‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 11 sur 167 · I. Esprit de l'Église y T. VI, p · texte numérisé non relu

I. Esprit de l'Église y T. VI, p

HOSSTBEUT. T» XIL — MéM. 1» J. DO ClACQ.

xxij DES MEMOIRES

» d'homme, duquel ils ne véoieut jamais le visage; » et ce diable leur lisoit ou disoit ses commande- » ments et ordonnances , et comment et par quelle » manière ils îe dévoient adorer et servir. Puis fai- » soit par chascun d'eux baiser son derrière , et » puis il bailloit à chascun un peu d'argent. Et fi- » nablement leur administrait vins et viandes en » grande largesse dont ils se repaissoient ; et puis » tout à coup chascun prenoitsa chascune, et en un » points'éteindoit la lumière, et cognoissoient l'ung » l'autre charnellement ; et ce fait, tout soudaine- » ment se re trou voit chascun en sa place , dont ils » estoient partis premièrement . Pour cette folie feu- » rent prins et emprisonnés plusieurs notables gens » de ladite ville d'Arras , et autres moindres gens , » femmes folieuses( de mauvaise vie ) et autres ; et » feurent tellement géhennes ( torturés ) et si terri- » blement tourmentés, que les ungs confessèrent le » cas leur estre tout ainsi advenu comme dict est. * » Du Clercq, avec sa modération ordinaire, laisse entrevoir sa pensée touchant X^Pragmatique-Sanction. Il ne dissimule pas les abus qu'elle avait fait naître , mais semble apprécier le bien qu'elle devait produire. Il rapporte la satire allégorique que Ton dirigea contre le cardinal d'Albi, et que

I. T. m, fol. 84. Paris, 15701. Monstrelet n*a pu écrire ce morceau sur Tannée i459, puisqu'il étoit écrit en i453. frayez la préface du tom« I et X de cette édition.

DE I. DU CLERCQ. xa^

les dercs de rUnhrerâté représentèrent : c'étaient des rats qni mangeaient les sceaox de la Pragmatîqoe, et qui, après le repas, ayaienl la têle rovge. « Ic^ni cardinal y ajoute Dn Qerq , es- » UMt le jdos grand derc qoon scost estre ; il étoit » grand otateur et grand promectear , mais tenoit » peu ce qu'il ]Nnoniectoit : il estoit fort con voiteux,

• et ne lui estoit rien impossiUe à entreprendre ,

• mais qu'il j euist prouffit ' . »

Notre auteur ne fournit qu'un exemple des empiétements du dei^ sur Tautorité civile^ et il nous OttYainc que Philippe savoit au besoin se faire respecter par les moines.

« En i4% 9 le sS ^ maiy après le disner, Jehan » Piccavé , huissier d'armes de Philippe , duc de » Bourgongne , accompagné de plusieurs gens , » entra en l'élise Nostre4)ame-des-Carmes , lez j» Arras , et illecq, en rompant et faisant rompre » les hnys que on avoit clos contre lui , feit des- » mollir et despéchier une brasserie que lesdits » Carmes* a^cnent fait faire ; par mandement du » doc, impétré à la requette de ceux de la Yille » d' Arras ; et ne l'avoient lesdits Carmes vollu des- » mollir ladite brasserie y jà-çoit-ce que le duc leur » en euist rescript piûr deux fois ou plus ^. » Ces réyérends pères essajment de soutenir un siège,

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