‹ Chroniques craonnaisesChapitre 117 sur 127 · Acte de vente de la baronnie de Craon, de la Lande de Niafle, etc · texte numérisé non relu

Acte de vente de la baronnie de Craon, de la Lande de Niafle, etc

par le prince de Condé.

« Par devant les notaires et garde-nottes du roy nostre sire en son chastelet de Paris soubzsignés, fut présent et comparut personnellement trèshaut, puissant et très-excellent prince Mgr Henri de Bourbon, prince de Condé, duc d'Enghien et de Chasteauroux, vicomte de Breteuil, et Francastcl, seigneur et baron de Craon, de Rochefort et autres lieux, premier prince du sang, premier pair de France, gouverneur et lieutenant général

706 PIÈGES JUSTIFICATIVES ET REI^VOtS.

pour ie roy en son pays et duché de Ben7, demourant de présent en son hôtel de Condé assis [à Saint-Germain-des-Prés, rne Neufve Saint- Lambert, paroisse Saint-Sulpice, lequel volontairement recongneut et confessa avoir vendu, etc.. à messire Louis d^Alongny, baron de Rocbefort, chevalier des ordres du roy, conseiller en ses conseils, bailly de Berry, chambellan de niondit seigneur le prince et lieutenant de sa compagnie de chevaulx-légers, estant de présent en cesle ville de Paris, rue d* Anjou, paroisse Sainl-André-des-Arls, etc., les terres, seigneuries, baronnics de Craon et de la Lande de Niafle et de Rochefori, châtellenie de Possonnière, fief d'Assy, à présent Vinjon, ladite baronnie de Craon et autres fiefs, leurs rentes et debvoirs, hommes, vassaulx et sujets, chasteaux, maisons, terres, prés, moulins, cstangs, bois, forêts et vignes, mestairies, clozeries et bordages, haulte justice, moyenne et basse en tous lesdiz lieux» maistrise des eaues et foretz en ladite baronnie de Craon, etc.

« Toutes lesquelles choses mon dict seigneur a dîct esti*e à présent affermées à treize mil cent livres, scavoir : ladite baronnie de Craon, terre de la Lande et fief d'Assy et toutes leurs appartenances, neuf mil cent livres, à N... de la Chaulsée, sieur de la Bretonnerie et consors, etc.

a Lesdites terres, seigneuries et baronnies présentement vendues, tenues et mouvances, scavoir : le corps des deux baronnies de Craon et Rochefort, du roy noslre dict seigneur à cause de son chasteau d'Angers.

« Ces vente, cession, transport et délaissement faictz ausdictes charges, moyennant la somme de cinq cent mil livres... faict et passé double après midi audit hostel de Condé, Tan mil six cent vingt, le samedi trentième jour de may, et ont lesdicts sieur prince et seigneur de Rochefort signé la minutte des présentes, etc. » (Arck. nat. Série Q, 703 et 704.)

Pfota. — Si les 13,100 livres de rente données par toutes ces terres étaient vendues 500,000 livres, la baronnie seule de Craon avec la Lande et Assy, évalués à 9,000 livres de revenu, devaient être estimés 343,000 livres.

hENVOi X. 707

RENVOI X (de la page 320).

(( Henry par la grâce de Dieu, roy de France et de Navarre, au senechal d'Anjou... salut. Notre chère et bien araée W"" Olympe Crespin, veuve de feu Michel Chevallerie, vivant escuyer sieur de la Touchardière, au nom et comme mère et tutrice naturelle des enfans mineurs dudicl deffunt et d'elle, nous a fait remontrer que durant les troubles derniers, ledict deflunt nous a faict service sans avoir épargné sa vie et moyens : en hayne de quoy il a encouru de grandes pertos. El s'eslant, en Tan 1589, la ville de Craon rebellée... ledict deffunct désirant tenir en bride la garnison dudict lieu... auroii par mandement de nostre amé et féal le sieur delà Rochepot mis sus une compagnie de chevau-legers qu'il auroil retirée en sa maison de TEpronnière^ d'où faisant ordinairement la guerre, les courses de ses ennemis auroient esté arrestées et nos sujets des environs d'aultanl soulagés. Or ayant au mois de décembre de ladicte année 1589, par Boucault sieur des Jonchères, pris un nommé Vincent Brillaye, de Dommalin en Bretagne, de la Ligue, et néanmoins saisy (muni) d'un passeport du sieur compte de Montsoreau, auquel il avoit contrevenu, pour estre allé après le temps porté par icelui passeport expiré, en Craonnais pays de Ligue où il fut pris et mené en nostre ville de Chasteaugonlier, et depuis jugé de bonne prise par le sieur de la Lande de Niafle, gouverneur de ladicte ville d'où dépendoilla garnison de l'Espronnière, et sa rançon taxée à la somme de 900 escus dont fut baillé quittance par ledict deffunct et soldats qui avoient assisté à ladicte prise (1), suivant le jugement dudict sieur de la Laude, quien receul ce qui lui en appartenoit pour son droict de gouverneur et combien que ledict Brillaye n'en eust fait... aucune poursuite ne recherche (reclamatiou) néanmoins depuis quelque temps... adverti du décès dudict deffunct sieur de la Touchardière, recherchant les moyens de troubler sa veuve demeurée chargée de unze enfants et de très grandes debtes créées par ledict deffunct pour se entretenir à nostre service, à l'occasion desquelles elle a été contrainte renoncer à la communauté des biens*., auroit tiré en cause l'exposante pour la restitution de ladicte rançon... Mais ayant recognu... que pendant lesdicts troubles on procedoiten la manière... ainsi qu'il a esté faict par ledict sieur de la Lande,

