, hors des murs d'enceinte de la ville . des ermitages isolés , et de cette pépinière de solitaires sortirent, plus tard, les fondateurs de notre célèbre abbaye de St-Pierrc. Toujours,
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sans quillcr sa cellule^ Léonien, en 475, clablît sur le moni Quinual, qui prit alors le nom de Ste-Blandinc , le premier monaslère de religieuses qui ait e&isté à YieoQe. Ce ^aim abbé profc^' sait pour la vie eontempiaiive le même enthousiasme que SOI) couipaM'îote saint Martin do Tours. Son tombeau est aujourd'hui dans l'église de saint Maurice, à gauche Uugr^nd portail.
Pour remplir le siège cpiseopal , vacant par la mort de saint Mamert , on nomma saint Isique , frère ou beau -frère de Fempereur Avitus e^ membre du sénat Viennois. Isique était veuf; i} avait une fille et deux Qls : ApoiiiQaire , qui devint évéque de Valence, et Avit, qui remplaça son père dans $a dignité de sénateur^ ei fut ensuite son suecesseur à Pévéché de Vienne.
Le roi Gondioc, à sa mort, en A73, laissa quatre fils » qui partagèrent ses Etats. Ghllpéric régnait sur Tancienne province Viennoise et une partie du Lyoni^ais^ l'autre apparierait à Qondebaad, ainsi que la Franche-Comté ; Genève , la Savoie et le haut Dauphiné recevaieni les lois de Gondemart } Gondigésile possédait TAlsace et une partie de la Suisse. De funestes dissensions divisèrent ces princes. Le roi Qiilpéric fit ui| ^ai^(& d*alliancc avec Gondemart, et entra à maii)
armée dans )e royaume de Condebaud , qui se
défeiidii avec bciiucoup de bravoure, n'en pcrcUl pas moins toutes ses places* for test et n'eut d'au- Ire ressource que de s'enfuir déguisé, après avoir fait répauUre la nouvelle de sa mort. Cbilpéric et Gondemart se rendirent à Vienne pour régler entre eux le partage des étals de Gondebaiid. Maïs ce dernier, qui avait ô^s aliidés dans celte cité, sachant que ses frères, persuadés qu'il n'existait plus, négligeaient toute espèce de précaution, dissémina dans les environs de Vienne un assez grand nombre de soldats, ècl^appcsde su deitiiëre défaite^ pénétra tout ^-coup dans cette ville, dont il s'empara sans coup férir. Gondemart so jeta dans ui>e tour, où il essaya vainement de se défendre, car Gondebaud y fit mettre le feu, et louî^ ceux qui s'y étaient enfermés périrent dans les flammes. Cliilpéric , la reine, son épouse, et leurs deux liis« mourureni aussi victimes de la vengeance do Gondebaud. Ce prince força Chrone , l'aînée de ses nièces, h entrer en religion dans le niooastère de Ste*lUandine, qui comptait alors quatorze ans d^existence^ touché pourtant par la jeunesse et les grâces de son autre nièce Uotilde , il l'envoya de Viienne à Geçève , où l'éducation de cette princesse fut
confiée h des personnes qui relevèrent dans les principes de la religion chrétienne. Pendant ces jours de lumiille et de désordre» que la rapidité de celle analyse ne nous permet que de rappeler sans détails (voyez le second volume de Vilisioirede Vienne), Vd sollicitude pastorale de saint Isique était souvent troublée. Il mourut le 12 novembre A89 , et fut inhumé dans Téglise de St-Pierre, Ce bon prélat, au milieu des grandeurs, dopna constamment Fexemple des plus éminentes venus.
AviiySextus-AlcimusrOEcdicius» neveu de l'empereur Avftus, mievl de saint Mamert, naqnit en Auvergne d'une famille sénaiocienne et conséquemment illustre» car les membres du sénat étaient, le plus souvent, appelés dans celte assemblée par droit de naissance* Avit reçut une éducation très-soignée> et eut pour professeur d'éloquence le célèbre rhéteur Sabaude. Il devint un des hommes les phis distingués de son époque. £q /i90 , chargé du gouvernement de Téglise de Tienne, il joua un grand r6le sons les règnes de nos rois Gondebaud et Sigismond. Toutefois Gondebaud» malgré Testime et la vénération qu'il lui inspirait, ne pot se décider à abjurer Taria- Bisme, quoique son ûls Sigismond eut déjà re
noncé à celle sccic. Même iivanl sa foiiversion au chrisiiaaisiue, CloviSi roi des Francs, accorda tOQie sa confiance jà ce savanl évéque.
La fille de Tiaforiuné Chilpérîc tient un rang bien mérité dans les annales religieuses et les souvenirs historiques de notre cité ; quelques actes de cette vie , agitée par tant de passions diverses, doivent trouver (dace ici : La l'enomaiée des grâces et de la beauié de Clolilde de Vienne parviui'eiit jusqu'à Clovi^. nioaarque profita du temps oii , comme auxiliaire de Théodoric , Gondeiiaud était eu Italie, pour envoyer à Genève son confident Auréllen^ qui, déguisé en mendiant, eut plusi.cur^ eiiirevues avec la jeune princesse , 01, de la pari de son mattre , l^i #i accepter un denier et uu anneau. L'usage d'offrir le denier ai l'anneM à celle que Ton r^ardait comme su fiancée, vient des Israéliies et s^observatt chez ce jpeuple dès 1^ plus liante aoticjuité. Clutilde ac- ,cqMa ces gages de Tan^our de Clovis et jura de répouser si S019 oncle consentait à leur union. iGoodebaud, à son reiour dltalie « fat |o»t ébahi de recevoir une grande ambassade de la part du roi des francs, qui lui demandait sa nièce en mariage : poussé jusque dans ses derniers retranr chements, le souverain Bourguignon laissa si^f?
prendre* plutôt: QvPil ne 4<Muuà «m «oosente*
ment, et le mariage de Glovis et de Clotildâ fut «ûieooûlJemeiift ^élélMré à:&^ons* La UMteUe nnfe prit ntte grande infliieace sur Tesprit de MO épouoLt el^'icoifi aas i^lua iard » eairaît pour iMiiiootip daii6fià,4émmimlkm d-éiiibnister le christianisme, slU! vaiimuaut àïalbiaç* Aux fùtet» dcNoél, aprèa.cett6.'Yieloire^ il reçut eièctWe«meut le bapii^oie des maius de saiut Kémi , évé-* qiiede^fiûfaia..'./i;. .
Au printemps de Tannée ôûO, la reine Clotilde élait ràna.id'imo .cotliticm qo^. €lovtS' engagea
avec Théodorio , roi des Oslrogoihs et Gondi- BéftU^^ icère -de Goudabaud.' Cea prÎAces pénétrèrent à main 9raiée, dans le roydunie deBour-* gi^gae.et a'empaféirenlde Vieuûiej maia» par auiie dearavere de taigueffrey'Geiklitpésileelaon épouse irouvèfoni.iaiBQri daos.A:i&Uj^ .viiteipt.gil vainement ils emmiiiM mattreteftaùraii.eii aeretirantdam
ua temple Arien. Pour punir noire cité d'avoir OQvertèBsppriiea à Ciovîai Gendebaiid la fitpiUer ^ saecager. Pendant ces scènes de carnage , ttintAvU^taU. abaeat; éèa ^u'il en levli connais- 8Mtce, il écrivit au roi de Bourgogne une lettre 4ae noua auona. publiée dana te secoad volume i^VHistoire de Vi^ne ; nous ne la teproduirous pas ici. 3
Tandis que le solitaire de Sublac,-8aiiii ËeuoUt érigeait à Cassia Tabbaye qui defi«t le berceau de l'ordre de& Béuédictias, d'où sorlireol tant de sciences et de veruis } par les soins de sBaint kiit de nombreux monastères s'élevèrent aussi dans la bulteue de sa métropole. Voiei ce qu'il en dit dans sa cinquième homélie ^ « La ville de Vienne, « que nous regardons ronme ImprraaUe , eu a encore plus défendue par ses églises que par <r ses fortifications. Ses belles avenues sont eii^« « ronnées d'un rempart de temples sacrés , et « nul ne pourrait pénétrer dans son enceinte , ce lors même que ies portes seraient ouvertes , a sans la permission des saints personnages qui^ « dans leurs monastères , se trouvent placés u comme des sentinelles avancées. » Toutes ces retraites monacales étaient fortifiées et renfèr-r maienl de hautes tours, d'où Tod pouvait découvrir les embûches des enneails. L'admirable discipline qui régnait parmi les religieux de ces diverses maisons leur donna une répiitation qui allait de pair avec celle des moines de Lérins.
Saint Avit présida plusieurs conciles , entr'ao^ très celui' d*Bpadne. 11 composa diwfs ouvrages ; le dernier est un poème en l'honneur de la virjginité , qu'il di^dia à sa sœnr Fueine. Il mourut
Oigitized by G(
en 524, et reçut la sépulture dans Téglise de St^Pierre. En 1663 , le père Siroiottd publia un lolame in-4<* de ses œuvres, avec des notés cour* (es et judicieuses.
Saint Mien remplaça saint Avit, et eut luimême pour successeur saint Domnin. L^anuée ^& vit finir le premier royaume de Bourgogne. Vienne , capitale de cet Etat , se ressentit foriemeat du maliieur des derniers règnes , se trouvant le théâtre où se vidèrent les querelles de Gondeband et de ses frères. Presque tous les personna^s historiques que nous venons de mentionner étaient disparus de la scène du monde ; mais Clotilde vivait encore. Cette malheureuse reine, jadis si ambitieuse , et qui avait mvent fait preuve d'une cruauté native , triste héritage de sa famiUe, après la mort de ses petitsflSfSe fiM pour toujours près du tombeau de iaiot Martin, à Tours, et quoique déjà d'un âge Mncé, elW trouva assez d^énei^e dans la viva-^ cité de sa foi et de ses remords, pour passer les onze dernières années de sa vie dans la pénitence et le repentir -y enfin elle termina saintement sa carrière en 645»
Lorsque les Francs s'emparèrent du royaume de Bourgogne , Vienne fit partie du lot de Clo->
taire y maif Clptaire , Gonlraa » GMldekert et lefi
autres monarques qjuî leur succédèrent.^ avec le titre diB roi^ d^.Pûwrgogne^ ae Ss^Femt ps^ lawr séjour dans notre ville, qui bientôt ne coBServa que quelq^s xf^tîges de scmaMieiiMpiiisiiiiioe.
A cette époque le clergé et le peuple concouraient à rélectioa des évéquQS , et leur chpix se fixait , aesez ordinaireoMul, sur des personoiages illustre» par leur origloc, leurs. veptiis et leur science^ et qni aoaventn'étaientpaseng^géadaiia les ordres sacrés. Plusieurs conciles restreignirent peu à peu les droits élecforaiii^ did^ laïques», et, en 1215, celui de Latran les supprima entière* ment. M ctqrgjà iui-méo^e se yijt^ plus tar^i dépM'sédé de ee privilège. En 1438, qaandCharles VII assembja à Bourges Téglise Gallicane pour la pragmatiqwêMcUonfdéik leaseuls chapitre» des métropoles et des cathédrales élisaient leurs évê->; qoes. Le concordai conclu 8o^s ler^ne d^ f tan*
çois entre Léon X et le célèbre chancelier Duprat^donpaau roi le .droit d^nQmqœr aux ardie* véchéset évécbés de France et do Daophiiié. Ilfat.
convenu que le pape recevr^H lc^:iMM»aj^& d^ grands bénéfices sur le pied du rcTeiiq qouraat ; ceue deri^ière. cliause s'exécuta, k part quelques petites suspemioiA, jut^qu'à.l^iépogiie o^ lea lois
des 11 uoûL el 21 seplembre 17S9 proMiieèreni
Tabolilion définitive de cet impôt.
L'aanée 538, saint Pwiagalhe laissa le bàioii dM^fê d€s sénaieurs pMr la crosse pastorale , et régit deux ans notre diocèse. Saint Isique II , séa siiccefiseiir, quitta aoftsi les fsisoesNiik'poor la tnttre. Sous Tépiscopat de ce pontife , le duc Aaœmond fonda le monastère de saint Pierre sur les ruines du palais impérial exlra-muros , dans le B^cm^Champp nom que portait 4'empla* cernent «rotne le BkAne et Romestang. Saint Isiqie, en 549, assistait au cinquième concile d'Orléans , ët trofs ans après occupait la première place au second concile de Pari«. Il consacra ensmte Téglise de Saint-Jean de Mauiienne et SOI premier évêquc. Ce prélat mourut en 565 ; ses restes, mortels f ureai déposés côté de .ceitx de saMê'Atit. Saint Naamal ne gouverna qu^in an rég^lisie Viennoisey car Té vôque saint Philippe, aa 667y prtiidirit le seeend eoncile de Lgron * et , en ô73 y celui de Paris , assemblé par les rois Sigebtn^t Contran. Cest à cette mjémedale que Kén)i||-£ugénie, fille du duc Anœmond, érigeait pour des m^inest sur la rive gauche de.la Gère> monastive de Sani't-André^le^Bsis , et ^irès du Champ-de-Mars et des débris du temple du Dieu
de la guerre, Tabbaye de Saint- André-les-Dames ou de SaifU'André-ie^Haut.
Malgré les! nombreux établissements eénoMitque» quî eustaient aux Alentours de la ville, il y a>att encore é9M noire contrée de» Ascètes, habitant des lieux déserts ou ils vaquaient spécialement h la prière el à divers exercioee de pélii- ,
tence. Comme che(s de ces solitaires^ nous avons ^ précédemment mentionné saint Aignan et saisi i Léonien. Au vi« siècle , nous remarquons saist Theudère ou Xbéodore, qui, trèsrjeunet ^ voua , à rétat religieux. U éleva plusiesurs monastères sur le territoire de Vienne • et^ à sept lieues de cette villes une abbaye quMl mit sons la protection de la Sainle-Yierge, elle porta plus tard le nom de* son fondateur et enfin o^lui de Sainh , Chef. Mais en 573, la charge de grand pénitencier étant vacante » révéque saint Philippe ordonnia k lïëndère de venir la rero|^lf r; il quitta* sans.doute avec regret, son nouvel élablissementi qn^il confia à la pieuse sollieltude de l'abbé Sève* I rianus, son prévôt, et, victime d'obéissance, considérant que Dieu» parla voix da premi^ pasteur du diocèse , l'appelait à un genre de vie ' plus austère, il se rendiLà Vienne, et à* proximité de réglise décriée à Saiitt- Laurent, sur le mOBt
Saiote-Blandine» qu'on peut nommer le mont des iairUs » il passa • viagi auiiëes dans une petite eellule.
Satat Evasée remplaça saint Philippe sur le tiége de noire église idélropolltaiiie f suivant Grégoire de Tours , chnp. 39 , livre 8, ce prélat serait mort en Môi; Iqurès lut saint Vère, de Tordre des sénateurs, adiaioislraeel évécbé l'espace de Ai% ans.
Theudère honorait particulièrement la mémoire de saint £u&èhe, évéquede Verceii^ en Piémont , et avait fondé , dans* les environs de Saint-Chef, plusieurs chapelles en son honneur, sur les débris desf iielleSi lonjduA scrns ce vo* cable , on a successivement réédifié de modestes église de viUagas» Il fil aimi construire à ce saint , proche de sa dernière retraite , un petit Oratoire qui a donné son nom au domaine que nnAiienant en appelle Vereailiés. Notfs lisons dana tes œuvres de saint Ambroise qu'au milieu de sa ville épfseopale » Ensèbe ei ses clercs vivaient ausièrement comme des moines, 1 esprit consiemment appliqué à la prière, à la lecture et an travail : ceci explique pourquoi notre illustre nsdns eti ses disciples ae mirent spécialement sons son patronage^
En ô93ySaiQtTèeuclôqe lepfpijtMi'Sft^ie si piease et si détaebée de» àMMesî ilr' la «errci. 3)q Téglise
de Saiut-Laurent jusqu'à celle de Saint-RoBiaiiiy située aanléUi 'dir -fantfdarg Pont'^ivéqiiey aon loio des prairies de Septèmc^ la majeure p^riie des baUtant» de- Vfeaiie' aeeonpagda y itrine' et recueillie, le cercueil qui reufermail le saisi péniteneier, p^oieeteupide leur ciiAc' un |;f«iid nombre d'enlr'eux passèrenl la nuii a prier près de ses restes vénérés, qui , •le'ieadeotai» , fareot portés àr-Saim-^lher èt ialîiHiiés àaîis la ehapol>ie de cette abbaye« ( Voyez Adoa i €horier , Mabtlieii,'€liarfet;,eter) »^
Le clergé et le peuple vioiDnois profitèreat de la mtwMrlté de Iklenri II, -tioi de Soorgo'goe, pour donner un successeur à saiii^ Yère ; ils élui>^* sQîiit IMdier9.é'AiMiii»'<y idiseîple de aaiat Naaniat, ecclésiastique savant et érudit, qui s'était adonné de crès-boQa^ heure :mx éludes sérieuses. La reine Brunehaut trouva mauvais que la nomination de l'étéque di& Vienne se fat faite San» l'adhésion de 80>rt jMit-fits ; nns^i attri*bua-t-oQ aniL- intrigues' <le ieeite ptincess»* et à Aridius , evéque éB Lycui ^'ls feriis de Oréfoire- Je«Grand d'envoyer le #aiiium à saint Didier. Se passant de rassentiment des-/ ¥4eanol8 » saint
ei
Domnole, au nùm du souveraiu, vint prendre!
pos$ieft9iAa.4ii &iég^ de naire méirbpoto.
En 603 , Bpunehaut assembla à Chulons-sur- &à4ne un concile qm présida Àridius , et dans ie^uel sHiat Didier fui déposé et exilé dans nie de Lewi^ « en Ecosse. Après quatre aimées de tenuisseMeiic ii réine rappela ce prélat , pensant se rauacher ; mais elle acquit bientôt la preuve qu'il seoondait de tout son pouvoir eemc -qui cherchaient à marier Thierri, alliance qu'elle n^eutait, eraignant avec raison que la priiicessd Brmenburge , que Ton destinait au jeune monarque, en partageant ^n 'affection , ne partageâ t également Vàdtorllé qu'elle avait sur lui. Extrêmement courroucée contre notre évéque, la reine jura isa perté ^ et! levsqtie saint Didier revenait de Ch&lons 4aas son diocèse » elle détacha trois &8sai8ains..sor eèà .ttaceS', qui raiteignirent , le 23.mai 6Û7, et l'assommèrent à coups de cailloux, dans ane forêts prie de firesstgny; dans les Domtes. Le lieu de Texécution de ce guet-ù-pens porte aiyourd'ttui le nom. die Saint^lHiier^de^ (^IdronnCf et d'abord c'est là que reçut la sé-^ puUure ce vingt^liuitième évéqiie de noire cité , car saiiit Dooiridle son coadjuteur et mn successeur», ne fit aucune démarche pour obtenir le
transfèreoieiit de son corps ; mais ea 620 , sai ni
Ethère sollicita et obtint cette aatorlsation de Clotaire II , et les Viennois , qui aimaient saint Didier, rendirent les plus grands honneurs h sa dépouille mortelle , que Ton déposa solennelle* ment dans l'église des Saints-Apôtres. La même année saint Ethère mourut et fut inhumé dans le petit oratoire de Saint<*Georges ; après lui saint Clarent remplit pendant cinq ans les fonctions épiscopales» qu'à sa mort ou délégua à Syndulfe, qui siégea onze ans* En 6S6, saint Edicté était appelé à la dignité d'éveque du diocèse de Vienne, qu'il gouverna quatre ans. Lorsqu'il décéda, les électeurs remirent le bâton pastoral à saint Cadéolde.
A cette époque les sentiments pieux qui animaient rélite des gens du monde inspiraient ceux desi autres classes de la société. Alors beaucoup de grands seigneurs, à Texemple du duc Ancemond) fondèrent et dotèrent de nombreuses communautés f asiles où le pauvre et le riche , Tillettré et le savant trouvaient un égal appui. En France, on remarquait le même zèle fervent qu'en Bourgogne , car on reporte h ce temps rélablissemeot de abbayes de Lobbes» de Corbie^ de Cbelles, de Maubeugesj de Uautvillers en Champagne^
de Notre-Dame deSoissonSi et de SoUignac près de Limoges i qui eat poor fondateur le célèbre
saint Eioi.
