Guillaume d'Arche, abbé commendataire. (Arch
dép. La Roë, reg. LXXI, et Gall. Christ.) 1729 — 1747
47. Louis-Philippe de Lancri deProuleroy (2), abbé commendataire. [Arch. dép. La Roë, reg.LXXI, eiGall. Chr.) 1747 — 1789
(1) Le malheureux de Thou, grand-maître de la bibliothèque du roi, et victime de son amilié pour Cinq-Mars, dont il ne voulut pas révéler la conspiration, .s'appelait F r^niioiS' Auguste. Serait-ce le nôtre? Décapité en 1642, h trente-cinq ans, il aurait eu vingt-deux ans en 1629.
(2) Prouleroyest une terre près de Neuville-Roy fO'iso),
S66 NUÏES suit L UISTUIKE PAUTtCULIÉHl!:
SAINT-SATURNIN, Sanctus-Saturninus.
Présentateur : le chapitre de Saint-Mainbœaf ; coUatenr : révêqae d'Aagers.
Le pape Victor II (1055-1057) confirma à Tabbaye de Vendôme la possession de Saint-Saturnin et c curtem totam et sylvam quse dicitur Lotez (ou Latez) et terra sylvae si sylva fuerit extirpata. » On croit que cette forêt joignait Saint-Saturnin aux Écrennes, où existait la chapelle du Bois-Rouault, desservie à Saint-Nicolas.
Dans cette forêt existaient aussi des forges catalanes, dont les scories ont été employées, il y a une dizaine d'années, à consolider le chemin de Saint Saturnin à Rochepoulain. Ces forges appartenaient à Tabbaye de La Roe par le don que lui en fit Jourdain de Eancé, vers 1150. Au nombre des témoins de ce don fut un Gaudin d*Armaillc. Les énormes monceaux de ces scories que Ton voit dans les bois des environs prouvent que l'exploitation du fer est fort ancienne dans le Graonnais. — Vers le môme temps, Renaud de Iriaco (du Bourg-dlré) donna à la même abbaye : « quidquid juris tam in Taulia quam in aliis rébus ipse habebat in illa terra quae vocatur de Escreneriis et dedii Cosdumam ferri quod canonici possent habere de suis fabricis. » (GXVIII* ch. de La Roê.) Du reste, le cartulaire de La Roê ne fait aucune mention de la paroisse ni des seigneurs de Saint-Saturnin.
La pancarte des droits de prévôté de Graon, que nous avons donnée à l'article des Finances^ fait encore mention des fers du Graonnais, au moins en 1535.
En 1440, on tira des archives de la collégiale de Saint-Mainbœuf d'Angers une. lettre de Guillaume II de Beaumont, évèque d'Angers, datée de 1236, par laquelle il donne à cette église, dont il se déclare le patron, Féglise de Saint-Saturnin- du -Limct. On tira des mêmes archives une lettre de 1243 qui donnait à Thomas, prêtre, la vicairerie de Saint-Salurnin, près du Limet, sa vie durant, moyennant une redevance annuelle de deux fois 40 sols. (Rep, arch. dCAnjoUy année 1861.)
Enfin, un acte de 1392, conservé à la même collégiale, constate que Jean de Landevis, chevalier, seigneur de Montjean et du Parvy, quitte de tous droits le recteur ou curé de SainiSoumain^ au sujet de douze journaux de terre, de deux quartiers de vigne et d'une rente d'un setier de seigle, légués à la cure, moyennant un muid de vin (quatre barriques) que lui donne le curé.
DKS PAROISSES OE l' ANCIEN CRAONNAIS. 867
En 1644, Laraeri, demeurant au Marais de Saint-Martin, constitue une rente de 20 livres au profit du curé de Saint-Saturnin.
En 1683, Goisbault de La Crue lui en constitue une autre de huit boisseaux de seigle.
