‹ Chroniques canadiennesChapitre 21 sur 27 · A L'HON. M. LAFRAMBOISE · texte numérisé non relu

A L'HON. M. LAFRAMBOISE

PROPRIÉTAIRE DU " National. "

2 Décembre.

'' Mon cher propriétaire, vous à qui je dois la vie, vous qui me tenez lieu tous les joiu-s de père et de mère, de boulanger et de restaurateui", vous qui ne mettez pas de bornes à vos largesses poiu- moi comme je n'en mets pas aux contes que j'invente exprès pour les lecteurs du National, c'est à vous que je dois dire que votre chroniqueur a reçu une bien profonde humiliation ces jours dei*niers. Je veux vider ma douleur dans votre sein.

Figurez-vous qu'un grand joui'nal de votre ville m'a offert formellement dix dollars par semairie, pour lui rapporter les débats parlementaires ! Outrage plus sanglant ne me fut onques infligé. Pour qui prend-on le chroniqueur, by Jingo ? Eh quoi ! rien que pour écouter ces messieurs du Parlement, cela vaut au moins vingt dollars par semaine. Je ne parle, bien entendu, que des ministres et de leurs partisans, car, pour les députas de l'opposition, rien ne saurait donner une idée de leur éloquence.

J'ai une très mauvaise réputation depuis que j'ai écrit ma chronique sur l' Intercolonial, Il a suffi qu'un niais ridicule, un de ces ébêtés, comme il en existe même en Canada, pays superfîn, ait dit une fois que

je m'étais vendu pour que cette infâme calomnie ait été reçue avec plaisir par bien des gens qui voudraient m'acheter peut-être, mais qui ne l'osent pas, me croyant incorruptible. Dans tous les cas, il n'y a que les gens d'esprit à qui cette tentative pourrait sourire ; pour les imbéciles, je ne suis d'aucune valeur. Mais le diable veut que les gens d'esprit soient toujours 25auvi-es. Donc, je ne suis pas achetable.

Si le grand journal dont je viens de parler veut faire un marché avec moi, je noterai toutes les ineffabilités qui se disent en parlement dans un français inconnu, et il me paiera au poids de l'or ; je lui promets qu'il en aura pour son argent.

Oh ! si l'on savait tout ce qu'il m'en a coûté poui" faire la chronique en question sur l'Intercolonial, on ne m'accuserait pas d'être un vil mercenaire ! Ce reproche m'est sensible, attendu que je puis le mériter ; mais il sera toujours temps de me prendre en flagrant

délit et j'espère que ça ne tardera pas Ecoutez

mon récit, amis trop chers qui connaissez mon dévouement, parceque vous en avez souffert autant que moi, vous que j'ai exploités sous toutes les formes et qui m.'avez prêté de l'argent comme d'autres en feraient le sacrifice !

" C'était pendant l'horreur d'une profonde nuit ; il était six heures du soir. J'avais fait mes malles et la diligence était prête à partir de l'hôtel Fraser, sm* la rivière Eistigouche, pour suivre toute la vallée de la Métapédia, jusqu'à Sainte-Flavie, sur le Saint-Laurent,

un parcours de trente-cinq lieues. Faire trente-cinq lieues en voitui'e lorsqu'on est déjà à moitié moulu et aux trois quarts gelé, cela exige un héroïsme sur- ])renaut chez un mercenaire.

Or donc, je voulais me rendre jusqu'à Sainte-Flavie jDar ten-e afin de connaître cette fameuse vallée de la Métapédia dont on parle tant et qui, en réalité, vaut mieux encore que sa réputation.

J'avais revêtu deux gros capots, mis une paire de grandes bottes et des jambières en caoutchouc, plus un casque (1), de sorte que j'étais immobilisé dans une enveloppe qui aurait pu m'être fatale si la Providence n'avait des vues sur moi.

Il faisait noir comme dans les comptes publics de la province, lesquels présentent toujours un excédant de recettes invisible. Il avait plu sans interruption depuis deux mois et la pluie menaçait de tomber encore, de sorte que j'avais toutes les raisons de craindre l'humidité.

