‹ Chroniques craonnaisesChapitre 94 sur 127 · partie · texte numérisé non relu

partie

(1) Livré, Chemazé avec ses deux chapelles de Saint-Pierre et de Saint-Léonard, furent donnés en 1131 par Ulger, évé(]ue d'Angers; nous verrons que Saint-Ouen fut donné plus tard.

(2) Donné vers 1130 par Albéric Rufus ou le Roux (XIX« charte).

(3) Donné vers 1170 par Olivier de Bouche-d'Usure en se faisant chanoine (CGXL* charte).

(4) En 1450, le prieur de La Rouaudière convient avec celui de la Madeleine de Pouancé qae le premier aura la présentation et le second la collation de la maistrerie d'école de La Rouaudière. {Bevue,de V Anjou, 1861.)

(5) Voir Tarticie Livré.

(6) Selon la bulle de Luce III, la Perrière fut donnée par Alard {miles bonœ memoriœ) et enrichie d'étangs et de moulins aux frais de Tabbé de La Roé, Michel.

(7) LVIII« ch. de La Roé : Jean de Breil-Ingaud, près Sion (Ille-et-Vilaine), Botcr- Bernard, Marquis et Guczné, sa sœur, ainsi que tous les membres de la communauté {omnes sodi communionis ejusdem), donnèrent pour Dieu le lieu du Breil où, après

DES PAROISSES DE L'aNCIEIV CRAONNAIS. SSS

Une bulle du pape Luce III, de 1184, adressée à Josbert, abbé de^ La Roê, et conservée en original aux Archives de la Mayenne^ confirme, en outre, à Tabbaye, la possession des prieurés ou chapelles qui suivent :

Saint-Ouën (Odoenus) de Chemazé (1), — Saint-Jean, — Molières, — Bourg-Philippe, — le Pont-Vien (Pontem Viviani)^ — Saint-Sauveur de Fiée, de qui dépendait Mansifrotte, — la Trinité de La Guerche, fondée

avoir vécu quelque temps dans la retraite, Termite Gorin, édifié par la haute réputation des religieux de La Roé, avail demandé et obtenu d*élre admis dans leur abbaye eo leur donnant son ermitage. A cet eiïet, il fit venir le seigneur Albin, alors abbé de La Roé, Albéric, curé de Sion, GeofTroi, Aufred, Guillaume et plusieurs seigneurs et amis du voisinage. En leur présence il remit dans les mains dudit abbé le donduBreil quMl avait reçu d'eux, ce qui fut entendu et accordé par tous ceux qui avaient fait ce don. — De plus, par une divine inspiration, Gcoffroi de Sion et ses frères Aufred et Guillaume ajoutèrent à ce don ce qui était nécessaire à la construction et au chauffage des maisons du Breil : lepanage d'au moins soixante et un porcs, même le panage et le pacage de tous les animaux qui pourront appartenir au couvent, et enfin tout ce qui lui sera nécessaire, sauf le droit de donner et de vendre. En outre Vénitie, mère de Briand-Bœuf, se donna à Tabbaye pour être religieMS au Breil^Ingaud. Cette charte cite au nombre des donateurs : Bardol de Sept-Maisons ; — Jamigon et son fils Moïs, hommes d^armes de Briand-Bœuf, et plusieurs autres hommes d*armes (milites) du fief de Graal de Bastinel.

(i) Burbure, dan» un Essai sur La Flèche, cite une charte de 1087 par laquelle Jean de La Flèche donna à Saint-Aubin Tégiise de Saint-Odon et la chapelle de son château, dédiée à la sainte Vierge, avec des terres et un emplacement de bourg. Il ne sait où trouver ce Saint-Odon ; c'est évidemment Saint-Ouén, et le Saint-Aubin dont il est question, Saint*Aubin de Chemazé. — Ces églises furent données, en 1 143, par Hamelin de Trocé et Guillaume de Passavant, évéque du Mans, ^ Tabbayede La Roé. Le prieurcuré de Chemazé était coseigneur, avec Tabbé de La Roé, des fiefs de Saint-Ouën et de Saint-Aubin. (Voir Dmazé.)

On sait que le délicieux manoir de Saint-Ouên, chef-d'œuvre d'architecture de la Renaissance, fut bâti sous le nom de Tabbé de La Roé, Guy Le Clerc, par la reine Anne, duchesse de Bretagne. Ce vrai joyau, placé sur un prieuré de Tabbaye, au milieu de vastes prairies, semble un bouquet de fleurs, une dentelle légère, tombée là, par hasard, de la parure d'une fée ou d'une princesse. On a fait bien des conjectures sur le motif de cette construction : hasardons la nôtre.

Anne était très-pieuse ; son ârre grande, mais ambitieuse, aimait le trône plus que la France, et la Bretagne plus que la cour. Louis XII avait quatorze ans de plus qu'elle et une santé délicate; en le perdant, elle se voyait forcée de rester au milieu d'un foyer d'intrigues qu'elle détestait ; aussi, en 1^105, lors de la grave maladie du roi, se disposait-elle déjà à regagner sa chère Bretagne avec ses filles, et jamais elle ne pardonna au seigneur de MortiercroUe, le maréchal de Gié, de s'y être opposé. Lors donc qu'elle vit la France décidée à ne plus lui laisser la libre disposition de ses filles, ne serait-il pas naturel de penser qu'elle voulut se construire sur le sol français, mais sous le ciel et presque sur le territoire de la Bretagne, une pieuse retraite digne d'elle, au milieu d'un ordre religieux, où avaient vécu les plus grandes princesses, d'un ordre dans lequel

556 isoTES SUR l'histoike particulière

par Bernard Buxon, dit la bulle, — Sainte-Marie-Madeleine, dans le château de Rennes (1), — la chapelle de la Roche-Giffard, — Saint-Ouën ou Saint-Odon, en Champagne, — les Ecrennes, — les prieurés-cures de Cosmes et de Marigné, — le Plessis-Milcenl (2), — Saint-Avit ou Saint- Ile, — la Sainte-Trinité d'Olivet, — Avessé, — la Volue, — Saint-Eudon,

— Saint-Georges de Villedieu, — Saint-Pierre de..., — chapelle de Chanzeit, — Saint-Barlhélemy de Villabon, en Denazé, — Saint-Georges de Balutis (probablement Saint-Georges-sur-Loire, d'où dépendait le prieuré de Mée), — Saint-Hilaire d'Etriché, — le Bourgaeuf-des-Ecottais de Livré (3).