La métairie du Bourg devait, en 1734, une rente de seize boisseaux de seigle à la cure de Saint-Saturnin et au prieuré des Bons-Hommes de Craon. (Arch. de rhosp.)
L'ancienne église était bâtie au confluent des deux ruisseaux, un peu au-dessus du bourg; et sur son ancien emplacement on croit reconnaître des vestiges de constructions gallo-romaines.
L'église ne date guère que de 1609.
La ferme des Ecrennes était l'emplacement d'une très-bonne foire : lo désir de donner quelque relief au bourg de Chazé, ou plutôt quelque profit aux cabarets du bourg, y a fait transporter cette foire, qui, en s'éloignant du Graonnais, a perdu beaucoup de son importance.
Plusieurs châteaux existaient jadis sur cette paroisse : la Barre, Beauchêne, YUotUlière^ le Grand-Boiday.
Beauchêne seul a survécu ; il était possédé, en 188S, par la famille de l'Épine, sous la mouvance des seigneurs de Laval, seigneurs du Parvy.
Gilles de Retz possédait la Barre et le Parvy. Il vendit la Barre à Antoine de Vitré, et, après avoir dissipé en orgies exécrables une partie de son immense fortune, expia ses forfaits par le feu, à Nantes, en 1440.
Noble homme de l'Épine, seigneur de Beauchêne, fit accord, en 1898, avec Gilles de Laval (sans doute l'évêque de Séez), seigneur du Parvy, pour un droit de banc dans l'église de Saint-Saturnin.
En 1553, Gilles II de Laval, père probablement du maréchal de Bois- Dauphin, céda le Parvy à Pierre de Laval-Lezaï, et paya au baron de Craon, Louis III de La Trémoille, le droit de rachat.
1571. Beauchêne passe à René du Marail.
1610. François de Juigné achète de Brandelys de Champagne, marquis de Villaines, son droit de rescousse ou de réméré sur Pierre Davy, au sujet de Beauchêne, ce qui l'en rendit propriétaire (1).
(1) Le nom de Juigné apparaît dans notre pays dôs t3l7. Un acte de celte année nous montre Loys de Juigné, époux de Jebannedc Laval-GuiUe (Guillaume), transportant la propriété de diverses terres à Drouet-Hordret pour ramorlissement d*une renie de cent sous, créée par Macé de Laval-Guille, père de sa femme.
En 1551, François de Juigné Tut exemple par Henri II du service du ban el de Farrîère-ban, à raison de ses services de guerre sous le conaétable Anne de Montmorency. René de Juigné, seigneur de l*Aubinaie, de Pruillé et des Landes, maître d^hôtel du duc d'Anjou, frère de Henri Ilf, étant mort en «37^ à Chftleaubriant, dont il
568 >()n:s sru l'histoiue pahticllieue
1616. Le même achète le Parvy de Pierre de Laval ; François de Juigné, appelé de Laubinière, épousa, en premières noces, Françoise Pontin ; en deuxièmes noces, Anne Pierres ; en troisièmes noces, Claude Briant, cl enfin, en quatrièmes noces, à Tâge de soixante-onze ans, Françoise Erreau, morte en 1660, un an après son mari, mort à Tâge de qualrevingt-qualre ans.
Vers 16S0, Daniel de Juigné, gentilhomme angevin, avocat au Parlement, publiait un dictionnaire théologique, historique, poétique, cosmographique et chronologique à Paris. Cet ouvrage reproduit une grande partie du dictionnaire latin de Charles Estienne ; il eut huit à dix éditions, et fut très-utile à Tépoque de sa publication.
1688. René de Juigné, époux d'Anne Poyet, obtient que Saint-Saturnin relevât du Parvy, et prend le titre de seigneur de Saint-Saturnin. Il habitait Beauchêne en 1689.
1782. René de Juigné reçoit de Charles d'Ândigné son aveu pour la Ban*e.
1778. René-Jacques de Juigné bâtit le château actuel de Beauchêne et rend aveu à Graon pour Saint Saturnin, Beauchêne et son droit de basse justice.