Dans la diligence, qui ne pouvait raisonnablement contenir que trois personnes, se trouvaient avec moi deux autres gaillards, ouvriers du chemin de fer, avec leurs malles, plus le postillon qui, étant ivre-mort, comptait pour un homme et demi. Nous partîmes.

La diligence avait l'air d'une pyramide ; c'était affreux ; uu pied de boue dans le chemin qu'on ne voj'ait ]ias à trois pas devant soi, et des oi-nières qui rapi)elaient l'ancien chaos d'où Jéhovah fit sortir des mondes qui n'en valent guère mieux pour cela.

(I) On ajipelle communément cas^wc en C.inada un chapeau de fourrure.

Nous allions doBC, enfonçant, bousculant, cahotant, deux sur l'avant, deux sui- l'arrière, nous cognant la tête l'un contre l'auti-e avec une précision muette, mais expressive. Il s'agissait de fiaire trente-deux milles avec les mêmes chevaux qui étaient déjà éreintés dès le départ. Eemarquez que ]\I. Fraser, le conducteur' de la malle, est obligé par son contrat de tenir le chemin en bon ordi'e, ce qu'il exécute en laissant le chemin s'enti'etenir tout seul. Cela ne suffit pas, quoiqu'aux yeux du gouvernement paternel qui nous étoufle, cela puisse paraître du zèle. Le postillon, la tête renversée en an-ière, avait dégobillé deux ou trois fois sur les malles, et il envoyait des exhalaisons combinées de gin chaud et de whisky- qui refoulaient le vent à quinze pas.

Le passager à sa gauche avait pris les rênes et fouettait les chevaux comme un homme qui n'a aucune idée de l'anatomie. '' !N^ous allons rester en chemin, c'est clair, " me disais-je à chaque minute. Et quel chemin pour y rester ! D"un côté, la montagne coupée à pic ; de l'autre, le précipice sui* le bord duquel, de distance en distance, aux endroits les plus dangereux, on a élevé un rempart en palissades ou en perches superposées. Xous descendions les côtes au galop et nous les toui'nions sui- le même train. Xotre conducteur improvisé disait qu'il profitait des descentes pour aller plus vite; en effet, c'est comme cela qu'on va dans l'autre monde avec la rapidité de l'éclair.

Je me sentais amincir dans mes deux gros capots ; je devais avoir l'air très pâle ; il me semble que j'aurais pu prendre le mors aux dents.

Vei-s dix heui'es, la lune, depuis longtemps levée,

pai-vint à dépasser la crête des montagnes qui nous la dérobaient ; alors elle apparut brillante et superbe derrière les nuages qui fuyaient devant elle ; je n'oublierai jamais cette clarté subite sur ce terrible paysage. A droite, des rochers énormes, en escalade, comme des flots de pien-es poussés l'un sur l'autre par une tempête ; à gauche, des vallons, des ravins, des forêts comme des manteaux qu'on déploie lentement, et la rivière de la Métapédia, tantôt se heurtant parmi ses mille îlots, tantôt coulant large et puissante et se développant en lacs successifs qui sont comme des réservoirs où elle puise et se déverse tour à tour.

La vallée de la Métapédia, au point de vite pittoresque, est admirable pendant les trente à quarante premiers milles. Ensuite elle s'enlaidit petit à petit devient monotone ; ses horizons se rétrécissent, et Ton se trouve enveloppé dans une ceinture de bois qui n'ont ni beauté, ni charme, ni même de gibier. Mais quelle superbe région agricole ! C'est là que sera un jour le grenier du Canada

10 Décembre.

Savez-vous, lecteurs, que nous ne savons rien, et que c'est presque toujours le hasard qui apprend aux hommes le peu de choses qu'ils savent ?

