ARCHIEP. VIENN. CORDA HIC
SEPVLTA JACENT.
On déposa le corps de ce pontife dans le beau
mausolée qu'il s'était préparé lui*méme à Saint- Maurice» dans la chapelle de Saiol-Théobald* dès les premières années de son installation. Pierre VI de Villars, coadjoteur et parent da déftint arcbevêquei s'assit sur Tillustre siège du primat des primats» le «8 février
Le 27 juin 1630, on informa les autorités ▼ieiiBoises de la procbaine arrivée de dix reli*gieuses Bernardines. Le 17 juillet» les consuls s'opposèrent à leur installation, parée gne le nombre des communautés existant à Vienne était déjA trop grand ; mais ces dames les flécMreni en promettant de ne point mendier et d enseigner grstnitenMnt les|eunes filles pauvres. Ce nonvean monastère s'établit entre la rue Cuvière et la place des Capvcfns, dans le local oii sont actnellement les sœurs de Saint-Charles. Le 22 août
16S5, les Bernardines demandèrent à être dispensées (le payer les inipols.
Le 16 mars 1634, douze religieuses de Sainte- Marie, connues sous la dénominalion de Sœur$ de la Protidence ou de Saint- Joseph, solliciièrent Tautorisation de s'éiablir dans la maison de M. de Laporte, au dessous du fort Pipet. Ce couvenl était destiné à servir de refuge on de prison aux filles ei aux femmes de mauvaise vie. Les consuls approuvèrent sa fondation, et après le démantèlement de notre citadellOt les sœurs de la Providence prirent possession de loat le terrain au-dessus des fortifications, et s'en fireai un enclos.
Dix religieuses Annonciades ou CeUsUs bUm, ordre fondé en Italie par Marie-Vicloire Siraia, le 30 novembre 16A5, présentèrent une requête pour avoir la permission de se fixer à Vienne; mais craignant d'éprouver de Topposition, elles arrivèrent le même jour ei s'installèrent dans une maison qu'elles avaient fait acheter procbe de Taucicn palais des Canaux, cl, en mai 1654, obtinrent des lettres -patentes qui les affranchissaient de toutes contributions.
Le 14 avril 1640, une confrérie s organisa sous le nom de Pénitenls blancs de iV.-Z). de Confalmr
sa chapelle et ses dépendances furent élevées à roccident du collège et M sud des roinesde Fancien prieuré de St-Blaise« Les statuts de cette assoeiation portent pour titre : Miroir du Péni^ Uni blanc; ils ont été imprimés à Vienne, chez Aimé Pansard^ et forment un volume in-12 dédié i Pierre YI de Villars.
En 1644', dix religieux de Saint- Augustin solli* citèrent instamment leur admission dans Vienne sans pouvoir Tobtenir. L'année suivante* ils ordonnèrent les réparations de la maison formant rangle de la rue des Clercs et de la Boucberie. parce qu'ils voulaient la transformer en communauté ; mais les consuls leur signifièrent de suite une opposition, notifiée aussi à Tarchevêque, auquel ces magistrats représentaient que« depuis quarante ans, diverses corporations monacales possédaient plus d'un cinquième des habitations de la Tille, ce qui était hors de toute proportion avec la population civile; que le collège tenait un vaste emplacement, dont il avait fallu expulser les possesseurs ; que les Capucins, les Bernardines, les Bénédictines, la Providence, les Ursulineset les Cai mes, occupaient la plus grande partie de la haute ville » sans payer les taxes précé* demment imposées sur leurs pi^opriétés ; que les
chanoines de Saint-Maurice, de Saint-Pierre cl de Saioi-Sévàre, avaient également de beaux enclos et de nombreuses maisons pareillement tffrancbies des tdiUe&; qu 'enfin il existait déjà dixneuf églises, dont sept seulenient étaient érigées en paroisses, tandis que toutes les autres appartenaient à des cbapitres ou à des monastères; ils terminaient leurs remontrances en priant les Augustins d'aller diercher fortune ailleurs. Uinsiitut de ces religieux tenait le quatrième rang parmi les ordres faisant profession de ^ivre d'anmoues journalières^ et les Pères Capucins, que leur arrivée inquiétait* adressèrrat d'bumblei supplications aux consuls pour obtenir que leur congrégation eût seule le droit de mendier à Vienne. Toutefois les Augusiins, soutenus par TArcbevéque» ne se découragèrent pas, et leur persistance fut couronnée d*un entier succès ; car ils reçurent de M"'' de Su2e*Meximieux un legs assez considérable pour qu'ils pussent vivre ssm recourir à la cbarité publique. Alors les Capucias se rangèrent de leur c6té ; les justes doléanoei de nos autorités restèrent sans effet» et ces religieux , arrivés le 30 décembre I6469 s'instaliè* rent dans une maison qu'ils avaientacbetée proche de rbôtel-de^ville aauel et remplissant ïwpi»
?ide aojOQrd'Iiiii entre les deux façades UlArales de ce monument et même une portion du terrain str leqvel sont élevées ces mêmes ftçades.
Ne laissons pas de mentionner les noms d'Adrien Serves, religieux Augustin, natif de Cessieu -, de Cyprien de Ste-Nalhalie, de la Côte-St-André, et de Jean d'Anthon, de Beaurepaire, abbé de Langle eu Poitou, chroniqueur et poète de Louis XII ; dont on conserve les manuscrits A la bibliothèque royale.
Malgré les avantages qu^en devaient tirer les
ennemis du catholicisme, d'inconveiiantes bouffonneries se mêlaient encore à la plupart des cérémouies religieuses. Pierre YI modéra, combattit et détruisit autant qu'il put ces momeries ridicules. Après avoir noblement porté le fardeau épiscopal» ce vénérable doyen des églises de France, frappé d^apoplexle, mourut à Tupin, près de Condrieu, le 25 mai 1662. Rapporté à Saint-Maurice, ainsi qa'il Tavait demandé, sans aucun appareil fastueux, on déposa son corps, à neuf heures du soir, dans la chapelle de Saint- Théobald, auprès de celui de Jérôme de Villars. Le 27 juin de la même année, Henri de Villars, neveu et coadjuteur de Pierre YI, fut solenneU lement intronisé.
