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SAINT-CLÉMENT DE CRAON

Prietré Goiveittel; colliteir : Tabbé 4e Veiddae. Voyez renvoi I.

CUILLÉ, CULLÏACUS, CULLEIUM.

Patroi : saint lartii ; préseitateir : l'abbé de Saiit-Asbin, oi. seloi Hiret et le PoolUé de Toirs, l'abbé de Saint-Serine; coUatenr : TéTèqne d'Anfers.

Quelques personnes pensent que le scubiliacns dont la possession fut confirmée, par Charlemagne, à Téglise d'Angers (768-814), pourrait être Cuillé. II serait donc une de nos plus anciennes paroisses.

En 1097, Urbain II confirma le don de cette église à Tabbaye de Saint- Aubin.

Au XII* siècle, Patrice de Cuillé donna à Tabbaye de La Roê le tiers du moulin de Cuillé, et à Téglise de sa paroisse 3 sols de rente.

Vers 1180, Hamelin de Cornillé et sa femme, qui répondait au joli nom de Sathana^ donnèrent à La Roê un boucher, de Cuillé, nommé Teband, avec sa maison, son jardin, et tous les cens et coutumes qu'on eu pouvait tirer. Ce dont fut témoin le curé de Cuillé. (CLXXXII^ charte de La Roê.) Il fallait qu'alors Cuillé eftt déjà une certaine importance pour qu'un boucher pût s'y soutenir.

En 1371, Jehan de Cuillé reçut ordre de se rendre, avec sa compagnie, à Moncontour, assiégé par les Anglais. (Abbé Foucher.)

DENAZÉ, DanazeiUm.

Patron : saint Jean ; présentatenr : le cbapitre de Craon; coUatenr : l'éTèqne d*ângers.

Au XII' siècle, Denazé était partagé entre un grand nombre de petits possesseurs de fiefs [milites)^ qui, voulant y créer un cimetière, c'est-àdire une paroisse, donnèrent le terrain nécessaire. Ce pieux dessein fut approuvé par l'évéque Ulger, par Raoul, archidiacre, et par Guillaume, doyen (de Craon, sans doute).

508 NOTES SUR i/histoire particulière

Les donateurs furent : Guillaume Fortasnier de Cangen (Champgenneo), seigneur dominant, et sa femme; — Mathieu Aragepal, de Simple; — Jehan de Sévillé et sa femme ; — Albéric Barbot et sa femme, et son frère Geofîroi; — Robert de Denazé ou de Simple ; — Ivonne, sa femme ; — Haois de Thorigné et ses fils ; — Geoffroi Tuebœuf et son frère Albéric ; — Chrétien de Denazé et sa femme ; — Robert, neveu du curé, et plusieurs qui ne sont pas nommés, et auxquek les terres de cette paroisse avaient probablement été données, au xi* siècle , pour prix de leurs services, comme nous l'avons vu pour beaucoup d'autres.

L'évêque Ulger (1124-1149) vint bénir ce cimetière, ce qui donne la date de fondation de cette paroisse. Elle fut mise entre les mains de la petite abbaye de Sainl-Ouên-du-Fresne (Sancti-Pharonis). Mais peu après, Lambert, abbé de Saint-Ouen, céda cette église naissante àTabbaye de La Roé. Cette cession est la même que celle consentie en 1143 par Hamelin de Trocé et Tévêque du Mans. (Voyez La Roë.) L'abbé de La Roë, Michel, donna à celui de Saint*Ouên et à ses moines, pour les dépenses qu'ils avaient faites pour cette cession, 30 sols qu'il remit, dit la charte* entre les mains de Terricus, leur receveur, et de Hubert qui vérifia les pièces de monnaie.

Les seigneurs de Denazé consentirent à cette cession, et, par reconnaissance, l'abbé Michel les reçut tous, leurs femmes, leurs enfants^ leurs ancêtres et leur postérité, au bénéfice des prières de l'abbaye de La Roë.

Leurs dons furent consentis par Guillaume de Cangen et par Patrice Chevrolier, frère sans doute de Vivien de Cossé (voy. p. 158), leurs seigneurs immédiats. Aussi l'abbé Michel fit cadeau à Chevrolier de 7 sous pour acheter une tunique. (CIV* et CV« chartes de La Roé.)