(1) On voit ici que les prises cl rançons de guerre prolilaient aux soldats comme aux officiers.

nous suppliant et requérant, attendu ce que dict est, mesmes les services à nous faits par ledict deffunct son mary, en hayne de quoi ladicte maison de TEpronnière a esté brûlée par trois foys, outre plusieurs autres pertes... au moyen desquelles sesdicts enfans sont demeurés chargés de grandes debtes... Nous, ayant égard à ce que dessus, et ne vouUant ladicte exposante et ses enfans eslre recherchés pour raison de ladicte prise dudict Brillaye... avons icelle exposante et enfans déchargés des poursuites contre eux faictes... 'et à ceste fin, avons validé et validons ledict jugement donné par ledict feu sieur de la Lande., pour estre de tel efifecl, force et vertu comme s'y faict ovoit esté par ledict sieur de la Rochepot.., car tel est noslre plaisir. Donné à Paris, le 9 décembre Tan 1899 et de noslre règne le unzième.

« Coppie, coUationnée à l'original en parchemin rendu à ladicte Crespin au tablier du greffe au Pallais-Royal d'Angers, le 24 avril 1600. Signé : Dufay-Ernault. » (Vievx papiers,)

RENVOI Y (des pages 420 et 499).

Relevé général des aveux et hommages dus à Tancienne baronnie

de Craon.

Faire aveu ou hommage pour une terre, c'était reconnaître que cette terre relevait, c'est-à-dire dépendait d'une autre terre, et déclarer de quelle manière elle en dépendait (1) ; or, selon l'ancien axiome féodal : nulle terre sans seigneur. Mais il ne s'ensuivait pas que le propriétaire d'un Gef fût le seigneur immédiat de toutes les terres comprises dans la mouvance ou circonscription de sa seigneurie. Quelques-unes en relevaient en nuesse ou nuepce, c'est-à-dire directement ; les autres n'en relevaient qu'indirectement, ou par le moyen de seigneurs intermédiaires, et ces degrés de seigneuriage étaient quelquefois nombreux (2). Nous aurions désiré donner pour le Craonnais un tableau complet de cet enchevêtrement pres-

(1) En lalin, le mot homtnage se traduisait par ;(irt5 clientaris professio^ dit le Dictionnaire (le Trévoux,

(2) Les arrière-vassaux étaient quelquefois appelés vavasseurs.

SUITE DU REiNVOI Y. 709

que inextricable des fiefs qu'il contenait. Ce travail nous a paru audessus de nos forces. Nous nous sommes contentés de relever, aussi exactement que nous Tavons pu, quelques listes d'aveux rendus à la baronnie, à diverses époques ; de les réunir dans un seul tableau par ordre alphabétique, de manière à présenter dans leur ordre chronologique les divers possesseurs de ces fiefs ou terres, depuis le xiv» siècle jusqu'au xvu*.

Ces listes sont au nombre de cinq :

!'• Aveu rendu par Georges de La Trémoille, à René, duc d'Anjou, tiré des Archives de France^ Anjou, P, 339. Nous reproduisons ce document en entier à la suite de notre travail, à cause de son intérêt particulier.

IP Une pièce intitulée : « Hommages deuz à Madame (1), » tirée des Arch. de la Mayenne^ H, 68.

III* Quand le prince Henri II de Bourbon-Condé, fils de Catherine de La Trémoille, fut mis à la Bastille, ses biens furent placés sous l'administration du sieur Pian, son intendant, qui fit un inventaire complet des aveux rendus à la baronnie jusqu'au 20 mars 1617, date de cet inventaire dressé au château de la Lande de Niafle (appartenan i alors au prince), en présence de Lebvre de Laubrières, son sénéchal, et de Julien Hullin, son procureur fiscal. (Archives de la Mayenne^ E, 99.)

IV* Lashier, procureur fiscal à Craon, a laissé un écrou général des hommages, des devoirs, tailles et redevances dus à la baronnie, daté de septembre 1678, pièce également déposée aux Archives de la Mayenne^ E, 100. Malheureusement cet écrou ne donne pas le nom des avouants.

V* Enfin, nous nous sommes aidés de quelques notes particulières et d'une liste de cens et devoirs, trouvée aux mêmes Archives E, 103; elle est sans date, mais paraît être de 1640 environ.

Les numéros portés en marge de chaque aveu se rapportent aux cinq pièces ci-dessus.

(1) Catherine de La Trémoille, veuve en 1588 du prince Henri I«' de Bourbon- Condô.

Page 1