CHAPITRE .II
Comment le roy de Frapcbe envoya signifier au dno de Sombreset (Sommerset) que la ville de Foogières lui /ust rendue et restituée avec toutt les biens qui avoient esié prins dedans.
Le roj Charles estant monté à cheval au Moustier , et parti pour aller à Bourges en Berrj , sa ville, on lui viht signifier comment les Anglois avoient prins Fougières , environ six cents comhattantSy dont estoit chief un chevallier arragonûois , nommé messîre Franchois de Suriennes , et jpillé la ville, laquelle estoit riche et puissante, et peuplée de très hobles bourgeois et autres riches marchands^ Pouf lesquelles nouvelles , le roy alla àOhynonjetlà, par délibération du conseil, incontinent envoya le sifeur deCuUant, son grand maistred'hostel , Guillaume Cousinol , son conseiller , et Pierre de Foncer (Fontenay^, son escuyer d'escurie, en ambassade ^devers le duc de Sombreset ( Sommerset ) , gouverneur de Normandie, de par le roy
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d'Angleterre , pour lui sommer et requérir qu'U voulsit ( voulût ) rendre ef délibvrer lesdites ville et chastel de Fougières, et faire rendre et restituer les biens et marchandises qui dedaoïs avoient esté prins ; lequel duc de Sombreset dict qu'il désavouoit ceux qui les avoient prins , supposé qu'il en fust iceulx, et pour ce ne se melleroit ne entremetteroit de les faire rendre.
Xe duc de Bretaigne l'envoya pareillement sommer et requérir de rendre ou faire rendre et réparer Jesdites ville et chastel de Fougières , auquel ledit duc feit pareille response qu'il avoit faite aux ambassadeurs du.roy de Franche. Quand le duc de Bretaigne oy l ladite cause dudit duc , considérant les maux infinis qui polro^ent estre faits par icelle prinse, envoya en ambassade devers le i:oy de Franche, l'évesque de Resnes {Rennes),et le sieur de Que-, luenay (Guémené), pour luiremonstrer et faire sçavoir comment les Anglois avoient prins sa ville et chastel de Fougières , sur les tresves entre les roj's dé Franche et d'Angleterre, èsquelles le duc estoit comprins nommément avecques tous ses pays et seigneuries; et pour ces choses, considéré qu'il estoit son vassal et nepveu , le supplioit et requéroit de lui aider et donner confort à recouvrer sadite ville, ainsi que ung seigneur est tenu à secourir son vas-^ sal. Auxquels ambassadeurs de Bretaigne, le roy de Franche respondit , que pour ces causes il avoi| envoyé son ambassadeur vers le duc de Sombre* set ; et semblablement avoit envoyé hastivement
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par-devers le roy d'Angleterre , Jehan Havart, soa escuyer tranchant , pour le sommer de rendre ladite ville ; et pour ce Talloit attendre la venue et retour de iceux, et scavoir leur response , devant que on peust par autre manière besongner en ceste matière. Mais au cas que ils ne vouldroient rendre ladite ville , le roy promectoit secours et confort au duc de Bretaigne son nepveu , allencontre des Anglois, et lui aideroit à recouvrer sadite ville de Fougières de tout son pouvoir.