Ce même Chevrolier ajouta à ce don ses droits, ses services féodaux et ses tailles sur les terres que La Roë possédait sur Denazé et sur les cimetières ou chapelles de Saint-Barthélémy et de la Balue, de la même paroisse. (Ch. CCXX*.) En considération de ces dons, l'abbé Michel le fit absoudre de l'excommunication qu'il avait encourue pour avoir pris deux bœufs au prieur du Plessis-Milcent : quel contraste!

Robert de Denazé, Geofl'roi Toschard, son frère Bigot, Robert Corbin et Barbot Chantepie, contribuèrent aussi au don du cimetière de la Balue; Maurice II de Craon et Robert de Denazé y ajoutèrent la terre dite de la Contestation, Calumniœ,

« Sur ce cimetière de la Balue, en latin Tiliatœ, nul service n'est àd qu'au seigneur dominant et au curé. Cependant, le jour de la fête patronale de Saint-Georges, toutes les recettes seront pour les chanoines de La Roé ; ce qu'approuvèrent les femmes et les héritiers des chevaliers »

(militum)^ alors absents, paraît-il, pour quelque expédition. (CXXXII* charte, de 1180 à 1158.)

Saint-Georges de la Balue devint un petit prieuré dépendant de la maison seigneuriale du Breil-Brard, de Pommerieux ; Tabbé Fouquet, aumônier du roi, en était titulaire en 1684. (Vieux manuscrits.)

Un Menard deDenazé et sa femme donnèrent à La Roë une terre que leur avait donnée Aragepal, cité plus haut. (CIX® charte.)

Aux Archiva départementales (G, 33), on trouve Tactc de vente de la closerie de la Prairie des Vignes, en Simple, à charge de faire une rente de trois boisseaux de seigle au vicariat de Denazë (1S88) ; et la concession, par les paroissiens, d'une planche de jardin dans les Gautrèches, au sacristain de Denazé.

Sur cette paroisse existait la maison seigneuriale du Plessis-Moine, habitée, en 1696, par Jean dé la Barre, écuyer, seigneur de la BouUaie, époux de Jacquine HunauU.

Robert de la Barre, ancien sénéchal de Craon, fils sans doute du précédent, acheta, en 1701, la terre, le fief et le domaine deDenazé. [Vieux manuscrits.)

FONTAINE-COUVERTE, Fons Coopertus.

Prievré-cnre ; patron : saint Bomir ; présentateur : Tabbé de La Roé ;

coUatenr : l'éTéqne d'Angers.

Fontaine-Couverte paraît être une de ces paroisses créées au commencement du XII* siècle, aux dépens des défrichements d'une partie de la forêt de Craon. La tradition veut que son nom lui soit venu d'une fontaine couverte par Véglise actuelle. Était-ce une de ces fontaines révérées aux temps druidiques, comme celle d'Evron, et dont le clergé sanctifia Tusage en la couvrant d'une chapelle? Ce qui paraît certain, c'est que l'église et le prieuré reçurent d'abord le nom de Saint-Baumir ou Saint-Bomir ; cependant celui de Fontaine-Couverte a prévalu. Au milieu du xii* siècle, Fontaine-Couverte n'était encore qu'une métairie [mediterria). (CCXI/ ch. de La Roê.)

C'est dans cette paroisse, très-voisine de l'abbaye de La Roê, que se trouvaient, l'un près de l'autre, le fief de la cour de La Roë ou de la Petite- Roê et celui de la Pommeraie. Du temps de Renaud de Craon, ces deux fiefs étaient dans la même famille, mais le premier paraît s'être amoindri en faveur de l'abbaye à laquelle il a donné son nom. Vers le milieu du xi^ siècle, la branche aînée de la famille de La Roê prit le nom de la

510 ?fOTE$ set L*HfSTOItE r.UITICOUteB

PomiDeraie, et celte terre devint le fief dominant de la paroiase rdeTant directement de la baronnie de Craon.

An temps dont nous parlons, c*est-à-dire avant la fondation de Tabbaye de La Boê, Hamelîne possédait les fieCs en qoestion. Ce fat elle qui, plas tard, donna à Tabbaye naissante, nommée alors Notre-Dame da Bois, Téglise de SainU-Bomir on de Fontaine-GouTerle, qoi devint on des meilleurs prieurés de Tabbaye (1); elle lui donna aussi le diamp d*ob fut tirée la pierre pour la construction de Vè^&se. (GLXXV* ch. de LaRoé.)