Nous trouTons dans les auteurs contemporains
les noms des maisons monacales qui existaient dans noire cilé et ses alentours; ils ont aussi soin de nous faire connaître le nombre de leurs habitants. Le monastère de Saint-Pierre comptait cinq cents moines $ celui de Satnt-André-le-Bas , cent ; ceux de Saint-Gervais, de Saint- Vincent ^ de Saint-Jean«*Baptiste, chacua cinquante ; Saint- Nizier , quarante , et Saint-Martin , situé sur la commone des Gôtes-d'Arey, cent cinquante. Depuis Saint-Cyr jusques près de Grigny, la rive occidentale du Rhône était bordée parles communautés si renommées de Saint-Avit, habitées par aeuf cent soixante-dix cénobites, et dans les autres parties de la province Viennoise, le nombre des retraites monastiques était de soixante. Il y avait avftsi Ifoik couvents pour les personnes du sexe , TuQ situé à Vienne-la-Belle , aujourd'hui Sainte- Colombe, comptait trente religieuses; Sainte-Blan* dine et Sain t-André-ie -Haut, fondés dans la haute TiHe^ dite la Forte , èn renfermaient Tun vingtcinq et l'autre cent. Outre la cathédrale» où oi&Giait un clergé nombreux» nos historiens ment
Ua0neDt a yieooe ies église» : do S$ûo^^P.ieiTe<- Entre-Jaifs , de Nolre'^Ddme^d'Outre-Gàre , de Saiat-Martiu et celle de Saiat-Sévère » desBeme par des coUégiés.
Parmi les j9[)oi{^s que ficaot distiogaer leup^ TerjUisebrétienneSy boiis renMpquoiis saiol€lair« naliC du village qui inainteaaot porte son nom; il comneoça ^ducaiiw diioa noire^iiUâ el la termina dans te monastère de Saint-Fer réol, un de ceux qu'oa app^aii Qfi»weme$f et il y entra en religion. Sa pieuse mère , qui depuis longtemps avait perdu son époux^ prit elle'indme rhabitetseretiraàSaiiite«fiia«diJie>.oà Toa n'4Ml<* mêlait que des veuves. Saint Clair acquit une telle répuution de sagesse, i|ae saint Ckw^nt le nomma abbé du monastère de Saint- Marcel , situé entre Pipet et Saiat-Just, et lui eoofi^ U direction des religieuses de Saime-ftlan^iine ; H fut le guide spirituel de ces deux maisons jus* qu'au 1'" janvier 6$0t JcNir.oii ûieu Tappelu à lui. Pendant la maladie qui le conduisit au tombeau, ce saint vieillard prédit à Sjas frères .rimmiop et les ravages des Sarrasins et en précisa Tépoque. Saint CadéQldeiu^i.reqdit 1^ dernier» et svprémes devoirs ; ainsi qu'il Ta vait . demandé > H fut inbumé devant, le grand autel ^e.régii^e de
Sainee-Blaftdioe. Quaiid tosrtfarniéS'eiifeiitrQiiifé
ceue église, on porta les relique dLe saÂttt Qaiir tois la :t)aBiH(|«e de ^aim-Pierre.
Une période de soixante et un aps ^pare laipt Cad#ome*4e «^ûii fiaalA^ Dans oet Jwier-
valle saints Dodolèpe, Babolin I", Georges,
siège métropolitain de notre cité sans que leurs
inr^Pil^ !9iaQiiii.ÀfèMiaeBt 4111 mé*
rke d'être rapporté.
Vers la fin de l'i^anée 7.Qâ,» £aajbcie>que 1q martyrologe d# VLeiine appelle le (frund, fut aomné é^ëque de celle ville. Ce prélat, allié de la m^i&Qa rayaledeFvaii^iéuit puUsaBt et rkAe/U miploya uûe partie de sa fortune à la rééd.ificatioa .de l'égli^ 4^$ MjMhftbéfis^ qM»*il pUça ^11$ IHwocatiei» de saiiUt A^M^j^e et de sa légian; mais T^gU^e étev^e par 9ai«4 Soalda W: few%mb\vAi ps^s à la magnifique basilique que nous voyons aujourd'hui, Aitoo t ea eo pai^Minyt , s'exprime ainsi ; Dmunculam cripéatam mmstnmt. On €ùm^ P<l^i^Aqiie4oM 4QvaÀi,3'y ^esseoiir léoèbr^ épaiases qoi envelopp^iiwt len arts eit les açi^ces. Souveat «ml^ifk par r.etfroi que çausaU le briut des ooi^itétes des Sdrraainai •qiioîqa'iBnil.repmd^pj^s cîAq.an&y .ies trav^x de icoosiruc-
Uoa de cet édifice n'étaient pas parvenus à lenf
achèvemeut; quand, en 723^ Eoaldc descendit au tombeau » on rinhuma à SaintrMauriee , où trois ans plus tard son snccesseur , Bobolin II , reposait près de lui* Le clergé et le peuple appelèrent aux fonctions très laborieuses de Ta-» postolat saint Austrobert^ qui, aux temps de gloire pour le christianisme » Ht succéder des jours de ruine et de désolation. On touchait alors à une de ces péripéties dont rapparttioii décon-» cel le les prévisions humaines.
£n 737 , les Sarrasins remontèrent le Rhône jusqu'à Lyon, mettant tout à feu et à sang. Leur invasion apporta à notre ville une large part de souffirance» car ils désolèrent ses rites et ses alen* tours, incendièrent les villages voisins et notam-^ ment leurs églises et leurs nombreux monas-* lèresj saccagèrent Vienne la belle et Vienne la riebe, qui offrirent bientôt un amas de ruines et de décombres ; mais tous les efforts de ces hordes étrangères échouèrent devant les formi* dables remparts de la noble et ancienne cité di Vienne la forte , vaillamment défendue par ses habitants. Après le passage de milliers de g6« nérations, la tradition orale des maux affreux de cette époque s'est conservée dans beaucoup de
nos campagnes, et le récit des vieillards porte un eachei de vériiéqui perpétue ce souvenir.
Dans ces moments de deuil , saint Auslrobert , guidé par la charité évangélique, montra la plus grande munificence pour le rachat des malheureux captifs ; mais dans nos contrées les ravages des adeptes de rislantisme ftirent suivis de la disette. N'étant plus dans la position de venir en aide à toutes les victimes de tant de fléaux, notre prélat découragé abandonna son siège , se retira dans sa famille et mourut en 736. L'évéché va({na deux ans; enfin, saint Villicaire y fut promu.
Caries-Martel accourut au secours des pro«* vinces envahies et opprimées par les Maures, les vainquit à Poitiers et les força à fuir dans les montagnes ; ensuite, abusant de sa victoire, pour prix du servii^e qu'il venait de rendre à la chrétienté et subvenir aux frais de la guerre, il «'empara des biens de Téglise, et, sous forme de récompense, en donna la m^|eure partie à ses officiers. Alors , non seulement les revenus , mais les titres des abbayes , des cures et même des évécbés passèrent en des mains militaires , et le spirituel de ces bénéfices fut administré par des clercs anx gages des titulaires laïques. Les grands seigneurs profilèrent aussi de ces libéralités irré-
gulières, et les terres du clergé devinrent leur propriété, sans autre formalité que la coucesslon du prince, qui fonda ainsi les fiefs, sous la seule condition de foi et hommage. Alors les établissements monastiques nous offrent le tableau le plus triste, car ceux qu'avait épargné la barbarie étrangère furent ruinés par la spoliation , les rapines et le brigandage de leurs nouveaux maîtres. De si grandes épreuves refroidirent le zèle des moines et le nombre des vocations cénobitiques diminua considérablement ; car, à la suite des derniers ravages, les monastères n'offraient plus ni calme, ni sécurité, et d'ailleurs la nécessité d'une juste défense transformait en guerrier celui qui peut-être eut été un savant religieux.
La chapelle élevée par saint Mamert, non loin de la rive (occidentale du Bhùne, sous le vocable de saint Ferréol et de saint Julien, avait été détruite parles Sarrasins. Saint Villicaire lit construire, sur la place qui porte maintenant le nom (|e Saint' Ferréol, une autre église à Thonneur des deux illustres martyrs, et lui transmit la dignité d'abbatiale , accordée à celle de Saint- Mamert. Une foule pieuse se rendait journellement dans cette chapelle pour y honorer les saints dont elle possédait les dépouilles mortel-
les; mais, en 1567, les protestants violèrent leur tombeau, profanèrent et anéantirent leurs reliques si vénérées. ' *
Saint-Ferréol avait été érigé en église paroissiale et conserva ce titre jusqu'en 1770 , époque à laqueMe cette paroisse fut réunie à celle de Notre-Dame-de-la-Vie. Trois ans plus tard, après avoir préalablement obtenu rassenliment des autorités civiles et religieuses , plusieurs notables habitants de Vienne formèrent, sous le patronage delà sainte Vierge et de saint Jean-Baplistc, une confrérie de Pénitents de la Miséricorde, connue sous le nom de Pénitents noirs. Cette société adopta les règlemenis et statuts de celle fondée à Lyon en 1636 par le milanais César Lauro, qui avait fixé sa résidence dans cette cilé. Les Pénilenis de la Miséricorde contractaient l'obligation de visiter les pauvres prisonniers, de les consoler, et non seulement leur distribuaient des vôtemenls et la nourriture, mais encore ils leur procuraient des défenseurs "et les sommes nécessaires pour, s'il était possible , prouver leur innocence ou satisfaire leurs créanciers. Ne se contentant pas de ces œuvres pies , ils adoucissaient les derniers moments des condamnés à mort, et par un sublime effort de charité chré-
liéime les «ecraipacDaient à K^bafaud , et peii^
daat les tristes heures de leur douloureuse agonie, la cloche de la chapelle des frères de ki Miséri corde sonnait le glas funèbre et le Saint-Sacremeat était exposé sur raateU Les Péniienu donnaient aussi la sépultufre aux patients, lorsqu'un arréi n'y mettait pas ol)stacle, et toujours pour le repos de leurs ftmes , psalmodialem Tof • fice des morts» faisaient célébrer up trentain, suiVi d*une grand^messti^ avec absoute. La ooor prévôtaie leur donnait souvent l'occasion d'exereer leur aèle i . car dans le courant de 1774 îl y eut à Vienne trois exécutions capitales et huit auires depuis cette époque jusqu'en 1789.
La confrérie Viennoise de la Miséricorde, voulant en tout imiter celte: de I^on^le 27 mars 1773^ obtint des pères- Carmes raotorisaAton de feire célébrer l'office diyift dans leu.r église. La convénitien qui intervint entr'eu est signée par les pères Ferréol Moyroud, ex-provincial ; Elisée Coquet, prieur; Jeao^osepb Carrier^ sacrisiaîn; fiéné Durand, défmiteur, et approuvée 10 mai suivant par . le chapitre provincial séant à Avignon.
Dès le 2^ du m4mo m(HS tes.i^éaiients ^ehkUi: sëricorde se rendirent 4 la chapelle de i'arche:
véchéjOii en présence de Mgr Guillaume d'Hugues, Tun des fondateurs de la nouvelle œuvre, M.
Tixier, aumônier de sa grandeur, bénit leurs croix, leurs habits et leurs livres, et procédai la réception des confrères qui , revêtus de sacs noirs , escortés d'un détachement de grenadiers , croix levée, chantant le Te Deum , allèrent processionnellement à Téglise des révérends pères Carmes, dans le chœur de laquelle ils avaient fait placer des stalles et une balustrade de bois sculpté r peinte en noir et ornée d'une draperie rouge. L'acte d'installation est sigué par l'archevêque, MM. les vicaires g'énéraux Tixier et de Corbeau de Saint-Albin , et MM. Gaspard Bajard, négociant; Georges-Pierre Larderet, négociant; Jean-Claude Guillermin, négociant; Louis Bachelard, procureur; Pierre Rozier, négociant; Joseph - Marie Thevenin , procureur ; Joseph Donnât fils ainé, négociant; Claude - François Bonnel , receveur de la ville ; François Trainar , , procureur; François Beaud, directeur des coches; Jean-Baptiste Henri Peyrieux, négociant; Claude- François Barry , négociant , tous fondateurs de cette société , qu'augmenta bientôt un grand nombre de personnes distinguées du clergé , de la magistrature y du barreau, du commerce et même de l'armée.
Les Carmes refusèrent obstinément de donner aul Pénitenis noirs lé père Durand pour aumônier j il s'ensuivii une mésintelligence qui décida ces derniers à acquérir l'église de Saint-Ferréol ; ils Tachetèrent des [Paroissiens, par acte passé aux. minutes deM^Charretlon, notaire, le 17 janvier I776y et pour en acquitter te prix emprunté* rent une somme assez forte avec MM. de Brèves et de Corbeau, caries i*essources financières de la congrégation se trouvaient pour le moment épuisées par ses bonnés œuvres:. Le 27 du même mois , la ville leur céda le terrain nécessaire pour ragrandissement de cette égifse qu'ils firent restaurer à leurs frais, moyennant un nouvel emprunt qu'ils contractèrent avec les dames Ursulînes. M. Bonnevay , entrepreneur, eut la direction des travaux qui se terminèrent promptement» car le 3 'juin suivant, du consentement de Tarcbevéque , sous le vocable de Saint- Jean-Baptiste et de Saint Ferréol , réglîse fut bénite par MSf • les chanoines Tuillier, Denantes-Dufournat et M. Sarrasin , préti^.' Le surlendemaiu les Pénitents de la Miséricorde sortirent proçessionnellement de chez les Carmes , lét'en chantant le Veni Creator t se rendirent à leur nouvelle chapelle où Mgr de Pompîgnah léur donna une bé-
nédictloii soléunéHe; et les pèfés Capiicms icfor laissèrent voloniiers la facuité de cboisir parmi eux un aam^itM* U le«r gi>é. *
A l'époque de la révolutioo on revendit relise de Safiil-F«préèt ^ (8lle'«MiiidimMaiittrOBftfôriiiée en maison bourgeaisev -
Pepin-te^Bref, en rMdm^ des «ertioeftMiiill rendit au* pape Ëtienne It^ obtint de oe poniîfe le droM de poiiM>ir ani arehef êfchéft et évêeMe de ses états^ lorsqu'ils seraient vacants. Par suite de h retraite de^ sMifm * -Vttlk^re , le etégie de \ieone était disponible; en 764 , Pépin y nomma saint Promle , qui gottfèrnâ' ee dfooèse pendanthuit ans, et eut pour successeur saint Berteric.
Eb7l87« le monariquèr deêFraife&, reyenimtde coodiittre le duc d\\quitaiue , aux environs des fttes de Pâqii^, arrita à^ienne', où- tt denfheArsi* jusqu'à la fin d'août. Ce prince et la reine bertralde préféraient te séjoifr de eette ville à eeftif des villes voisines , à cause de son air salubre et PQr;et qtïôiquis tèsMaurés enssetir endommagé une grande partie de cette belle cité, elle conservait encore de' maitàifiqttesiédifieèsoù hr fetnllle royale et sa suite étaient logées convenablement, etypnùrteursAlf^é^ nné partie de l'armée poffvail occuper les fortifications, tandis que Taulre cam-'
pail près des renpaiu* {Voir E§%nard el U Ae-
cœU des historiens des Gaules.)
Eu 790, saint Ours monu sur le siège arcbiépiscopal i mais les forces de ce prélat étant déjà affaiblies» plus encore par ses pieuses austérités que par son âge avancé , on lui donna saint Volfère pour coat^uteur et futur successeur. Saint Ours légua des biens considérables à Téglise de Yieime , alors tr^s pauvre* U fui inhundié dans la basiUqne de satnl Sévèro* mémoire de ce prélat était si vénérée» qu'un grand nombre; de «liapeUes furent construites en son honneur ; une des plus célèbres esi celle dont on retrouve encore .quelques vestiges procbe de Janeyriat » dans le canton de Meyzieu* Cette chapelle avait pour prolectenrs on avoués les seigneurs d'Antbon; elle était située dans uji lieu isolé et conséquentmem fort niposée au attaques des impies et des malfaiteurs. Les riicbes ;suz.eraias d'Âolhon y eniretenaient une garde pour la préserver du pillage et de toute profauaiion j ils y e;)^erçaieat ujqc espèce de juridiction, d'où provienalent quelques redevances. Dans un traité que le Dauphin cendut avec 0^ maison» en 13 Id» il prçmit de lui conserver la possession de ce droit,, abandonnsot toutes les :préiQntions qu'il pouvait y avoir luimême.
Saiot Volfère» oé àVuUreïe, en Bavière» ne dut json élévation qu^à la prôfectfon de Cbarlemagne, dont il étaii un des fidèles / la confiance qu'avait en lui ce monarque le reiftnl souvent à la cour, et il sut employer son crédit en faveur de notre mé» tropole* i^our laquelle il obtint des titres d'bmii* peur et dressa de nouveaux statuts , qu'il soumit à Vempereur. (Vùtfez Chairvet eê notre deuùriime
volume de THistoire de Vienne.) ' * '
Grégoire Ilipérmit à^int ¥îllieaire de prendre le titre d'archevêque, qui depuis fut porté par ses silceésse'nrs. et dans la suite œite qoali-' fication devint aussi celle de tous les autres méiropoIUains.
Saint Villicaire, ainsi que TavaU fait son devancier, et à pen près ponr les: mêmes motifs» abandonna son siège et se retira au monastère de Saint-Maurice d'Agaune, dont on le nomma abbé i il acheva sa vie dans ce tranquille séjour.
£n 753, le pape Etienne II , ayant en de sérieux démêlés avec Astolphe , roi des Lombards, vint implorer la protection de Pépin , roi de France, qui Faccueillit aviec les plus grands hoonenrs. Pépin avait an frère ainé nommé Garloman. Ce prince^ dno d' Australe et de ThtfPinge , goinvei^ A^ur d'ui^e partie de rAUemagne^ aprè)^ s'é(r^
distingué dam le m^ipule par &a valeur et ses
vertus^ renonça en 747, à la grandeur souveraine, alla à Rome avec plasîBiii» genUlsboauiiea de sa cour, y reçut la tonsure et Thabit clérical des mains dik siwvdraii) fioniit»- &u;harîe , puis se rendit aU' mont Sorate* et entra 4an8 Tordre de saint Benoit ; mais i dans cet asMe , ce& iUusire moine ne tarda pas^à Atre imiMMrtainépar les fréquentes visites qu'il rp^evaU des personnes du siècle» Useret&raajEi montCf^^sinj M^'y put %irre en paiX|C^rAstolphfu informé des pr^aratifs qu'à rinatigaïkNid'^tifmpeiJii le monajrqiie français faisait contre lui, obligea Tabbé de ce monastère à envoyer Carloman en qualité d'ambassadeur « an roi son frère, le jugeant, plus qu'aucun autre, capable de conclure la paii^.- Ce. digne religieux trouva Pépin dans notre viHe , se préparant à passer les Alpes avea une aon^reuse armée « et non seulement eoi ia> donlenr d*échover t»>mplètement dans sa mission» mais encore se vit retenu iorcéaientèyienoe par tes* ordres du roi.. Il enconr çut un regret si vif| qu'il lui causa une fièvre vîelettie^.âent'il mourut le 4 décembre 754^. près sa volonté dernière, ses dépouilles morielles fumt muMipcMéiis dans Je dettre iku mont Cassint qtf'il n'avait quitté qu'avec regret*
L'empereur Charlemagne protégea les lellrcs ei les ans j toutefois, malgré ses encouragemenls, les arls restèrent encore dans la décadence où ils étaient tombés depuis plusieurs siècles. Il in* iroduisil dans les églises de son empire le chant Grégorkn, plain-clianl dont Tinvention est attribuée à saint Grégoire. Il convoqua plus de trente conciles nationaux ou provinciaux, et fonda plusieurs monastères. Ce monarque révérait dans les ecclésiastiques la sainteté de leur caractère, mais voulait que leur conduite fut exemple de reproche. Il rendit au clergé et au peuple la libre élection des évêques, sépara les juridictions civiles et religieuses , et^ne soumit Téglise qu'à Tautorité de ses propres tribunaux. Enfm la législation canonique est celle qui occupe la plus grande place dans ses capitulaires.
Saint Volfère, archevêque de Vienne, compatriote et conseiller de Charlemagne, mourut le 8 mai 812, et reçut la sépulture près de son prédécesseur, dans réglise de St-Sévère. Celte basilique, où les souvenirs historiques se mêlaient à ceux de notre religion, avait été élevée au commencement du v« siècle, par saint Sévère, prêtre indien , sur les ruines du temple dédié u tous les Dieux. Ce pantliéon viennois, qui renfermait les
slalaes de» divioitfe romaiiM» et gaulaism» éuU
situé sur la rive draile de la Gère , non ioîn de son embonehvre» et t'étanéait de pied de 5e#" poUum, aujourd'hui le coieau de la Bâtie , jusqu^ao Cbemin^Neof. Mms liaoas dâM on aodea auteur qu'il existait autrefois sur remplacement de ee temple no viefntebéae aa pied duquel les Allobroges enterraient les dépouilles précieuses^ Tor et Targeot des peuples qu'ils avaieot vaincus. Ce trésor immense , auquel il était défendu de toacber , tomba entre les mains des Romains « lorsque , sous Pontinius , ils s'emparèrent de Vienne. Nous pensons que le jardin de M. Jouffray , où , en 1820 , on découvrit la belle salle renfermant la statue du Faune , fut une dépendance du Panthéon* Des porphyres de couleurs variées revêtaient les murs de cette salle ^ for* mant des compartimente divisés par des pilastres en marbre blanc, décoration dont Teosemble offrait la plus grande harmonie et beaucoup de perfection dans les moindres détails. lia décou^ verte du Faune eut un Immense retenliesementt M. le comte de Forbic , directeur des musées royaux, au nom de Louis XViU, demanda à la ville cet antique cbef-d'œuvre^ dontelle venait de faire l'acquisition , et qui depuis est déposé an
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musée du Louvre, où il reçoit sa part d'admiralion d'une foule de savants et d'amateurs des arts.