1786. Haute et puissante dame Renée de Juigné épouse haut et puissant seigneur René, marquis du Boberil, dont les enfants possèdent encore Beauchêne. (Voy. Chroniques^ année 1379.)
Les armes des du Boberil sont d'argent chargé de trois églantines d'azur.
Celles des Juigné étaient d'argent au lion rampant de gueules à tête d'or.
Quant au château de la Barre, possédé en 1612 par François de Charbonnier, écuyer; en 1834, par Jehan d'Andigné, écuyer; en 1782, par Charles d'Andigné; il était habité, en 1776, par le fermier Halligon. Acheté par la famille du Boberil, ses fossés ont été comblés vers 1820. (Chron. de Saint-Saturnin.)
En 1829, une nouvelle et jolie habitation s'est élevée sur la commune de Saint-Saturnin : les Hunaudières, créées par M. Joseph Doussault, époux de M"« de la Chevronnaie ; les jardins, dessinés par M. Poilpré, sont fort remarquables.
Toucheminot, avant la Révolution, était un poste pour les employés
élail gouverneur, son corps, apporté àChalIain, y fut enterré à côté de sa femme ; huil ans après, son His atné, Jehan de Juigoé, était gentilhomme ordinaire de la maison de Henri III et commissaire des guerres.
DES PAROISSES DE l'aNGIËN CRAONNAIS. 569
des gabelles. Son nom même semble indiquer son origine : on sait que le sel se vendait au minoL
LA SELLE-CRAONNAISE, Cella, Cellula Credonis.
Patron : saint Martin; présentatear -.l'archidiacre d^Ontremaine; collatenr : l'éfêqne d'Angers.
Cette cure était un ancien archidiaconé ; son nom devrait s'écrire La Celle. Aussi voit-on ce nom ainsi écrit jusqu'en 1460.
Une information de 1541 justifie que le seigneur de Craon était fondateur de cette église. (Arch. départ, y E, 99.)
En 1136, Innocent II confirma le don de cette église (Cellula Credonis) à l'abbé de Vendôme.
La chapelle de la Grisiére était desservie dans Téglisc de La Selle. Elle avait pour temporel la closeric de la Grisiëre et une maison au bourg, le tout affermé 171 livres, en 1778, et relevant des seigneurs d'Armaillé. [Arch, départ. , G, 174.) Une autre chapelle, dite de la Poterie, et de 20 livres de revenu, était présentée par le seigneur de la Suhardière.
Le château de Saint-Amadour ou Saint-Amatour (de Sancio-Amatore) est fort ancien ; il était le principal fief de La Selle.
Les CLVI-, CCVIP et CCXXX' chartes de La Roë font mention de Auger de La Selle, vivant en 1150-1158, et de Robert, fils de Jean et ,petit-fils d'Ives de La Selle, qui possédait Laigné.
Au \ii* siècle, les seigneurs de La Selle entretenaient des hommes d'armes.
Vers 1150, Jean de La Selle donna à l'abbaye une terre avec hébergement, que son père, Ives, avait déjîi donnée à Geoffroi de Ballots, lequel, à son tour, l'avait donnée à l'abbaye ; mais, comme son fils Robert avait refusé d'en servir le fief, Jean l'avait reprise aux chanoines. Ceux-ci réclamèrent, et, moyennant une somme de 10 sous, rentrèrent dans la propriété de cette terre. Ils furent seulement assujettis à donner annuellement 4 deniers pour reconnaissance de fief. (CCVII" charte.) Le même Jean de La Selle fit abandon à La Roë de 3 sous 4 deniers, que les chanoines lui devaient sur ses taillez de Laigné quand il la faisait de 10 sols, et à proportion quand il la faisait plus ou moins grande : « Dedil 3 s. et 4 den. quos canonici debebant de sua tallia de Laignaco quando faciet eam de 10 sol. et quando faciet majorom aut minorem quantum evenerit. » (CCXXX' charte.)
