‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 12 sur 167 · I. L. V, ch. J^f sur la fin · texte numérisé non relu

I. L. V, ch. J^f sur la fin

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xxiv DES MÉMOIRES

comme représentants de l'église militante. En effet , les champions du tabernacle tenaient alors la houlette et le glaive. Occupons-nous de ceux qui, par destination, ne défendent que des intérêts profanes , et à qui l'épée semble mieux convenir.

Le système militaire était encore trop imparfait pour qu'on pût exécuter avec suite de grandes entreprises et arrêter un plan compliqué. Les seigneurs accouraient avec leurs vassaux , souvent mal équipés , presque toujours mal ou point payés ; ou pillait le pays , on brûlait des châteaux et deâ villages, on faisait ce qu'on appelle une pointe, puis l'on se débandait et l'on retournait dans ses foyers. Quelquefois ces gens, une fois armés, restaient en troupe , et au lieu de servir leur seigneur, faisaient la guerre des grands chemins sous le nom d'e^orcheurs ou de retondeurs. Il arrivait aussi que le seigneur ne rougissait pas de s'associer à ce brigandage et d'en recueillir les profits. Tel était ce Guillaume de la Marck , qu'on surnomma le Sanglier des Ardennes. Cependant la régularité commençait à s'introduire dans le service. Philippe-le-Bon, et surtout Charles-le-Hardi, eurent une milice permanente, On donna plus d'attention au matériel des armées, qui devinrent plus nombreuses, La dis^ cipline fut aussi plus sévère , et les rivalités des seigneurs qui nuisaient à l'unité , par conséquent à la force du commandement , durent plier sous la

DE J. DU Cl.ERCQ %xr

main de fer Ju fougueux Charollois. Lorsqu'il fut maître de Dinant^ en i466 , il défendit qu'on outrageât les femmes : « Mais ilen jeutaulcunsquine » cessèrent, desquels le comte en feit pendre trois. . . » lesquels, publiquement et en plein Jour , feit venir » jMirmirost trois fois, afin quechascunpristexem- » pie , et puis les feit pendre à un gibet. Laquelle » justice feit cesser que on n'osast plus les femmes » violer ; car le comte aussi avoit juré que touts ceux » qui violeroient femmes , fuissent nobles ou noîs » NOBLES, cpi'il les feroit mourir. " » Cette rigueur était à sa place , mais quelquefois elle dégénérait en férocité. Souvent le comte frappait ses gens d'armes et « menacoitde faire mourir prestement » dès qu'ils ne faisoient à sa voUonté , et pour peu » de chose, comme on disoit. Il tua un archier, » pour ce qu'il ne se tenoit pas bien en ordon- » nance; et s'y n'estoient pas devant leurs enne- » mys. Pour telles choses et moindres, plusieui*s » en blessa et navra , et mesme férit plusieurs no- » blés hommes et hommes d'arme»; et n'y avoit sy » grand homme ne archiers qui ne le cremissènt ; » et n'y avoit point tant d'amour que de cré- » meur. * » Dans un autre endroit. Du Clercq dit encore : « Il n'y avoit sy grand sur qui il n'euist

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