Subard de La Roê, second fils d^meline, ent quatre enfiints : Philippe, Hugues, Renaud et Joscelin.

Philippe se fit chanoine de La Roê.

Hugues donna à relise de Saint*Bomir quatre deniers de cens sur son fief de la Pommeraie, tenu par un de ses cousus, son homme d^armes. Hugues et sa femme Ada engagèrent leur métairie, âtuée près de la haie de Perron, à Robert de Montenay, abbé de La Roê (1130-1136), pour dix livres de deniers avec lesquels ils délivrèrent leur fils Suhard, resté en otage pour pareille somme, entre les mains du seigneur de La Guerche. Hugues assista, en 1137, à la consécration de Téglise de La Roê et lui fit plus tard une donation.

Renaud n*est connu que par le don d*un pré à la même abbaye.

Enfin, le quatrième enfant de Suhard, Joscelin, fut père de trois enfants dont Tun, Suhard de Mérai, fut la tige des seigneurs de celte paroisse.

De Hugues et d*Ada sortirent deux enfiainis, Suhard et Hugues, qui, dès 1150, se qualifiaient seigneurs de la Pommeraie. Suhard , époux de Stéphanie, en eut cinq enfants : Geoffroi, Robert, Guillaume, Anseline et Ada. D>ux sont issus les seigneurs de la Petite-Roé ; on ignore la postérité de Hugues.

L*un>des enfants de Suhard, Geoffroi, donna à La Roê, de concert avec sa femme Agathe, vingt* cinq estagers [estagieros) ou habitants de ses terres de Loi^erie et de la Pouardière, entre le Roseray et la grande route de La Guerche. Il mourut jeune, laissant un fils nommé Mathieu. (Archiv. départ.. Notes de Fontaine-Cowerte et ch. XLVII*, XLIX% LUI* et CXXVII* de La Roé.)

Vers 1151, Jean de Chemazé, prieur de Fontaine-Couverte, fit excommunier un nommé Le Duc pour avoir frappé un de ses chanoines, et Tagrrsseur paya son méfait par le don d*un pré. Plus tard, Robert de

(1) En 1061, il était affermé 1,900 livres et donnait à l'abbé de La Roé cent dix boisseaux de froment ou cent quatre-vingts de seigle. {Arch. de la Roi, reg. XXV.)

DES PAROISSES DE L^AT^aEN CRAONNAIS. SU

Ballols voulut forcer le même prieur à lui céder des terres pour faire un étang; le prieur s'en débarrassa en lui donnant douze deniers et une cruche de vin.

Alors, Fontaine-Couverte relevait de Tyson de Craon; mais Jean, son fils, donna cette paroisse à La Roë avec les dîmes de la Vieuville et tous les droits quMl pouvait avoir dans ce fief sur les sujets de Tabbaye. (CCXXin« ch.)

En 1386, il est fait mention d'un Jean de la Petite-Roê, et nous avons parlé en 1379 d'un Joseph de La Roë.

En 1440, Jacques de la Pelite-Roë, seigneur d'Azé, de Livré et de Fontaine-Couverte, épousa Jeanne, fille de Fouquét de Thorigné, seigneur du Pont-Randoul et de Rumfort, en Gossé.

Quelques années après figurent dans les hommagcrs de Graon, René, seigneur de La Roë, de Livré, etc.. et René, seigneur de la Pommeraie et de Confignon.

En 1497, Marguerite, fille de Jean de La Roë, seigneur de Thorigné, fut la première supérieure de la communauté des religieuses de . Sainte-Glaire de Laval, fondée par Guy XV, à Patience. (Mém, de la May , t. IV.)

En 1611, Salomon de La Roë fit inhumer sa femme dans le chanceau de réglise de Fontaine-Couverte, droit réservé au patron; Guy de Valory, alors seigneur de la Pommeraie, l'obligea k reconnaître qu'il n'en avait aucun droit. (Notes de Fontaine-Couverte.) La famille de La Roë, dite de la Petite-Roë, portait d'argent à six annelets de sable, 3, 2 et 1.