Sept matelots, naufi'agés dernièrement stu* la côte d'Afrique, se sont sauvés un à un en s'attachant aux pattes d'un énorme oiseau herbivore ; puis ils ont vu le même oiseau se jeter sur des tortues colossales, les briser sur les rochers et en manger cinq ou six dans

le même jour. Dans notre pays il y a une espèce d'oiseaux qui ressemblent beaucoup à celui-là ; on les appelle vulgairement des contracteurs (entrepreneurs.) Leur mets de prédilection est le bank-note ; il y en a qui en avalent en hoi"s-d'ceu\Tes pour plus de cinq cent mille dollars en deux ou ti"ois ans.

Dans les parages de la Cafrerie, uu capitaine de navire a vu capturer un oiseau gigantesque qui avait saisi et mis en pièces un éléphant et en avait déjà mangé le quart, quand on parvint à le tuer à l'aide de flèches emiîoisonnées. Une des grandes plumes des ailes ayant été coupée, on vit que le tuyau jîouvait contenir deux outres d'eau et plus.

Il n'y a aucune raison de s'étonner de ces prodiges. La natui'e est partout conséquente et judicieuse. Dans les pays où les arbres atteignent une hauteur de trois cents pieds, il n'est que juste qu'il s'y trouve des oiseaux d'au moins vingt pieds de long pour se nicher dessus. Chose étrange toutefois ! C'est dans ces même^ pays qu'on voit le plus d'insectes ; mais cette apparente disparité se concilie aisément au moyen du proverbe : '" Les extrêmes se touchent. "

L'homme est rarement embarrassé dans ses explications de l'inconnu ; pour les choses qu'il ne comprend pas, il imagine la loi des contrastes qui répond à tout. Avec cela on va loin, et quand par hasard on se trompe, on s'en console au moyen d'un autre proverbe : errare Jmmanum est. Si la loi des contrastes est si naturelle et si vraie, il me semble qu'on ne peut guère voir un moucheron sans songer de suite à un éléphant, ni de même voir le gouvernement pi'o\'incial sans se porter immédiatement vers le système solaire au sein duquel

notre globe tourbillonne, gros en proportion, comme mie pilule. Mais passons.

Les découvertes géologiques qu'on fait depuis quelque tem^DS sont vraiment merveilleuses ; sans doute, l'homme, dégoûté de ce qu'il est aujourd'hui, cherche à se rattraper par ce qu'il pouvait être il y a cinquante mille ans. On ne trouve plus dans les cavernes du vieux et du nouveau monde que des squelettes de sept à huit pieds, avec des armes en pierre de cinq à six formes différentes.

Aujourd'hui, c'est dans les tavernes qu'on trouve les hommes, et, s'ils sont moins longs qu'autrefois, en revanche ils sont beaucouj) plus épais. Moralement, il n'y a pas de bornes à cette épaisseur. Pour faii-e des recherches spéciales sur l'homme, il faut être atteint d'une misantropie incurable, et détester ses semblables au point de vouloir se suicider poui' ne pas leur ressembler. Quand on pense qu'il a fallu des centaines et des centaines de siècles pour arriver de la connaissance à l'usage de quelques métaux maintenant familiers, on admire cet incommensurable idiot qui s'intitule le roi de la création et qui a fait socialement de la femme son inférieure, sans doute pour se venger de la nature qui l'avait faite infiniment sa supérieui-e.

Au reste ce bipède n'en fjiit jamais d'autres.

N'ayant pu ajîprivoiser le renard, jjarce que le renard est beaucoup plus fin que lui, il a eu recours à la force, et quelle force ! dix, vingt, trente hommes, et dix, vingt, trente chevaux contre un renai-d !

La nature a vengé la faiblesse en lui donnant des ressources inconnues ; il n'en est pas moins vrai que la force bête continuera encore de se pavaner à cheval pendant des siècles à la poursuite d'une queue ! (1)

Il jjai'aît que le Canada produit beaucoup de fromage depuis deux ou trois ans ; c'est, dit-on, un résultat de la confédération.