570 NOTES SUR L'HISTOIKE PARTICUUÉRE
À la même époque, Payen de Saint -Amadour, cl Nichol, son fils, sont témoins de la fondation des Bons-Hommes (voyez année H90), et en 1191 d'un arrangement avec l'abbaye de La Roê. (Renvoi E^.)
En 1330 ou 1280, Jeanne de Saint-Amadour fut ubbesse de Nyoiseau. (Barth. Roger.) Nous avons fait mention, en 1286, d'un Guillaume de La Selle.
En 1350, Fouquet de Saint-Amadour se réunit aux gentilshommes venus au Mans pour marcher contre les Anglais.
En 1487, François de Saint- Amadour était capitaine de Saint- Aubindu-Cormier; il figura plus tard aux obsèques de François II, duc de Bretagne, et en 1514, à celles d'Anne de Bretagne, en qualité de maître des cérémonies.
Claude de Saint-Amadour, dernier du nom, eut une lille qui fui grand'mère de M™* Philippe-Françoise de Bretagne, devenue abbesse de Nyoiseau en 1648. [Revue de VAnjou^ 1. 1 et IL)
Les armes de cette famille étaient de pourpre à trois tiHes de léopard coupées (ou plutdt trois tètes de loup arrachées).
Une alliance porta la terre de Saint-Amadour dans la famille de Montbourcher; car, dès l'an 1400, ^Jacques de Montbourcher se qualifiait seigneur de Saint-Amadour.
En 1621, Françoise de Montbourcher était dame de La Selle.
En 1625, René de Montbourcher, chevalier des ordres du roi, rend aveu, pour partie de cette terre, à Pierre de Lantivy, seigneur de l'Ile- Tyson ; et au nombre de ses sujets censitifs il compte le baron de Craon, à raison de sa maison seigneuriale de la Lande de Niafle, terre, étang (alors en pré), des métairies de la Mercerie, Nicoulière, etc.
En 1629, Saint-Amadour tomba en partage à un oncle de René de Montbourcher, Louis de Champelain, seigneur de Corcellcs. Celui-ci le vendit, l'année suivante, à Georges HiiUin, écuyer, sénéchal de Craon, à Julien HuUin et à Pierre Lenfantin.
En 1657, Saint-Amadour appartenait à Émeric Hullin, écuyer, qui fui inhumé à Saint-Saturnin. Il était fils probablement de Georges Hullin, écuyer, seigneur de la Chabossière, sénéchal de Craon, de 1625 à 1633. (Voir l'article Justice. )
En 1698, Georges Hullin, écuyer, lieutenant criminel au présidial d'Angers, seigneur de Saint-Amadour et de La Selle, acheta de Charles du Rivau, époux d'Anne de Champagne, la Belissonnière, la Gondonnière, les Fléchères et le fief Collet, pour 6,600 livres. (Voy. année 1516 et l'article Brains.)
Vers 1757, Amélie Hullin de La Selle, épouse d'Auguste Chauvel,
DES PAROISSES DB l'ANCIEri CRAONPiAIS. 571
écuyor, seigneur de Soiivigné (I), capitaine au régiment d'Aquitaine, vendit la terre de Saint-Amadour à Louis-Henri d'Armaillé, conseiller au Parlement de Bretagne, dont les descendants la possèdent encore (2).
En 1767, un vicaire de Livré allait tous les dimanches dire la messe à la chapelle de Saint-Amadour.
L'abbé Duchesnc, auteur de Craon et ses barons^ a été curé de La Selle avant et après 1830.
(1) Souvigné est un petit château près Laigné.
(i) Celle vente nous fournit Tensemble presque complet de la diversité qui existait alors dans la nature des propriétés et de renchevélrement presque inextricable dans lequel elles se trouvaient.
