‹ Chroniques craonnaisesChapitre 24 sur 127 · GUÉRIN I · texte numérisé non relu

GUÉRIN I

dommage, dit Bourdigaé, car il était hardi et cojrageux chevalier. Il fut 1039 enterré au prieuré de Saint-Clément, c'est-à-dire, sans doute, dans le préau qui servait de cimetière aux religieux.

Sa tombe n'était-elle point cette pierre d'ardoise si ancienne sur laquelle, dit un procès-verbal de 163i, on n'apercevait plus que des carreaux (1), des caractères à demi effacés, et sur laquelle les chanoines de Saint-Nicolas étaient tenus de venir tous les ans, le mardi des Rogations, chanter un libéra solennel (2)? Les pierres qui couvraient les cercueils des premiers barons de Graon à la Rou étaient aussi en pierres d'ardoise.

Remarquons qu'après Guérin les seigneurs de Graon ne se sont plus fait inhumer à Saint-Glément. Dès 1120, nous les verrons se faire enterrer à la Roë, et plus tard, vers le commencement du xiv* siècle, aux Go'deliers d^Angers (3). Ce sentiment respectable qui fait choisir, à chaque famille puissante, un champ de repos particulier en dehors des tristes querelles de la vie, se retrouve dans tous les temps, et fait supposer, avec beaucoup de fondement, que les barons de la première maison de

(1) P^ut-étre rorigine des lozan^es de la deuxième maison de Graon. Voyez la noie suivante.

(2) Voici ce que dit ce procès-verbal qui rend compte de la visite falledans le prieuré par le sieur de la RoUièrc, iolcndanldu marquis de Rochefort : « Nous aurions vu une « sépulture enlevée sur terre environ un pied et demi de haut, de la longueur de six a pieds, couverte d*une grande pierre d*ardoise sur laquelle n'y a aucune marque de a caractères qui se^puissent lire, paraissant fort ancienne,,, et tous ont unanimement « reconnu que ladite sépulture était celle sur laquelle les chanoines allaient tous les ans « processionnellemenl, au jour des Rogations, chanter un libéra solennel après avoir « célébré une grand*messe au grand-autel du choeur pour le repos d*un seigneur de « Craon^ leur fondateur et bienfaiteur, » -* Un autre procès-verbal à peu près du môme temps dit : « Dans ledit couvent et au milieu dudit chapitre ou peu près, proche « d'un pilier de pierre ronde est une fort ancienne sépulture... couverte d*une graude « pierre d'ardoise toute figurée de carreaux, qui sont les armes de la maison de « CraoUy qui est la sépulture d'un ancien seigneur, à laquelle les chanoines de Sainl- « Nicolas vont tous les ans, le mardi des Rogations, après la messe, dire un « libéra^ etc. » {Arch, de la Mayenne, H. 08.) Ce qui donnerait à notre opiuion une nouvelle vraisemblance, c'est qu'à Angers, un service religieux tout pareil fut fondé pour Tennemi même de Guérin : a Les chanoines de Saint-Laud allaient procession- « nellement tous les ans à l'église Saint-Nicolas, le jour anniversaire du décès de Geoffroi- « Martel, chanter une messe près de sa tombe. » (Barth. Roger, p. 201 et 202.) La procession sur la tombe de Guérin fut sans doute supprimée lorsque la baronnie passa aux d'Aloigny : car depuis lors il n'en est plus question.

(3) Dans la chapelle dite de Graon, en l'église des Cordeliers ou frères mineurs. Voyez à Pan Ii92.

1039 Craon avaient été enterrés, comme Gucrin, chez les Bénédictins de Craon (i).

Les chanoines de Saint-Nicolas n*ont été fondés, il est vrai, que cinquante ans après la mort de Guérin, par Renaud, fils du Bourguignon, mais ce Renaud avait épousé la pelitc-fille du malheureux Guérin. Cette fondation pieuse, faite sans doute à Tarticle de la mort par le fils du meurtrier et conjointement avec sa femme, était tout à fait dans les mœurs de Tépoque et donne à notre opinion une nouvelle probabilité (â).

Si notre supposition est fondée, la date des Rogations donnerait celle du combat du Porl-d'Epinard, époque favorable, en effet, pour une entrée en campagne.

Quoi qu'il en soit, presque aussitôt après sa victoire, Geoffroy-Martel vint k Craon, assembla les vassaux de la baronnie, leur présenta Robert le Bourguignon comme leur nouveau baron, et les obligea aussitôt à lui prêter foi et hommage (3) ; c'est ainsi que Robert devint chef de la seconde maison de Craon.