Le fromage est une variété de la chaussette de gendarme ; nous avons donc lait beaucoup de progrès sous la constitution nouvelle. Ce que nous avons exporté de fromage l'année dernière se monte à près de vingt millions de livres ; il y a même une petite ville du Haut-Canada qui, tous les jours, en a expédié cinquante wagons pleins pendant trois mois.

Le fromage ayant été donné à l'homme pour déguiser son haleine comme la parole pour déguiser sa pensée, il est manifeste que, sous le rapport moral comme au point de vue commercial, nous sommes devenus exti'êmement raffinés. (2) Oh !

Les adversaires de la réciprocité avec les Etats-Unis disent que la production du fromage est un des traits de l'énergie que nous avons mise à ne dépendre que de nous-mêmes et à développer nos propres ressources. Je suppose que cela est vrai ; mais les bêtes-à-cornes y

(1) On sait que la grande ambition du chasseur , dans une partie de chasse au renard, c'est de pouvoir rapporter la tête ou la queue de l'animal.

{1) On fabrique en Canada une espèce de fromage très goûté des gourmets et que Ton appelle le " raffiné. " Il a beaucoup de ressemblance avec le Brie. L'odeur en est horrible.

sont bien poiu- quelque chose; tout seuls, nous n'aurions jamais pu produire tant de fromage que cela. On dira que c'est nous qui élevons et qui exploitons les bêtes-à-cornes ; soit. Toujours est-il que c'est là un grave symptôme, et que de pareils monceaux de fromage sont un signe de temps. On ne se serait jamais douté, sans les indiscrétions de la statistique, qu'il y eût tant de bêtes-à-cornes utiles dans le Dominion. Que dire maintenant de ce qui adviendrait si elles se mêlaient toutes d'être aussi fertiles ?

Passons maintenant aux mines. Le Canadien se croit un fin-fin, il croit dire une grande chose lorsqu'il chante sui- tous les tons " qu'il faut développer cette richesse naturelle, exploiter ce trésor de notre sol, phrases de journaux et d'agents de colonisation. Eh bien ! il y a longtemps que ce trésor a été exploité. On a découvert dernièrement sur l'île Eoyale. dans le lac Supérieur, un cei-taiu nombre de mines de cuivre qui avaient été travaillées par une race d'hommes depuis longtemps disparue. Jusqu'où faut-il remonter pour retracer ce peuple éteint, je n'en sais rien ni ai-je envie de le savoir : je trouve que cela est tout simplement insupportable et que l'idée de progrès reçoit tous les jours de tels démentis, que c'est à dérouter les plus fermes croyances. On dirait que le grand livre de la nature est ouvert et refermé périodiquement pendant des siècles, mais que nous sommes seulement à une époque où il a été ouvei't le plus largement; voilà tout. Depuis que les sciences naturelles ont été assises sur

leur base véritable, grâce à la méthode expérimentale de Bacon, nous avons marché si vite et si vigoureusement qu'il semble qu'aucun eflfort de la barbarie ne puiase désormais refermer le livre. Le dépôt de la science n'est plus circonscrit à un ou deux peuples privilégiés, mais il est le trésor commun de l'humanité entière ; je ne parle pas des Hottentots ni des Cafres qui ne sont hommes qu'à certaines conditions.

Quoique nous n'en soj^ions encore qu'aux premiers feuillets du grand livre, je maintiens que nous avons raison d'avoir des idées arrêtées sur le progrès et les principes sur lesquels il repose.

En effet, si le progrès n'était point, il faudrait admettre que les hommes sont parfoits dès aujourd'hui ; il serait inutile que l'existence du genre humain se continuât, puisqu'il n'aurait plus de but à poursuivre, puisque la recherche de la vérité et l'étude de la nature seraient d'absurdes tentatives.