Selon le style des premiers édifices du culle chrélien, réglise de St-Sévère était petite et sombre. Elle renfermait un grand nombre d'épiiaphes païennes et chrétiennes. En avant du grand autel on remarquait une étroite pierre tumulaire où se trouvait celle de saint Sévère; dans cette inscription il était mentionné que ce prêtre éleva plusieurs églises, qu'il distribua ses trésors aux pauvres et même aux étrangers et aux exilés . Nous remarquons queChorierporte la date de la mort de saint Sévère à Tannée 430^Charvet la cite en /i40, et pourtant , en U\S , cet ecclésiastique attendait saint Germain d'Auxerre^ qui lui avait promis (le consacrer son église. On sait que ce saint prélat, revenant de Rome, fut surpris par la mort à Ravenne, le 14 juillet 448.
Le jour même où saint Mamert bénissait la nouvelle église, sous Tinvocation de saint Etienne, premier martyr, comme pour donner plus de solennité et attacher un plus long souvenir à celle cérémonie , le corps de saint Germain y fut déposé pendant quelques instants. D'abord, première paroisse de notre ville, Téglise de saint
sa
Sévère joignit à ce titre celui de collégiale. Les GoUégiés formaient u^ cbapUre de GhtaoïAee rin galiers établis dans une église, ne possédant pas de aiége épiscopal ^ et c'est pcioieipaleaieiit en cela que les collégiales diQkrent des catliédrales* Tous les soirs la clocbe de Si-Sévère, nommée la ckarUéf sonnait pour annonoer l'heure de la retraite. A la porte de celle basilique était une table en pierre sur laquelle no^ archevêques primats des primats , \e ^ouv de leur première entrée dans notre vieille cité, si fiéife de ses £ran« chises , faisaient serment de maintenir les habi«* I tants dans leurs prwUég^^ H UMrùis. Après celte formalité on les condoiasit processionaelhumaat I à la métropole,
La monnaie de saint Séfère , qui servait à payer les distributions à chaque office , était en cuivre jaune. Sur le làce-, le saint fondateiir est représenté en pied , revêtu d'une aube et d'une chasuble terminée en poiatfi, ten^bant derrière jusqu'à terre. Il tient de la' main gauche un démon enchaîné et de la droite, il donne la bénér diction. Cinq besans sont posés sous ses pieds» et quatre étoiles en orie au .oôiié drAit. Os lit autour : Seeerug Viennm. àm revers est une croi^ ileuroi^néei, canioonée de quatre étoi*
les. La légende porte ejus libra ecclesie et le millésfaiie et sur qiièl(ioes-iiites 1570.
Peu d'années avaiii la révolution , Téglise de St-Sévère menaçmt ruine, on transféra le service difin dans celle des pères Jacobins. A quelque tempA de là on la venditt et MM. Jofnffiray oncles élevèrent un atelier sur une partie de son emplaoient^ Cette osîne, dans la nuit du 29 septembre 1836, devint la proie des flammes. A la suite de ce sinistre» l'église de St-Sévère disparut presque complèicment de la surface de notre sol^ et, ahisi que de notre antique Panthéoui il n*en res* tera bientôt que des souvenirs traditionnels ou écrits.
Après la mort de saint Volfère , Barnard , Bemliard ou Béréard, abbé d'Ambronay, en Bugey, ftitcailonîquement élu archevêque devienne. Issu d'une illustre famille du LyonnaiSi Barnard eitltera^a à'abord rétat militaire , et combattit vaillamment dans les armées de Charlemagne ; Mis lorsqu'il perdit Son p&re , qui peut-être avait gêné sa vocation» après sept années de mariâfg'e, du consentèment de son épouse, il quitta le monde pour suivre Tatirait qui le portait à la vte éénbbitiquê , et 'ëèbangea avec l'abbé de Luxeuil une partie des terres de son riche pairi-
moine» cootre la $olitude d'Aoïbronay » ou jadis
existait une église que les Sarrasius détruisirent. Làt il foada un mona&ièro de religieux Bénôdic: tins qui ne relevait que du pape. Il vécut quatre ans dans cette maison comme .simple moine , et la gouverna ensuite trois ans avec le titre d'abbé, édifiant ses frères, et les mainleoant dxins la ferveur et la régularité, dont il leur. donnait luimême rexemple.
Par son testament, portant In date de 811»
Charlemagne ordonna que l'or, Targeut , les bijoux et les pierreries qu'il laisserait à son décès^ fussent divisés en trois parts, dont Tune serait réservée, et des deux autres on devait faire vingtet-un lots éghux, pour être distribués h vingt-etune églises métropolitaines ; celle .de Vienne est désignée dans ce nombre {De viia Karoli magni per Eg inhardi).
Pressentant sa fin prochaine, Charleipagne donnai Louis- le-Débonnaire , seul fils légitime qui lui restait» la couronne impéj^iale et tous ses étals, à Texception de Tlialie, qu'il garda pourBernardf enfant naturel de son fils Pépin. A la mort de ce monarque, arrivée en 8l/i, son empire s'étendait du nord-ouest au sud-ouest, de TElbeen Allemagne à TEbre en Espagne, et de la merGiA* ciaie jusqu'à la Calabre.
Le zèle de Charleniftgne pour la religion cbré- Ueoae avail affiermi la puissaoce royale, mais, quoique ne manquant ni de talents , ni de vertus , soa fils 06 tarda pas à l'affaiblir par une dévotion trop scrapolense, qui- alla même jusqu'à lui faire perdre Testime de ses sujets , auxquels il prouva bientôt que le sceptre de son père était trop lourd pour ses débiles maius.
L'archevêque Barnard passe pour Ton des rédacteurs des actes du célèbre concile d'Aix-la-Chapelle, tena en.8t6« Lorsque cet homme d'étude et d'érudition monta sur le siège archiépiscopal de aotreciié , tout faisait espérer qu'il serait le modèle des évéques: néanmoins il n'en fut pas ainsi, et sa vie fut agitée par de violentes passions. Barnard s'occupa trop des affaires du siècle, se mêla des déplorables intrigues de la cour, oublia les préceptes de charité évangélique , que lui imposaient spécialement ses saintes foncUons, se montra ingrat envers un souverain qui le comblait de faveurs , et qui rendit à son église une portion des biens dont Charles «Martel Vavait spoliée.
Le 10 juillet 817, Louis-le-Débonnaire associa ^ Tempire son iils ainé Lothaire, et nomma Pépin et Louis rois d'Àquitsiine et de Bavière» A peine
son ûmen Bernard ent'H connaissance de cet acte^ qu'il en manifesta son mécontentement , et s'empara «dn passage dés Alpes* Les ardievèqnes
de Vienne et de Lyon et ('évoque d'Orléans embrassèrent son parti ; mais la défeelion se lait dans Tannée de ce prince, dès qu'elle apprit que rempereor était en marciie poor la combattre. Alors le jeune roi dltalie vint implorer la clémence de son oncle, qui se monira Inexorable» et le renvoya, ainsi que ses compliceSi devant rassemblée jndieiaire des barons francs. Tons fcirént con* damnés à mort, et LouiS| celte fois, ne justifiant pas son snmom de d^aimaîre f ttbt adoucir la sentence, en ordonnant qu'au lieu de faire mourir les laïques, on lenr crevût Ids yétit. Le roi Bernard ne survécut que trois jours à cet atroce supplice > il mourut le 17 avril 818. Quant aux ecclésiastiques , Tempereur se conlcnia de les faire enfermer dàns des monastères', et les gracia à répoquc du mariage de son fils Lolhairej mais sa générosité n'empêcha pas rarchevéque de Vienne de rester son ennemi.
Louis-le-Débonnaire , se repentant de la mort de son neveu , ne put i^éslsie^an^ remorda de sa conscience. Il est positif que ces remords, qui rhonorent comme homme et comme càiré-
lien, lui valureut le mépris de ses sujeU, mépris qu'ils mMifeâièrenlilartqii'ite virent leur suaverain, oubliant sa dignité, se soumettre aux péniiQBces publiques, et paraître derant les pèr^s du concile d'Altigni , revêtu d'un ciliée , symbole de douleur et 4'luimiliatioD.
En étaUtsiant juges de sa conduite ceux qui lui devaient obéissance et respect, Louis -le- DéboBitaire leur apprit à ne plus le craindre ; il ne tarda pas à subir les fatales conséquences de ceta^ce irréfléchi , car, en 828 , lorsqu'il voulut faire un nouveau partage de ses états , afin de former un apanage au jeune prince Charles , fils de Judith, sa seconde épouse, Lolhaire, Pépin et Louis se révoltèrent L'empereur leur envoya, eo qualité de médiateur, Barnard, archevêque de Vienne, qui, toin^es'aoquitler loyalement de sa mission , prit part à leur rébellion. Barnard, ami intime d'Agobard , archevêque de Lyon , dont non-seulement il partageait les travaux littéraires et théologiques, mais eneore les opinions et les erreurs politiques , suivit avec ce prélat les armées des fils de Louis -le -Débonnaire; tous deux déclarèrent traître à Téglise et à l'état quicomitte ne se mettrait pas de leur côté; tous deux , en 833 , firent partie de rassemblée de
Compiègne» et soutenant les princes rebeller, quf
osaient détrôner leur père, ils conlribuèrent puissamment à flaire condamner le malheurenx monarque , qu'on enferma dans le monastère de Saint* Médard de Soissoas.
Les bornes restreintes de cet outrage ne nous permettent pas de citer les différentes vicissitudes de cette triste histoire*; toutefois nous remarquerons que dans toutes les circonstances , Varcbevéque Bernard se déclara* pour les fils contre le père, et, pou-r êirre impartial, nous devons dire aos&i que les auteurs eoniempôraias observent que souvent il passait d'un camp h l'autre pour y porter des paroles de paix -, et pourtant , lorsque le peuple S'^attendrtt sur le sort de son roi| et blâma hautement les durs traitements qp^on lui infligeait^ il ne fui point du nombre de ceux qui contribuèrent à le replacer sur le trône. Au contraire , en 8^4, il enga«gea Lolhaire à se rendre Vienne avec son an* mée, et c'est dans notre cité que ce prinee organisa ses nouveaux moyens d'attaque contre son père. {ÀimaUs BerUniani^.
Louis-le-Débonnaîre qui, à force de pardonner, rendait le crime audacieux et s'exposait à redevenir le jouet dea factions » cette même an.*
née, pablianne amnistie générale, dont pourtant il excepta les archevêques Baroard de Vienne , Agoliard de Lyon et Ebbon de Reims , ne pouvanl sans danger laisser leurs intrigues impunies. En 835, tons les trois forent déposés par le con« cile de Tbionville^ les deux premiers se retirèrent auprès de Lotbaire, et , quelques mois plus tard , leur cause fut de nouveau portée au concile de Crémieo (Annale Bertmiani}. Bamard parnt aux premières séances de cette assemblée ; mais redoutant le jugement des pères qui la composaient, il se sauva en Italie. Son absence empêcha la prononciation de Tarrêt ^ et , comme il ne s'était pas défendu i on ne put nommer un autre archevêque pour le remplacer dans son diocèse. Plusieurs auteurs disent qu'étant allé se jeter aux pieds de remperear » U en obtint sa grâce » et il est positif qu'en 837 il était de retour à Tienne»
Ce prélat, dont la vie offre un extrême mélange de vertus et de faiblesses , finit par r^retter ses égarements, et résolut d'en faire une pénitsnce exemplaire. Pour atteindre ce but rien ne loi coûta } il se voua à la retraite , fit la plus com* plète abnégation de lui-même , et toutes les ins* tances de Lotbaire ne purent le détourner de
celle voie de uravaiix , de Uille et de souffrance.
BieDlùl son front sillonné par la douleur , son corps amaigri ei exiéAné par le jenBe, prouvèreat la vivacité de son repentir, repentir qui lui mérita d'être compté parmi les saiats. Cest dans cette dernière période de sa vie qn^il fonda une abbaye» sur la rive droite de Tlsère^ dans un champ cenvertde ronces et de broussailles » près d'une église en ruine, dédiée à Saint-yRomaio. Le 2 octobre Sd&, assisté de huit évéques de sa province, il bénit ce monastère et le dota de revenus suffisants pour reotreti^i des moines et de leur abbé;, il en confia à perpétuité le soin et le gouvernement aux arebevéqqes ses successenrs. D'après ropinion du plus grand nombre de nos historiens, c'est à la fondation de cet établissement religieux que la ville de Romans doil son origine.
Bamard avait une grande dévotion à Saint.
Komain, mais comme aux 111% V et VIP siècles nous remarquons des saints qui portèrent ce nom, était-ce au martyr d'Antioche? était-ce au fondateur du monastère du mont Jura? était-ce
à révèque de Rouen qu'il éleva des autels? Tout nous iàïi présumer que c'est à saint Bomain du Mont-Jura qui, comme lui, fit partie de Tordre
iJhisire de» BéaédiclînB. Dès le début de scm
épiscopat^ il répara, près de Septème, TandeQue église sous ce vecable, qui avait éié ravagée par les Maures, et qui \q fut de nouveau peudaul les derniers Upoubles^ daas lesquels il «ut nalheureusemeiu trop de part. Depuis le pontificat de saiot Pascbase les reliques des saints Vieunois Sevérin, Exupère et Candide, reposaient dans ce lieu^ on les retira de ses ruines et ou les déposa quelque temps dans Téglise de Saint- Romain eo* Galles , dont Barnard est aussi regardé cooime le premier fondateur. De là on porta oes restes précieux dans l'oratoire de Tabbaye de ftoisians, asile où notre prélat s^étalt retiré , et d*oii il ne revenait à Vienne que lorsque les besoins de son diocèse Texigeait iflipérieusement. Il y mourut , le dimanche 22 janvier 842 , à ràge de 64 ans , et y reçut la sépulture. Bailiet marque sa féte le U janvier » et indique en outre sa translation le SS avril m.
A la mort de Louis-le*Débûnuaire , Lotbaire ehereha à envaiiir rbéritage de ses frères , et le samedi 25 juin 841 , il perdit contre eux une grande tataille à Fonlenay , dans TAuxerrois. Ces princes se livrèrent encore quelques coml)ais moins imporianis ^ enfin f au mois d'aoAt
ite se réconcilièreDt en icrinmMl leurs différends par un partage déCnitif, que tous trois approuvèrent. Vienne fit partie du lot de Lotbaire, qui| par une charte datée du 22 octobre de la même année , maintint son égUse dans la possession des privilèges que lui avaient accordés ses prédécesseurs. Agilmar était alors arcbevéque de notre cité. Ce pontife, ancien abbé de St-Claude, dans le Jura t issu d'une famille jridM^ et puissante, obtint de Tempereur rautorisation de conserver sa fortune patemeUe; car,^ à celle époque, aucun ecdésîastique ne pouvait posséder des biens en propre » ni eu acquérir sans la permission du souverain. Le nouveau noaitre de Vienne ne borna pas là ses faveurs, il éleva no* ire archevêque k la dignité d^arehi-diancelier de Tempire» et Ton connaît plusieurs diplômes signés par Agilmar en cette qualité..
JLoihaire mourut le 28 septembre S55 , après avoir partagé ses états entre ses trois fis t Louis eut ritalie et le titre d'empereur -, Lothaire les provinces de Tempire situées en«-deça des Alpes, jusqu^aux embouchures du Rhin et de la Meuse> Charles hérita de la Provence » du Viennois , du pays qui forma depuis le Dauphiné , et d'une grande partie de la Bourgogae-Transjurane. Ce
jemier ptlooe fin sa résidence habftaelle an chtteaa de Mantaille , château construit dans un ttea aride et sauvage, presque au ba» du c6teau |ai sépare la Valoire d'un vaUon qu'on nomme aussi Manlaille. Là subsistent encore des masures remarquables. Toutefois, quand on considère ta position peu pittoresque , on a peine à croire que cette habitation pût être une maison de plaisance^ pour nos rois Lothaire et Charles , et fue jusqu^au xv^ siècle elle fut également celle denosarcbevéques. (Voyez Cbarvet . Hkioire de' la sainte église de Vie7ine.)
Agilmar assista à plusieurs- conciles*! entr'aairesàcelur de Valence, tenu ea85S, pour conêanmer Ies> erreurs de* Goiescalc. Quatre ans plus tard i4 présidait, avec saint Rémy de Lyon , eelui de Langres, et la même année îi fit partie de rassemblée de Savonnière, où, en présence de Charles^-le^Chauve et des monarques ses neveux, les pères de ce concile s obligèrent à de* nmrer très-^uwis pour earrigir les roie, les grands et le peuple , dont ili étaient chargés. (Voir notre 2"^ vol. de V Histoire de Vienne.)
Nos historiens taisent les motifs qui empêchèrent la canonisation d'Agilmar , qui est le pre* mier ^e nos prélats que te martyrologe Tien*
nois ne compte pas parait les saints. Peut-être !
moûtra-t-ii un trop vif allachemeat pour les I biens d'ici-bas ? il décéda en S60, et fut inbuflié 1 à Saint-Pierre, au pied du loiubeau de saint j Naamat. 1
Cette même année, au mois de septembre , le y dergé ei le peuple élurent Adon af ctaevéqne de | notre cité , malgré la vive opposition du comte j Gérard et de la comtesse Berike • son épouse , | qui voulaient que la nomination fut faite par le 1 roi de Bourgogne -, mais , sans doute par suite ] d*unc transaction , le roi lui donna pour coad- j juteur Constance» chanoine de Saint-Mnarice. ]
Adon naquit vers Tan 800 , dans le Gatinois, ] en basse Champagne. Dès son jeune âge, il fut placé par ses parents dans le monastère de Ferrîàres» près de Montargis; il y lit ses études et y prit rhabit de Tordre de Saiot-Benott. Sa science et ses vertus lui méritèrent Testime et rafièctkm de Mercnard» abbé de Pmm, dans let Àrdennes. Mercuard obtint de Tabbé de f errières qu'il Ini cédftt Adon pour enseigner les belleslettres dans son abbaye* Le pieux et docte Bénédictin resta dans celte maison jusqu'en &53, époque de la mort de son protecteur ^ alors les moines de Pmm , jaloux de ses succès littéraires i
ne lui laissèrent plus la liberté de se livrer à son goût pour rélude. La maladie morale qui animait contre lui ses frères en religion l'obligea à quitter cette retraite; il se retira à Rome et y demeura cinq ans ; à son retour en France , il s'arrêta à Lyon , où il composa son martyrologe. Rémy, archevêque de celte ville, lui confia la direction d'une paroisse , sous l'invocation de saint Romain, et qu'il ne faut pas confondre avec celle de Saint-Romain-en-Galles, qui faisait partie du diocèse de Vienne. C'est du gouvernement de cette église que , protégé par les pontifes Rémy de Lyon et Ei)bon de Grenoble , Adon , à Vàge d'environ soixante ans, passa sur le trône archiépiscopal du primat des primats. . .
Âdon prit une part active aux vives discussions qui s'élevèrent entre la cour de Rome et Loihaire II, qui avait chassé son épouse Theutberge pour vivre avec Valdrade, sa maîtresse. Pendant les longs débats auxquels celte affaire donna lieu, notre archevêque eut à ce sujet une correspondance avec les papes Nicolas-lc-Grand et Adrien II, qui l'un et l'autre témoignèrent avoir une entière confiance en ses lumières.