Trente quatre ans s'éconlèreot sans que de nouvelles corporations religieuses se présentassent à Vienne; mais, en 1670. huit sœurs de N.*0« de la Miséricorde obtinrent Tenregistrement de lettres- patentes qui leur avaient été ac« cordées Tannée précédente, autorisant leur établissement dans cette ville, où elles élevèrent qb couvent sur les débris de l'ancien prieuré de Saint*Blaise. local que leur donnèrent les demoiselles Thevenin et de Sauvignes; cet emplacement s'étendait delà place des Capucins jusque vis-à'Vis les Pénitents blancs. L'habitation, à peu près conservée , sert actuellemeol de logement i plusieurs familles.
La première maison de la Miséricorde ou des Béates avait été fondée à Aix» en 1637, par Marie- Magdeleine de la Trinité et le Père Yvan, pour y recevoir les filles de qualité sans fortune^ qui s'obligeaient à quêter au profit des pauvres honteux, dont elles s'occupaient spécialement
En 1681 , Henri de Villars posa la première pierre d'un vaste séminaire, qu'il mit sous riovocation de saint Mamert. Il plaça à la téte deeet établissement quatre oratoriens ; de ce nombre était Massillon , qui fil à Vienne ses essais dans Tart oratoire , pendant qu'il y enseignait la tbéo-
logie. Les oraloriens reconnaissent pour fondateur saint Philippe deNéri ; mais c'est le cardinal Pierre de Bériille qui les introduisit en France. Suivant Bossuet. dans leur célèbre congrégation, où Ton n'est lié par aucun vœu • on obéit $an$ dépendre e$ on gouverne eans commander. Les Jésuites trouvèrent dans cette institution de redoutables rivaux comme professeurs religieux et littéraires. Une partie du séminaire sert maintenant de demeures particulières , d>ntrep6t et de magasin de fourrages.
Sous Tancien régime , ainsi que nous l'avons déjà remarqué , le clergé jouissait de prérogatives qui n'étaient pas du droit commun • et la plupart des monastères oblenaient facilement rannibilation de tout tribut. Toutefois , malgré les exemptions accordées aux corporations cénobitiqaes fixées à Vienne, le nombre des feux de la ville ne diminuait pas, et à chaque éiablissement de nouvelles communautés religieuses , les propriétés des laïques éprouvaient une surcharge d'impôts. Les autorités viennoises se virent alors obligées de prendre le parti d'acheter les maisons et les terres dont les possesseurs annonçaient vouloir se défaire ; elles les revendaient ensuite à des personnes n'ayant pas de privilèges et qui
prenait rengagement de ne les céder ni à de»
nobles, ni à des gens d^église ou de main-nortie. Le factotum que Ton employait ordinairement peur ces aequisitions et aliénations se nsomiîah Gargat. Le domaine de Grange-Meuve, situé au hameau de Yimén9f confinaiti an niidit le clos de l'abbaye de St-Pierre {aujourd'hui le Champ-de* MuLfê) et s'éieudaii » ep kngeant le Rliône « jus* qu'au-delà du cénotaphe. Les ctianohies de Saint- Pierre aTaient Tintention d'egouter à leurs biens* fonds la loialilé de cette terre, mise en vente par le sieur Mardin. Gargat « prévenu à temps , racheta pour la ville , qui la revendit en parties brisées et aux conditions que nous venons de mentteiiner. Gargat en acquit vue portion qui , à raison de la victoire remportée sur le noble cha* pitre , fut appelée Oargalie.
Les Minimes éprouvèrent plus d'empêchements pomr se fixer à Vienne , qo6 les antres ordres ma* nastiques. Dès 1525 , dans le but de s'y faire admettre , ils présentèrent une demande aux ma* gistrats de cette cité, promettant d'élever à leurs frais la chapelle de leur eoiif ent , de payer ks impositions, et observant même qu'ils seraient pea à charge aux habiunts» parce que leur saisi t'ondateur, outre les trois vœux de religion, avait
impose à ses disciples, celui de ne manger ni viande , ni œub , ni beurre , ni fromage , ni laitage. Ces considérations , à certains égards, n'attendrirent point les consnla, qui , d'accord avec les Pères Capucins « repoussèrent unanimement les disciples de saint François de Paule. £n 1636, les Minimes se représentèrent encore ; mais les trois ordres réunis rejetèrent leur requête. Nullement abattus par ces écbecst ils s'adressèrent à Louis XIII et reçurent de ce monarque , par lettres - patentes , la permission de s'établir à Vienne^ à condition qu'ils diraient la messe à kuis-clos t sans sonner les cloches , et acquitteraient les tailles. Armés de ces pouvoirs , ils arrivèrent aussitôt; mais voyant que. clergé, noblesse et tiers-état, étaient prononcés contr'eux , ils prirent le sage parti de se retirer , attendant une époque plus favorable. En 1683, à plus d^un demi-siècle de distance, ces moines obtinrent enln Tacqulesoement désiré si longtemps , avec la close formelle qu'ils ne feraient aucune quête et se conformeraient aux ordonnances prescrites par le roi. Toutefois , nous avons la preuve évidente que rentrée de leur oratoire fut bientôt permise aux fidèles , car Henri Oswald de la Tour^d' Au vergue, archevêque de notre cité, dans
un mandement de i725| le désigne pour une des stations du jubilé.
L'austère ermite de la Calabre , saint François
de Paule , par humilité • imposa aux religieux de rinstitut qu'il fonda en ii35 , le nom de Minimes ou de derniers entre tous , et leur donna pour devise le mot charité. Mais les gens do monde , qui admiraient beaucoup leurs vertus évangéiiques » les appelaient bom hommes. Plusieurs de ces buns hommes , malgré Textrême rigidité de leur règle, méritèrent, par de savants ouvrages, une place dans nos biographies. Parmi ceux de noire province , on remarque : Jean Gbapot , qui écrivit la vie de sait François de Paule ; Auctoul de Romans , qui a laissé une chronologie latine , intitulée Epoea mundi: el Uilarion de Coste , auteur de Téloge des Dauphins du Viennois, d*un traité sur la noblesse do Dauphiné • d'un catalogue des gouverneurs de cette province , de Thistoire religieuse du XVI* siècle, des éloges des rois de France^ de ceux d*un grand nombre de dames illustres et d'une vie de sainte Elisabeth, reine de Portugal, etc.