La famille de Valory vendit la Pommeraie en 1751 à Louis Heullin ou HuUin (voyez Brains), et HuUin, en 1752, affermait celte terre à l'abbaye de La Roë, pour 1,200 livres. [Arch. dép.)

Quant au spirituel, la paroisse était administrée par un prieur-curé et un vicaire.

Du temps de Robert d'Arbrissel, Jean Bâtard donna à l'abbaye de La Roë les dîmes qu'il possédait sur Fontaine-Couverte, savoir : le sixième des agneaux, de la laine, des porcelets, des veaux et celle des pains qu'il était alors d'usage d'offrir à la messe les jours de grandes fêtes.

Quelques années après, en 1135, Innocent II confirma à La Roë la possession de cette église.

Aujourd'hui on voit, du côté de l'épître, un .autel orné d'un riche rétable donné en 1694 par le prieur Guy Doublard. Il fut payé 1,000 livres à un artiste de Château-Gontier, nommé Baraudrie. Il est très-remarquable ; l'autel qui en fait le pendant à gauche a coûté 13,000 fr., en 1860, à M. l'abbé Lefebvre, curé de Fontaine-Couverte.

512 NOTES SUR l'histoire PARTICULIÈRE

La marche de la table de communion est formée d'anciennes dalles de marbre ayant couvert les tombeaux de deux Valory. Leurs armes paraissent être d'argent, chargé d'un arbre arraché. Ces Valory étaient gentilshommes de la Chambre et chevaliers de Tordre de Saint-Michel. L'un mourut en 1649, Tautre en 1661.

Le prieuré ou presbytère n'a de remarquable qu'un portail à assises rustiquées de style Louis XIII, et qui annonce l'ancienne richesse de cette prébende.

La chapelle Saint-Claude, présentée par l'abbé de La Roê et desservie à Fontaine-Couverte, avait un revenu de 24 livres.

Voici la liste des prieurs de Fontaine-Couverte, dont les noms sont venus jusqu'à nous :

1180. Jehan de Chemazé. 1638. Guy de Saint-Denis.

1433. Le Pavagieux. 16S1. Jehan Âoustin ou HeuHin.

1517. Jehan d'Orges. 1687. Pierre HeuUin.

— Anselme Rigault. 1674. Guillaume de Valongnes. 1517. René Affagard, parent de 1681. Michel Avril.

l'abbé Guy Le Clerc. 1684. François Davy.

— Clément Courtillier. 1684. Guy Doublard. I 1536. Jehan Rouault. 1697. Jehan Goby.

j 1545. Antoine de Blamonl. 1698. Charles Correur.

1577. Th. Goulay. 1740. Legault.

1614. François Sonnet. 1779. Jehan Cahouet.

Ce dernier prieur est resté desservant de la paroisse jusqu'en 1807. (Notes de Fontaine- Couverte,)

SAINT-FORT, Sanctus-Fortis ou Saint-Evroult.

Nous ne connaissons rien sur cette paroisse qui ne fait plus partie du Craonnais. (Voyez Menil.)

GASTINES, Wastina, Gastina.

Patroue : lasainte Vierge ; présentatevr : l'abbé de SaiatFloreit; coUatevr : rétèqie d*ABgen.

L'évêque Ulger, vivant de 1 124 à 1149, confirma la possession de celte église à l'abbaye de Saint-Florent. Cette possession fut encore ratifiée par le pape Alexandre III (1159-1181).

Les seigneurs de Gastines el de Barillé étaient alliés de ceux de Ballots. Il en est souvent fait mention au xii« siècle, dans le cartulaire de La Roé. Geoffroi de Gastines était du nombre des seigneurs du Craonnais qui convinrent avec les chanoines de Saint-Nicolas de donner des terres du Roseray à Tabbaye de La Roe, pour y taire une église et un cimetière. (LXXIII» charte.)

Le nom de Gastines signifie plaine découverte, et dérive de gast, destruction, défrichement. Wastinia, en langue germaine ou tudesque, signifie terre inculte et déserte. La paroisse de Gastines aurait donc été créée, comme La Roé, Ballots, Fontaine-Couverte, etc., dans une éclaircie de bois, vers le xi* siècle.

LAIGNÉ, Lavinlvcum, Laniagum, Laigneum.

