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Les nations sauvages s'étaient habituées, de longtemps, à faire des Trois-Rivières un lieu de rendez-vous pour la pêche, la chasse, surtout la traite avec les blancs, mais les tribus les plus voisines, celles des Attikamègues. qui habitaient le haut Saint-Maurice, furent les dernières à fréquenter le poste, ce qui eut lieu à partir de 1638, où elles commencèrent à embrasser le christianisme.
La même année, quelques Algonquins de l'ile des Allumettes commencèrent ‘ un désert,” aux Trois-Rivières en vue d’y cultiver du blé d'Inde.
fec préparatifs pour l'avenir donnaient un surcroit d'importance au poste, mais aussi devaient bientôt lui attirer de terribles dangers,
Les Algonquins de l'ile des Allumettes et ceux de la Petite- Nation, tous de la rivière Ottawa, fréquentaient les Trois-Rivières en grand nombre. Iis voyageaient par les cours d’eau abondants qui coupent les terres entre l'Ottawa et Je Sain-tMaurice. Dès 1613, Champlain écrit que la rivière Gatineau, qui se décharge dans l'Ottawa (en face de la capitale fédérale) vient du nord, où se tiennent des peuplades algonquines, et qu’elle va tomber dans le Saint- Laurent aux Trois-Rivières, formant comme une grande île de près de quarante lieues, —ce qui est assez exact puisque d'Ottawa si l’on va aux Trois-Rivières soit par la Gatineau et le St. Maurice, soit par la rivière Ottawa et le St Laurent, on cotoye une terre qui a bien quarante lieues d’une extrémité à l’autre. Champlain ajoute : “ Quelques fois ces peuples passent par cette rivière (la Gatineau) pour éviter les rencontres de leurs ennemis, sachant qu'ils ne les recherchent en lieux de si difficile accès.” —On ver a, en 1650, que les Iroquois iront ‘“ rechercher” les malheureux restes des nations algonquines jusqu'aux territoires du rord: Saint-Amasquine, poste situé sur le Saint-Maurice, un peu plus haut que la Grande-Anse, non loin de la Petite atiscans était, dit la tradition, une étape pour ceux qui voyagealent des Trois Rivières à l’ Ottawa par la Gatineau. Des combats ont dû s’y livrer ; de fait, on y voit des traces de fortifications.
Par ces voies détournées, on expédiait des lettres jusqu'aux grands lacs du Haut-Canada. Le 27 avril 1639, le Père François Dupéron, écrit de la baie Georgienne à son frère qui est à Rome “ Doresnavant, je ne vous manderai des nouvelles que des Hurons’ car pour celles des Montagvais et Algonquins, nous n’en recevons
les nouvelles que par la Relation imprimée qui nous est envoyée
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de France d’année en année. Vous pouvez faire réponse à mes lettres ; pour moi il me faut une année entre deux, à raison que les Hurons descendent d’ici aux Trois-Rivières à même temps que les navires y arrivent de France.” Par conséquent, le Père Dupéron, qui se trouvait dans le Haut-Crrada, ne recevait des nouvelles des tribus du Bas-Ganada que par les letties des Pères de sa Compagnie, expédiées, chaque automne, des Trois-Rivières et de Québec en France, imprimées là, puis reuvoyées sous cette dernière forme dans là Nouve! le- France, de manière que sor frère, à Rome, pouvait apprendre ces nouvelles avart lui-même qui était au Canada. Un autre Père avait bien raison de dire que les communications avec les grands lacs étaient des rovtes plus difficiles à tenir que le chemin de Paris à Orléans. Nous avons changé tout cela, comme disait Molière.
Les Algonquins des Trois-Rivières allaient en traite vers les tribus Attikaméègues, dont la résidence ordinaire était dans le voisinige du lac St- Thomas, et qui, à leur tour, échangeaient les objets de fabrique européenne qu'elies obtenaient ainsi, avec des peuples situés encore plus loin, dans un pays si froid que les arbres y étaient rabougris et ne fournissaient pas même l'écorce nécessaire à la confection des cancts,—ils obtenaient ces produits des peuplades plus favorisées sous ce rapport.
L'état florissant de la mission des Trois-Rivières, où les Algonquins séjournaient et se rassemblaient en nombre, donnait une certaine importance à ces transactions. Les nations les plus reculées vers le nord s’y virent attirer pour le temps de la bel'e saison. Outre la chasse et ia pêche et un climat plus agréable que celui de leurs forêts natales, elles rencontraient les mille objets que la civilisation pro urait aux Français et qui s’érhangeaient pour des fourrures.
Les Attikamègues avaient promis de se rapprocher des Trois- Rivières, mais la crainte des Iroquois, ennemis de tous ceux qui fréquentaient les Français, les en tenaient éloignées. Pourtant on fondait ‘oujours des espérances sur leur conversion en masse, car ‘ils sont des agneaux ” tandis que “les Hurons et les Algonquins et Ircquois sont des loups. ”?
Dès la fondation du fort, la pensée des R. P. jésuites s'était dirt gée vers l’établissement d’une colowe de Sauvages chrétiens où de ceux qui se montreraient disposés à le devenir, comme il en existait dans l'Amérique du sud sous la direction des religieux de leur ordre. Ce but, poursuivi pendant des années avec une persévérance admirable et au prix de nombreux sacrifices, ne devait jamais être atteint.
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