Le vêtement des Minimes dénotait la simplicité et la pauvreté. Us portaient un long froc d'étoffe grossière en laine naturellement noire, chaperon
et ceinture à cinq nœuds de même maiière et de semblable coulear , et paur chaussure des sandales de cordes ou de joncs. Ces Pères habitaient ici daos la Graad Rue, vis-à-vis Téglise de Saint- Georges. '
Âu début de sonépiscopat, Henri de Viiiars se montra libéral et magnifique , mais ensuite la bienfaisance dirigeant ses démarches et présidant â ses œuvres , il régit sa fortune en fidèle économe^ non pour lui seul» mais pour les indigents à qui il venait en aide avec une tendre compas** sioni et pendant une époque de disette il leur donna chaque jour huit quintaux de pain. Ce prélat s'imposa l'obligation de résider dans sou diocèse » et n'en sortit que comme député de sa prevince, pour assister aux assemblées générales du clergé. Il travailla avec ardeur à déraciner les abus qui, si souvent, avaientexercé le zèle de ses prédécesseurs.
Le règne des de Villars lient une large place dans les nobles souvenirs de notre vieille cité. Henri est le cinquième et le dernier de cette illustre famille , qui occupa le siège des Mamert et des AvU. Après une administration de trenteun ans et six mois » il mourut dans son palais archiépiscopal, le 27 décembre 1693; son corps
foc enferré dans la ebapelle de SaînI-ThéoMd. Massilion prononça le panégyrique de ce pontife, et il obtint tous les suffrages , immense socoè» qui engagea le Père de la Tour, alors général de Tordre , à appeler le jeune oratenr à Paris. Les armes des de Viliars sont d'azur d trois moleUea d'or^ au chef durgeni chargé d'un lion pasitaU • léopardé de gueules.
Armand de Montmorin gouvernait depuis sept ansTéglise de Die quand, le 16 avril 1694, Loui^ XIV le nomma Primai des Primais; il fut mis en possession de celte haute dignité ecclésiastique le 30 novembre suivant.
En 1702 , le Père d'Anlhon , chanoine de la maison de Saint-Barthélemy de Vienne , recevait de Tarchevêque de cette ville, avec le titre d*abbé général des Antonins > la consécration abbatiale.
La même année» Clément XI ^ à la sollicitation du roi de France, délégua Mgr. de Montmorin, les évéques du Puy et de Valence, pour faire une recherche exacte des actes de la vie de saint Jean-François-Régis , missionnaire de la eom« pagnie de Jésus. A la suite de longues fatigues et de macérations quotidiennes , le dernier jour de 1640 , à Tàge de 43 ans , Régis mourut à La Louvesc , petit village situé dans les agrestes
montagnes du Vivarais , à Tune des extrémités du yuBte diocèse de Vienne. Ce saint fut béstifié le 7 mai 1716 , et canonisé le 7 avril 1737.
Alors La Louvesc devint un lien de dévotion trèsrévéré et très -fréquenté. Aujourd'hui encore, de toiis les points de la France et même de i'é* tranger , de nombreux pèlerins vont acquitter quelques vœux près du tombeau de l'apôtre du Veiai et du Vivarais.
Nous possédons deux mandements d'Armand de Montmorin ; Tun, en faveur des Quinze-Vingts, porte in date du 6 octobre 1705 ^ Tautre, relatif à la canonisation du pape Pie V, est du 26 juin 1713 ^ il parut trois mois avant le décès de notre archevêque pour qui l'éternité s'ouvrit le 6 octobre suivant. Le 9 » on Tinhuma solennement à Saint-Maurice, dans la chapelle de Saint-André, et le 17 novembre 1713 i le Père Jean<Claude Basset, religieux Jésuite du collège de Vienne • prononça Toraison funèbre du pieux Montmorin, cent quatrième pontife de l'église viennoise.
Après un an et quelques mots de vaeance , François de Berthon de Grillon, évêque de Vence, succéda à Montmorin le 30 décembre 1714. Ce nouveau prélat était ferme et sévère par caractére f et les ctroonstances où il se trouva rendi-
renl , peul-êire, sa sévérité nécessaire. Il possédait d'aitleiirs les qualités les plus éminentes et gagoailà être connu. Un accident imprévu le mit au tombeau le 10 octobre de Tau 1720 , i râge de soixante-quinze ans. Il s'écoula un assez long intervalle entre la mort de François de Grillon et la nomination au trône archiépiscopal de Vienne du prince Henri Oswald de la Toord^Auvergne , dont la consécration eut lieu le 20 août 1722 » avec l'imposant appareil qu'exigeait cette cérémonie religieuse.
Lundi matin 29 janvier 1729 , dans le chapitre dé Teglise primaliale de Vienne où étaient assemblés , au son de la cloche et à la manière accoutumée , révérends seigneurs et messieurs Charles de Rosset de la Martillière, doyen; Pierre-César de Vellein , Aimé-François de Cor-
beau , abbé de Saint-Ferréol -, Claude-Didier Dubarry, Barthélémy Tholon, Pierre de Chaboudy capiscol ; Etienne Colomb, Laurent Carnet, Jean Pasquet, Geoffroy Pellerin , Pierre de Corbeau-de-VaulxserreS| sacristain; Annet Toussaint de la Baume , Jean - François Argoud , réfectoriers ; André^ Boiron , ; vicaire général ; Pierre de Loras » précenieur ; Joseph Penin , Jacques Guillot , Joseph Riondet , Ennemond de
Gère - MalvitMix , Pierre de Brèves , Tuillier , secrétaire ; tous chanoines capitulants;
Messieurs François de Pérouse et Braysset .
théologal , nommés par délibération capitulaire du 3 du même mois, pour régler, avec Tarchevéque de notre ville, la forme d'un service annuel et perpétuel que sa grandeur désiraîl fonder et pour lequel elle offrait dix mille francs au chapitre , ont lu le rapport renfermant les Intentions de monseigneur de la Tour-d'Auvergue qui demandait que, tous les ans, à Tépoque anniversaire de son décès , il fut fait à Saint-Maurice un service commémoratif • c'est-à-dire, que dès la veille les vêpres des morts seront chantées après celles du jour ; pendant Tofflce on sonnera l'oseille, ainsi que le soir après la saluiation angélique. Le lendemain on dira matines des morts, la grand-messe, le lihera, Tabsoule et les sept psaumes. Au milieu du chœur on élèvera une estrade snrmontée d'un dais ; sur cette estrade sera placée une représentation entourée de douze flambeaux portant les armoiries de son altesse ; ces mêmes armoiries décoreront les cierges du grand-autel , ceux de la crédance et les quatre pans du dais. Le saint sacrifice devra être célébré par le doyen des chanoines on le vicaire général.