Patroi : saint Martin ; présentatenr : le chapitre d'Angers; coUatenr : i'évêqne d'Angers.

Vers 764, Laignô était une des terres données à Tabbaye de Prum (sans doute Trèves-Cunaulten Maine-et-Loire) par le seigneur iEgydius (1). Charlemagne confirma au même monastère, en 8021, la possession de toutes les terres qu'il avait au village de Laigné en Anjou : « qui dicitur Laniaco. » [Ampliss. Coll., 1,29, 60.) En 832, Louis le Débonnaire en assura les dîmes au clergé.

L'évêque Ulger céda au chapitre de Saint-Maurice la moitié de Téglise de Laigné {GalL Christ., XI, 135) et une bulle d'Innocent II confirma la possession de la même église à Tabbaye de Vendôme. (Nov. Thés,, I, 387.)

Vers 1180, les seigneurs de Laigné firent beaucoup de dons à fabbaye de La Roë. Geoffroi de Laigné lui donna la Censie (Censerie de Pommerieux) et lui abandonna 8 sous de devoirs sur les 20 que lui rendait cette terre. Il consentit aussi au don des terres de Robert Cheit-de-Pleil (chef de plaid), mais en se réservant ses droits (10 deniers par 8 sous de taille el 12 deniers pour le service de guerre), en obligeant les chanoines de garnir Tune des fermes de laboureurs et de bestiaux (unum herbergamentum tenere vestitum], condition alors assez difficile à remplir. Ce

(1) Ou Gilles. Voici les noms des terres données par lui : Colvonno (Ghauvon, moulin près le Lion-d'An{^ers), Laviniaco (Laigné), Averiaco (Aviré), Aurudo (inconnu), Scrant (Serant), Golrido (Goudray), Bron (Bréon), Duniaco (Daon).

814 NOTES SUR l'histoire PARTICULIÈRE

Geoffroi eut pour enfants Payen et Guerrif ou Gerrif (i). Payen épousa Osanua et en eut Geoffroi, Fromond, Hersende et Ivette : presque toujours le petit-fils prenait le nom du grand-père.

Geoffroi eût bien voulu tout abandonner aux religieux, mais Payen s'y opposa longtemps; enfin, vaincu par les.'priëres, accablé parles malédictions de son père, il finit par consentir à ses désirs et môme il ajouta à ses dons, afin d*élre reçu chanoine, Tabandon des droits qu'il s'était réservés sur la terre de Cheit-de-Pleit, tant pour le service militaire que pour le cens et pour Tobligation de fournir gage (Responsio stagii). (.CXVP et CLXXXP ch.)

LAUBRIERES.

Patron : saint François.

Cette paroisse, distraite de celle de Méral, a été érigée vers 1640 afin de réunir sous la juridiction de Lefebvre de Laubrièrcs, seigneur de Méral, le nombre de clochers voulu pour faire un marquisat. La chapelle de son château de Sous-les-Oches ou Soulioche, fut la première église de Laubriëres, et Tabbé Dubreuil son premier curé : aussi le Pouillé d'Angers, de 1630, ne fait pas encore mention de cette paroisse.

Une closerie nommée Laubrières, en Marigné, près Daon, faisait partie du censif de Saint-Laurent-des-Mortiers. On croit que les Lefebvre en tiraient leur nom et qu'ils le donnèrent à leur château de Soulioche et, par suite, à la nouvelle paroisse.

En 1150, Suhard de Méral donna à La Roê des dtmes sur Pingenay, maintenant en Laubrières. (LXXXII* ch. de La Roê.)

A la même époque, Tyson de Craon, seigneur de Bouche-d'Usure, donna à La Roê Tétang et le moulin de Montfouché, aujourd'hui détruits, mais dont les terres font aussi aujourd'hui partie du territoire de Laubrières.

En 1216, Gauthier Bobéet Mathée duBreuil, son épouse, donnent aux Bonshommes de la forêt de Graon un septier de seigle de rente sur leur terre de Soubs-les-Ouches. (Voyez renvoi D.)

En 1300, Pierre delà Rivière, seigneur de Soulzocbe, épousa Aliette de

(t) Ce Guerrif de Laigné figure parmi les seigneurs formant le plaid on cour de Justice de Maurice II de Craon (1135-1106), avec Lorgeius, Geoffroi de Ballots, Renaud de Livré cl plusieurs autres au nombre de dix à douze.