Chaque pas que l'homme fait dans la science est une révélation de plus qui apporte un nouvel apjDui à la vérité. Est-ce que cette agitation particulière à notre époque, en vue d'une amélioration successive et sans limite de la condition sociale, n'est pas un des caractères saillants de cette idée de progrès qui se présente à l'homme moderne sans cesse et sous toutes les formes ? Elle offre le plus parfait contraste avec le monde ancien, avec ses plus nobles interprètes, les Cicéron, les Sénèque, les Marc-Aurèle qui, tout en déplorant et en méprisant leur époque, n'imaginent rien jjour la réfor-

mer, ne découvrent dans leui- esprit aucune vue d'avenir, aucune perspective d'un nouvel ordre politique ou moral.

L'image d'une perfection idéale et toujours fugitive ne s'est jamais présentée à l'esprit humain avec une force aussi transcendante et expansive que depuis les deux dernières générations. Les nations démocratiques et libres, placées en face des continuels changements qui se passent à chaque instant dans leui* sein, toujours cherchant, tombant, se recb-essant, souvent déçues, jamais découragées, découvrent sans peine que l'ien ne les borne ni ne les fixe, et tendent incessamment vers cette grandeur immense qu'elles entrevoient confusément au bout de la longue carrière que l'humanité doit parcourir. . .

De tout ce dont je vous parle en ce moment, lecteur, il n'est jamais question dans le parlement provincial. Pourquoi ? Je ne saurais le dire en vérité. Et cependant, le procureur-général a l'habitude de passer à l'étamine de l'examen philosophique toutes les questions qui se présentent, et ^I Bellerose ne se lève jamais que pom* enfoncer Platon.

Ce qui prouve que nous sommes dans une époque de progrès incontestable, c'est qu'on vient de faire la plus grande des découvertes, à mon sens, une découverte exprès pour les parlements qui ont besoin, plus que toute autre institution, que le génie de l'inventeur vienne à leur secours. Cette découverte, c'est la tribune mécanique.

Yons êtes dans une assemblée parlementaire. Le premier orateur inscrit se place à la tribune; les autres, dans l'ordre de leur inscription, sur des sièges préparés ad hoc. Chaque auditeur est muni d'une balle

de plomb. Quand l'oratetir commence à l'embê

pardon ! quand la conviction de l'auditeur est formée, il laisse couler la balle de plomb dans un tube qui se trouve à côté de chaque siège ; et, quand la moitié plus un des assistants a lâché sa boule, grâce à un ingénieux mécanisme, le poids de ces balles de plomb réunies fait basculer la tribune, l'orateur est englouti dans les dessous, et le suivant lui est mécaniquement substitué. On rend les balles et la fête recommence.

Sans doute cette invention n'a pas été faite pour le conseil législatif qui n'en a pas besoin ; car, là, il n'y a pas plus d'auditeurs que d'orateurs. Depuis un mois que siège le parlement provincial, personne n'avait encore entendu parler de cette chambre haute, lorsque, tout à coup, la discussion sur le double mandat est venue subitement révéler son existence. Oh, grands dieux ! quelle dérision imprévue ! J'ai vu des hommes entichés de cette institution, qu'ils regardaient comme un contre-poids nécessaire, s'en revenir accablés après cette séance.

Nos honorables étaient pris comme des rats dans un filet ; ils gigotaient, piaillaient, questionnaient, abasourdis d'avoir à rendre une décision, chose insolite. Toute la presse s'amuse de cette scène bouffonne, et la ville en fait des gorges-chaudes, heureuse de trouver dans son désœuvrement un objet risible.

La session tire à sa fin ; il le faut bien, le gouvernement a épuisé presque toutes les mesures conçues par

l'opposition. L'aunée prochaine il se présentera avec les autres mesures des députés de la gauche laissées de côté pour cette année, et cela constituera le discours du trône. De cette façon on s'éternise au pouvoir ; le moyen est simple et à la portée de la majorité.

L'année prochaine, si le gouvernement ne fait pas encore des questions ouvertes (1) de toutes celles qu'il a fermées jusqu'à présent, nous pouvons compter sur un début triomphal.

(1) Questions libres, c'esl-à-dire de celles où la politique essentielle du gouvernemenl n'est pas en cause.

Page 1