Les hebdomadiere ou les archidiacres remplironi
les foacUoas des diacres et sous-diacres, les précenceurs composeront la chantrerie* les coadjuteurs chanteront le graduel,, et les deux plus aadens membres du chapitre, le trait et de suite la prose. Messieurs les chanoines supplieront les poDtifes successeurs du prince de la Tour-d'Auvergne d'assister à cette cérémonie funèbre et de faire Tabsoute. Les cinq consuls de Vienne, le juge archiépiscopal et les officiers de la justice, y doivent âtre invités trois jours d'avance et auront leurs places réservées comme pour le Te Deum. Le chapitre métropolitain, adhérant aux propositions présentées, remercie rarcbevéqoe par Torgane de ses délégués et lui promet, ea outre, qu'un service de même ordre sera également célébré pour M. de Montmoriu.
Mgr de la Tour-d* Auvergne fit avec succès ses études à Strasbourg. Quand il les eut achevées, il embrassa Tétat ecclésiastique , fut successivement chanoine et grand prévôt de la cathédrale du chef-lieu du Bas-Rhin, abbé général des bénédictins de Cluny et de tous les monastères observant la règle de cette congrégation; vicaire général de monseigneur de Montmorin, il devint archevêque de notre diocèse, et, en 1737, le
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pape CtémailXIl le promnl à la dignité de prince
de réglise. Ce prélat, savant et érudit, parlnii l'aUemand et le latin ttec la même Cnoilité que
Je français.
Le cardinal d'Auvergne, dès Tannée 1740,
reçut de Rome les dessiqs et le devis du mausolée qu'il voulait élever à la mémoire d'Armand de Montmorin, mais les caisses eonienant les pièces de ce cbef-d'(Buvre n'arrivèrent à Vienne que troie ans plus tard , parce que la iotte anglaise commandée par l'amiral Matbev^s faisait alors croisière. Lorsque Parchevéque Henri Osvraid 3'aperQut que la beauté du monument qu'il pla** çait dans Fabside de la métropole et la simplicité du maitre-autel étaient une discordance peu convenable avec Pimposante majesté de Téglise, rempli de magnanimité et d'affection pour cette épouse bien-aimée et voulant de nouveau contribuer à son embellissementi il demanda à Slodtz de lui envoyer le modèle d'un autel en marbre de différentes couleurs où le jaspe et Talbàtre fussent employés comme ornement.
Arrivé à cet âge avancé où Ton dirait qu'à vesure que le corps se courbe vers la terre, Tâme s'élève vers le ciel, notre vénérable ponllfe éprouva le besoin , avant de disparshre de la scène du
monde , de se reposer et de se recseUlir quelques instants. Le mercredi 17 mars 1745, il quitta Vienne après avoir entendu la messe s Si Maurice et prié sur la tombe de Montmorin, laissant an chapitre le soin de faire poser le magnifique autel qu'il .venait de lui donner , et son cbapeau de eardinal qui , à son décès , devait être appendu à la voûte du sanctuaire. Ce prélat mourut à Paris le 82 avril I7&7, âgé de soixanteseize ans. Le duc de Bouillon envoya à Strasbourg le cœur de son digne oncle pour qu'on le déposlt près du tombeau du prince de Turenne , neteu à la mode de Bretagne du cardinal d'Auvergne, dont le corps apporté à Vienne, ainsi qu'il eo avait exprimé la volonté • fut inhumé dans la cbapelle de St-Joseph de l'église de St Sévère, où il resta jusqu'au 28 mars 1748 , jour où Ton desceadit solennellement ses restes mortels et ceux de monseigneur de Montmorin dans le caveau du magnifique mausolée qui décore si grandement notre antique basilique. Sur la pierre qui les recouvre on grava ces mots : Mens una, cinis unni.
Christophe de Beaumoot du Repaire , né en 1703 , au château de la Roque , près de Sarlat, dans la Dordogne, deviqti à Tàge de 38 ans» évé-
que de Bayonoe. En 1745 , Louis W nomma ce
prélat archevêque de Vienne, et. sept mois plus tard^ archevêque de Paris ; mais des qaerelles religieuses le firent bientôt exiler de la capitale.
Le 6 février 1747 , un mandemeoi du chapitre de Saint-Maurice prescrivit les formalités à observer pour la récepiioD de Jean d' Yse de Saléon. Ce nouveau pontife, natif de Grenoble , était évéque de fihodez lorsqu'il fut promu au siège archiépiscopal de notre cité. Son zèle ardent contre Us Jansénistes causa sa prompte élévation. M. de Saléon a composé un grand nombre d'ouvrages . parmi lesquels nous remarquons ses mandements sur Tusure et sur les confesseurs trop fiiciles , et son grand catéchisme diocésain. Cet archevêque austère et érudit expira le tl février 1751 ; on riuhuma dans la chapelle de Saint-Théobald. Il eut pour successeur Guillaume d'Hugnes^ évéque de Nevers, qui fut intronisé le 31 décembre suivant. C'est soos son pontificat qu'en 1761, Claude Charvet , chanoine de Saint-Donat, ancien curé deSaint-André-le-Bas, chanoine archidiacre de Téglise de St-Maurice , du titre de la Tour, fil imprimer à Lyon» chez Cizeron, VHiHoire de la sainte église de Vienne , en un volume in-&*.
Après plusieurs années de discussions , le 21
juillet 1773, Uément XIV donna le fameux bref qui prononce Textinciion de la compagnie de Jé6U6 dans toute la chrétienté. L'ambition » les envahissemrats politiques et la puissmœde cette savante corporation causèrent sa perte. Le diocèse de Vienne a fourni à Tinstilut des Jésuites des religieux d'un rare mérite , parmi lesquels nous pouvons nommer : Claude Brenier , Claude Basset , Louis-Antoine de Chàteauneuf et Barthélémy Baudraod , qui naquit dans noire cké en 1702 et y décéda en 1787, Les bibliothèques chrétiennes doivent à copieux prêtre: LAmeilevét é Dieu par les réflexions et les sentiments ; VAme êur U Calvaire trauvani au pted de la Croix la consolation dans ses peines ; L Ame éclairéepar les oracles de la sagesse; VAme contemplani les gran^ deurs de Dieu ; VAme affermie dans la foi ; Les Fanégyriques des Sainis , e$e.
