RENE
Les Algonquins de l'Isle, qui avaient commencé un défrichement auprès du fort, invitaient avec instauces les Attikamègues à se joindre à eux, mais ceux-ci prièrent le Père Buteux de ne point les associer ensemble, vu qu'ils différaient de caractère et de langage. Le Père leur proposa de les établir à une lieue du fort, sur les rives du Saint-Maurice; ils s’engagèrent à en parler dans leur pays. C'était dans l’été &e 1639. L'année suivante, ils apportèrent réponse que cela leur était impossible, La crainte des Iroquois était leur unique excuse. N'’étant pas d’un esprit belliqueux, ils voulaient-vivre en paix et ne pas trop s'approcher des localités où pouvaient se répandre les froquois, qui n'avaient pas”’encore dirigé leurs courses vers le nord, contre eux. Nous verrons plus loin qu'ils redoutaient, non sans motif, de s’attirer la colère des Cinq Nations.
La carte de 1632 de Champlain, dont les renseignements sont de 1627 à peu près, ne porte pas la marque qui signifie ‘ habitation française” ni aux Trois-Rivières n1 autour du lac Saint- Pierre. On ne voit pas cette indication au-dessus de Québec.
Dès 1632, dit Charlevoix, il y avait aux Trois-Rivières un commencement d'habitation. (es mots indiqueraient que, à la nous velle de la reddition du pays, cette même année, les Français s’empressèreni de se créer des établissement stables.
En consultant les écrits de cetie époque, on peut croire que les débuts de la colonisation des Trois-Rivières remontent jusqu'à 1617, mais l’élan ne fut pris qu’en 1633.
‘ La situation du lieu, dit Charlevoix, jointe au grand commerce qui s’y faisait, engagea quelques Français à s’y étabiir, et la proximité de la rivière des Iroquois (Sorel} obligea les gouverneursgénéraux (Champlain) à y bâtir un fort (1634) où ils entretenaient une bonne garnison et qui eut d’abord son gouverneur particulier, aussi ce poste fut, dès lors, regardé comme l’un des plus importants de la Nouvelle-France.”
Son importance, ajoute-t-il, était déjà considérable en 1640, ce qui veut dire que le commerce des pelleteries s’y foriifiait et que les colons n’y manquaient pas.
De ces derniers nous connaissons Jean Godefroy, Jacques Herte,, LeNeuf de la Poterie, LeNeuf de Hérisson, Jean Nicolet, Sébastier Dodier, Jean Sauvaget, François Marguerie, Guillaume Isabel, Guillaume Pepin, Etienne de Lafond, Bertrand Fafard, Pierre