Hiret, vivant en 1618, cite les fondations suivantes qui paraîtraient ainsi postérieures à 1184 :

Aubigné-Briand, prieuré-cure, — Saint-Aignan, id., — Chanveaux, id.,

— Brion-Subert, prieuré simple.

Enfin Barthélémy Roger, en 1676, cite encore :

Simple, — la Vernissière, — la Barre de Cosmes, — et Ballots.

Quanta cette dernière cure, qui dépendait du chapitre de Saint-Nicolas, La Roë ne pouvait y posséder que quelques dimes. L'abbaye possédait encore les quatre chapelles régulières de Saint-Michel, — Brossard, — La Roche (peut-être La Roche-Giftard) et la chapelle Saint-Georges-du- Château, trois prébendes à Saint-Nicolas et quelques chapelles en patron lai ou laïque à la présentation de Tabbé, telles que : Balisson, — Maugouverne, — Saint-Blaize de Marigné, et autres à la présentation des différents prieurs de Tabbaye.

Voilà pour les prébendes. Quant aux revenus territoriaux, voici ce que Tabbaye possédait en 1728, selon M. Troessart (Le château de Sainte Ouèn) :

les femmes commandaieni aux hommes, et enfin sur tes terres d'une abbaye dont le cbef possédait toute sa confiance ?...

Anne étant morte en ial3, et son projet de fuite ayant eu lieu en 1505, ce serait entre CCS deux dates qu*on pourrait placer la fondation, mais non racbévement de Saint- Ouên, qui se peut, dans tous les cas, remonter au delà de 1493, année de la nomination de Guy Le Clerc aux fonctions d*abbé de La Roë. (Voir pi. XXIL)

(1) Fondée par Conan III, duc de Bretagne, à la prière de sa mère, la vénérable Hermengarde.

(2) Comme son nom l'indique, ce prieuré avait été fondé en 1100 par Guy IV de Laval ; la chapelle existe encore près de Télang du Port-Brillet. Le bruit des forges avait forcé à construire plus loin la chapelle de la Madeleine.

(3) Ce petit prieuré fut vendu, en 1791, 3,250 fr., avec ses ustensiles. C'est ainsi qu^on désignait alors la cloche, rautel, la croix, les chandeliers, etc.

THE NiiW YORK

PUBLIC LIBRAny

ASTOf», LENOX AND TILDEN FOU N DATIONS

DES PAROISSES DE L'ANCIEn GRA0?INA]S. 557

En Ghemazé, la terre de Saint-Ouên, composée de trois métairies et de

trois closeries, affermées ^^iOO fr. et contenant . . 95 hect.

En Gosmes, la terre de la Garaudière 228

En diverses paroisses, 32 métairies et 26 closerics 1,221

Total 1,544 hect.

Trois moulins en Ballots.

Un moulin en Athée.

Les bois des Rayères et ceux des Boyres; ensemble, 600 hect.

Selon un aveu de 1400, Tabbaye avait encore, sur le lieu de la Mouincrie, droit d'usage et de féage (chaufTage) dans les forêts de Graon et de Saint-Michel, à bois mort et à mori^bois^ sans merc ni montrée pour le chauffage et les clôtures des colons ; quant au bois vif pour réparations, il était soumis à la montre du ségrier qui recevait 4 deniers par montrée et autant par animal en pâturage. [Arch. dép.)

Tous ces grands biens faisaient dire dans le pays :

De quelque côté qu'il vente, L'abbaye de La Roë a rente.

Mais combien pouvaient valoir tous ces biens ?

En 1670, Barthélémy Roger les évaluait à 17,000 livres de revenu, dont sept pour le prieur commendataire (1) et dix pour les religieux. Mais il ne parle pas des aumdnes à acquitter.

En 1699, Miromenil estimait tout leur revenu à 24,000 livres, dont 18,000, selon lui, étaient affectées aux aumônes; restait donc 6,000 livres pour les religieux; la manse de Tabbé commendataire ne pouvait entrer évidemment dans ce calcul. Nous avons trouvé, égaré dans les archives de rhospice, un registre de Tabbaye où sont détaillés les revenus du couvent, y compris les dîmes. Le total s'élève à 23,133 livres (2).

(i) Selon le concordat de Léon X et de François I"', le revenu des abbayes en commende se partageait en trois parts : Tune pour Tabbé, la deuxième pour les religieux, la troisième \)0\ir les aumônes, réparations, décimes, etc.

(â) Ce môme revenu s'y trouve détaillé par échéances, comme suit : Terme de Toussaint 4,847 (r,

— deNoei 5,808

— de Pâques 2,041

— de PeDtecôle 1,844

— de Saint-Jean 4,987

— d*Âugevine 3,051

Bentcs d'un principal de 63,880 liv. placé aux deniers

20, 2ieti> 2,738

Total 24,336 fr.

Les deux totaux se contrôlent Tun l'autre et conûrmeni le chi/lre de Miromenil.

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