Ainsi, parmi les terres composant ceUe de Saint-Amadour, une petite partie seulement en dépendait directement en plein flef, c'est-à-dire en domaine (propriété) et eu fief (droit de seigneurie). GeUc partie ne comptait que pour 400 livres, tandis que les émoluments produits par les autres ûefs figuraient pour 4,400 livres. D'autres terres, quoique tenues en fief et en domaine, telles que le fief de la Selle, qu'il ne faut pas confondre avec celui de Saint-Amadour, relevaient de Brecharnon, lequel lui-même relevait de Graôn. Duns celte catégorie, le fief de la Selle fut estimé 1,500 livres, et les droils seigneuriaux sur celte paroisse, 4,000.
Le fief de Saint-Amadour, estimé 3,000 livres, le château et les dépendances, 6,000, Usure, 4,^0^), le moulin, 1,000, le domaine de Saint-Amadour, 3,*(00, étaient dans la mouvance de l'ile-Tyson, alors possédée par M. de Lantivy, et lui payèrent, sur une valeur totale de 29,500 livres, 2,774 livres de droits de ventes et issues ou de mutation, le tiers déduit. Mais la Touclie-Giftard relevait de Chauvigny et paya aux fermiers de celte dernière terre, MM. Cournée elHalligon, 1,100 livres sur une esUmalion de 7,000; landis que la Rivière, estimée aussi 7,000 livres, relevait du fief de la Denillcrc qui ékiiten mains roturières et paya aux fermiers, les mômes que ci-dessus, 412 livres de droits.
La Besillère, estimée 3,000 livres; le Grand-Grez, ô,000; le fief du môme lieu, 1,300; la Belissonnière ou Bersonnière avec la Gondonnière, 8,000; le fief Collet ou Fléchère ou toilerie, 1,700 ; le fief de la Suhardière ou Blanchère,*2,200; la métairie de la Suhardière, 9,000, payèrent au sénéchal de Craon 3,000 livres, sur une évaluation de 29,000 livres, ou le sixième avec la déduction ordinaire du tiers.
La moitié de Launay-Foumier dépendait de la Trichonnière, fief également en mains roturières, et lui paya les droits de vente.
En 1770, un d'Armaillé acquit ce fief pour 5,000 livres ei y consolida, c*est-à-dire y réunit ce qu'il y possédait déjà, de manière ii ne faire pour le tout qu*unc foi et hommage au baron de Craon. Car la consolidation élaît l'opposé du dépié ou dépiëcement de fiefs, qui obligeait à faire autant de foi et hommages qu'il y avait de parties démembrées.
Mais ayant attendu dix ans à payer les droits, le baron de Craon les lui fil payer sans la déduction du tiers, pour compenser les intérêts.
Dans la vente de Saint-Amadour furent comprises aussi des terres sur lesquelles le vendeur n'avait pas le domaine, mais la mouvance : telles que TAnsaudière, alors affermée à M. Cournée de la NoG et qui devait foi et hommage à rile-Tysou ; la
872 ?«0TEs suK l'histoire particulière
SIMPLE, SlMPLElUM.
Prienré-core ; patron : saint Jean ; présentatenr : le chapitre de Saiat-Hicolaa ou l'abbaye de La Roê ; coUatenr : réTéqne d'Angers.
Par une plaisante erreur, on trouve quelquefois, notamment chez Hiret, ce nom écrit Saint^Plë.
La CV* charte de La Roê (1180-1188) met au nombre des hommes d'armes (milites) de Denazé, Robert de Simple, mari dlvonne.
La XCVIP, du même temps, cite Mathieu de Simple comme Tun des hommes [ex hominihus) de Patrice Capreolus, et comme Tun des témoins des dons qu'il fit à La Roê du cimetière de Saint-Barthélémy.