En 863, le roi de Bourgogne mourut sans postérité , et ses frères divisèrent ses états ; Loihaire II
eoi dam sa part Vkme ei aon comié; atofs la
position d'Adon déviai difficile , car Lolhaire coanaiflsait les opiaioiis qu'il avait manifestées quand il fut consulté par le pape à propos de ses projets de divorce $ cepeudani soa esiime pour lui n'en diminua pas, et pourtant le concile de Metz venait d'anaaler le mariage de ce prince, qui, fort de cette décision, épousa Valdrade. Le pape Nicolas, en S6â, cdadamaa les décrets des pères de Melz , et dans un nouveau concile , tenu à Latran p le força k &e réunir à Thentberge , que lonlelbîs il ne tarda pas h répudier pour reprendre Valdrade^ et lorsqu'en 869 , le pape Adrien II a^aasit sur la ebaire de saint Pierre, il s'empressa d'aller le voir au mont Cassin, espérant enAi obtenir de lui rannnlation de son premier mariage et la validation du second ; mais Adrien se montra inflexible -, et loin de condescendre aux désirs du monarque , il ne consentit k lever Texcoaimunication prononcée par son prédécesseur, qu'en recevant rassurunc^ positive qiie depuis ce décret il avait sincèreneot renoncé à Valdrade. Lotbaire prêta ce faux serment t et reçnt des. mains du soaverain pontife Thostie sainte gage de sa réconciliation avec , réglise*, pniSi se préparant h rentrer dans «es
étais, il écrivit à l'archevêque de Yienoe pour lui deiiiàflder de vMir à sa rcneonlre jusqu'à teim- Maurice*d'Agaune, oîi Adon s'empressa de se rendre^' niâiSt le 9 août de la même aînée, atteini d'une fièvre maligne, le roi mourut à Plaisaace , et celte mort prémaiûrée fut regardée eomme one punition du ciel. (Voir la traduction de la lettre de Laihaire dans Maupertmf et Chartei.)
Lothaire H ne laissant pas d'enfants , sa succession appartenait légitimement à son frère , l'empereur Louis. Charles-le-Chauve , son onclci résolut de la loi enlevor, et malgré la vive opposition et les vertes réprimandes du pape Adrien et de ses légiats i il réunit à Lym une forte armée qu'il destinait à envahir la Provence. Vienne en fermait l'entrée. Au mois de septembre 820,11 investit cette ville ; le comte Gérard, qui en était gouverneur, tenait la campagne au nom de Tem-^ pereur , dont il espérait de prompts secours » et avait confié le soin de défendre notre importante cMé'k la comtesse Benhe, son épouse, qui.s^acquitta de sa mission avec le sang- froid et la bra-» vouw qui 'ftmt face smx plus grands périls. Le siège traînait en longueur, quand , pour augmenter le danger de eetia situation, on vint à redou* ter une trahison de la part des assiégés. Berthe
en prévint Gérard, qui dhi irMvdr le f oi t et » la
veille de Noël» après une capUnlaiion honorable, loi livre Vienne eileêehftieatt!K»fi>ru da Vienaeiii dont Cbarles-le-Cbauve nomma gouverneur le eeoite Bosoni frère ée la reine ftidHUie, ee «ecoode épouse. Toutefois, malgré celte reddition voloniflrfre, les prières ni les ffeprésenietions de saint Adon ne purent préserver notre ville de la TengeSMe d« roi de «raote , trop itfrité delà résistance qu'il avait éprouvée*
Notre saiiK prélat! «ounÉlle IS décembre Tons les historiens qui ont écrit sa vie vantent son aèle reiigiem emempl d'ioioléraiice» sa donceur^sa cbarité pour les pauvres, qui furent ton* jonre la portion ebérie de ton^ trenpean,. etsa tendre sollicitude pour eux le porta mène à fonder ou à rétablir plusieurs liiôpiiam.
Adon a composé un martyrologe ei la vie
de plusieurs saints , eatr'autres celles de saint
Didier et de saint Theudère: La pfWMère sst
insérée dans te recueil- de Canisius» la seconde
dans le premier volume' de dem UatdlloBi. £et
illasire archevêque .est/ aussi Tauteur d'une cbro-
nique uninerselle, divisée en dj^eât imprimée
pour, la première £6is. à la suite des œuvres de Grégoire de Tottib t i Paris » en 15U f cbea Joflse
Bàdio, d'après on privilège d« roU éait en français et daté de Blois^ le 12 ma» lâli» C'est à tore qm tes BénédtoiiMt dans nne note tu bas
de la page 6G6 du volume de leur savant recueil des biê^oriefM des Gaules , eitent naelédi- ûoa de 1522^ faite é^leineat à Paris, comme élani la phia Meiendt). IL est ttobenx qqe les lettres d'Adoa au& papes i\icolas^ie-Graud et Aditei llfk raaqiemnr Looisel.an&roîs Lotliaire etCbarles-le-Cbauve, soient perdues» aiusi que son onvngt sar les schisBieiiqaes grecs*
Cbarles-rle- Chauve , en 872 , nomina Boson , ckombdlan de Iiouî8r*l€^Bègoe » à son titre de conite de Vienne » ajouta celui de comte de Profeoee » el qttand , à la mort de Temperenr Louis II y il usurpa )a couronne impériale, il
le eréa duc de Pavîe » el le laissa dans cette
ville pour le représenter en qualité d'arcbi-chancelier du sacré palais»
Pendant son séjour en Italie , Boson éponsa , en secondes noces, ^rmengardOt iiile de l'empe* fenr Louis II» qui, du vivant de son père, avait été fiancée au fils de BasUe«empeirefar d'Orient. Ingelberge de Spolette , mère de la jeune princesse , usa de son influence pour former leur union ; et ({ael^ies bistorieiiA disent qu'alors elle se mon*-
tra rcconnaissanle d'un service important que lui rendit Boson , en se déclarant son champion , quand elle fut accusée d'adultère par deux princes allemands. Si , dans celte circonstance , la malheureuse impératrice n'avait trouvé un délenseur pour la proléger contre la calomnie, elle eut été forcée de se soumettre à Tépreuve de Teau bouillante ou du fer chaud, usage barbare introduit en Europe par les peuples du nord. Le mariage de Boson et d'Ermengarde se fit sans que le roi de France y donna son adhésion ; irrité de ce procédé outrageant, il enjoignit a rarchi'Chancelier de quitter tout de suite les bords du Tésin et de rentrer dans son comté.
Sous [le règne de Charles-le- Chauve, que les grands et le peuple méprisaient ^également , le relikhemenl des mœurs croissait avec Tignorance, les abus se multipliaient, et la vraie piété éprouvait tous les jours de nouveaux échecs. Les évêques se crurent la seule puissance ilégîtîme , et à leur gré finirent par disposer des sceptres et des couronnes. Au même temps les ducs et les comtes se rendirent indépendants, en obtenant de leur faible souverain la propriété héréditaire de leurs fiefs. Quand ce prince, avec peu de troupes, alla au secours de Jean VIII, îl
ordonna vainennenl de lui amener les forces disponibles de leurs gouvernements respectifs :
à Boson , comte de Vienne et de Provence j à Bernard; comte d'Auvergne; à Bernard, marquis de Languedoc, et à Tabbé Hugues, gouverneur du pays situé entre la Loire et la Seine. Ces grands seigneurs s'entendirent pour lui désobéir. Il ne put les punir de leur rébellion , car , revenant en France, il mourut en passant le mont Cénis, et Louis-le-Bègue se vit obligé de faire d'amples concessions aux quatre personnages qui avaient conspiré contre son père. Le duc Boson, le plus puissant d'entr'eux, et qui, à cette époque , joua un si grand rôle , fortement soutenu par les impératrices Richilde et Ingelberge , affectait une indépendance absolue. Ce prince reçut le jour, ainsi que Richard-le-Justicier, duc de Bourgogne, et Radbert, évéque de Valence , d'une sœur de la reine Theutberge et de Bwin, comte des Ardennes et duc de Bourgogne.
Le pape Jean VIII, contraint de fuir ses états, se retira en France. Boson, Ingeltrude, sa fille du premier lit, et la duchesse Ermengarde , allèrent au-devant de Sa Sainteté jusqu'à Arles , et le jour de la Pentecôte , 1 1 mai 878 , l'y reçurent avec de grands honneurs ; ils le conduisirent à
Vienne, où il séjourna pendant quelque temps , et ensuite raccompagnèrent à Troyes en Champagne ; là le pape , h la prière du roi de France, convoqua un concile qui s'ouvrit le 13 août 878 et finit le 10 septembre suivant. Le lendemain de la clôture de cette assemblée, Carlonian , second fils de Louis-le-Bègue , fut fiancé à Ingeltrude , fille de Boson.
Boson , sûr de la bienveillance du souverain pontife, qui lui témoignait une vive alfection, et d'ailleurs excité par les conseils de son ambitieuse épouse, propagea dans son gouvernement l'opinion que le rétablissement du royaume de Bourgogne serait un véritable bonheur pour les peuples qui le composaient. Olrain , successeur de saint Adon,etles autres prélats bourguignons, lui étaient entièrenieut dévoués. Tous les grands seigneurs, excepté son frère Richard-le-Justicier, approuvaient le changement qui se'préparait. Les chances de réussir paraissant favorables, il ne fallait qu'agir promptement,car, depuis la mort do Louis-le-Bégue , une véritable anarchie régnait en France.
Dans cette hypothèse, quel prince choisir, si non le plus puissant du pays, qui comptait dans sa famille un roi et deux impératrices. L'arche-
trêqUè dé Yiéiiike A'béMta pn et oMvoqua nn eon*
cileàMantaille^où se réunirent six métropoliUiB$ et dix*hait évèques^ r que n'effrayèreot point les suites d'une élection qui devait séparer pouf longtemps plusieurs provinces du rayuume de France et devenir si foneftte à notre enlique et belle cité. Les pères composant Tassem* blée furefit bien tfie d'acc6rd t ils ewQijfèrent à Boson, qui éuit alors dans notre ville , une Aépuiistioii cbargée de lui offrir la conrdmle. Ce duci au comble de la joie , dit qu'il obéirait QHê ifdîqUB^ inspiféé^ 4e Dim. Il se fendit k Mantaille » y lut sa réponse , que les prélats agréèrent , el « le t5 octobre t79 » ils rélurenl roi de Vienne et dê Bourgogne. Toutefois, on ne décida pas dans ce concile si cette royauté improvisée serait héréditaire ou élective ; mais le clergé entendait trop bien ses intérêts pour renoncer au droit qu'il venait d'exercer, et par leqael le sdu^raiii restait à sa discrétion.
roi Bosoi^ fut sacré dans Téglise de Saint- Maurice, par l'ardievdque Oiram i il donna à ce prélat pour la statue du saint patron de la ville, aae Cûuroniie d'or entourée de perles fines et de diamants, et fit desr dons égakMienepfMeox in% aatres métropolitains qui assistèrent à celte cé« rémonie. &
Le pape U&ma osteMlbl«meat la feondoUe i»
Tarchevéque de Vienne; il l'appela à la cour pontificale pour rendre oooipie de ses actes et les Justifier sMl y avait moyen. Otram resta tranquillement dans sa ville archiépiscopale et ne répondit rien au trop faible Jean VIII.
Cependant la guerre se préparait. Louis III et Carloman résolurent d'attaquer sans délai cdai qu ils regardaient comme un usurpateur. Louisi roi de Germanie et de Bavière, mit une armée à leur disposition; Charles-le-Gros s'unit à eux, etRicliard*le-Justicier,duG de Bourgogne, animé par de violents sentiments de jalousie contre sou frère , vint les joindre avec toutes les forces en son pouvoir. Ils entrèrent sans résistance dans Âutun , firent ensuite le siège de MAcon ; Lyoo se rendit sans coup férir, et, vers la fui de juillet 880 , les armées confédérées arrivèrent sous les murs de Vienne, dont les fortifications, endommagées durant le siège que cette ville sou* tint dix aas auparavant , avaient été réparées par les soins de Boson. Il fallut donc Tinvestir et se disposer à Tattaquer dans toutes les règles. Le roi de Bourgogne alla dans les montagnes de la Provence préparer les moyens de ravitailler et de défendre notre oité, dans laquelle il laissa
ta femme, ea flUe et sm tréaoïs , eompiani tor
les Viennois qui raimaienl et lui étaient déloaés, ayast vu avee eDtbottsiasme leur grande et magnifiqae ville remonter au rang de capitale d*aii paissaDt royaume. Les assiégeants ravagé^ rent toutes les campagnes aux alentours de la dté ; mais ils perdirent leur temps devant ses for-* midables remparts , que la refaie Emengarde défendait avec beaucoup de patriotisme et une énergique fermeté; son civisme inspirait celui des citoyens et lui mérita un rang distingué parmi les célébrités de Tépoque*
Les princes Carlovingiens se virent, les uns après les antres, forcés d'abandonner ce siège, qui dura plus de deux ans ; ils laissèrent la tàcbe de le continuer à Bichard-le«Justicier. Cependant le courage des ViennoiSi toujours excité parTexemple de leur aonveraine , se maintint longtemps malgré la disette et les maladies qui éclaircis* salent journellement leurs rangs» tandis que ceux des assiégeants se recrutaient sans cesse. Mais, au mois de septembre 882 » en proie à toutes les horreurs de la famine, ils demandèrent à capw tuler. L'inflexible Richard, sourd à leurs prières, exigea qu^ils se rendissent sans condition, et une fois maUre de la ville, il prouva combien sa Ion»
goe réBifttwcft l'avail JniaïUié^ aoB canteni de la mettre au pillage et d'en incendier les habitations , il lui âiA et sa force et sa physionomie antique , ên Élisant renverser ses terrasses et ses redoutables remparts romains, orgueilleux souve* Birsd'un passé glorieux, qui, pendant neuf siècles, bravèrent les injures du temps et opposèrent une digue ittsurmontableanx inmions dont cette partie de la Gaule avait été le tfakéâtre.Oa condui- . 8it à Aatun Ermengarde et Ingeltrmde , qui y ùtr rent accueillies avec bonneur, car, malgré lui, le duc de Bourgogne, ce tainqueur impitoyable, était forcé d'admirer cette jeune reine, qui, pour affermir la eoaronne sw la tête de son époux t montrait une âme intrépide et supérieure am^ coups de 1,'adversité.
La Savoie, la Provence, le Vivarais et le pays qui forma depuis le Daupbiné , n'avaient point été attaqués, parce que le siège de Yiepue occupait tou^ les forces ennemies* Boson , trop f aiUs pour secourir efficacement sa malheureuse capitale , cbereba à rendre aux souveraitts alliés le mal qu'Ile M faisaient en portant ses armes dans l Auvergne. Mais quand,, oq 885, les Normands vinrent assiéger Paris , povm^avoir pas d'adversaire de plusàcombaure^ Charles-le-Gros , ^
sa qualité d'empereur, s'empressa (te reooimaltre la Talidilé da eoncile de Mantaille , n'exigeant de Bosoa qu'un simple hommage pour lui assurer la possession de la totalité du royaume de Amrgogm. Le premier novembre 885 » ce monarque remplit cette formalité k Metai ei alors sa femme et sa fille lui furent rendues.
Tranquille dns ses états , Boson s'occupa pre«miërement à rebâtir Vienne» qui n'offrait plus qu'on monceau de ruines. ( Voir le ^ wL de t Histoire de Vimne.) Ce roi se montra libéral envers le dergé» par lequel il Ait serri avec tant de zèle et d'affection. Il replaça Tabbaye de St- André*le-Bas sous la juridiotioii d'Ubram^ dont elle s'élait soustraite depuis peu de temps ; concéda à ré véque de Maurieaae le chftteaud'Arw mariol, situé entre les communes d'Hcrmillion et de Notre*Dame*dtt-Cbfttel , dans le canton de Sl-Jean-de-Maurienne. Ce château , solidement coDsiruiA , dans une position iœitpttgiiaUe , sui? un rocher escarpé, servait d'abri aux hommes d'armes et4e dépôt pour les choses précieuses • ee qui Ini fit douer le nom à'Armariol , qui si-* goifie armoire.
Boson MMinit i Vienne le It janvier 887»
regretté de ses. si^ets , qu'il goavernn toii^^urs
avec douceur et équité. Ou verrait encore son épitaphe gfaTée sur un marbre engagé dans le mur occidental de la chapelle des foots-baptismaum de Téglise de Saint-lVIauHce , ai an malea* contreux petit tableau ne dérobait aux regards ce grand souvenir historique.
Nos auteurs ne s'accordent point sur l'époque de la mort de l'archevêque Otram , qui eut pour successeur Bernoin, qui monira beaucoup de aèle pour les intérêts de Louis , fils unique de Boson et de la reine Ermengarde.
A répoque de la mort de Charles-le-Gros , de nombreuses factions intestines déchiraient Ja France. Ermengarde, profilant de ces circonslances malheurenses, députa an pape Etienne V Tarchevéque Bernoin pour lui représenter qu'au milieu de ce désordre le royaume de Bourgogne jouissait seul des avantages d'une profonde paix^ paix qu'il devait à la sagesse du règne de Boson» et que le moyen le plus efficace pour le maintenir dans cet état de calme serait d'assurer la couronne à son fils. Ces raisons déterminèrent le pape à remettre au délégué de la reine , pour les autres prélats bourguignons i dea bulles leur recommandant la nomination de ce jeune prinee. En B9Û, on réunit dans ce but un concile à Va-
lenoe, et ce Ait me véritable iavesthtire qoe don* nèrent à leur nouveau monarque les pères de cette assemblée SjrHodaite, invèstitofe que le sa* -
cerdoce était arrivé à uu e&cës de pouvoir suffisant pour accorder. Louis , agréé par le haut clergé roi de Bourgogne et de Provence i devint plua tard empereur i il est conau dans TtusUHre
sous la déaoïni nation de Louis-^rAvcugle. Nous passons sous silence une foule défaits le concer*
nant; pour sa vie et celles de ses successeurs, on peut consulter notre voL sur Vllùtaire de
Vienne,
L'abbé Batbert obtint de Beraoin la permission de relever, à ses frais, Téglise deSainte-Blandine, qui f depuis le siège de 882 , tombait en ruines* En 89â, on réunit un ooneile dans notre ville ; les séances avaient lieu dans Téglise de Saint-Maurioe i les actes qu'on y rédigea désignent Vienne comme métropole des Gaules. L'arcbevéque dQ Lyon , les évôques de Grenoble et de Valence , assistaient à ce synode, que présidaient deuit légats du pâpe Formose , et Bemoin , son vicaire dans toute la Gaule , titre que confirme son épitaphe, oh qpus lisons cette phrase : Erat quippe mcarius Domini papœ per totam Galliam. Ce pontife est loné pour le soin, paternel qu'il
prit des pauvres et des malheureux ; il décéda ea 897 ; an l'caierra dam i'orfttoire de SpHit- Georges. Après lui , le soin de veiller au salul de ses ouailles fut oonfié à Rainfrûi » doux Tépisco- {Mit ne présMte pas d*évàiieMiii remarquaUe.
Dès le début de celui d'Alexandre l", la reine Ermeaf^rde roovrut à Vieane et reçut la sépulture à Saint*Maurice. L'archevêque Alexandre, laissam uiie grande répittatioii de saint^é » le 16 décembre 931, reposait à Saint-Pierre, et Sobon , qui depuis trois ans rempiissait les fioiietiMS de coadjuteur^ lui succéda.
L'abbaye de Saiat^rfiarnard • de BomanSi s'é« tait soQteM aoitstraite à la juridioCioB de nos archevêques. Soboa eut avec ces religieux de fftdieox démêlés: ne pouvant les déeider à suivre la règle de leur saint foodaieur , il les sécularisa, ett pour les soumettre, ne vit d'autre parti à prendre que celui des armes. Après le complet succès de eetie expédttioD, à la Cois religieuse et guerrière , le prélat distribua les biens du raonasière aux nobles laïques qui TaVaient uidé dans celte entreprise.
L'année 952, Théobald ou Thibauld , membre de rillustre (Ismille* des eomtes de Brie et de Champagne » remplaçait Sobon. Ce prélat qom-
mença la reconstruction deTéglise primalîale, qi|i mdpaçi^it nuim, m^is la. mort ne lui (laissa pu le imp9 4'Ache?er cet édifice* Tbéoheld esc le dernier de n^os archisvéques canonisé. JPiusi^im chapelles fnrenc ëlevi&es A sa mémoire, et les moines de Tabbaye de Saint-Theudère solli^ cHèrait et obtinreat rbonneur d*aTQîr la téte de ce saint, et depuis leur maison porta le nom de
Rodolphe III» dernier roi dn second royaume filQurgogne , p^r sa négUeencç et son peu de courage, causa de grands désordres dans ses états ; son r^gne ne fut qu'un long Qnçbainement de trottWea et de révoltes, AAeirs chaqee seigneur, ne connaissant d'autre loi que la force, avait un PQftYOir 89pf4ine depa le cercle de ses possessions, et le subordonné était eu proie aux caprice§ sm^erains vi^ents et s^ns ipstruction, car la plupart de» noMes lai^ves savaient à peine lire et 4criren Cc^ t^Mpmes ^fi\^^ et entreprenanti^ ne poQvtpent se livrer à Tapplication d'espril, et ne suppo^^tpas qji;^'il pût y avoir une science plus uiîle que celle de manier une lance, de soumettre ou de guider un courtier ; ce n'était que parmi le dargé et les religîeiu fpÊfi Von trouvait encore quelq^ iAdividusî qui, par goût ou par devoir ,
liO
•'adonnaient à Télude. Le peuple , abruti par rignorance , sans puissance el sans crédit dans les yilles/serf dans les champs , était nn'manequia qui ne se mouvait qu'à la volonté de ses maîtres. Les nobles et le clergé avaient des lottes et des guerres continuelles. L'agriculteur, ne pouvant avec sûreté se livrer à ses travauit , sentait le besoin d'un appui , et se voyait obligé d'implorer la protection du monastère ou do château voisin , patronage que les abbés et les seigneurs trouvaient un immense avantage à ae* corder, parce qu^in plus grand nombre de partisans et de vassaux augmentait leur autorité -, ces inféodations devinrent Foriglne des paroisses et des villages.
