JEAN DE CRAON
Engagé dans les ordres sacrés, il fut successivement trésorier de Saint- Martin de Tours, chanoine de Paris, évêque du Mans de 1380 h 1385, et enfin archevêque de Reims.
(I) Du Paz, prieur des Frères Prêcheurs au Mans, est mort en 1631 ; M<^nage en
:24G BHANCHES COLLATÉRALES.
Le roi Jean ayant assemblé les Etals généraux à Paris, le 2 décembre l'-JSS, leur avait exposé le triste état des finances, et demandait aide à la nation. Jean de Graon, nouvel archevêque de Reims, au nom du clergé, Gaultier de Brienne au nom de la noblesse, et Etienne Marcel, prévôt des marchands (si connu depuis dans les troubles de la Jacquerie) au nom du Tiers-État, protestèrent de leur dévouement, mais déclarèrent en môme temps par leur première délibération, qu'awcun règlement n'aurait force de loi qu'autant quil serait approuvé des trois ordres : et que Vordre qui aura refusé son consentement ne serait pas lié par celui des deux autres^ déclarant en même temps qu'ils étaient tous appareillés (décidés) de vivre et de mourir avec le roi et de mettre corps et avoir en son service.
Gomme archevêque de Reims, Jean de Graon sacra Gharles V et sa femme Jeanne de Bourbon, le 19 mai 1364.
En 1365, il réussit avec son frère Pierre de La Suze et avec le maréchal de Boucicault, dans la difficile mission de réconcilier Jean de Monlforl et Jeanne de Bloi&, malgré le désir secret de Louis P**, duc d'Anjou, de voir continuer les hostilités ; il conclut la même année le traité de Guérande que signa aussi Béatrix, de Graon, dame de Loheac. (D'Argentré, p. 514.)
Le 13 mars 1371, il baptisa dans Téglise Saint-Paul à Paris, Louis de France, deuxième fils de Gharles V, depuis duc d'Orléans, assassiné trentesix ans après par son cousin-germain, le duc de Bourgogne. Du Guesclin, second parrain du royal enfant, lui fit toucher son épée en lui disant : « Monseigneur, je vous mets cette espée dans la main priant Dieu qu'il « vous doint un tel et si grand cœur que vous soyez encore aussi preux « et aussi bon chevalier comme fut oncques roi de France qui portast « espée. » (Histoires de Du Guesclin, par Berville, Mesnard, Mazas, etc.) (Voyez au renvoi T, Tacte rapporté par Ménage.)
Jean de Graon mourut à Paris, le 29 mai 1374, et fut inhumé dans réglise des Gordeliers de la môme ville ; il ne devait avoir que quarante-quatre ans.