Déjà , depuis 1762 , les disciples de saint Ignace ne dirigeaient plus le collège de V ienne » oii ils avaient fait des élèves distingués , dans le nombre desquels nous ne pouvons omettre de mentionner: Pierre de Boissat, Denis«>Salvaing de Boissieu t liicolas Cboriery Jean-Elie Lérigetde la Paye , Jea»-Françoîs Léri^el de la Faye> Antoine Gachet d'Artigny et Barthélémy Baudrand.
Goillaume d'Huguc» mourut en 1774» laissiiit
une grande réputation de venu et même de sainleié ; peu de mois après» Jeaii*Gcorges Lefranc de PompignuQ le remplaça.
Leiiranc de Pompignan reçut le jour à Mon tauban , le 22 février 1715. 11 commença ses études à Toulouse et les continua à Paris « au collège Loois-le-Grand , et fit sa théologie au séminaire de Saint-Sulpice. L'abbè Couturier, directeur de cet établissement , reconnut en ce jeune prêtre une profonde piètè et un véritable talent ^ et il ne cessa de le protéger. M. de Pompignan devint bientôt chanoine archidiacre de sa ville natale » premier aumônier de Louis XV, et, à Tâge de 29 ans, évéque du Puy. Il fut sacré le 11 août
M. de Pompignan s'aperçut avec tristesse que
Taniique ferveur religieuse qui distinguait le Velay y était .presque éteinte , et » pour la rani* mer, il appela à son aide le Père Bridainc , missionnaire doué d*un zèle ardent, d'une riche imagination et d'une éloquence naturelle et sublime. Bridaine possédait aussi Tart si difficile d'attirer et de soutenir l'attention de ses auditeurs. Quelquefois il les égayait pieusement; mais bien plus souvent il faisait couler leurs lar-
mes. M. de Pompigoan prit part à tous les exercices spiriluels, donna loi^méme des conférences, prononça plusieurs discours , et entin obiini le changement qu'il désirait opérer dans les halntudes et les moeurs des habitants de son diocèse. Ce vertueux prélat , profitant du loisir que loi laissait le gouvernement de ses ouailles , se plui à combattre les ennemis de la foi ; il écrivit plusieurs ouvrages en faveur du christianisme , qui lui valurent la haine des sophistes et Tadmiration des catholiques. Louis XVI venait de ceindre la belle couronne dont les brillantes fleurs cachaient encore les douloureuses épines , lorsque , pour récompenser les utiles travaux de révéque du Puy, en 1775, il le nomma archevé* que de Vienne. M. de Pompignan prouva qu'il méritait cet honneur, et n'en fut point ébloui, il ne négligea aucun des .devoirs Imposés par cette baute charge; personne n'aima plus que lui à soulager Tinfortune. Il ne discontinua point ses travaux littéraires et rédigea Tavertissemeni aux fidèles et un excellent catéchisme» moins volumineux et plus intelligible que celui de M. de Saléon. En 1781 , il fit un mandement contre les œuvres de Voltaire , qui défend aussi la lecture de celles de ftaynalet de Jean - Jacques Rous*
seau. Ce mandement lui alUra un grand nombre d'iojnres de la part des admirateurs de ces auteurs , alors fort en vogue. M. de Pompignan présida avec une noble dignité les états provinciauiL , réunis à Aomans , et mérita d'être député aux états généraux. Partisan de la liberté du peuple et séduit par de fausses apparencesi il se réunit au tiers-état avec rarchevéque de Bordeaux, et les évêques de Coutance , de Chartres et de Rbodez. Au mois de juillet ^ il fut élu président de l'Assemblée nationale , et , peu après , désigné pour foire partie du conseil royal , il devint miuiâitre de la feuille des bénéiices. Ne pouvant plus résider dans son diocèse i il donna sa démission du titre d'archevêque de Vienne. Le lOjuillet 179a Jorsqne la msgorité de T Assemblée nationale adoptait déjà les articles de la constitution civile du clergé , Pie VI envoya à M. de Pompignan une bulle blâmant ces nou • veaux décrets , et le chargea de défi)urner le roi d'y apposer sa sanction. Notre pontife craignit peut-être de commettre une imprudence en publiant ce document, ou n'en eut pas le. temps. Quelques historiens lui reprochent avec amertume cette omission et son inactioUi oubliant que, le 17 aoâl suivant, il fut atteint d'une grave
maladie , qui ae lui permii plus d'assister au | ooDseil royal, et le mil an loi»beaii le 29 décem* bre. Aien n'est plus difficile que de foire la pari | des eircoBStaûces et de peser a^ec une eiaoïe '| équité la conduite des hommes politiques obligés de traverser les orages populaires ; et toute per- | sonne célèbre est alors destinée à recevoir Téloge ou rimprdbation de ceux qui jugent ses œuvres ou ses principes. Fervent catholique, orateur dis* tingué, habile écrivaiOi iMé par les uns, déprécié par les autres , souvent victime de la calomnie 9 le sage et savant Pompignan , qui fut toujours digne des saintes fonctions épiscopales, laissa d'honorables souvenirs.
C'est au milieu des agitations populaires et des conflits de nos discordes civiles , quand la dignité royale éprouvait une décroissance progressive et lorsque le malheureux Louis XVi s'acheminait à sa perte et la bâtait môme par sa faiblesse, que, dans les derniers jours de 1799 , Charles-François Daviau du Bois de Sanzai. vicaire général de Poitiers, fut préconisé arohevéque de Vienne, et^ le premier janvier suivant, sacré au séminaire de Saint-Sulpice par Mgr Deg&anjr. nonce du pape. Le 1'^ mars, Mgr Daviau entra solennellenientdans sa ville archiépiscopale. Le
clergé, les coofrériet» les séminarUtes, le principal, les régents, les élèves du collège et diverses Gorporatioas allèrent au-devant de Sa (Grandeur jusqu'à Bon-Accueil. Le maire « les échevins ei toutes les autorités civiles, Tatténdaient à la porte de la cité sainte. Le maire le complimenta» ce magistrat et tous les autres fonctionnaires se joignirent an pienxoortége qui, au bruit des fanfares de lagarde urbaine, uni aux joyeuses volées des clocbest accompagnèrent le primat des primats jusqu'à Saint-Maurice. A rentrée de cette antique métropole» il fut reçu par M. De Grandval« remplissant les fonctions du doyen absent. Ce chanoine conduisit Mgr jus* qu au siège primatial , noble héritage de tant de saints et illustres pontifes.
