LXX VII
C'est en empruntant aux sources que nos lecteurs connaissent
[1] Agé de vingt ans. Quatre ans plus tard il épousa la fille de Jean Nicolet. {21 Ci-devant gouverneur général de la Nouvelle-France.
déjà et en tâchant de disposer avec elarté les informations qu’elles nous fournissent que cette chronique est écrite.
Chaque fait a été soumis aux vérifications les plus rigides, ce qui donne à notre récit un intérêt local en quelque sorte tout nouveau, Car il est difficile de parcourir plus de deux pages des historiens sans rencontrer ou une erreur, ou une omission, ou un manque de renseignement, en ce qui touche aux Trois-Rivières.
Dans les temps fameux qui vont de 1640 à 1665, nous suivons d'aussi près que possible l’ordre strictement chronologique, et, par cela même, le lecteur se trouve en garde contre tout malentendu ou fausse interprétation.
Les Iroquois ne croyaient pas que la mort d’Aontarisati fut suffisamment vengée par les massacres de l’année 1652. Pour laver le sang d’un si grand chef de guerre il leur fallait détruire la bourgade des Trois-Rivières, raser son fort et exterminer tous ses habitants, tant Français que Sauvages. Les Hurons qui tombaient en leur pouvoir ne recevaient plus de grâce et passaient par les plus cruels supplices.
Au milieu de décembre 1652, deux Hurons furent enlevés près de la place. ;
Un détachement d’Agniers prit ses quartiers d'hiver à trois lieues dans les bois et y éleva un fort. Pareille démarche ne s'était pas encore vue dans ces endroits.
Les Agniers étaient les ennemis les plus redoutables des cinq nations. Outre qu'ils étaient norabreux, ils habitaient le territoire voisin d'Albany et commerçaient avec les Hollandais de cet établissement, mais jamais avec les Français, ce qui les portait à ravager les postes de ceux-ci sur le Saint-Laurent sans craindre de se voir privés de marchandises et d'armes européennes. Les autres nations iroquoises, les Goyogouins, par exemple, situées plus près de nous, ne se montraient pas si hostiles et désiraient plutôt conserver des relations avec les comptoirs français.
La présefte de la bande d’Agniers dans le voisinage ne tarda pas à être connue, et, dit la Relation du Père Le Mercier, on fortifia nos bastions et nos courtines, on redoubla les gardes et les sentinelles, bref on se tint si bien à couvert que les ennemis, ne voyant plus occasion de nous surprendre dans les hautes neiges et ne trouvant plus de chasse auprès de leur repaire, furent contraints de s’écarter et d’aller chercher des vivres dans leur pays—mais leur absence dura peu.
Sitôt que le fleuve fut libre, au printemps (1653), ils reparurent par petits délachements qui guettaient les chasseurs et les :ommes travaillant à la campagne. Au nfois d'avril, ils s’emparèrent de
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