TEMPS ANCIENS
Êpociuea Celtique, Druidique et Galio-Roumine.
(De L500 ans avant J.-C. à 480 après.)
Et plus esl patriae fada «fferre labor. (Ovide Trislhim, lib. 11.)
ELO?i rhistorien Josèphe, les Celtes descendaient de Gomer, fils aîné de Japhet; de là leur premier nom de Gomares. Gomer eut trois fils : Askenaz, Riphat, Thogorna. Riphat fut le père de nos Celtes ou Gaulois qui d'abord habitèrent les bords de TOxus (fleuve Amou) et du lac Oxien (mer d'Aral) dans le Turkestan (1). 1500 ou 1600 ans avant Jésus^hrist, c'est-à-dire un ou deux siècles après le déluge, une grande migration de ce peuple, partie de la haute Asie, se dirigea vers l'Europe, remonta le cours du Danube, auquel, pour preuve de son passage, elle donna son premier nom de Ister^ qui, en celte, signifie fleuve, et vint occuper l'ancienne Gaule, une partie de l'Espagne, la Galice et .la Ccltibérie, en refoulant vers le midi une popu-, iation indigène, presque sauvage, dont la langue basque indique un débris encore vivant. Cette population indigène, dit M. Amédée Thierry, avait le corps tatoué, n'avait pour vêtements que des peaux do bétes et pour armes que des haches en silex, remplacées plus tard par des haches de bronze. Or, des haches en pierre ont été trouvées à Saint-
(I) D' Askenaz descendirent les Germains, les Slaves, les Scandinaves ; de Thogorna, les Arméniens (Le Normand, IlisL de rOrient),
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Clément, aux Provenchères, à Saint-Hubert de Livré et ailleurs : donc le Craonnais était habité dès cette époque (1).
Plus tard, les Grecs désignèrent les Gomares sous le nom de Keltes ou Celtes, et appelèrent Celtique le pays nommé par les Romains Gallia, d'où sont venus les noms de Gaule et de Gaulois (2). Dans les tem.ps postérieurs, les Grecs donnèrent aussi aux Gaulois le nom de Galates. Selon M. de la Villemerqué, les Celtes suivaient le culte primitif enseigné par le patriarche Enos, n'avaient point d'idoles, croyaient à un seul Dieu, à la Providence et à l'immortalité de l'âme. Leur culte se célébrait sur les hauts lieux; leurs autels étaient des pierres brutes, que le fer n'avait pas touchées (3); leurs offrandes, des fruits, du froment, les premiers nés de leurs troupeaux.
(1) Les historiens modernes parlent souvent des âges de pierre, de bronze, de fer; il est évident que ces divisions chronologiques ne s^appliqucnt pas à Tâgc du monde, mais aux époques successives de civilisation de chaque peuple.
Ainsi les pyramides d*Égyple, élevées quatre mille ans avant J.-C, renfermaient dans leurs sarcophages des armes de bronze, tandis que trois mille quatre cents ans après un peuple voisin, les Ethiopiens, en était encore aux armes de pierre.
Ainsi, quatorze siècles avant J.-C, les Grecs à leur tour se servaient d*armes de bronze contre Rhamsés, pendant que Moïse, vers le même temps, écrivait après sa sortie d'Egypte que Tubalcain depuis des siècles avait trouvé Tart de fabriquer le fer. Enfm mille ans avant J.-C, les Grecs commerçaient du fer au siège de Troie, pendant que les Phéniciens de Tyr et de Sidon nous apportaient par Nantes et Vannes des armes de bronze, en allant en Angleterre chercher Téiain nécessaire à leur faJ)rication. Du reste, cet alliage se faisait en diverses proportions : la hache trouvée à la Motte de Saint-Martin en 1870 (voyez planche VIII), pesant 410grammcsà Tair et 360 seulement dans Teau, doit contenir 34.93 pour cent d'étain et d't.O? de cuivre, tandis que le bracelet doré trouvé à laTouche-Godier de Renazé (même planche), ne contient que 22.27 d'étain et 77.73 de cuivre.
(2) Selon M. Tabbé Voisin {Revtied: Anjou, t. IV), les mots KelieSy Celtes, Galls, Gallatch, signifient en langue sémitique : Emigrants, dispersés, vagabonds.
(3) La ressemblance de cette prescription avec celle de nos livres saints est remarquable. Voyez Exode, cfa. XX, 25; Deut., xxvn,5; et rhisioricn Josèpbe, ch. vni, 51. Remarquons, en outre, qu'il est dit dans la Genèse, ch. xxvui, 18, ch. xxxi, 13, et ch. XXXV, 14, que Jacob versait de Thuilc sur ces pierres-autels ou de témoignage. Or nos Gaulois avaient encore conservé cet usage au iii« siècle, au rapport d'Arnobe (cité dans V Anjou et ses monuments, 1. 1, p. 10) : 5/ quando conspexeram lapidem ex olivi unguine sordidatum, ianquam inesset vis prcesens, adulabar, affabar... Ces pierres furent les idoles primitives de tous les peuples. Aussi en a-t-on trouvé à Malte, aux Indes, et jusqu'aux sommets des montagnes d'Amérique. Mais selon la remarque de M. des Mousseaux {Hauts phénomènes de la magie, etc.), les pierres païennes élevées à rimilaiion de celles des patriarches étaient Tœuvre du singe de Dieu, de l'Esprit de ténèbres, et c'est également à l'imitation du chêne de Mambré, (|uc les chênes de 0QdoneQ\ des Druides devinrent des arbres sacrés chez les païens.