M. Daviau. tout entier auit devoirs de son ministère, par sa vie simple et sans faste autant que par la vivacité de sa foi , était digne des siècles pieux ou vécurent saint Mamert. saint Léonicn et saint Isique ; mais, sans déprécier ses belles qualités , on peut dire que ce prélat avait des sentiments et des idées peu en harmonie avec les besoins et les exigences d'une époque de réforme et de crise sociale, car son âme ardente ne pouvait dissimuler , surtout quand elle croyait les intérêts de la religion compromis. 9
Après avoir vainement essayé de toutes les ressources du pouvoir absolu pour remédier aux.
abus de Tancien régime et coqjnrer la tempête, les trois ordres réunis avaient procédé à Téleclion de l'assemblée nationale ; assemblée qui , à force de travailler à ratlranchissement du peuple, hâta sa ruine. Une illusion et une panique générales fascinant alors les esprits , les conduisit fort au-delà du but qu'ils croyaient atteindre ^ des cardinaux et d'autres membres du haut clergé, des nobles de la plus antique lignée» demandèrent, les uns, non-seulement la suppression des dîmes, mais encore celle des vœux monastiques et la vente des biens d'église ; les antres , Tabolilion des titres, des blasons, des servitudes, enfin de tout ce qui rappelait le système féodal et lesprit chevaleresque. Ces offrandes et ces abandons furent acclamés avec transport « et pourtant peu de jours s'étaient à peine écoulés, que le repentir courait vainement après des sacri • fices dont quelques uns, quoique nécessaires, étaient intempestifs ou imprudents» et de tous les points de la France clergé et noblesse protestaient inutilement contre des désistements , fruits du délire ou de l'irréflexion.
On chargea quelques membres de la munici-
palité viennoise de se rendre dans les différentes communautés de notre cité, pour annoncer à leurs paisibles habitants quel bénéfice de liberté leur accordait la loi du 13 février 1790. £xcepté les Pères capucins, les autres moines, peu nombreux alors à Vienne, profitèrent de la permission qui leur était offerte. Quant aux religieuses , elles montrèrent presque toutes un sincère attachement pour la vie cénobilique, en restant héroïquement dans leurs pieux asiles jusqu'en 1792. Ces personnes, que le monde regardait comme des victimest à peu d'exceptions près, étaient contentes de leur sort et s*estimaient heureuses; leurs pensées élevées vers une autre patrie , leurs esprits occupés de pratiques de piété et des devoirs de leur état, s'égaraient rarement hors des murs deFenceinte claustrale. Mgr Daviau, le 22 août, dans une lettre pastorale au clergé régulier el séculier et aux fidèles de son diocèse, leur adressa des exhortations dont voici quelques fragments : « Ne vous laissez point ébranler par les per^ « sécutians qui vous arrivent ; vau^ n'ignorez « pas que nous y sommes destinés. Ames reli- « gieuses, donnez une attention spéciale à ce que « vous dii ici le saint apôtre. Ce fut pour vous « un beau jour» sans doute, quand vos vues et
a voft affections, vous élevant aa-de&sus de&
tf choses du siècle . vous lui dites un éternel « adieu. Les prédicateurs de 1 évangile s'empres- « saient de monter à la tribune sacrée pour célé- « brer ce magnifique triomphe » et ils ne maa- « qoaient pas d'en attribuer Tbonneur à la foi. \ « £b bien ! si votre gloire alors et votre bonheur a furent de vous montrer attachées a Jésus-Christ c par une foi sincère, vos avantages se sont ac- « crus; aujourd'hui il ne vous est pas seulement « donné de croire en lui » dit son apôtre » mm « encore de souffrir pour lui. Point de raurmutt reS| point de plaintes, sinon de celles qui s'a- <r dressent à Dieu et n'ont rien d'amer. Cenx « qui vous prodiguent les mépris et vous bais- i « sent, aimez-les. Ne vous laissez point vaiBcre I « par le mal, vainquez platôtle mal par le bien. » | Le 8 septembre, M. Daviau adhéra, avec j presque tous les prélats français, à la motion de 1 M. de Boisgelin . archevêque d'Aix. établissanlle I droit de propriété da alergé ainsi que Tintérét de 1 la nation à la lui conserver, et demandant la | réunion d'un concile national. Le 11 novembre, 1 dans un avertissement au clergé et aux fidèles, j Mgc Daviau protesta contre la constitution civile, et cette protestation lai attira ranimadver-
Sdi
sîM do pani qai domimil alors. Dès le 17 du
même mois, rassemblée départementale réunie i Vienne signtia à ce pontife le décret sanctionné par le roi , qoi supprimait son diocèse, et , en lui imimant Tordre de cesser ses fonctions épisco • pales, frappait également d'interdit les chapitres de ta ville. Le 25 du même mois, une foule tumultueuse envahissait l'archevêché elune visite domiciliaire y fut rigoureusement exercée; le lendemain vendredi , on ferma et scella les portes de notre antique cathédrale. Après ces actes d'amère affliction pour son âme, Mgr Daviau trouva momentanément un asile dans la famille Duvivier; toutefois il dut songer à s'éloigner non-seulement de Viemie, mais aussi de sa patrie, où toutes institutions et toutes croyances étaient abolies. N'ayant mis dans la confidence de son départ que iMM. Bertholet et Brochier , ses vicaires généraux , ters le milieu de la nuit du 80 novembre, notre archevêque et M. Bertholet traversèrent le Rhône dans un batelet conduit par le brave et dévoué Pichat , qui déposa les deux fugitifs sur la rive d'Ampuis. En partant pour l'exil , le dernier successeur de cette longue suite de pontifes Tiennois^ dont les premiers touchaient au Christ , et furent , pour ainsi
dire, les déposiiaires immédiats de sa doclrine, qu^ils sceilèreai de leur sang » eonfia one panie de la vive sollicitude dont ses ouailles étaient Folyeti aux soins vigilants de l'abbé Brocbier. Du château de M. d'Hareugs, notre prélat se relira dans les montagnes du Forez et alla easuite k Lyon, d'oii il se dirigea vers la terre étrangère. Nous ne le suivrons point à Saiût- Maurice-d^Agaune 9 à Chambéryi à Annecy, a fiome et dans les diverses contrées d'Italie qui raceueillirent ; mais nous mentionnerons cependant que, dans la plupart des lieux qu'il traversa, le Primat des Primais recevait une respectueuse ovation et une généreuse hospitalité.