Le môme Mathieu, comme seigneur du fief, approuve un arrangement qui fait voir comment les propriétaires cherchaient à se mettre sous la protection de Tabbaye : Haois de Thorigné, près Cosmes, et ses deux fils donnent à La Roê le tiers de leur terre, à condition que ce sera l'abbaye qui tiendra désormais toute la terre du seigneur du fief; qu'Haois et ses fils tiendraient les deux autres tiers de l'abbaye, en lui payant par an 6 deniers, et en rendant aux mains de l'abbé les deux tiers des services féodaux. A la mort de chacun des donateurs, son corps devait être enseveli honorablement par les chanoines, qui, en même temps, entreraient en possession de la terre et des revenus du défunt ; l'abbé donnera à Haois deux bœufs du prix de 30 sous ; l'abbaye aura la moitié du fruit de leur travail sur la terre qui lui est donnée, le quart sur celle d'Haois ; et quant au travail fait sur les terres étrangères, le bénéfice sera partagé également entre l'abbaye et Haois.
La XG* charte offre un arrangement semblable. Le donateur donne le tiers de sa terre, à condition que l'abbaye la tiendra d'Âragepail, seigneur du fief. L'abbé donne un bœuf, le donateur l'antre; celui-ci payera 12 sous de services, et rendra aux mains de l'abbé les services féodaux [dominorum]^ et le travail des bœufs sur les terres étrangères profitera également aux deux parties.
Le 23 mai 1837, Jehanne Gornilleau, dame du Bourg-l'Êvèque, repré-
Motte-Gaubert, sur laquelle il n*avail pas le domaine, et qui relevait de la Moite de Bouchamp, mais sur laquelle il avait une rente de 19 sous 3 deniers, 5 boisseaux d^avo'ne, 2 gelines, et tous droits de service^}, de foi et hommage, de retrait, de rachat , (1*amendes et de ventes et issues.
DES PAROISSES DE L^ANGIEiN CRAONNAIS. 573
sentée par Jehan de Saint-Meluine , seigneur du Bourg-l'Ëvêque (1), donne à la confrérie de Saint-Nicolas de Simple un terrain de soixante pieds sur vingt pour y construire des maisons à la place d'une autre vieille maison, à charge de 2 sols 6 deniers à la fabrique Notre-Dame de Simple, et i2 autres deniers au curé-prieur de Simple, pour avoir part aux prières de ladite église en général, et particulièrement le jour de Saint-Nicolas, pour elle, ses prédécesseurs et ses successeurs : acte passé à Graon par W Poipail. En 1695, René de Rieux, marquis d'Oissant, poursuivant la succession d'Alexandre de Rieux, marquis de Sourdeac, propriétaire du château du Bourg-l'Évéque, voulut faire rendre gorge au fermier Mordrel; mais celui-ci prétendit que les principaux papiers et les meilleurs effets mobiliers avaient été dévorés par les teignes, les souris et les rats. ^
Par acte du 30 octobre 1722, Louise de Rieux-Sourdeac vendit le Bourgl'Évêque à Jacques Dumans, conseiller en la grande chambre du Parlement de Paris. Son frère et unique héritier, Michel Dumans, écuyer, le possédait en 1741. (M. l'abbé Logeais.)
Les armes des Dumans de Chalais sont d'argent fretté de gueules au chef échiqueté d'or, et de gueules écartelé d'hermine au bâton de gueules, péri en bande,
La chapelle de la Haute-Âugerie , desservie à l'église de Simple, en 1788, possédait pour temporel la closerie de la Haute-Augerie, en Méral, et relevait de Chanteil. [Arch. départ.. G, 175.)
La chapelle de Bonne-Rencontre, à la nomination de la famille Louveau, fut vendue par elle, en 1791, à charge seulement de payer à son acquit 80 livres de rente à la nalion.
Le seigneur de la Boissardière présentait à la collation de Tévéque une chapelle de 20 francs de revenu.
I) Voyez p. 3ii.
574 NOTES SUR L*HISTOinB PARTICULIÈRE