‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 145 sur 167 · CHAPITRE XLI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLI

Comment le comte de punois envoya mectre Je siëge dcbvant le chasteaa deFronsacq en tenant le siège qu'il avoit mis à Bourgbowg, foomjr de gens de traictSj et féit savoir à ceux de libourne, d'eux rendre j et comme plusieurs places se rendirent au roj de Franche.

Le second jour de juing, audit an cinquante et ung, le comte deDunois envoya mectre le siège, par mer et par terre , diebvant une place appelée Fronsacq, et Udemoura devant Bourgbourg, par aucune espace de temps pour faire certaines ordonnances , et mectre régime et police au bien et proffit du royaume; et ce fait, vint personnellement audit siège de Fronsacq , et envoya ung héraut pour sommer ceux de Libourne d'eux rendre. Lesquels de Libourne envoyèrent les principaux de la ville pour trouver traictiè ; lequel traictié fait et accordé , la ville fust rendue au roy et baUliée en garde au comte d'Angoulesme. Et au regard du chasteau de Fronsacq , qui estoit le plus fort chasteau des marches de Guyenne, et lequel avoit toujours esté gardé d'Anglois^ natifs du pays d'Angleterre , pour ce que c'est chambre du roy et la clef de Guyenne et de Bourdelois , les Anglois tindrerif icelle place le plus qu'Uspeurent .Toutesfois, soyant, la noblesse et la grande multitude des gens de guerre debvant eux , qui n'estoit point la quarte

Ii45i) DE J. DU CLBttCQ. . 97

partie de la puissance du roy, et comment pour icelle heure les francs archiers tenoient quatre sièges, lesquels ne po voient secourir les ungs les autres pour les grosses rivières de Gironde et Dourdonfae, qui lors estoient très grosses, véants aussi qu'il n'y avoit siège tenu des Frànchois qui ne fust assés fort pour attendre et combattre toute la puissance que le roy d'Angleterre avoit en ce temps en Guyenne , pour lesquelles choses ceux de la place traictèrent avecques le comte de Dunois , que sien dedans la veille de Saint-Jehan-Baptiste, ensuivant ce jour, les Frànchois n'estoient combattus devant ladite place par les Anglois , qu'ils rendroient la place en la main du royj de Franche. Pareillement traictèrent ceux* de Bourdeaux, eux faisants fort de faire rendre toutes les places de Guyenne estants en l'obéissance du roy d'Angleterre , et , pour seureté de ce faire , baillèrent hostaiges , adfin d'entretenir ce que dict est. Et pour estre à icelle journée de la Saint-Jehan, vindrent le comte de Nevers, de Clermont, de Chastres, de Vendosme, de Penthièvre , accompagniés de plusieurs autres chevalliers et escuyers; et feurent en bataille ce jour pour attendre leurs ennemis. Et fust la journée hautement et bonnorâblement tenue en riches et grands habillements ; et là feurent faits chevalliers le comte de Vendosme , le vicomte de Turenne , le sieur de la Rochefoucault, le fils du sieur de Commerin (Couvran), messire Jehan de Roquencout , le sieur de Gounault , messire Pierre de Bar^ mes-

MOMSTRELCT. T. XU* — MbM. DE J. DE ClERCQ. m

98 MÉMOIUIÎS (i45i)

sire Pierre de Motengam , messirç Ferry de Grancourt, inessire Jehan de Bordelles, le sieur de Fontenelles , le bastard de Vendosme , messire Jehan de la Haye , messire Tristan L'Hermite, messire Jehan de TEstrange, messire Pierre de Louvain, et plusieurs autres, jusqu'au nombre de soixante chevalliers. Et le lendemain matin , qui fust la veille de Sainct-Jehan-Baptiste , rendirent les Anglois la place de Fronsacq, car aucun secours d'Anglois ne leur fust baillié ; et le baille-* rent es mains du comte de Dunois, lequel le laissa en garde à Joachim Rohault. Et envoya icellui comte de Dunois un hérault vers le comte d'Erminacq, qui tenoit siège devant la ville de Riom, lequel lui bailla le do\ible du traictié de Bourdeaux y et lors se rendit icelle ville en l'obéissance du roy de Franche, et fust bailliée en garde au sieur d' Albreth ; et de là s'en alla le héraut devers le sieur de Foix; et adoncques se meirent ceux de la cité d'Arqués en l'obéissance dudit roy.

Digitizsii by VjOOQ IC

(>43i) DE J. DD CX.EKCQ. gg

Page 1