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SEPT REP EN AS EDEN ARS

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montagnes, la locomotive plonge ct replonge, tournc ct retourne, frémissante, allègre, joyouse, jetant des cris qui font dresser l'oreille aux échos étonnés, contournant les rochers, descendant avec les pentes, puis se redressant lente. ment pour gravir quelque plateau, comme un baigneur qui émerge de l'onde. Nous montons, nous montons sans cesse et sans nous en douter, tant il y a de détours et d'évolutions, jusqu’au sommet des Sierras qui bientôt vont apparaître dans toute leur grandeur sauvage et luxuriante à la fois. Nous passons le Pic du Diable, un seul bloc de pierre haut de mille pieds, aux arêtes vives, semblable à un géant pétrifié au moment où il voulait escalader les nucs; nous passons la tombe de la Vierge, tertre solitaire surmonté d’une croix de vingt pieds, qui renferme la dépouille d’une jeune fille morte à dix-huit ans dans cet endroit même où elle accompagnait une troupe d'émigrants, alors qu’il y avait à peine un chemin tracé dans l'immense solitude. De temps à autre, les plaincs d’alcali apparaissent encore sous forme de taches de cinq, dix et quinze milles de longueur, mais on sent que la nature fait enfin un effort suprême pour secouer son enveloppe aride et qu’elle s’agite dans son sépnlcre de sable, Les Sierras-Nevada sont le fruit de ce travail formidable; aussi elle jaillissent, imposantes et splendides, poussant dans tous les sens leurs rameaux altiers, et jettent au désert un défi que mille échos répètent, à mesure que le tr: :u poursuit sa course retentissante,

Nous ne sommes encore qu'à cinq mille pieds au-dessus du niveau de Ja mer, mais l’ascension est continue, es sommets des montagnes se rapprochent, les forêts qui oordent leurs flancs envoient à tous les vents de l'air leurs puissants parfums; la solitude inanimée a disparu; on sent

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que l’homme est près, et qu’il apporte à l’intarissable richesse minérale de cette région toute la vigueur de son activité.

Au point du jour, le dernier jour de ce voyage tant de fois maudit, dès que l'aurore commencera d’envoyer quelques feux blêmes sur les cîmes blanches des Sierras, et que ses rayons timides courront comme des souffles sur les pentes boisées, au milieu des gorges s’abandonnant à ses baisers féconds, nous aurons atteint Truckee, le premier endroit qui mérite le nom de ville depuis le départ d'Omaha, et nous sentirons déjà les premières efluves du paradis californien tenant à nous sur l’aile de la brise gonflée de parfums.

À Truckee, nous resterons une demi-heure; cette petite ville est située à peu près au commencement des snow-sheds qui, maintenant, vont s'étendre presque sans discontinuité sur une longueur de quarante à cinquante milles. Nous sommes au milieu même des montagnes qui, de tous côtés autour de nous, dressent leur sommets couverts de neiges éternelles et entr’ouvrent sous nos pieds des ravines formidables où brillent tous les feux, où s’épanouissent toutes les caresses de l4 végétation rendue à la liberté. Nous arrétons, et maintenant, jusqu’à ce que nous ayons descendu le versant opposé des Sierras, les plus sublimes grandeurs de la nature vont se prodiguer sous l'œil insatiable du voyageur: nous en aurons, pendant une demi-journée, de

quoi compenser peut-être pour les cinq mortels jours que nous venons de subir.

Je veux me recueillir un moment pour chercher l’imagedes inpressions encore si vivaces, si profondes, peut-être uniques

dans ma vie errante, que j'ai éprouvées sur tout le par-

i : : supel cours des Sierras-Nevada; je ne pourrai pas les retracer, dhact mais si j'arrive seulement à en retrouver quelques reflets, s'élèr j'aurai fait beaucoup pour le lecteur, et pour moi-même étreir qui en ai conservé un impérissable souvenir... que à

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La petite ville de Truckee est entourée de neige pendant natiot toutes les saisons de l’année, sous un soleil radieux et pi. Oh quant. Mais à côté de la neige sont les fleurs ; les glaciers tourn des montagnes creusent leur lit et y restent, mordus en d'on:

“vain par le soleil qui ne peut percer leur épaisse couche, til la tandis que tout auprès la végétation revêt ses plus scintil-

mesu:

lantes couleurs. te

Quatorze milles plus loin est le Sommet, le point le plus charn

élevé qu'atteint le chemin de fer dans les Sierras. Nous y reur ;

| sommes à une hauteur de sept mille pieds, avec la perspec- Dans

| tive lointaine des plus hauts pics qui s'élèvent jusqu’à dix refugy | ct onze mille pieds au-dessus du niveau de la mer. C'est tapis | | ici la ligne de séparation des eaux qui descendent des mon- du pa {| | tagnes et qui toutes vont grossir une seule rivière, la Sa- vallée | cramento, qui débouche dans le Pacifique. Il nous reste et en

| | deux cent quarante-milles à faire pour atteindre San éclos,

| | (ll Franci:co. de ces [EL (ll Nous touchons au terme ; chacun le sent à la figure épa- leur p | nouie des voyageurs, à leur regard brillant d'espérance. mille

ail Le ciel, où courent des franges d’azur et de pourpre, en- Sur ]d | LU | voie mille rayons qui éblouissent le front argenté des Sierras, jolis ] \à [LU Sur ccs hauteurs qui touchent aux nues, la nature prend habit | un air de fête grandiose qui éclate comme une immense bordé

1 fanfare céleste; la joie et la délivrance rayonnent dans cts nuance

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