Pour aggraver les maux de ce temps déplora* ble, Bernard, deThuringe, pieux fanatique, jeta Talarme dans beaucoup de contrées , éû prédi* sant la fin prochaine du monde et Tarrivée de Fantechrist; et un phénomène^ qui n'est aujourd'hui qu'un objet de curiosité ou d'observation scientifique, une éclipse de soleil, arrivée alors» troubla beaucoup plus encore les imaginations. Une terreur générale se répandit en Bourgogne ; cette panique dora autant que le règne de Bodoipbe III| qui, ne songeant qu'à sauver son âme.
Itl
le livra à des pratiqua de dévotion outrées , et
négligea les affaires de son royaume. Ce prince se montra réellement prodigue envers Tégliseï partagea presque tous ses états entre les arche vé(|ues et les évéques, qu'il rendit indépendants, à la eharge d^nn simple bommage à loi et à ses successeurs. A Teiemple de leur souverain » les grands, avec tonte Fardeur religiease qui caractérise le moyen-'àge • s'empressèrent de donner leurs biens aux moMstères , s^en réservant prudemment la jouissance, et , sans s'imposer de privations, faisaient, ou croyaient faire, ainsi leur salut aux dépens de leurs liériiiers. Euiin les abus arrivèrent à ua tel point» que quelques puissants seigneurs s'opposèrent avec énergie à Texécution de ces libéralités, et s'enuMarèrent violemment des fiefs légués au clergé.
Les rois du second royaume de Bourgogne habitaient souvent le palais construit sur les ruines de eelui des préteurs romains. Cette demeure royale, qui appartint plus tard aux Dauphins du Viennois, el qui s^rt mainieaantde palais de jus tice et de maison d'arrêt, se trouve à proximité de Tancien prétoire ; pour plaire à Rodolphe lil^ Tardievéque Bnrcard transforma en église ce bel ei antique édifice, 4ui prit le nom de Notre*
En 1022, fiiircard assista au cpucil&d'iAse, 6( I le 14 sepMnbre ée l^nnée suivante , reçut racte par lequel, à lu grande joie de la reine £rmisgarde, son épouse , pour le «alut de leurs âmes et la rémissioa de l^u^ péchés , notre foibte souverain donna le diftteiia de Pipet, Vienue, son comté et toutes ses dépendances, à saint Maurice, pairon de Végjûm vlenoeiae , k réfè* que titulaire et à ses successeurs. Dès 1016 1 ce prince , n'ayant pas d'enftMl , vonlat se dieisir un héritier qui put le faire respecter , et s'en réservant toutefois t*i|Sttfrait, céda à l'empereur Henri-le-Boiteux la totalité de ses éuts» qui fora^aient «ne sonvertfneté beanooup plus importante que ce que Ton nonjmait alors le royaume des Fnmes. Le 1*" juillet m», Henri étant mon , Rodolphe renouvela sa donation au profit de rempevenr €onrad-le-Saliqne , duc de Eranconie, époux de sa nièce Giselle, fille de sa sœur Gerl»erge et d'HeroMm « duc de Sooabe.
Pour preuve d'investiture, il envoya au nouveau nu>naimue son sceptré , sa cettrmme et la lance 4e*saim Maurice. Enfin ce prince paresseux ne conserva plus qu^une ombre d'autorité , el taadi$ que , toujours poursuivi par la crainte de la prochaine ilin du inonde , moins .attadié que
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jatii&is aux ÎBtérêu de ses sujets , il achevait de diiirSuter sea riehen domàUm an dergé* idiii|M seignoOT fit dans ses terres Qe qu'il voulut , et affermii si bieû sa puimmce « qu'elle passa saw contradiction à sa postérité. Depuis le commeoceoieiit de ce règne p le démembreoieiu de la 1k)Qrgogfne était prévu , et chacun cherchait à iaire sa part aussi large que possible.
L'archevêque Burcard mourut en 1096 , et Léger ou Léodgard , proche parent du roi de France, fut éki à sa plaee. Quelques années plus tard, le 6 septembre 1032, Rodolphe lil achevait sassi sa course en ce monde , ei son puissant royaume n'était plus qu'un fief de l'empire d'Allemagne. A dater de cette époque commença le règne théecra tique de nos prélats , qui , s'ils n'é* taient pas entièrement propriétaires de la belle province dont le roi de Bourgogne les rendit iUxeraiM , avaient au moins le droit incontes^ table d'exiger l'hommage de tous les seigneurs qni y possédaient des terres ét des chàteaoï. Les archevêques et les évéques qui , comme le nôtre, réttssirent à joindre à leurs dignités ecclésiastiques des titres et un pouvoir qui, jusque là, étûent le partage des seigneurs laïques, se trou* Tèrent tout-à-coup lancés dans les embarras de
la vie civile; il fàlliit guerroyer pour défendre leurs nouvelles prérogatives et vaincre les oppoeiilons. Ce mélange d'auloriié» spirituelles et mondâmes devint un grand malheur pour la religion et pour le penide, car les paroles de paix» dsns la bouche des premiers pasteurs, parurent suspectes « et leurs voix , autrefois si puissantes, furent moins écoutées lorsqu'on redouta leur ambition.
Quand Léodgard voulut prendre possession
des riches dons de Rodolphe III , il éprouva une vive résistance de Iji part du doyen et du chapitre de la cathédrale, auxquels il se vil forcé de faire d'amples coiw:essions ; il leur céda le fort Pîpet» Mont'Salomon , Mont-Arnaud» le palais des Canai|& et plusieurs quartiers delà ville i qui^ dis^ traits de la jurldtction arebiépiscopale , form^ rent » sons le nom de Bm CioUre^f un petit état privil^ié , surveillé par les chanoines > et dans lequel un criminel i pour peu qu'il fiit protégé i pouvait espérer un asile sftr» Enfin le cha* pitre obtint aussi le droit de battre monnaie ^ on la distingue Cscilement de celle des archevêques » parce que , quel que soit son module , elle porte reffigie de saint Maurice et la légende Smciui Maurmtêê^
lis
En 1035, il y eut plusieurs conciles en Bourgogne , réunis spéetalement dnns le bul d'empâcber les guerres particulières des seigneurs. Les évéques ordonnèrent des jeftnes et des pénitences publiques pour obtenir la suspension de ce carnage permanent, et, pins tard, Inventèrent It trêve du seigneur, qui défendit de combattre depuis le mercredi soir jusqu'au hindi matin ; mais Tambition de la noblesse féodale la rendit sourde aux soUicitatikyns et au prières du clergé^ et ses sanglantes luttes continuèrent.
Nous croyons pouvoir affirmer que la reine Ëroiingarde ^ venue de Rodolphe III , mourut k Vienne , le VI du mois d'août 1035. Le tombeau de cette princesse , détruit lors de la démoliiion des clottres de Saînt-Maurîce , était à gaucbe de la porte de la chapelle SaiaC-Jean.
Léodgard réé^a le n^onastère de Romans , s'occupa de la reconstraction de Téglise métropolitaine, fonda ua hospice , écrivit Thistoire de sea prédéoesseors* Ce pv^lati qtû tin rang distingué p^rnii pos plus grands archevêques, termina sa carrière le M^vm im, et fut inhumé à Saint-Pierre.
Nous n'avons point Tintention d!iDiérer dm
celle chronique l'abrégé de la vie de loQSfiOi ar* chev^uesi mU4e4opiier âmfrieinçDt im aperçi^ des événements les plus mémorables et des principaux établissemeots^ religi^iu qui eurent lieu sous leur épiscopat. Warmond, abbé deBourr gdéols oa JE^purdieMit dans le 4ioc^ de Bourges, le 6 octobre t069, fat canonîquemeat élu archey4qw^ du 4M^èse d^ Vi^npe , daos. lequel il avait été élevé. Il mourut e^ 1083^ et le trône arçbiépifGop^l de notre métropole resta vide cinq années , pendant lesqueUet Gontard , évôque de Valence, administra le diocèse. Enfin . en 1088 , un bref d'Urbain II engagea les électeurs à terminer cette longue vacs^nce. Ils donnèrent tous leurs suffrages à Gui , fite de GuiUaume-tôtehardie , comte de Vienne et de Bourgogne. Sitôt i après son élection, le nouveau prélat se rendit à • Rome , où Urbain II le reçut avec distinction, et, ' lui témoignant une haute estime, voulut le sacrer lui-même.
Un pape français, le célèbre Silvestre li, avait formé le projet de conquérir la Paleslîne ; quel- j ques années plus tard , un gentilbomme Picard , I connu sous le nom de Pierre termite, réallsam ce I dessein, parcourut successivement ritalie^r Allemagne, la France j et dans Ips patois et les
chMunîèreB, -sa vcis rMntiiflaate appelait les
fidèles à la délivrance de la terre sainte. Pierre, pdtt, maigre^ miil vêtu* peadaal ses loags ei pénibles voyages , n'avait qu'un âne pour montvrei mais cet humble extérieur cadrât une ftme ardente eimi grsiod ocBur* Sa parole enttumsiaflte et éloqu^te persuadait la nmliitude -, il {si^l^ii une secousse pour relever Fesprit huinaiii; elle eut lieu , grâce à son exaltation religieuse.
Eu 1096» lepape Urbaia II préaida le OMeile de Clermont , en Auvergne , où il publia la première croisadUi dont Adbémar, évéqueda Puy, ftit nommé chef ^ avec le titre et toutes les prérogatives de légat du Saim, Siège. Godefroi de BouUloa «I Hugues^la^Grand» comte deYennan^ dais , frère du roi de France» commandaient Tarmée féodale dea prîAcea el des seigneurs qui, en 1099, prit Jérusalem! j(\Qnt Godefroi devint roi. les autres croisés MrchsseM sous les ordres de Pierre TErmite et de Gauthier-sans-Avoir. Cette foule indisciplinée parte la dévastation, sur soii passage, et une grande partie de ces malheureux trouva son tombeau en Uongfie;. .
Dégii avant celle époque , nona voyoQs dans noa vieilles chroniques quele&pélérinages au tombeau do Qirtst iiaieni Aréquenii. Sona h pontifical 4e
Warmood » Josselin , seigoeur de Cbâieattoeuf-'
pèi*e^ partit pour la Palestine^ et à non raour, du cooMiidiMttt de rempeneur 4 irtusporta de Goastaotinople daas nos contrées les ossements de aaint AaloiiMif pairiarehe d^ Géaebttei^ U les portait avec lui dans toutes ses expédHknM ] guerrières 1 mais les iusiaotes prières de noire archeféqae le décidèrent , pour y déposer ete ! saintes reliques , à élever dans sa lerre de la j Motte Suint-Didier t oa la Molle ad Bois, une i église dont les fondements étaient à peine jetés lorsila'il no«#nu Les ordres du pape ei la ctaia^ \
te des censures ecclésiastiques, déterminèrem Gttigues Didieft son beau-frère el son liériiiery à < continuer cet édifice. Une maladie affreuse déso- 1 lait alors nos provinces ; on la nommait mal d9$ afdea^s , feu êoeri , feu saint Antoine. Cette épidémie inspirait une telle horreur, dit Germaio , Brioe» qoe par inprédatton cm disailà un enaead: f lie h feu de eaint Antoine (arde. Grand nombre de persoDMS atieioies de œ nutl troofèieoi du soulagement auprès du tombeau de ce saint, et bientôt» de toates les parties de rfiuropsi on limplora sa protection contre le fléau qui ee* voyait tant de vsclimes à la mort* Oa employa
d^Albeac, pour
rplir vn veea fait par son
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les abondantes oChindes ées pèlerins h racbi^ vemeal de Téglise commencée par Josselin t ei oe monunienl de piété et de reconnaissance devint» en peu de temps , Tua des cbefs*d œuvre da moyen-Age. En 1006, Gasion et son fils Giroud i riches gentilshommes du Viennois f fondèrent un iiospice à la Molle Saini-Didier ^ pour être à portée d'y servir les malheureux auaquès du nuU des ardeiUi; sept ainires sei^ gneurs se joignirent à eux. Celte association, anorouvée la mène année par Urbain li • pendant uu séjour qu'il fit à Vienne, ne fut point une simple confrérie , mais an ordre bosptialier dont Gaston devint le premier grand mattre. La Motte Saint-Didier prit alors le nom de Saint-Antoine g et rhôpital ent lettre de chef d^ordroi duquel dépendirent toutes les commauderies générales et subalternes des Antonins.
£a 1117, Gui de Bourgogne fonda, pour des moines de Tordre de Citeaux, l'abbaye et Téglise de BonnevauXy qu'il consacra à la sainte Vierge. En ce temps, la longue querelle des papes et dea empereurs était dans toute sa force; Henri V s^empara de Homo et obligea Pascal II à lui céder le droit , avant leur installation, de remettre aux évèqaes la crosse et Tanneau pastoral , marques
de leur dignité, iA aouverain ponlife, redevenu libre, Mseinblft ua coanoilel Lalnm « qui déetara nulle la promesse que le monarque allemand lui avait ariMbée , et etcommiinia oe porince. En 1112, Gui de Bourgogne réunit un autre concile à Vieiuie pour approuver et eaofii^er les, décrets des pères de Latran.
Gétase II, successeur de Pasca) , se vit am- Mml de fair ses éuis, jet se retira i Cliiny, oli il mourut le 29 janvier iil9 ; et notre archevéque» élevé à la papauté sm» le Mm deCalfaLte lit le dimanche de la Septuagésime^ neuf février de la oième aMée» fut solenneUemeat cowKnuQé à Saint-Maurice. Ce pontife présida plusieurs conçUes Q« f ranee et ea fiovgogiiey vervint à Vienae en 11M, y célébra la fête de la Purification ; descendit à Valence # au il dressa un bref en faveur de réglise viennoise, h laqueite il aeeoria de grands honneurs et d'immenses prérogatives. Le M mars, CaUitie 11 bénit l'église de Saintf* Ântoine-en- Viennois, et peu de jours après partit pour Aoaes Henri V, qni jreéomaU sa sagesse et sa puissance , ne tarda pas h renoncer à ses prétentions* et cette faiblesse tendit moneota*^ nément le calme à rAllemagne et à ritalie.
£n .ll8Qr Piecre l'S doyen du chapitne de Saint-Maurice » prit possession dn trône archi*
épiseopal de Vienne » et qmtre ans plus tard «
en qualité de légat du Saini-Siége , convoqua un cotèile dans notre oité pamr enâthématiier les (léteoteurs des biens ecclésiastiques. Nos historiens ne donnent point ta dnie de là nori de ce prélat, qui fut remplacé par Etienne de Bar, sous le pontificat duquel Gaudiier de BalbièreSf gentilhomme Viennois » fonda dans son domaine de rile^ un monastère 4^ chanoines réguliers sous rimNHsailm 4a Notre r Dame. Etienne de Bar » forcé d'abdjqwr , eut pour sucoesseur Hambert P% qui fit confirmep les privilèges de son église par l'empereur Conrad III. Après sa mortt Ungae^le-Cbartreut évéque de Grenoble» noiODi^ archevêque de Vienne, sollicita bientôt do pape Adrien IV la paraûssion d'abmdonn^r les honneurs de Tarcbiépiscopat pouf se retirer dans le eloitre^ et y mourut sainiMMat. Etienne II lui succéda et gouverna lè diocèse pendant buit années. Alors les empereors d'Allemagne exerçaient encore un pouvoir souverain dans liotre dté» Fi^dirlé fiarberouase s'opposa à rinstallation de Guillaume de Clermont, qui, «tMique canoniquemei^ élu par le clergé et le peuple, en 1164, ne put prendre Pûaaession que beauemii plus tm^ On ne oeo*
ut
oatt pas la dala de soa décès; mais , dès U74| Robert de ta Timr-dii-Pfn oocopait déjà ii < place» el, ea 1179, assistait au concile général qa^Alexandre III révnii à Latrtn , pour aunoler | les élections (ailes par les anti -papes, réformer les. mœurs ei condamuer les erreurs des Vasdpis. Après un règne de 2i ans, le 18 mai U%^ Robert de la Tour-du-pln termina sa carrière, et ses restes mortels furent inhumés à' Saint- Maurice, dans la diapelle de Notre* Dame-de> Pitié, où Ton voit son épitaphe, composée par Ayni^d de Hoîreuc^ eou coadjuteur et successeur.
Pierre, cardinal de Capoue, légat d'Iuuoeent 111,
pontife qui ne ménagea pas plus les monarques que les béréiiques, vers la mt<-janvier 1200, tiat un concile à Vienne , qui jeia un interdit sur le royauaie de France pour punir Pliilippe-Augusie d avoir répudié Ingelburge afin d'épouser Agnès de Méranie.
Aynard de Moirenc mourut en 1208 ; on éidt pour le remplacer Humbert II , religieux ckar* treux, qui jouissait d'une grande réputation de saintejlé. J^ooté sur le trône arcbiépiscopal i b j Tie de œ ^lat fut encore plus austère et plos I édifiaiM^ que dans le cloître ; les pauvres troa-
vèrem tatyours ea lui uo coosolatMP ei un père^ €ir sa charité ne connut pas de bornes. Le 19 n<H lembre 1215, il reçut au ciel la récompense de ses vertus. Son tombeau est à Saint-If aurice , dans la chapelle de Saint- Andréi aiyourd'liui dé-^ diée au Sacré-Cœur de Jésus»
Le clergé et les Viennois, pénétrés d'anoour et de respecjt pour Ilumbert donaèrent leurs suffrages à un autre religieux chartreux , nommé Quiffrey, qui préféra le froc à le miUt%f et ne fut pas sacré. Boumon de Yoiron» doyen do ebapître^ élu à sa place» tajrë^ peu. à se dégoûter des konneors tbéoeratiques, et se retira dans le mo^ oastère de NotrerDame de llle» où il acheva ses jours ,e^ re$u^ la sépulture.
Le siège de notre ville, vacant par la retraite de Bpumon de Voiron » fut immédiatement rempli par Jean de Bournin. Rechercher la généa* lagie de ce poUtife exigerait de trop longs développements. Lelièvre, Chorier et Maopertuy disent qu'il était de race royale^ et Frédéric II , dans la bulle d^or qu'il lui envoya pour la confirmation des privilèges de Vienne, lui donne la qualité de prince. Ce qu'il y a de positif» c'est que Bournin avait uue fortune immense , qu'il employa à élever de magnifiques et utiles édifices
qui ea&bellireni noire cué et pliisiears autres parti» de son diocèse^ A Vienne il réédite e« entier le palais archiépiscopal , rétablit intérieuremeai les églises de IIoire-Ikune-de-le->Tieet de Notre-dame-d'Outre-Gère, située près de la collégiale de St*Sévère $ érigea trois chapelles daas le petit clotire de St-Maurice, éleva Téglise de 8t-Laureni tooi procbe de rhôpilal du pont da Rh6ne qui fkil incendié en iin ^ fonda k Sie- | Colombe un convent de Cordeliers; fit codstraire le pont qui donne son nom an fsnbonig Pont-£véque et celui de St-Martin, qu'on rebâtit au commelioeflieiit du 15^* siéde. Une croiit. placée au-dessus t portait le iniilésinie une barrière et une berse le fermaleni du eôié de la cité. De tous les monuments que Bournin légita à sa ville arcbiépiscopale , il ne reste maintenant qtie les ruines du chftteau de St* Sévère ou de la Bâtie, détruit en 1633. Ces raines , qui dominent le mens Sospâlium , psr cet indéfinissable aspect qui attire nos pensées vers les cfaoees d'antrefois , rappellent la mé^ moire de leur illustre fondateur.
