‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 147 sur 167 · CHAPITRE XLIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIII

Gorament k tiëge fust mis debvaBik àtéde Ba^rosne, et êe» seigneiirs qui j yindrent; des saillies et assauts qui j feur^t fiûots.

Après la rendition de la Tille de Bourdeaux , fu^ ordonné que les comtes de Nevers , de Clermontet de Castres, iroient devers le roy de Franche , au cbasteau de Challebourg ; et les comtes d'Erminacq, d'Angoulesme et de Ponthièvre et leurs gens iroient en leurs maisons ; et semblablement touts les francqs archiers , jusques à ce qu'on les redemanderoit. Lesquels comtes de Clermont, de Nevers et de Castres , arrivés devers le roj de Franche , Charles , par le mojen de son conseil , il deslibéra aller mectre le siège devant Bayonne , tebant le parti des Anglois ; et , pour ce faire , ordonna au chasleau de Chierbourg , ses lieutenants , les comtes de Foix et de Dunois; lesquels, le sixiesme jour du mois d'aoust , meirent le siège devant la cité de Bàjonne* Et estoient en la compagnie du comte de Foix, jusques au nombre de sept cents lanches , avecques les archiers et guisarmiers , dont il y en avoit quatre cents lanches des gens du roy , et trois cents lanches des barons et chevalliers, hommes et subjets du comte de Foix, desquels ils faisoit beau veoir les montures et harnas

108 MÉMOIRES (»45i)

de teste. Le comte avoit avecques lui deux mille arhalestf*iers , et les paysans extraits de son pays. Après le siège assis par ledit comte, il feit plusieurs chevalliers , le fils du grand maistre d'hostel duroy, le sieur de Tessacq, frère du sieur de Nouailles, le sieur de Venacq, et plusieurs autres, jusques au nombre de quinze chevalliers. Et environ midi, icellui jour, arriva le comte de Dupois et de Longueville , lequel meit son siège devant la cité du costel devers Bierne (Béarn), entre les rivières de la Dieux et de la Mire , qui sont deux grosses rivières et larges; et tellement que l'ung desdits sièges ne povoit secourir l'autre. Et estoient en la compagnie d'icellui lieutenant , jusqueis au nombre de six cents lanches , les archiers et guisarmiers. Et à mectreicelluisiége, s'y gouvernèrent iceux capitaines grandement et honnorablement. Le lendemain, qui fust le sixiesme jour dudit mois, ceux dedans Bayonne, désemparèrent les fauxbourgs de Sainct-Léon , du costel où estoit le comte de Foix , lesquels estoient très forts et fermés dé fossés et de gros pquchons. Mais la grande multitude des grosses coulevrines , serpentines et ribaudequins, qui rompoient les palais , et tiroient les gens de guerre qui issoient à la deflPense , leur feirent abandonner et laisser lesdits fauxbourgs. Et adoncques bouttèrent le feu es églises qui estoient dedans, et es maisons par espécial, quant ils appercheurent ceux qui tenoient le siège, qui se mectoient à point pour eux assaillir. Et adonc-

(«450 DE J. DU CLEKCQ. lOQ

ques entrèrent iceux assaillants à fil dedans iceux fauxbourgs , et les poursuivirent si rudement , que, s'ils euissent esté cent hommes ensemble , ils fuissent entrésen la ville avecques ceux de dedans. Après ce fait, se logèrent les assaillants en iceux faux- Ijourgs, et estendirent le feu estant es églises et maisons; et se logea le comte de Foix es Augustins. Et le sixiesme jour ensuivant , du costel de Bourdeaux, vint le sieur d'Albreth et le vicomte de Tartas , son frère , et ^e logèrent au Sainct-Esprit, au bout du pont de bois ; lequel pont fust rompu la nuict ensuivant , par les gens du sieur d'Albrelh, lequel avoit en sa compagnie deux cents lanches avecques les arcbiers , trois mille arbalestriers. Et le lendemain saillirent hors ceux de la ville de Bay onne par un boullevert du costel de la mer. Et lors messire Bernard de Bierne et ses gens vindrent à l'escarmouche , et les rebouttèrent jusques dedans la ville; et en retournant de l*escarmouche, ledit seigneur Bernard fust frappé d'une coullevrine ; et percha son pavois, et entra le plein dedans sa jambe entre les deux os ; qui depuis fust tiré hors , et si bien gouverné par les chirurgiens , que le péril du feu en fust hors. Et le lendemain matin fust prinse une église forte qui estoit fermée de fossés et de pieux , par les gens d'icelui messire Bernard , moitié d'assaut, moitié d'emblée. Quant ceux de dedans Bay onne veirent les grands approchements de tirer contre la muraille , et si n'estoient point encoires venues les grosses bombardes, lesquelles

IIO MBAfOiaES (f45i}

approchoient fort , le vingt-cinquiesme jour dudit mois d'aoust, ils comjîienchèrent à parlamanter aux comtes de Foix et de Dunois,.et aucuns du conseil du roy de Franche ; lesquels , après plusieurs choses pourparlées, traie tèrent en la manière qui s'ensuit.

Page 1