Les biens ecclésiastiques , ceux des associa • lions religieuses et de charité , par une loi de 1790, avaient été aliénés^ le 9 du mois de février 1792, leur confiscation fut décrétée et on les déclara biens nationaux. D'autres décrets permirent ensuite aux municipalités de les revendre , et c'est ainsi qu'ils rentrèrent dans le domaine de la société privée.
A la législative avait succédé la conventioa. Quand cette assemblée, la plus omnipotente qui se rencontre dans I taistoire» ouvrit ses séances, vendredi 21 septembre 1792, il n'existait plus ea
France ni aulorilé ni croyanêe qui eut résisté
à la faulx révolutionnaire. La convention , à son toar, détruisit la vie même de la société : la produciion , le commerce el Tindustrie , et nous donna Tathéisme pour culte. Nous passons sans nous arrêter devant les faits de cette période , mélange confus de yices et de vertus , étonnant contraste de génies vastes, puissants et créateurs, et d'hommes flétris et abrutis par le crime. Durant les massacres affreux qui souillèrent Paris et beaucoup de villes de la province, Vienne eut ses jours de terreur et de déplorables excès -, mais, par une faveur toute providentielle , les bourreaux ne décimèrent pas ses habitants et aucune scène de sang ne souilla son noble et saint blason.
Il est peu d'épeque, comme la fin du XVIII* siècle , qui offre un aussi bizarre assemblage de superstition et d'incrédulité ; chaque jour on inventait un dogme nouveau et Ton niait ceux vénérés jusque-là. Les Conventionnels^ les Ther midoriens ^ le Directoire et le Conseil des Cinqcents , de même qu'autrefois Rome païenne, admirent dans la France chrétienne toutes les Divinités qu'on leur proposa, excepté le Dieu des chrétiens. Lorsque ces législateurs eurent fermé les églises , épouvantés de leur faiblesse contre
HB6 religion ftedéêittr la charité et <|al confond
l'orgueil sous le pesant niveau de Tégalilé devant Diaa, iln tftehèrent d^éteîAdro an» coeurs des Français la vénération qu'inspirait encore la sé- ¥èto motale de révaogile et les fAles du culte catholique, et crurent suppléer à ces solennités en iantUnaat dea daoaes et des repas civiques , des fêtes patriotiques, des fêtes funèbres et des fêtes religieuses.
Le 20 brumaire 1793, on inaugura dans la capiute la dégûtttapt^ £Ste de la raîsoa • et le député GKaimiietta êt mettre s«r le fronton dss temples celte iikscriptioo ; A la déesse Rmson, Au mois de mai I7fi, Haximilien Robespierre, cbercbaat a réédifîer ce qu'il n'avait voulu jus* qiie^là que détruire » ramena la révolutioA des abîmes de la démagogie jusqu'au déisme et chargea Barrère d'aftnoneer son nooreau irian de
religion, qui restituait à luuivers un Etre suprême et à Tbomme une ftme inunoftelle. On effaça donc
la dédicace des temples, de la raison pour y subsliioer eelle-'Ci : Ls peuple Frmmçmis weeofMsIt
lexisience de CÊlre suprême et iimmori alité de râme.
Le 16 janvier 1796 eut lieu, à Paris, la première réuoiou d'une secte nouvelle » connue sous le no»
de Théophilantliropisme. Elle s'empara successivement de la plupart des églises de la capitale , et se proposa de remplacer toutes les croyantes par la religion naturelle» dont Tinfluence n'a jamais été nuisible et , toutefois , ne safflt pas auit peuples civilisés. Lareveillère - Lépéaux fut le protecteur et le plus ardent apAtre de celle doctrine, dont les cérémonies se bornaient à des discours et à des chants. Prétendus déieuseurs de la liberté de penser, les Ihéophilantbropes se montrèrent pourtant persécuteurs fanatiques de cqu\ qui ne partageaient pas leurs erreurs , et professèrent, comme leur chef, une haine profonde contre le christianisme. Le 8 Juin 1799, Lareveillère^Lépéaux cessa de faire partie du Directoire. Privés de son appui et tournés en ridicule , le zèle de ses disciples se ralentit insensiblement et leurs temples devinrent déserts ; car à mesure que le pouvoir de Napoléon Bonaparte grandissait . les fStes reKgienses de la République s'empreignaient de catholicisme et réveillaient les antiques croyances de la nation. Déjà le 15 août 1797, lorsque la France était encore sous le régime dictatorial , les évéques assermentés ouvraient à Paris un concile national pour obtenir la pacification de Téglise et le rétablisse-
menl do cbrisUanisme dans notre pairie ; mai»
alors ils ne purent atteindre ce but.
Celle même année, quoique les lois de proscri|H tien ne fussent pas abrogées. Monseigneur Daviau rentra dans le diocèse de Vienne , qu*il parcourut secrètement , accompagné de quelques ecclésias- ' tiques. Il y trouva toutes les anciennes instito* | tiens abolies; dans sa cathédrale la croix était ] abattue , le sanctuaire sans prêtre et les clochen sans voix ; les abbayes et les monastères pillés \ et saccagés , privés de la tutelle des lois , avaiest | vu disparaître ceux qu'une sainte vocation attirait à la vie claustrale. La dévastation et la roiie. posaient partout leur sceau destructeur, et les ' souvenirs, vivants flambeaux de la traditios, semblaient livrés à Toubli ou même au néant.
Enfin notre ville , où beaucoup de changemenis s'étaient succédé , encore environnée des débris de son ancienne magnificence . avait subi et allait • de nouveau subir de grandes vicissitudes. Pendant
ses courses apostoliques « Mgr. Daviau instruisait les ignorants , consolait les malheureux « encourageait les faibles et animait les forts, montraot à ses ouailles la tendresse d'un père et le dévoue- i menl d'un apôtre de la primitive église.