Poquet de Livonnière, t. II, p. 1207, suivi par Bodin (Anjou, t. I*% p. 218), donne à cet événement la date de 1050 environ, c'est une erreur. Nous avons la charte de fondation de Vendôme par Geoffroi-Martel, insérée dans l'ouvrage intitulé : Inquisitio in chartam fundaiionis etprivilegia vindocinensis monasterii, qui fixe très-positivement cette fondation à 1040 (4). Hiret confirme cette môme date. Or Geoffroi déclave dans cette charte donner à Vendôme l'église Saint-Clément de Craon qu'il avait retenue, dit-il, quand il donna à Robert le Bourguignon la seigneurie de Craon. (Renvoi A.) La mort de Guérin est donc antérieure à celte fondalion et à cette charte de i040.

(1) Si Guérin ne fut pas enterré dans le chaiiccau de son église, c'esl que peul-ôlre ce droit seigneurial n'cxislait pas encore, ou que Guérin étant déchu de sa seigneurie, on n'osa lui rendre ce dernier hommage.

(2) Voyez Tanecdoledes forestiers à Pannce l'OO.

(3) Telle élait la loi féodale; les flcfs du vassal rebelle étaient confisqués parle suzerain; lorsque Foulques- Nerra (1036-1027) prit Saumur, il dépouilla tous ses ennemis et donna leurs biens à ses chevaliers (Cart. de SB\ni'\uh\ntArch,d'AnjoUy !«' vol.) Geoffroi cl Foulques le Réchin firent de môme. {Ibid.)

(4) Item ex altéra ripaejusdem fluminis (Li^eris) ecclesiam maziacencem {une autre copie écrit moniaciencem) in honorem sancti Pelri, ecclesiam Sancti-Clementis apud castrum ci'edonense cum omnibus ad ipsam pertinentihus, quant quidem exccptam, sicut prius beato Petro {à Saint-Piene de Rome) donatam retinuimus cum honorem credoncnscm, Roberto Burgundiae fideli nostro donavimus. Aclum est hoc anno ab incarn. Dom. millesimo quadrageslmo, Indict. xin régnante Henrico rege anno uono (Henri I«% 1031-1060).

GuÉRiN r^. 129

Si Ton demandait comment Geoffroi avait pu faire un don avant 1040 1039 à Vendôme, puisque celte abbaye n'était pas fondée, nous dirions qu'en style de charte, fonder n'est pas construire, mais doter, et que 1040 n'est pas la date de construction de l'abbaye, mais celle de la dédicace et des donations qui constituèrent et assurèrent définitivement son existence.

Geoffroi en avait jeté les fondements dès 1036 (1), et c'est sans aucun doute entre cette date et 1040 qu'il faut placer la catastrophe de Guérin ; or Geoffroi ayant été en guerre avec son père en 1036 et ayant fait le voyage de Rome en 1037, nous croyons pouvoir fixer l'événement au printemps de 1039, époque à laquelle Foulques Nerra, père de Geoffroi, fit à Jérusalem son dernier voyage et pendant lequel il confia à son fils le gouvernement de l'Anjou (2).

(f) Inguisitio în ehartam fundationis cl privilégia Vindocinensis monasterii, par LauDoi déjà cité. M. Aimé ChampoUion-Figeac tize môme les premiers travaux vers 1032 {Revue archéoL de Leleux, 18o9), et le Gesta consulum vers 103i.

(2) En effet, toutes les circonstances rapportées par les auteurs signalent la présence de GeofTroi-Martel à Angers ou aux environs : or, si son père eût été en Anjou, c*est lu qui eût combattu Guérin, et Martel ne fût pas sorti de Vendôme où il habitait depuis quelques années.

De plus, la IV* charte de La Roë dit positivement que Nerra (mort à Metz en 1040, en revenant de la Terre sainte) était intervenu dans le don de la terre de Graon à Robert le Bourguignon.

cd

CA

ed

•flj

ce

bs

fi

tf:

os

fi

Ed

tC

fi<

en

as

as

•td

tC

OQ

ce

es

rp^

en O

• BaV

CQ

Pk

ai

Ex^

ce;

Ut

es

CJ

ce:

PQ

fi tM CO ^ -os.-^

'TJ **^ ^ Cd g 03

*2 co 03

I su I

en Q

■st)

ij

u fi

en Z- «S Q 03 »-

ta . tfa

es wCO

^ >< o « o fi a * PQ o or*

CCS .^

Oà ^

r^ ^ ^ û, Z JB

es

es

fi

co

ec

S en

es

fi

fi

fi

fi

Ek:i

fi

ce:

"co

fi

en

U fi^ 03 1

OO 5i2 ce ^

"^I^ W fi fi o

9^:^ wts £*^

o ^ H . fe

BURCHA CHAR époux Roche cadett,!

Roche

vian.

03 ■ " H ti "-

^ tf M ^03

fille uni épousa

IBERT DE

noces 1

Page 1