En i^kl f Jean de fionrain eaora Téglise des hospitaliers de St-Antoine , sous Tinvocation de St^fiaribéieny; Cborier diiqn'eUe a été en par^
tie édifiée avec les débris d^un monument an- Uqoe. Schneider oroU que ces débris provieoneot du temple de Janus. L^église de Sl-BaïUhéleoiy estàTorient de la vieille me, enlre les portes de Mauconseil et de Lyon. L hôpital , d'ime coBstructioQ élégaEte et moderne , se trouve en face; avant rétablissement du quai Psgo^ le RbAoe en baignait les pieds. Un arc voûté, jeté an-dessus de la rue, et un passage souterrain conduisent de cette maison à l'égli$e et au& h&tinumts aiyacents. Quand on éleva les murs de terrasse qui soutiennent rancienne grande route près de St*Antoine , on découvrit des entablements , des tronçons de colonne , des inscriptions » des bas-reliefs , et t à Texception d^une téte de Janus qui est .actuellement au musée, on enfouit impitoyablement. dans la maçonnerie loua ces précieux xiébris , parée qu'on craignait réboulement des terrains supérieurs. Les ebanoines régnliars , auxquels appartenait le bénéfice de Vienne » sous le titre de Comvimderie , 1776 , étaient encore au uonibre de quinze , y compris le commandeur , chargé du reeiofat de St«>Barthéléaiy. Par des bulles du 1? décembre 1776 et du 7 mai 1777, Pie VI supprima leur inatUutt qu'il incorpora à Tordre
de Malte. Alors, les Daines de Sainl-Bernard vendirent de gré à gré le monastère qu'elles habitaient , silué entre la rue Cuvière et la place des Capucins^ ei achetèrent la maison des Antonins , dont elles prirent possession peu de temps avant la révolution. L'bospice et Téglise furent vendus en 1793. On' y établit une manufacture de draps et un entrepôt > mais le^propriétaire s'est contenté de changer la distri* bution intérieure des appartements.
Jean de Boumln , par sa prudence, son désintéressement et un noble patriotisme , s'attira Testime des Papes et la vénération des peuples. Grégoire IX le chargea d'une légation en Languedoc , où la seae des Albigeois se mainienait encore. . Il s'en acquitta avec honneur et succès. Pendant la longue discorde qui troubla les règnes du souverain pontife Innocent VI et de Tempereur Frédéric II , notre archevêque sut habilement conserver une entière neutralité. En 1265, Clément IV , qui connaissait ses vertus et ses talents, rappela à Roane et lui confia le soin de ses intérêts. Il y mourut Tannée suivante. Rapporté dans son diocèse, les Gordetiers de Vienne reçurent le dépôt sacré de son cœuri et son corps fut inhumé i Romans dans Téglise
des religieux du même ordre, qu'il avait fondée.
Lorsque la aoovelle de la mort de notre grand archevêque se répandit dans Vienne, le chapitre de la calbédrale et les députés de celui de Romans, s'assemblèrent pour tui donner un suc* cesseur. Les voi& se partagèrent et les esprits se trouvèrent si peu disposés à la conciliation, que l'on se vit réduit à dresser un compromis par lequel on conila le droit électoral à Philippe de Savoîe» évéque titulaire de Valence et archevêque élu de Lyon, qui , en sa première qualité, avait le pouvoir de régir le siège de Vienne pendant la vacance. Ce prince nomma Gui d'Auvergue. Le clergé et le peuple , d'une voix unanime, applaudirent à ce choix « que Clément IV ne voulut point d'abord ratifier, parce que Gui n'était pas même sons-diacre» et possédait sans dispenses plusieurs bénéfices incompatibles. Le souverain pontife adressa à son légat , le cardinal de sainte Cécile» un bref par lequel il lui ordonna de vérifier sur les lieux ce qu^on alléguait contre la nomination du prince d'Âuvergne» et, après un mûr examen , en 1268» ce cardinal, au nom du pape, approuva son élection.
Gui d'Âuvergne mourut en 1273. L'année sui-
vante, Reymond de Fraoçois de PeyrinSi précen^
leur de Téglise de Vienne, fut élu pour le remplacer; mais Grégoire X ne ratifia pas cette nomination, et, jusqu'en 1283, le siège de notre métropole resta vacant ; alors on y appela Guillaume de Livron^ de Valence, et ce cboii reçut Tadhésion de Martin IV.
Guillaume de LivroUi préférant réruditioa aux titres dus à la naissance , est le premier de nos arcbevéques qui donna entrée k la bourgeoisie dans le chapitre de son église primatiale ; car il avait remarqué que les roturiers cultivaient les lettres et les sciences et que la noblesse les négligeait absolument* Ce prélat , en fS89, réunit à Vienne une assemblée synodale, où furent dressés soixante-huit statuts contenant un abrégé de toute la discipline ecclésiastique.
L'alliance de notre puissante église était même recherchée par les souverains ; Pbilippe-le-Bel et Edouard, roi d'Angleterre^ la sollicitèrent en même temps. Dans cette situation très-diificilei Guillaume II et son chapitre gardèrent une parfaite neutralité. Ce parti déplut au roi de France, qui conçut de Taversion pour le gouvernement de notre ville , aversion dont les effets se déve* loppèrent pins tard. '
Googic
L'année 1397, la mésintelligenca qni éclala
entre les habitants de Loire et ceux de Givors donna naissance aux longues conteslalions qui divisèrent les églises de Vienne et de Lyon. Chaque métropole arma pour soutenir ses vassaux. On en vint aux mains plusieurs fois , et de part et d'autre il y eut des prisonniers. Enfin , pour mettre nn terme à cette scandaleuse guerre , les archevêques de Vienne et de Lyon furent choisie pour arbitres ; ces prélats rédigèrent un accommodement que les partis signèrent. Guillaume de Livron termina sa carrière en 1805 , et il eut pour successeur Briand de Lagnieu, chanoine de Lyon «[issu d'une illustre famiUe du Forez.
En ce temps I la lèpre, ou mal St-Lazare, apportée d'Orient par les croisés, faisait de grands ravages en Europe. Par de sages règlements sanitaires et des secours hospitaliers, les évéques tempérèrent Thorreur que les lépreuiL ioqiiraimit* Grftce à leurs cbaritables soins , des maladreries ou léproseries s'établirent. Les malhenreux atteinte du mal ShLaxûre , consignés au-dedans de ces refuges , ne pouvaient en sortir que sous certaines conditions. Il y avait trois de ces hospices aux environs de Vienne , un ' sur le territoire de Seyssuei , près du Rhône ,
ie second à Mont-Rozier et le troisième hors la porte St-MarceL Ce dernier e8;t le seul dont on connaisse parfailement remplacement ; H a doDaé son nom à la section des Maladiéres* Charvet, dans sou Histoire de la sainte Eglise de Viermef page 752^ nous a conservé ie détail des cérémonies usitées 4ors de la séquestratian des lépreux.
Dément V réunit dans notre ville ie qulnz^me
concile œcuménique, qu'il ouvrit le 16 octobre ISil ; à cette mémorable assemblée se rendirent plus de trois cents évéques, les patriarcbes d'A* lexandrie et de Gonstatinople, et nn grand nombre d'abbés chefs d'ordre. Philippe-le-Bel y vint un peu pins tard, accompagné de son frère» Charles do Valois , et de ses deux fils , dont Tainé était roi de Navarre. Après avoir solennellement imploré les lumières du St-Esprit, k la basilique primatialei les pères allèrent dans une des salles de rarchevéché, qu'on nomma drpais salle Clémmlinet où le souverain pontife, prenant pour texte de son discours ces paroles du psau** me 110 : Les oeuvres du Seigneur sont grandes dans l'assemblée des jusiee 9 wpùsà ensuite les motifs de cette réunion extraordinaire , qui étaient : La rébabilitation de la mémoire de Bo-
niface VIU , le projet d'une nouvelle croisade ,
la réforme de la discipline ecclé&iaslique » la eoadamnatioB de diverses hérésies naissantes , l'affaire des TenipiierS; et rétablissement de chai res pour des proisssseQrs d*hébreo , de chaldéen, d'arabe, de grec et de latin. Raymond LuUe , surnommé le Philosophe , demandait depuis longtemps cette institution. Pour appuyer sa réclamation » il vint à Vienne et y resta pendant la durée dn concile, el alla ensuite en Afrique, pour annoncer les vérités de Tévangile; le 29 mars 1315, il y fut lapidé & Tftge de 80 ans.
Dans un consistoire composé de quelques cardinaux et de quelques Avèqees , Clément V , de son autorité pontificale, abolit par provision rordre des Templiers » abolition qu'il prononça ensuite en présence du roi de France , des princes de la famille royale et des Pères du concilei qui la signèrent. Aucune voix ne s'élevant pour réclainer, cette sentence eut la force d'un jugement définitif* Ce concile général , plus célèbre encore par la gravité des ma ii ères qu'on y traita, que par la qualité et le nombre des grands personnages qui y assistèrent, fut clos le 7 mai 1312, à répoque de la fêle du corps deDieui instituée » en 1264 , par Urbain IV. Toutefois la bulle de
ce pape n'ayani pas eu d'exécution» Qéoient.V la
confirma étant à Vienne , et elle devint dès lors de précepte pour le monde chrétien. A cette occasion, il y eut dans noire cité une procession générale présidée par le souverain pontife, qui portait le St-Sacrement tons un ridie dais , que soutenaient deux rois et deux princes » et qu'accompagnaient les prélats et les ambassadenn des puissances de la chrétienté. Chemin faisant, on s'arrêta sous on orme , et le Saint-Père déposa quelques instants dans les branchages de cet aitre, disposés ponrlui servir de reposoir» le ciboire d'or renfermant Thostie sain(e. De là date Torigine des armoiries de la bannière de la confrérie dn St-Sacrement, armoiries adoptées plus tard par la ville de Vienne.
Briand de Lagoieu mourut au commencement de novembre 1317 , au château de Mantaillo , el reçut la sépultvre dans Téglise de ce lien , dédiée à Sainte-Agathe. Le chapitre méiropolitain ne pouvant s'accorder sur le choix de son snccesseur, il y eut un interrègne de deux ans, après lequel Simon d'Arohiac, natif du bourg d'Archiac, en Sainlonge, descendant d'une race illustre et en outre protégé par Philippe-le-Long et par Jean XXII» le 26 septembre 1319» fiit
appelé k gonverner le dioetee de Vienae ei honoré de la pourpre romaine. A peine seize mois s'étaient éooulés , que barrette et eroese
pastorale ornaient son lit funèbre. Guillaun)e de Laudon • religieux de Sc*Domini<iue , deeteur en tliéologie , mailre du sacré palais , remplaça le cardinalnarcbeféqne. Pendant huit années qu'il gouverna notre église, Il résida peu à Vienne , sa charge le retenant à la cour pontificale eii il asristait aux consistoires, conférait les grades, approuvait les thèses, les livres, etc.
Le pape Jean XXII érigea diverses abbayes en évéchés et forma des métropoles de plusieurs villes épiscopales* Cest à cette époque que Toulouse devint archevêché. On lui donna pour suffragants Montaubaut Laveur, Mirepoii, Saint- Papoul , Rieux , Lombez et Pamiers. Le souverain pontife appela au siège de Toulouse Guillaume de Laudun , et nomma à celui de Vienne Bertrand de la Chapelle, qui fut intronisé an mois de Juin tSM. Le nouvel élu prit le titre de comte, qualité que depuis Jean de fiournin nos prélats avaient le droit incontestable de porter. Le chancelier Bacon dit : que les prospéritis sont les bénédictions de i Ancien Testament et les adversités celles du Nouveau- Ber-
trand de la Chapelle éprouta les faveurs de la
loi de crainte et de la loi de grâce. Sou épiscopat nous esi signalé comoie un des plus agités.
En 1333, Philippe de Valois qui aspirait h se rendre maiire de Vienne, renouvela à Tarcbevêque et au chapitre métropolitain ses prétentions sur le faubpurg de Ste^Colombe. Le chapitre soutint ses droits avec la plus grande énergie ; mais Bertrand de la Chapelle » sous la seule réserve de l'agrément du Pape , accordait au roi de France tout ce qu'il lui demandait, ce qui le rendit odieux au clergé et au peuple de notre antique cité , jaloux de conserver leurs privilèges et une ombre de liberté. Dès que la mésintelligence se mit entre le pasteur et le troupeau, Tarchevêque se vit exposé à des contradictions continuelles et souvent peu respectueuses. Pour se mettre à couvert des mauvais effets de la haine publique , il quitta la ville et la médiation du Pape devint nécessaire pour que les Viennois le reconnussent de nouveau comme véritable et légitime pasteur.
Une iMiUe de Jean XXil , datée du i$ février 1334, ordonna que les partis lui envoyassent des députés porteurs des pièces justificatives de leurs droits, pour qu'il put juger en connaissance de
cause de la validilé des opposUions. Mais Pbilippe VI oe s'amusa point à suivre ceite procédure ; laoa atieBdre davantage, il s'enpara de Ste-Coiombe, et par lettres patentes du 19 mars 12^4 , unit ce ftubonrg de Vienne à son royaume, le fortiiia et fit construire à rentrée du pont qui eomoianlqualt nvec notre ville» la lonr car*
rée qui existe encore aujourd'hui. Dans l'objet d'apporter obstacle à celle de Philippe de Vih lois, le Dauphin, en 1338, éleva une autre tour à la porte du pont du côté de la cité.
Noua passons sons silence les dénMrelies faites par le roi de France pour rétablir Tancien royaume de Bourgogne dont notre ville devait être la capitale ; les guerres des églises de Vienne et de Lyon ; les discnssions sans cesse renaissantes entre les archevêques et le cbapitrci contestâtians aniquelles prenaient sovvent part le Dauphin et les différentes classes de la société viennoise, et, enfin, la donation du Dauphiné an fils aîné du roi de France, cession qui eut lieu à Lyon chez les frères prêcheurs» le 16 juillet 1349, entre les mains dn prinoe Charles , petit fils de Philippe VI , et le lendemain Uumbert U prit l'habit des religieux de St-Dominiqoe. Les particularités de tous ces faits ^ dont le détail
noa« entratnersitt Ifop loiiiy smi consignées dans noire et dernier vol. de Y Histoire de Vienne.
A la mort de Bertrtnd de 1» Chapelle , dont on ne connaît pas la date précise , le siège resta qaelqne tenq» iBbte«pé..Le \$ octobre 18M, Clénicai VI y nomma Pierre, abbé de St-Serges eft Aivra 9 que Cborier ûh fito de f rédéric» nifquis de Saluées, et que d'autres auteurs appellent Pierre de Grâces et Pierre de Montboissier. Ce prélat ayant mérité les censures de la cour poniilicale» le pape Innocent YI le suspendit de ses foneiioDS. Pendant la vacanœ , Louis de Viliars,. évéque de Valence, administra le diocèse. A la mon du timlaire» en tM9 /Humben Ul de Montchenu , fils de Falques III , seigneur de Monichena et .d'Alî& AUenotti mfmUL sur le trône archiépiscopal de Vienne.
En 1378 , l'empereur Charles IV iuslUnsU le daiiphin Charles, vicaire perpétuel de Tempire dans ies royaumes de Vienne et d'Arles» et par uœ bulle du mfois de janvier silitant , il soumettait à sa puissaiice rarcbevéque » le chapitre deSt-Maortoè.et lui eonftiit la garde du €fcàC08ii de Pipet et de Ui maison royale des Canaut } mais le clergé » awienu par la bojurgeoisie j refusa de remettre ces .deux forteresses; alorsi le jour
de Noël, Charles de Bouville , gouverneur de la lurovince , se préseaia , Uen accompigné , aux portes de la ville ; éprouva de la résistance dont on ne tarda |ias à oompreiidre rinatilUé^ et après avoir tué quelques personnes et incendié plusiears nuaiaoïis , aoa armée prii possessioa de Vienne et de ses forts. Tous les officiers de réglise furent de&litoés et les consuls donnèrent leur démission, flomberl III et les chanoines eiToyèrent des ambassadeurs au pape et au roi pour se plafaidre de la oondoite dn gouverneur Delphinai» conduite que le monarque n'approuva oi ne biftma ; et le pape répondît qu'il fallait se soumettre et obéir. Cestce quefit le sage Uumbert, qui abandonna le pouvoir temporel et s'oc^ cupu spécialement d'institutions religieuses : on dut, en grande partie» à sa sollieitude Téta* blissement dans Vienne des Pères Dominicains et des Pères Carmes.
Quand la religion chréiienne domina dans nos contréesi un autal dédié à Auguste^ situé à Tem* bouchure de la Gère, sur sa rive droite, fut renversé, et vers le milieu du cinquième siècle» on le remplaça par une église consacrée à Notre- Dame d'Outre-Gère t qui dépendit plus tard de Tabbé de Saint*André-le-6as , qui avait le droit d'y nommer un recteur ou chapelain.
Lfis Dofnioicains , appelés à Vienue » en i2d3, s*y rendirent au nombre de treize ; la ville leir concéda TégUse de Notre-Dame d'Outre-Gère , autour de laquelle ils bâtirent leur monastère, qui, avec ses dépendances^ occupa l'espace limité à Test par la rue des Quatre-Yents ; au midi par la Gère ; à Touesl par le Mûne, et au nord par la rue de la nouvelle Table^Ronde. Pour feire exécuter la bulle qui établissait ces Pères dans notre cité. Clément TII nomma Tabbé de Sainr* Pierre » parce que celui de Saint-André et le recteur des coilégiés de Saint-^vère s'opposaient à leur installation , difiiculté qui se termina par une transaction : les DomioiGafns sV bligèrent à payer chaque année une obole d'or à Tabbé de Saint*André, pour prouver quMIs reconnaissaient sa supériorité sur leur église; à fournir, quatre fois par an , un prédicateur à son abbaye -, à le recevoir , ainsi que ses reli* gieux t le dimanche des Rameaux» à Tépoque des Rogations et à la féte de TAssomption, jours où ils avaient la coutume d'aller processionnellement à i\otre-Dame d'Outre-Gère. Ou apaisa aussi le recteur de Sainl-Sévère , eù lut promet^ tant d'unir à sa rectorerie Tarchiprêtré de Sl- Vallier » qui avait alors une juridiction très-étendue.
L'ordre'des Domlntamis ou Frères prêcheurs»
approuvé par le pape Innocent III^ en 1215 , et en 1916 par Honorias UI, prit ntissaince en Languedoc, où Dominique de Gusman, gentilhomme espùgtuA t chanoine et archidiacre d'Osma , g*é* tait fixé avec quelques prêtres pour travailler ée concert à la convenion des Albigeois. Domi* nique jeta les premiers fondements de son lus* tHot à Touioose. Ces nouTeaux missionnaires entreprirent la réforme de tout ce qui avait servi de prétexte à Thérésie, s'élevèrent avec force contre les désordres du clergé, l'éclat fastueux des abbés de Citeaux; et les excès des catbo*» liques n'excitèrent pas moins leur zèle que Terreur des sectaires. Le premier habit des Frères prêcheurs fut celui des chanoines réguliers; ils y sobsiituèrent depuis une robe blanche avec capuchon de même couleur; en voyage, ils mettaient par-dessus un manteau et un capuchon nbirs. En 1217, quelques religieux Dominicains s'établirent à Paris ; TUniversité leur céda règlise Seini^Jacqnes» d*oh leur est venu le nom de Jacobins.
A répoque des guerres religieuses, le i mai 1562» les réformés demandèrent Téglise des Frères prâebeurs; 1er consuls la levr reftieèrent et
les empéctièreat de la <lévt8ter« De Bénins leur
accorda même la faveur d'y laisser une cloche ^ , maiSf ciaq au idin tard, nos nagistrals ne pa* j rent empêcher le vandalisme des religionnaires ; Us la ruiaèreai ei saccagèrent le numasière , qui fut reconstruit au commencement du xvii* siè- • cle. On se contenta de restaorer Téglise dans ( la portion qui avait été moins endommagée, et j elle ne conserva qne la moitié de son ancienne \ longueur. I
£n 17âô, Vienne ne comptait plus que sii \ religieux de Saint-'DominIque , et lorsque parut le décret du 13 février 1190, annulant les voeux monastiques , cet ordre était à la Teille de s'éteindre dans notre cité. Son monastère , vendo i et démoli , fut remplacé par des maisons particulières. La remise de rbôtel de la Table-Konde occupe maintenant l'emplacement de Tantique église de Notre-Dame d'Outre-Gère.
Parmi les moines Dominicains du diocèse de Vienne qui cultivèrent les sciences et les lettres, on cite : Humbert de Romans, abbé général de rordrej Sillon j Gui de laTour-du-Pin; Hérault; Pierre-de-}a»Pultt i Grégoire ; Guillaume Pérard, et Hugues de St-Cher, cardinal-prétre du titre de Saime-^SAbine , qui mourut à Orvîette, en
1263. Hugues de St-Cker sut joindre la modération à la ferineté,et dans son épitaphe on inscrivit :
quâsa mort la sagesse ataii souffert une éclipse* Dès le XUl** siècle t les religieux Carmes s'iotroduisirent en Europe; le pape Eugène IV adoucit et développa leitr régie* On les divisa en conventuels ou chaussés , en observanls ou déchaussés ; ces derniers conservaient la règle austère de Tantique Carniel , renouvelée par lear sainte réformatrice Thérèse d'Aviia.