DBS PAROISSES DE l'ANCIEN GRAOMNAIS. ' SiS

Chateaubriand, qui lui apporta en dot 300 écus d'or et trois aunes de velours violet. Leur fille, Aliette, épousa Maurice Quatrebarbes, qui était seigneur de la Rongëre depuis 1296.

Vers 1480, Jehan de la Croix, seigneur de Vallière, des •Tesnières, en Placé, de la Brosse et de la Haie de Gastines, en Laubrières, épousa Renée d'Avaugour. Ses armes étaient de sable à la croix d'argent (1). Un de ses ancêtres suivit saint Louis à la première croisade et fut du nombre des trois cents gentilshommes auxquels les Sarrasins crevèrent les yeux ; c'est depuis lors que les Tesnières prirent le nom de la Croix.

Un Pierre de la Croix épousa Anne de Feschal, de Cherancé. Leur fille, Louise de Feschal, épousa Briand, seigneur de la Brosse, en Laubrières. A son contrat assistait Guillaume du Buat, seigneur de la Subrardière. De ce mariage vint un fils, Charles, seigneur de la Brosse, vivant en 1684.

En 1613, Lefebvre deTÉpinay, écuyer, était sénéchal de Craon. (Voyez p. 438.)

En 1616, Lefebvre de Laubrières, fils probablement du précédent, était aussi sénéchal de Craon. C'est lui, sans doute, qui acheta Soulioche de la famille de la Brosse et lui donna le nom de Laubrières. (Voy. Méral. )

En 1699, un Lefebvre de Laubrières acheta pour 10,000 liv., de Madelon du Buat, la terre de la Haye, de Gastines. Un autre Lefebvre, seigneur de Laubrières et de Méral, devenu veuf, entra dans les ordres et fut nommé évèque de Soissons en 1731. Il consacra l'église actuelle de Laubrières.

Il y avait en Laubrières la chapelle de la Brosse, desservie à la paroisse et fondée sur le fief de la Brosse, devenu, en 1688, propriété de la famille du Buat.

En 1788, Chanleloup, curé de Laubrières, prêta serment à la constitution civile du clergé , se rétracta et passa en Angleterre , revint avant la fin de la Révolution et se tint, jusqu'à la paix, caché à Laubrières.

Son vicaire, Pierre Nupied, refusa le serment, s'exila en Espagne, revint en 1797 et rendit au péril de sa vie les plus grands services sur Méral et Laubrières. Nommé curé de cette dernière paroisse en 1802, il répara l'église dont les républicains avaient fait une redoute crénelée.

(1) On voit encore, dans les restes d'anciens vitraux de l'église de La fto6, un écusson de sable au chevron d^argent, accompagné de troix croix pâtées du môme.

516 NOTES SUR l'histoire PARTICULIÈRE

On voulut alors réunir Laubrières i\ Gastines, mais ce fut au contraire celle-ci qui fut réunie à Laubrières jusqu'en 1802, époque à laquelle Gastines recouvra son litre de paroisse.

En 1839, le château de Laubrières était la propriété de Pierre-Clément du Verger qui, en mourant, a donné 700 fr. à l'église, 240 hectolitres de froment aux pauvres, 3,000 fr. pour fonder une école et y placer une sœur chargée de Tinslruction des enfants, et 3 autres raille francs à l'hôpital de Cossé pour recevoir les malades de Laubrières. Il a laissé pour héritier M. Rebillard, de Cossé. {Notes de M. Duval, curé de Laubrières en 1864.)

En 1862, deux élégantes et importantes habitations ont été créées sur cette commune par M. Lasnier, époux de M"® La Touchardière, et par M. Bernard, de Pouancé.

LIVRÉ-LA-TOUCHE, Livriacum, Livreium.

Priearé-care ; patronne : la sainte Vierge (l); présentateur : Tabbé de La Roê.

Livré tire son surnom : la Touche, de Toscha, qui en basse latinité signifie bois, foret.