Napoléon, premier consul, apporta à notre
pairie l'ordre el la tranquillité publique. C'est f dit-il , une nouvelle ère qui commence : du passé je ne sais que lebientfai oublié toui le reste. La France entière salua avec entbousiasnie le héros des Pyramides et du Mont-Tbabor » et les chrétiens bénirent le vainqueur de Tanarchie qui leur rendait leurs croyances, leurs autels et leurs pontifes ; car, par le concordat du 15 juillet ISOl, la religion catholique romaine fut déclarée celle du gouvernement et de la majorité des français. Le 29 novembre, Pie VU établit par une bulle la nouvelle circonscription de Téglise de France , et le cardinal Caprara la publia au mois d'avril suivant. Notre archevêque était parmi ceux qui durent donner leur démission. Avant cet acte, ce vénérable prélat rédigea plusieurs mémoires en faveur de Tillustre siège du Primai des Primais f qu'avec une amère douleur il voyait disparaître par suite de la tourmente révolutioonaire. Ses justes réclamations restèrent sans écho , et Vienne • découronnée de son diadème ihéocratique » privée de ses pontifes qui furent pour elle des protecteurs dévoués , maintenant • plus déshéritée que tant d'autres villes , voit chaque changement de constitution lui emporter un lambeau de sa noble domination, sans lui accorder la moindre compensation.
On couGâ à MoDseigaeur Daviau le gouverne^ ment de réglise de. Bordeaux où U moHnit,yiTemeni regretté , le 11 j^uiUet 1826 . ayant eu avant sa mari le boatiear de voir » par déeisie» da coi* cordai de 1817, le diocèse de V^'ienne reprendre le rang qui» lai était dû; m^s^son égliee , aiaigré ce jugement favorable , devait encore rester ve«?e de se& pa&teiira , oar M» de Beulogne » nommé archevêque de notre cité« ne prit point pessea^ sioa, et une buUe de 18â2 supprima de nouveau cet illustre siège.
Napoléon, par un sénatus -consulte, renversa la loi des otages et amnistia les proscrits : 80,000 émigrés , 50,000 prêtres réfractaires • un grand nombre de moines et de religieuses , s'acheminèrent de la terre d'exil vers le foyer domestique, et retrouvèrent, à U fois» patrie, famille et espérance. Le 19 mai 1802, le premier consul créa rordre de la Légion d'honneur, ei affieoia deax eent mille livres de rentes en biens nationaux à chaque coborte« Vienne devint le chef- lieu de la 7""% que commandait le maréchal Ney; une partie des bâtiments de Tarobevéché fut destinée à son logement : c'était celle située au midi et à rorient.
L'emplacement qu'occupait rancinnae rési-
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dence de no» poalifes esl aiainienaat complèiement diangé et conlient aujourd'hui plusieurs rues. Les preuves subsistantes manquent donc xotalMuem ; mus sommes heureux de bous être adonné de bonne heure à Téiude sérieuse del'histoire de notre dté , afin d'eu pouvoir rappeler que^ue chose. Conrad-le- Pacifique donna à révisa de St-Manrice cet antique palais des rois de Vienne, pour que les archevêques fussent noblement logés. Jean de Bournin le réédifia. 11 formait un carré de bâtiments enceignant une vaste cour , et avec ses dépendances il occupait toat Tespace compris entre la rue de rHôpital, le cours Romestang-, Tégiise de St-Maurice . le Dofenné et la rue des Serrariers. A Torient, au- . devant du palais , sur un sol beaucoup plus élevé que la me et lu promenade adjacente , soutenus par des murs de terrasse , on remarquait le jardin et la chapelle , joli petit oratoire gothique eon* sacré à la sainte Vierge. Ce magnifique palais, que ravagèrent les protestants, fut rétaMi par les soins de Vespasien Gribaldi et des archevêques de la maison de VîHars , et plus tard Monseigneur le cardinal d'Auvergne TembeUit et le répara de nouveau. A If^époque de la rérointion on aliéna les ailes du nord et de Toccident ; dans cette
dernière se trouvait la salle ClémeD line ^ ainsi Dommée parce qu'il s'y tint plusieurs séances du célèbre concile de 1311. La portion conservée, employée comme magasin militaire , devint m dépôt de fourrage et tarda peu à tomber eo mine faute de réparations. En 1803, on démolit la chapelle ; elle était en belles pierres de taille. Les matériaux en provenant servirent à la oonstruction des arcades des façades latérales de rhôtel de ville; cependant on conserva l'autel pour orner une des chapelles de Saint-Maurice. Ensuite fut ouverte la rue Clémentine ; elle traversa la cour de Tarcbevéché du nord au midi. Enfin , en 1823 , les restes de cet antique édifice tombèrent sous les marteaux des démolisseurs. Les massifs sur lesquels il reposait du côté da cours Romestang , se composaient presque entièrement de nombreux fragments de colonnes et de blocs de marbre sculptés, d'un fini précieux; mais la plupart étaient très-endommagés. On trouva également deux inscriptions en Thonneur de Caligula qui , ainsi que les débris en marbre, augmentèrent les richesses de notre Musée.
Aucune ville en France , à raison de sa popu« lation , ne renfermait autant d'asiles monastiques que la nôtre -, et le diocèse de Viimne comptait
quatre cenl qualorse cures» dont quaire-vingl» étaienihors du Viennois, cinquante succursalesi quarante-trois prieurés et deux cent quarante* cinq chapelles . outre celles de la cathédrale et des collégiales.
Les monastères furent longtenps un refuge ouvert à Tinfoi lune, et , au moyen-àge, Tatlrait de ces retraites » si pleines de foi et de piété » affranchit un grand nombre de personnes de la tyrannie, en les rammant de Tesclafage à la dignité primitive. A une époque plus moderne , on reproche aux ordres religieux l'abandon de leurs règles et leurs empiétements, ainsi que d^a^oir trop servi les prédilections et Torgueil des familles, en admettant dans leur sein des victimes sans vocation, pour favoriser les avantages attachés au droit d'aînesse. Mais en signalant , avec la rigide impartialité de Tbistoire , les abus qui s'étaient introduits dans ces célèbres institutions» nous sommes loin toutefois d'ap* plaudir aux invectives dont les maisons monacales ont été souvent Tobjet , car on risquerait de se tromper et d'être peu équitable à leur égard t en les jugeant d'après les peintures qu en font quelques auteurs. Aujourd'hui Tabsence ou raffaiblissement des croyances religieuses, qui