Pieire du Rivai! , seigneur de Liea-Dico , grand-onde d'Aymar du Rivail , qui laissa une histoire manuscrite des AUobroges • publiée en lS4/i, par notre savant compatriote M. de Terrebasee, fit draationi en 1394 1 de sa maison de Vienne et de ses dépendances aux grands Carmes s pour qu'ils y élevassent un monastère.
Pierre de la Porte , seigneur deTemay, afin d'à* grandir . cette communauté, se dessaisit d'une bètellerie spacieuse, appelée le logis delà Pierre, et les premiers Carmes qui Thabitèreat se nommèrent les PP. Carmes de Notre-Dame de la Pierre. Joannin, frère du seigneur de Ternay , leur donna remplacement oii ils omstruisirent leur cloître. Après les dévastations de 1567, on y voyait encore son blason â la craw d'or au champ de gueules.
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Les Carmes rogardaieftt le prophète Elle cofli-
meleur fondateur et leur modèle, parce qu ainsi . qu'Elisée, son disciple, il avail vécu sur la même montagne qu'eux , qui tirent leur nom do moDi, Carmel , ea Syrie. Ils préieBdaient que des ermites babitèrem ce mont depuis Elie jusc[a*à la venue du Messie , el qu'alors ils embrassé- j rent avec ardeur la religion chrétienne et resté- 1 reatea ce lieu jusqu^à Tépoque où les conquêtes | des Sarrasins les obligèréut h ftiir leur retraite; 1 qu'en 1176, le croisé Berthold de Calabre , qu'on | regarde comme le premier général de cet ordre, éleva 9 non loin de la grotte du prophète Elie , quelques eabaves po«r lui eC ses compagnons, qui devinrent la souche de cet institut^ auquel, ; tm le père Albert patriardie latin de Jérusalem , arrière-petit-neveu de Pierre THermite, • donna une règle ti^ès-sévère. Ces moines étaient vêtus d une robe brune ^ ils portaient par-dessus un manteaa blanc coupé par des bandes noires*
Le Jésuite continuateur de l'ouvrage des Bol- 1 landistes , Daniel Papebroch » traita de diimère I la grande antiquité des PP. Carmes, et soutint j qu'il n'y avait point eu de solitaires sur le I monl Carmel avant le XII"' siècle. Ces religieux tâchèrent I par divers écritSi de venger la gloire
de leur ordre qu'ils croyaient attaquée. Les coutestatioDs devinrent si vives, qu'elles furent portées devant Innocent XI et devant Innocent XIL Ces deux papes ne décidèrent rien sur Tauthenticité des documents produits par les disciples du prophète £iie. Cependant un bref dlnnocent XII ^ daté du 28 novembre 1698 , défendit d'agiter cette question à Tavenir.
An milieu du chœur de Téglise des Grands- Carmes de Vienne, sous une pierre élevée , était autrefois le tombeau de Pierre du Rivail » leur fondateur^ au côté gauche de ce sanctuaire , ou remarquait celui de Pierre de la Porte , leur bienfaiteurj à droite reposaient les restes mortels de Madeleine de Loras , leur bienfaitrice , dont Pierre de Boissat fil Tépitaphe; Joannin fut ifihumé dans le préau.
Simon Guerin , religieux de cet ordre , a laissé des exercices spirituels pour tous les jours de Tannée et de curieuses recherdhes sur la fête de Pâques. Vienne^ 1686, in-12, en689, td. id. A Tépoque de la suppression des communautés re-* ligieuses^ on vendit le monastère des Carmes, qui fut reconstruit en partie , et sur son empla** cément existe maintenant une de nos principales mauufactuires de draps.
L'archevêque Humbcrt III deMontchenu, mourut au mois d'août ia05. Tkibaud de Rougemont, évéque de Maçon , lui succéda et, le 8 décembre de la même année • prêta , entre les mains du reclcur de la collégiale de Sainl- Sévère , le serment de maintenir notre cité dans ses privilèges et libertés. Après celle formalité on revêtit le nouvel élu des habits pontificaux, et avec le plus grand appareil, un cortège nombreux raccompagna à Téglise métropolitaine où il fit son entrée solennelle.
Le 14 octobre 1400, Charles VI rétablit Thibaut de Rougemont dans tous les droits dont on avait frustré son devancier. L'humeur belliqueuse de ce prélat lui fit paribis oublier le caractère auguste dont il était rcvélu et la violence lui paraissait Tunique moyen de commander Tobéissance. Ainsi , la garnison que le gouverneur du Dauphiné avait établie dans le cbftteau de Hantaille , ayant refusé de Tétacuer » il sortit de Vienne avec 4es troupes « attaqua ce château , le prit, planta au sommet de la plus haute tour la bannière de Saint-Maurice 9 et revint le même Jour dans sa ville archiépiscopale où il rentra à la clarté des flambeaux. Thibaud n'hésita pas davantage à essayer
de soumettre per la forée des armes Jean de
Torchefellon et Jean d'Urre qui refusaient de Itti rendre bommage. Ces deux seigneurs s'insurgèrent et appelèrent sous leurs drapeaux une foole de mécontents » et , de concert^ commirent d'affreux ravages sur les terres de Téglise. Nous ne retracerons point ici ces luttes sanglantes ni leurs déplorables résultats, à la suite desquels
tre archevêque » éprouvant un découragement profond , renonça au gouvernement du diocèse de Vienne pour celui de fiesanvon, A ïbibaud de Rougemont^ qui semblait avoir la gu^re pour élément » succéda » en 1405, Jean de Nant» ecclésiastique de caractère tout différent , qui entreprit la tâche toi;yours si4i0iciie de réformateur I aSécta un air austère , et ^t à Fégard de ses administrés une conduite sévère et dure.
JeandeNant, promu au siège arcbiépiscopsi de Paris, en 1&23| eut pour successeur Jean de Norry , qui^ pendant quinze ans, administra le diocèse de Vienne, qu'il laissa à Geoffroi Vassal! , que remplaça Jean VI de. Poitiers, aupara* vant évéque de Valence et de Die. A la suite d'un traité passé en 1450 , entre ce prélat et Louis XI, qui n'était encore que Dauphin , eut lieu la réunion à la France de la ville de Vienne
et de son comtés celte réunion enleva à notre
puis&aote égUse les prérogatives et les droits de suzeraineté dont elle avait été investie depuis Tan 1032. Le clergé comprit quHI serait Inutile d'essayer de résister aux volontés d'un prince aussi absolu que le prince Louis , et que d'ailleurs il ne pouvait plus compter sur TassistaDce des Viennois, découragés par les longues difficultés auxquelles donnait lieu rexercice d'ua pouvoir 4ui n'était pas suffisamment limité. Depuis cette période, notre église défendit pied à pied ses antiques privilèges ; mais elle finit par snccÔDiber, ne conservant de leur$ débris qu'une juridiction subalterne.
La peste, cette maladie meurtrière, à laqiielFé notre malheureuse cité paya une si large part commençait alors k sévir. Les auteurs de la localité mentionnent y comme une des premières victimes de ce fléau, une sainte fille nommée Philippe de Chantemilan, qui succomba le 15 octobre 1451. Les habitants de Vienne , qu^avaient édifiés ses vertus , se portèrent en foule à ses obsèques. Elle fut inhumée dans le cloître de St-Maiiricc, devant la chapelle de Notre-Dame, où pendant sa vie elle priait avec tant de ferveur ; les fidèles se rendirent avec empressement
à son tombean , où Ton dit même que , par son
intercession , plusieurs miracles s'opérèrenu Cette année-là, Jean de Poitiers passa à nne vie meilleure; après lui, Antoine de Poisieu , abbé de St-Pierre , gouverna dix-neof ans le diocèse et abdiqua en faveur de son neveu Gui de Poisieo f qui prit possession le 15 août 1473. Asiorge Ainr.eri , du siège de Sainl-Paul-trois- ChàteauXt fui promu à celui de Vienne, en 1490, et il décéda au bout d'un an et quelques mois d'épiscopat.
C'est vers le milieu de ce siècle, que Laurent Coster et Jean Guttemberg inventèrent la typographie , une des plus importantes découvertes de Tesprit bumain $ par elle , grands hommes et gra/ndes €ho8e9 échappent à VoubK. Dès 1469, cet art s'introduisit à Paris, oii Louis XI Ten* toura de toute sa protection. En 1&73^ Buyer rapporta à Lyon -, en 1477 , Jean de Barre et de M<NreUi à Angers ; en-HTS , Jean Lerougeà Chablis^ en 1479, Jean Teutonicus à Toulouse, et en 1481 , Jean et Pierre Schenk dane notre cité ; ainsi Vienne est la sixième \ilie de France où 8*établit nue imprimerie , et où cette industrie fit des progrès rapides.
Angelo Cattho Supino de Bénévent , en grand
crédit auprès de Louis XI, par le double emploi de médecio et d'aumûmer » en 1480 , (ui élevé à rarehevèché de Vienne. Ce prélat eonnaissait plusieurs langues, était savant en mathéoiaiiques » en astrologie et en médecine ; il protégea les arts et les sciences ; à sa prière, Philippe de Cominet eomposa ses mémoires, qu'il lui dédia. Dans cet ouvrage , Comines , en racontant la fin malbeoreuse de Cbarles-le*Téniéraire, dit : que le jour même où le duc de Lorl'aine et le duc de Bourgogne se livraient ba* taille à Nancy, le 5 janvier 1477, Angelo Caltho célébrait la messe en présence de Louis XI, dans réglise de St-Manin-de-Tours; se tournant vers le roi, il lui présenta la patène à baiser^ disant t Quia eanmnmakim esif et ajoutant : Stre, votre ennemi le duc de Bourgogne est mort et «on atWe eft en pleine déroute* Quelques jours plus tard , un courrier, dépécbé à Louis XI par Kéné II , duc de Lorraine , confirma cet événement. La mort de Charles-le-Téméraire éteignit la seconde et dernière maison des ducs de Bourgogne , ce prince ne laissant qu'une fille, Marie, qui épousa Maximilien , fils de Tempereur f rédéric III , et porta à rAntricbe la sonveraineté des Pays-Bas et de la Francbe-Comté.
Angelo est le second de nos prélats qui permH d'admetire roliirier&iiarjm cbwoises de la «létiropole, car jusgu'silors on considérait les digftilés cléiicale^ cpvme l» pa|ri- «oine esdosif de la noblesse » ei tandis que les câBunaiidaiaires de nojble lignée s'emparaicBl des titres eeclésiastiques , laissant loutefois.de câté tes devoirs qu'Us impoisaîent» les églises demettraisiit sans iiasteuris ei les abbayes abandonnées étaient sans direcyteurs et spks4is« cipliae. On osBoatc asass les tristes wites de ees vocaiions obligées ; il n'entre point dans notre plan .de les* décrire id.
Louis XI porta les coups les plus terribles au régtme féodal, nédulsAt la noUsase, jiisques là si rebellOi et la plia à sa voloaté* La force armée mien dîeeîplmée et pltts soumise à raiitoriié roydle, augmenta prodigieusenicint sa puissance. Airec le ceniedtt règae de çe 'prince nous laissons derrière nous le moyen-age, période qui
eMpte plus de ikk .siècles et sépare la cbuie
de Tempire romain , tombé soi(S Jes coups des bordes bartafes , .de V^ve inodiamie appelée aussi ère de la renaissance. £n eShXf tout concourut alors à Ja- ouUufe des seienoes.» des lettreis et
des beaux-arts. L'industrie se réveilla; Chris-
tophe Colomb découvrit l'Anràrique. La mnU galion fil de grands progrès ^ les universités devinrent célèbres, et les fraadi aeignears eoimêmes qui , si longtemps , se glorifiant de leur ignorance» rq'eiaient avec mépris tout ce qni relève rintelligencei revinrent peu à peu de leur erreur. La scnlptnre , la gravnre , Tardiiteccare et la peinture i prirent un essor sublime ; la peinture surtout passa rapidement de Tenfanee de Tart à Tâge fait, grlee à Jean Van-Eych, plus connu sous te nom de /mni de Bruges t qui , en apprenant à délayer les couleurs avec rhuile, obtint un coloris plus beau et Tavau" tage de donner le clair obscur. La plume et le pinceau continuaient à reproduire sur le par* chemin les souvenirs historiques et religieiuti car l'art de Fimprlmerie était encore peu répandu^ et jamais le luxe de bibliomanie n'avait ' été porté plus loin f les missels et les livres de prières, composés dans le 16*« siècle, sont en* core les plus précieux ornements de nos biblio* thèques et prouvent évidemment que les œuvres de nos antiens artistes peuvent, même aujourd'hui , servir de modèle à nos jeunes peintres; afin de convaincre de la vérité de ce fait^ voici ricouographie de deux heures manos^*
criles en vélin , ornées de miniatures coloriées.
Le premier de ces livres , qui est aussi le plus beau, a 22 centimètres de hauteur et 13 de largeur; le texte est latin, récriture mixte go* lhii|ue. Les lettnes majuscules sent en or et feu* ronnées. Chaque phrase est séparée par un trait ondulé. Ou ne voit pas une rature dans ces nombreuses pages, tant était grande raltenlion des pemonnes qili se lieraient à ce genre do travail , qui fait honneur à leur patience et à leur habi* ieté.
Dans le calendrier, œuvre très^remarqoa-»
bie, rartiste a peint avec un vrai talent les signes éu Zodiaque et les travaux propres à chaque mois de Tannée. Des lettres capitales et même des noms entiers en or y sont répandus avec abondance » et , après plus de trois siècles , cet or parait aussi ferme et aussi brillant que s*it venait d'y être incrusté.
Ces taeores rmiferment dixi-neuf miniatures.
Nous signalerons, comme ayant particulièrement #xé notre attention : la salutation angélique ; ^annonce aux bergers; Tadoration des mages; la présentation, au temple^ le couronnement de la Sttt-Vierge ; Tarlire généalogique de la maison de Jessé; la Visitation i le Calvaire -, la descente
du Saint Esprit sur les apAtres; le patriardie Job et le roi David. Tous ces personnages oq^ on type spécial qui les distinpie et les classe , ils sont revêtus des splendides costumes de l'époqoe de Béné d'Anjon et de Charles VH, source féconde d'inspiration. L'effet d'ensemble dôme un grand intérêt k œs belles et riches compositions, cfQt ont tant d'harmonie et de perfection dans les moindres détaUs.* Cbacune de cet miniatnrea mériterait une description particulière qui serait trop longue pour trouver place dans cette briève chronique.
• 11 y a encore dans ce magnifique manuscrit un grand nonri^re de fort jolies peintnres de ô centimètres de hauteur sur 4 de largeur, dont le moêit est tiré du texte qn^elles encadrent ou qu'elles précèdent et dont elles sont le comfllément.
Toutes les pages de ces heures sont entoarées par d'élégantes bordures variées et d'un fini irréprochable» Ce lont des cornes d'abondance , des fleurs» des fruits» des rinceaux de reoilingee , dont les riches OMlenns reseortent sur des fonds d'or et d'argent; des anges, des amours pinçant de ki lyre et Jouant de divers instruments -, des lévriers» des singes» des cigo-
gnes » des grae& , des perroquets el d'autres oiseaux aux ridies coideofs; des libellulines , des papillons et une fouie d'êtres emblématiques el ftiitiastiques aobèvMl la déeoratloa de ce chef-* d'œuvre de go&t et de patience.
En contemplant ces trufaux du génie et- de l'imagination, qui usent si promptemeni Texis* tencé , on épronre un sentiment d'admiration pour leur modeste et savant auteur qui, eu compensation de tant d'étndet et de peines, n'eut pas même la satisfaction d'inscrire son nom sur ce précleox Toluine*
Le second manuscrit est également sur vélin , le texte est latin et réeritnre noM paraît de la même époque que celle du précédent. Le calendrier est alternativement écrit en lignes rouges et en lignes bleues, au milieu des bordures qui Toment sont les signes du Zodiaque. Tous les feuillets de ces heures ont leurs marges embellies de fleurs , de fipuits et de feuillages vert , azur et or, se détachant très-nettement sur un champ d'argent; elles renfermât vingt-huit miniatures d'une hauteur de douze centimètres ; voici la description de celles qui nous paraissent les plus remarquables.
1" Sous les yeux d'une multitude d'hommes ie
géant GaliaUi , armé et bardé de fer à riostar del preux de moyeii*âge , est taé à coups de froade par David encore adolescent. Le futur monarque est vélu d^nne tuniqufe bleue» dehautsde-chausses rouges et de guêtres jaunes mou- • tant au-dessus des geneux. 2^ Dans la riante vallée d'Hébron , non loin d'une habitation priacièrot Eiizabeth , épouse de Zaebarie , vient au* devant de la vierge Marie ^ sa parente, et se jette h ses pieds. Un donjon posé comme un nid d'aiglons^ sur un rocher à pic , couronne ce siie grandiose. Un bœuf et un Ane regardent très aitentivement le i^dempteur des hommes qui vient de naître et repose dans une crèdie^ proche de laquelle veillent agenouillés Marie et Josepb. 4»' Des p&tres surpris par la voix d'un ange, leur annonçant la naissance du sauveur , ont des attitudes et des physionomies lout-àfait ébahies. Le paysage où cette scène mémorable se passe a sa plus haute région couronnée d'un diftteau-fort, et , à mi-*coteau , paissent de nombreux troupeaux. 0°"^ lies Magea apportent h Jésus enfant , reneens , Tor et la myrriie ; ils sont à genoux. Le plus âgé p/'ésente son of* fraude I c'est un vénérable vieillard dimt les cheveux blancs retombent sur la longue et ample
robe de Bysse. Ces savaou personnages ont tous trois Tempreiate d*an profond sentiment religieux ; mais leurs âges, leurs types et leurs costumes difèrent absolument. 6"* Le grandprétre Eléazar » en mitre blanche lamée d'or, et enrobe de Un d'une remarquable blancheur, tient sur ses bras Tenfant Dieu. Marie et Josophi aifenottiUés doTant Ini t offrent deux colombes ; derrière eux se tiennent debout le saint vieillard Siméon» Anne la prophétesse et une foule d'hommes et de femmes. 7°"' Saint Jean* Baptiste dans le désert » assis snr un quartier de roche , a sur lui un livre ouvert et paraît méditer. 8°»<* Le Christ m croix t latéte ceinte d'une couronne d'épines surmontée du nimbe crucifère. A droite de Tarbre ensanglanté est la reine des martyrs et les saintes femmes, groupe de cinq personnes i de Tautre côté un seul disciple i saint Jean, contemplant dans rabattement les souffrances du rédempteur des hommes dont les regards sont fixés sur la sainte Vierge. 9°* Marie , ies maintes femmes et les âpôtres » sont réunies dans le cénacle ; pshr une longue et étroite fénétre en voussure pénètrent des rayons lumineux au centre desquels parait la colombe divine; 10"* Environné d'anges et de martyrs i le Dieu sau*
veur pose sar la léte de sa oière la eaoroime d'immortalité; il porte le nimbe crucifère orûé de rayons sans nombre -, la sainte Vierge est à genoox , ea longue robe et son manteitt Ueos niellés d'or sont drapés avec Tadourabie eoteote do moyen-àge. 1 1"^ Le fèpos de la Viei%e ; Marie a la tête ceinte d'une couronne royale et d'un nimbe ^ sa chevehire blonde fetonube ondoyante sur son vêtement azur et or; elle trône environnée d'anges , tenant danè seabras l'enfant Jésos*^ l^*"* Saint Jean dans Hle de Pathmos écrivant l'Apocalypse > cet évangéliste a pour nimbe un simple filet d*or , devant lui est un aigle portant un foudre , symbole des sublimes.élans de Tâme Contemplative^ iV^ Satni Lue faisatit te portrait de la sainte Vierge. 14"* Saint Mathieu, un geliott à terre, appuie sur Tastre sa main gauche qui relient un rouleau en parchemin, mais avant de rendre ce manusorii dépositaire de ses pèn« sées, il consulte un livre ouvert que lui présente nn ange, lô"* Saint Marc, assis devant une table, tient à la main un calamus et se dispose à écrire; un lion » symbole de force et deooûrage, veille à eAté de révangéliste, qui a les yeux teés snr lai. IQmi L'archange saint Michel , en planant dans les airs, traverse d^one longue pique la tèle d'an
Aragon aux serres d'aigle , aux aMes de cbautesouris, à la queue recourbée. 17"** Saint Pierre et saiot Paul et une masse de peuples regardent Simon le magicien qui , après s^étre élevé dans les airs , retoad>e rapidem^t de la hauteur prodigieuse où il était parvemi. Les léles der deux apûires et ceUes de quelques autres per* sennages, sont magnifiques d^expression* 18"* Un clergé nombreux et une longue iUe de moines se dirigent ters l'entrée d^ime diapelle gotiii* qne ; au milieu d'un champ de deuil on remarque çà et là 4e^ earcophagest des tombeaiux , des pierres tun^ulaires. et de modestes croix. Deux immes creusent un fosse , «on loin d'eux est un groupe de curieux. 19"* Unjeune homme de la lanille de Menon» en prière $ sa physionomie et son attitude sont pour ainsi dire le spécimen 'de sa. devise s ATiifeiiitt né \/o»e. Près de lui est un écusson blasonné d'or, au chardon bénit 4$ pourpre^ fwilU U tii^ de sinopkt mouvant d'un croissant montant de gueules ^ . tt de dêux autres ide mêim- m chef. .