Il existe dans le bourg plusieurs cavernes qui semblent creusées de main d'homme, car le sol du pays n'est pas naturellement caverneux. Personne ne peut en dire Torigineet Tusage. Ne dateraient-elles point du l'époque à laquelle les Aborigènes n'avaient pour se loger que des cavernes (voy. p. 12), telles qu'on en voit encore au centre de la France*?

Cette paroisse dépendait en plein fief de la baronnie de Craon. Ses habitants furent l'objet des premiers travaux de Robert d'Arbrissel. On soupçonne même que l'église fut bâtie h son instigation, ce que confirmeraient le patronage de la sainte Vierge, la forme des fenêtres étroites et à plein ceintre du clocher et fabside en cul-de-four de la nef.

Cette église, restituée par quelque seigneur de Livré (2) à Tévôque d'Angers, Ulger, fut donnée par celui-ci à l'abbaye de La Roë en 1134. Voici la copie de ce don :

(1) On prétend que Livré avait un second patron dont on aurait perdu le nom, et que Monseigneur l'Ëvôque du Mans l*a remplacé par saint Julien. Cependant le don même de Livré et sa confirmalion par Innocent II (charte V de La Roii) ne font mention que du patronage de Iti sainte Vierge.

(2) Par Hugues sans doute, dont le nom figure le premier parmi les témoins laïques du don.

DES PAROISSES DE l'aNCIEN CRAOISNAIS. 817

«In Domine Dom. nostri J. G. Ego Ulgerius permissu divine, iicet indignus, Andegavorum episcopus,Roberlo (Rob. de Montenay, H30-1136), venerabili abbati et devoto conventui S. M. de Bosco in Dei servitio perseverantiam usque ad consummationem. Sicut pravis petitionibus nullus sapicntium débet se inclinare, sic episcopalis dignitas justa petentibus non débet desiderata denegare. Ea propter postalantibus vobis ecclesiam Sanctse Mariae de Livreio concedimus eam vobis et quidquid de nostro jure ad eam pertinet, pro amore Dei et pro remissione peccatorum nostromm. Et quia vos videmus ardentes in servitio Dei, concedimus inquam et damus, faventibus Richardo archidiacono et archipresbytero. Hoc viderunt et audierunt quorum nomina subscripta sunt : magister Gurdonus prsecentor Sancti Mauricii, Giraldus de Jarzeio, Peloquinus, Tebaudus prior, Bernardus parvus, Hugo de LivreiOy Carterus, Robertus de Belloforle, Samuel famulus, Johannes Marescallus, Gaufridus aurifaber. » (XXVIII* charte de La Roé.)

Ce don, ainsi que celui des chapelles priorales du Pont-Vien et du Bourgneuf-des-Ecottais, fut confirmé en 1136 par Innocent II.

Le Bourgneuf-des-Ecottais (î), chapelle régulière, était ainsi nommé pour le distinguer d'un autre Bourgneuf, dit de la Forêt ou de Sauconié, en Saint-Quentin. De la première chapelle dépendait le lieu de la Piquetière, nourrissant, en 1696, quatre vaches, deux taures, deux veaux, deux porcs et douze chefs de berguail, le tout estimé 180 livres. Le patron de la chapelle du Bourgneuf était saint Michel. Nous devons à Tobligeance de M. Tabbé Rabory les noms de quelques prieurs du Bourgneuf :

Jacques Haigron, en 1480 ; — Pierre de la Fléchère, en 1803; — Jean Le Marié, en 1505; — du Buatde La Motte, en 1729.

On croit que la chapelle du Pont-Vien fut bâtie par Vivien Ragot de la Ragottière, de Méral, parent des barons de Graon. Ge Ragot, ayant voulu mettre des tailles sur les moines d'Àstillé, en fut empêché par le seigneur de Laval. Pour se venger, Ragot mit le feu à leur église ; excommunié, pour ce fait, pendant trois ans, il obtint son absolution en 1093, de Hoel, évêque du Mans, qui, en expiation de son crime, lui fit bâtir, au milieu dii village du Pont-Vien et en Thonneur de sainte Anne, une chapelle dont on ne voit plus que remplacement, appartenant aujourd'hui au bureau de bienfaisance. [Notes de Fontaine- Couverte.) (Voy. année 1098.)

(I) Ecoter, en vieux français, signifiait étôter un arbre. Ecotais ne signifierait-il pas ^mousse, têtard ?

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