Noos atonà^dionné riconographie des mintamres que renferment ces Jbeures ai^ on intérêt d^avtant plus vif qu'elles futent frites ponrvne famitie du ¥ieniiois« Comme xieuvre d'art et
comme sujet d'étude , ces délicates peiAtures oit se montre oa rare talent artistique, mériteraiett une descriptiou plus méditée et plus détaillée. An noble caractère de ces tètes m reconaitt rinspiration de Técole F^rentine > celles des vieillards sartont ont une grande dignité. Daas de jolis lointains et de pittoresques paysages, od retroufe les images fidèles de oes ohftteaax fnris du moyen-àge , dont les majestueuses ruines paraissent encore aux sonunets de nos monts et de nos rochers alpestres, et attestent la puissance des générations qui noua ont préoédési.
L'archevêché de Vienne vaquait depuis la mort d'Angelo Cattbo ; jnais dans le courant de ranaée 1500, en vertu d'une réserve, le Pape y nomma Frédéric de Saint «Séverin , cardinal, diacre du titre de Saint-Michel, originaire du royaume de tapies. A la même époque I le obapitre de notre métropole élisait oanoniquement • Antoine de Qermont, cbaaoioe-offîcîal de Saint-Maurice, dont le saore fut différé , è oanse de la. concurrence de Saint* Séverin. Antoine II » que ses diocésains vénéraient et ehérisaaieat comme on père, ne les régit que peu de temps > car, pour plaire à /Louis XU, qui désirait se ménager les bonnes grâces de Jnles II , le 5 mai 1506, le
parlement de Grenoble rendit un arrêt adjugeant A réitt du Pape le gom?eaiemem de la métropole Viennoise. Antoine de Clermont, qui conserva le Utre d'archevêque , céda sageaiœt aux exigences du pouvoir, et avec Testim^ de ceux qae la providence avait confiés à ses soins, il se retira à Lyon, où il mourut^ en 1509, extrénement regretté»
Frédéric de Saint-Séverin ne résida dans notre cité que le temps nécessaire pour prendre pos** session de sa charge. Drouet de Haupertuis dit que ce prélat avait beaucwp plm d'ambûion que de dévotûmt 9t nwnêra que dSm bon eourHsm ou ne saurait jaipmi» faire quun marnais ■ ieêque.
L'archevêque de Vienne fit partie du conciliabule de Pise , réuni pour déposer Jules II , et, armé de toutes pièceSi il prit une part active à la bataille de Ravenne, gagnée^ le- 11 avril 1512, p^r Gaston de Foix, duc de Nemours, sur les troupes papales et espaipsoles ; mais dans cette journée glorieuse et néfaste , ce jeune héros termina sa courte et brillante carrière , laissant le commandement de son armée à des généraux que Tenvie et la haine divisaient,
La même année, le concile de Latran, que
présidait le Pape , e^Lcommunia les cardinaos qul| illégalemettC, avirfeni osé se réunir à Pise, et spécialement Tarchevéque de Vienne» leur légat. Gepettdanl Jules II lear pardontià en mou- ' rant , à condition qu'ils ne prendraient aucune part à i'éleciicm de son eoècesëettf. BoSat ^ 1515 , Frédéric de Saint-Séverin se démit de rarcbevécbé de notre cité» en Cmiir de soft neveu Alexandre, qu'une lettre de François I*' enjcîgnU au chapitre eapiMilalre de reconnaître» recevoir et installer. Ce nouveau prélat passa procuration à Jean Palmier ^ vi-bailli de Vienne, et à François Nigri, chanoine deHflan, poor prendre possession en son nom » et BarthéleiDjf du Luc^ évéque vnpartibusA^ Troyes, remplit ^es fonctions archiépiscopales. A la fin de 1527 » Alexandre de Saint^Séveri* mourut à Casali sM aivoir jamais passé les monts.
lie eenoerdat de 151 S n'ayant pas absdIuMst eaboli dans le Viennois les élections canoniques» que les firéqnetttes iféscn^ves des eoiltevakis pealifes rendaient presque illusoires, François K ftt'prenenttr au chapitre qu'il robtît^it en éUsanipour archevêque sondoyen, Pierre Palmier, abbé de Aebaia, dans Je diocèse de .Alesint. Les chanoines acquiescèrent d'autant plus volonlicrs
au désir du roi » qu'il eut été difficile de trouver on sujet t>lQ9 d$$foe s'assieoir sur le siège de noire primatiale -, il fut intrônisé le 28 octobre ISS8.
Pierre Palmier, aussi ferme que courageux, étnit animé d'un grand sMe religieux et sut s*op^ poser au vice y armé de la puissance ou autorisé pttr la coutume ; il tieba de rétablir dans son diocèse la sévérité de la discipline et la ré$;ula* rité des mœurs que. le ridicule et chimérique gouvernement de ses deux devanciers , avait laissé se perdre ou se corrcmipre. Dans ce but » en 1533, il convoqua à Vienne un concile provincial où se rendirent les évôques » ses suffragants; leH abbés de Saint Pierre, de Saint Andréle- bas» de Saint-Chef, de Saint- Antoine , de Cruas , de r Abondance et de Genèvè , ainsi que les délégués des cathédrales et des collégiales de tonte la- province Viennoise.
A cette époque, un grand nombre de confréries s'établirent à Vienne: cellea du Sahii*-Sacrement ei de Saint Luc se consacrèrent spécialement an serffee des pauvres éi des malades. Le sa* medi, 3 décembre 1552, Pierre Palmier établit une pmcessléb du corps de Dim, àfin d'obtenir la délivrance de notre cité , envahie par une peste
affreuse, qui apportait tant de douleurs et de souffrances , que Toa ne peut encore envisager qu'avec effroi cette désolante période de nos annales. Dans ces jours d'angoisses et d'espérance, nos pères se lièrent , sans doute , par une promesse solennelle , et quittèrent leurs ancien* nés armoiries pour adopter celles de la ban« mère du Saint^Sacrement» où Ton voyait on orme de sinople • chargé d'un ciboire d'or, surmonté de la Sainte hostie d'argent, et la devise Cinitas Vienna Saneta. Les Viennois sjouièrent pour timbre la couronne comtale et pour sup* poris deux aigles ^ souvenir de leur impériale domination.
Palmier eut la gloire d'achever et d'embellir réglise de Saint-Maurice. Ce docte prélat aimait et protégeait les savants ; il en attira plusieurs à Vienne , parmi lesquels nous remarquons le malheureux Michel Servei qui , victime delà vengeance et de la haine de Calvin, fut supplicié à Genève en 1553.
Après un long apostohil et une vie austère et sans reproche» notre archevêque^ en pour se préparer A la mort, se retira dans son abbaye de ftebais , oii il décéda avant la lin de cette même année.
les
Charles de Mariilac t aaecessear de Pierre Pal •
mier, est le. premi^^ qui parvint à la dignité d'arcbevéqne de Vienoe • en esécotion du concordat de 1515, et d'après uu brevet du roi Henri II daté da 1556. Mariilac naquil à Qermont, en Auvergne^ son père éiait contrôleur général des finance» 4tt duc de Bourbon. Il fil d'excellentes études, devint ensuite avocat au parleoient de Paris^ où il se distingua par son éloquence. François l^' lui confia plusieurs ambassades imporiaaies. Il fut maître des requêtes , chef du conseil privé ;;^et, sans avoir le temps d'en connaître les obligations i passa promptement des occupations du cabinet aux saintes fonctions de répiscopal. D'abord^ abbé de Saint-Pierre de Melun , il parvint à l'évéché de Vannes , et enfin , au jsiége aiMi^biépiscopal du primat des primats.
Le règne si court de François II est remarqua- Ue par les progrès de rbérésie de CaWin, dont il faut aiiribuer la marche rapide plutôt à la politique de Catherine de Médicis qu'à la conviction religieuse. Mais on doit aussi le dire , la trop grande opulence de Téglise» la multiplicité de ses riches monastères , avaient fait naître un excessif relâchement dans la discipline ecdé* siastique, dont les conciles provinciaux cher-
chaieni vainement à rétablir la régaiarité t en
s'occupanl d'une réforme pkis réelle que celle des novaienra. D'un antre e6té , Genève inondait nos contrées d'écrits dans lesquels on employait contre notre religion Vanne dn ridicule.
Les premiers mouvements des armées protestantes eurent lien en Danpbiné ; elles s'emparèrent de Valence et des prêches eurent liea publiquement dans TégUse du couvent des Cordeiiers. Une foule de nobles armés accompagoanl les prédicateurs réformistes fK>nr les préserver de toute insulte. Romans , Moniélimar et plusieurs autres villes suivirent reienq[>!e de Valence.
Dans rassemblée des notables tenue à Fontainebleau, le28 août 1 560, Tarchevêque de Vienne prononça un discours très-remarquable eu il développpaît les moyens propres à prévenir les troubles qui menaçaient la France. Deux mois plus tard I rapproche des maux qu'il redouiait le mettait au tombeau* à T&ge de cinquante ans; il mon rut dans l'abbaye de Saint-Pierrede-Melun oii il fut inhumé. Charles deMariliac laissa des mémoires manuscrits dont les copies sont très- rares. ' > -
Jean Y de la BrossOi abbé de Fontenay eu Bour-
gogne, entra solûiuieUrausiii à Viemie, le cUroier jour de juillel 1561, et au mois de mars de ranoée auivaiite t il en âortaii fuyant devaat le baron des Adrets. A peine cet archevêque était* il éloigné d'une jgurnée de métropole , que rarmée protestante y pénétra. Des Adrets se rendit de suite à Lyon, laissant la commandeoient de la place de Vienne à son lieutenant François du Xerrail, sieur de Bemins, qui permit que ses soldats se Hyrassent , dans notre cité , à toute espèce d'excès et de cruautés. L'effervescence s'étant peu-à-peu calmée, Jean de la Brosso revint àu milieu de ses diocésains au mois de septembre 1562 et demeura parmi eux jusqu'en 1667 , oii de nouveau Forage des guerres civiles le renvoya dans sa solitude de Fontenay.
A cette triste époque , nous voyons que notre ville , prise et reprise plusieurs fois^ eut beaueoap à souffrir des fiéatix politiques auxquels se joignirent les fléaux naturels , la disette et la peste. Les réformés , sous la conduite de MoUr* vans , ruinèrent les monastères de Sainte-Blandine, de Saint-Just» de Saint-Romain et Termi-^ tage de la recluserie ; brûlèrent les églises de Saint «Jean, de Saint-Yineeni / de Salnt-Sympbo^ rien, de Mavout et de Saint-Laurent-les-Cloitres ,
les édifices religieux, existants imra muroSf auraient subi ie même sort, èi Ton n'eoi craint que la ville entière ne devtot la proie des flan^-^ mes» et les Calvinistes se contentèrent de les piller et de les plus ou moins dévaster.
/ De sa retraite Jean de la Brosse ayant appris
h désolation de Vienne et ne se sentant pas assez puissant pour efibcei* ses pertes , se démit de sou archevêché en faveur de Vespasîen Gribaldi^ dont les richesses et la faveur pouvaient tourner à Tavanlage de son église chérie , lui laissant toutefois une somme assez considérable pour commencer les réparations de la cathédrale et du palais archiépiscopal qui avaient été saccagés. Gribaldi entra dans notre cité le 17 juillet 1569. La prudence de ce prélal et celle du gou* vemeur de Gordes préservèrent nos contrées des borreursde la Saint -Barthéiemy.
Pendant la maibeurense période des guerres religieuses, dont nous ne pouvons donner ici qu'un rapide aperçu , sans vouloir déprécier le mérite de nos pontifes , on peut dire qu'ils n'étaient pas doués du courage qui engendre les martyrs religieux et politiques, courage qui a sa source dans un caractère ferme et persévérant qui feit braver les obstacles ainsi que les dangers.
Les troubles el tes cal2Maiiilé& désolant son dio^ cèse , où rbérésie et la discorde civile avaient depuis peu fait de déplorables ravages, déta-* cbèrent Vespasien Gribaldi des iiooneurs terres* très. Eu 1575^ après un apostolat de six ans, il se démit de rarcbiépisoopat , abandonna de riches bénéfices et se retira dans le prieuré de Quiers, sa ville natale, située en Piémont.
Henri III nomma pour régir le siège do Vienne Pierre de ViUars» évôque de Mirepoix, qui prit possession le 30 juin 1576. Pierre de Villars , adonné de bonne heure aux études sérieuses, ayant fait son droit sous André Alciat et Hugues de Boncompagno , qui devint pape sous le nom de Grégoire XIII , reçut à 23 ans le bonnet de docteur » et embrassa l'état ecclésiastique , au* quel rappelait une véritable voeation , exempte de vues ambitieuses. Cédant aux pressantes solliciuitiona du cardinal de Tournon > il accepta révéché de Mirepoix.
Les avantages accordés anx calvinistes par rédii du 9 mai 1576 servirent de prétexle aux mécontents catholiques qui se déclarèrent contre Henri III, et, en s'associant, songèrent à se créer un gouvernement à leur gré. Le duc de Guise fut le chef de ce parti , qui prit le nom de
ligue saiiUe et bientôt enlaça toutes les provin* ce» da la Frande. Vienne Aevhit nue des places fortes des ligueurs » qui achevèrent sa ruine en y soutenant utt long siège.
Au commencement de Tannée 1588, Pierre IV déposa entre les mains du roi sa charge d^arehe* vêque , et obtint la permission de se retirer chez les Pères Cordeliers de MontoalUer , près de Turin. De cette solitude » il faisait chaque année diatribper la moitié de ses revenus aux pauvres du diocèse de Vienne. Ce pontife passa quatre ana dans les exereices de la pénitence et moarut le 14 novembre 1592. Son neveu et successeur, Pierre V de Villars, loi ferma les yeux ; et 6ribaldi , qui Tavait précédé sur le trône du primat des primats, vint de Quiers pour lui rendre les derniers devoirs et présider la cérémonie des fonérailles. Yespasien Gribaldi décéda dans un ftge fort avancé , car , le 8 décembre 1602, il sacra saint François de Sales , évéqne de Genève.
Quand Pierre Y de Villars s'assit sur le siège de notre antique métropole, il y avait longtemps que les évéques ne se montraient plus en chaire; mais ce docte prélat, surnommé le bon , se fit vu devoir de prêcher souvent , et même de catéchiser les personnes les plus simples. Il était re-
gardé coiooie le plus grand théologien cl le plus éloquent prédicateur de cette époque. Pierre V aimait et protégeait les savants, et une tendre amitié l'unit à eaiot François de Sales au cardinal XoUet età Baronius, que Ton appelle le Père des am^nahi $€ôl4nmstu/tiês.
Aprèi s'être rendu » par ses discours et par ses m?reS| le oMdèle de 9m troopeaa , quMJ goa* verna pendant onze ans » notre pieux archevêque se déchargea du poids de Tépiscopat sur Jérôme de Villars* son flrère, et» en 1598.» le jour de saint Jean TEvangéliste, il le sacra luimême dans réglise de Saint-^Maurice.
Le 8 juin 1601 , Jérôme de Tlllars annonça aux consuls qu'ils venaient de céder à des Capucins Tancien palais supérieur , afin qu'ils y établissent un monastère t et, effectivement, dix* iunt de ces Pères en prireni possession le 1^' septembre' 1604.
Après la Satnt-Barâiélemy, Charles IX et Catherine de Médicis demandèrent au pape Grégoire XIII la permission d'introduire en France Tordre des Capucins , se flattant de trouver dans ces moines un sûr moyen de diriger le peuple. UeRecollelSti^ Picpus, les Observantins, les Capucins , tous enfants de Thumble François
d'Assise , différaient beaucoup entr'eux pour l^abii el la faiçoa de vivre. Les Capacins avaient la léle rasée , la barbe longue , les jambes nues et portaient des iiandales aa lieu de souliers-, Ib ne se servaient pas de linge , et leur ample robo, | en grosse laine marroii dair, était serrée à It ^ ceinture par une corde et lorsqu'ils allaient ea viUe ou se meuaiett en qaéle • ils se couvraient d'un manteau court de même couleur orné de rimmense cafiucet^ cause d'une longue guerre entre les Cordeliers. Lia mendicité était une des obligations imposées à cet onlre Bmastîqfle; mais nous ne savoos pourquoi on y avait adopté le ns^UenieiU»
Lorsque la fièvre noire reparut dans notre j cUé , les Viennois eurent liest de se féliciter de Tarrivée de ces nouveaux religieux , qui se dévottière^ au servie» des malades avec le zèle qne donne la foi ; plusieurs périrent victimes de leur cjiaritéf et Us survivants no discoDMnttèreBt pas leur pénible et sainte tâcbe.
L^ réforme protestante eut sa période d'an*trainement et de vogue dans le Viennois ; pendant plusieujrs apnées les disciples de ce système non* veau furent même plus nombreux que les catholiques romains ; mai^ au débuit du nvp* sii^ i <^
ne voyaii déjà plus à Vienne que dix ou douze familles professant le caliKaisme « ei» loin d'ac* croître, les adeptes de ce culte dimiQuèreol encore chaque jour.
En 1607, à la suite des fléaux qui avaient dé« ûmé ses babitanu,la population de notre cité se rédaisait à six ou sept mille ftmes ; cependant ses pontifes y comptaient encore un clergé riche et puissant. Le chapitre métropolitain se composait de cent membres ; c#lui de Saint-Pierre avait un abbé, un doyen , ^ingt-deux chanoines » un enré , quatre prêtres et quatre coHégiés. A Saint-Martint le beau prieuré de Saint-Ruf renfermait quinze religieux -, le couvent des Pères Carmes, douze; edui des Dominicains » dix ; la oommanderie des Antonins , quinze ; et vingt-cinq pères Jésuites dirigeaient le coHége.depuis 160&.
Les communautés extra muros ayant été ruinées pendant les guerres civiles et religieusesip le clergé ne permit plus qu'on en élevât d'autres hors des murs d'enceinte; alors une multitude d'ordres cénobitiques, soutenus par le crédit de aos archevêques» envahirent Tintérieur devienne^ tnalgré les vives réclamations de nos consuls , qui se plaignaient que les trois quarts du territoire intra muros étant , par ce fait , exempt^ d*impdtSt
on en rejelait impitoyablement lout le poids sut les feads oon-prÎTtlégiéft»
Au commencement de 1608 , dix religieuses du noble chapitre de Sainte-Claire, dont le mo* nastère était précédemment à Sainte-Colombe, reçurent Tautorisation de s'établir à Vienne « ou elles achetèrent sne partie dn loeal appelé CharnevoM*
Le 16 août IMS, Pierre V de Villars décéda an château de Saint-Genis Laval , entre les bras de Jérôme de f niara , son frère et anceeeaeur. n
demanda que son cœur fut inhumé dans Téglise des pères Capu(^$ de Tienne et son corps dam celle des Jésuites de la même ville » et légua sa bibliothèque anx disciples de Saint-Ignace -, Vvm d'eux, le père Arnaud , prononça à Saint-Maurice roraison funèbre de ce saint prélat.
Le 2 mai trente religieuses ursulines ,
demandèrent à être reçnes à Vienne ; on y coo^ sentit ù condition que leurs bâtiments et jardins seraient seuls exemptés dt$ taillei. Ce menas- 1ère fut élevé à Toccident de Tabbaye de Sainl- André-le-Haut et à l'orient du collège i mes entre deux. '
Après un épiscopat de M ans, Jéréme de Villars mourut à Vienne le 18 janvier 1626. Sou
cttur réani à cdoi de Pierre-^le^Bon , fut placé
devant le grand autel de la chapelle dei Pères Capncins et recooTert d'ime plaque en marbre blanc portant cette inscription ;
FftATRVM. P£TRI. £ï M1£R. D£ VILLÂRS.