‹ Chroniques d'Enguerrand de Monstrelet (volume 2)Chapitre 29 sur 167 · Valises · texte numérisé non relu

Valises

4* L. V,ch. 35.

xUj DES MÉMOIRES

Le corps d'armée , entretenu par le duc Charles , ainsi que nous Tavons dit , emmenait avec lui , de réserve , soixante pelles ferrées , vingt - quatre piques , vingt - quatre haches pour couper le bois , douze tranchies ' , six grandes sées à resser '^ , vingt -cinq pieds de chèvres 3^ vingt -quatre marteaux de maçon, deux cents lances , douze fallots , cinq cents cousteaux, six vingt toises de cordes ^.

Chastelain , dans son histoire de Jacques de Lalain , montre le maître de l'artillerie qui mène les « manouvriers et gens de pied , lesquels portoient » coignées , sarpes (serpes) , soyes ( scies) etlou- » ches ( bêches ) pour coupper barrières , remplir , » fossés et refaire chemin partout là où il estoit » de besoin 5. » Ailleurs le même officier « met en » ordre les charriots des marchands vivandiers et » aultres que le prevost des mareschaux con- » duisoit ^. »

Les affaires de la guerre étaient dirigées par uu conseil composé du chancelier , du premier cham* bellan , du maréchal de Bourgogne , de l'amiral ,

Tranchoirs.

Scies. Resser, scier.

Sorte de levier de fer.

Me'm. pour sen>ir à l'Hist.

de Fr. B

Voy. le vol. de cette Chronique, p.

Ib. 34i.

DE J. OU CLEROQ. liiii

du grand-maitre , de pluiears seigneurs expérimeotés > y da maréchal de Tost ^ y du maréchal- <les-logis, du maître d'artillerie ; et, depuis Philippe-le-Boa , du roi d'armes de la Toison-d'Or. Deux secrétaires rédigeaient les procès-verbaux des délibérations , dont on rendoit compte au duc. qui décidoit.

Le mareschal tenoit un des premiers rangs parmi les grands officiers. On ne pouvait le destituer sans lui faire son procè|. Cette charge n'étoit point héréditaire, mais dépendait entièrement du prince, entre les mains duquel le maréchal était obligé de prêter serment , après quoi le duc lui remettait le bâton , et le déclarait conmiandant de ses armées. Cet officier , sous les anciens ducs, n'était pas chef des armées, mais bien le connétable , dont la charge a été supprimée , à ce qu'il semble , avant les quatre derniers ducs. Le maréchal jouissait de plusieurs droits ; outre ses gages , qui étaient de 200' francs , il prenait un demi-franc sur la paie de'^chaque soldat de Tarmée.

Lorsqu'il étoit absent , le duc établissait un ma* réchal de l'ost, lequel jouissait des gages, droits et prérogatives du mareschal.

I.* Olivier de la Marche met ici les maîtres d'hatel , mais on n'en trouve aucune preuve.

a. Espèce de lieutenant-général ou de maréchal-de-camp.

xliv DES MÉMOIRES

Olivier de la Marche affirme que les maréchaux: des logis et de l'hôtel étaient subordonnés au maréchal ; qu'on pouvait appeler devant lui du grand conseil et du parlement , ou de tout autre juridiction, en matières qui étaient de son ressort, tandis qu'au contraire il jugeait sans appel.

Un prévôt des maréchaux , assisté d'une garde nombreuse, faisait exécution criminelle par tous les pays de la dépendance du duc , excepté en son pa-* lais, qui était de la juridiction des maîtres d'hôtel. Durant la guerre , le prévôt était chargé de protéger les marchands , de mettre les vivres à prix , de tenir la justice dans l'armée , tant criminelle que civile, et pouvait instruire toute espèce de causes , excepté sur le fait de la guerre.

Les déclarations de guerre se faisaient encore par des hérauts, qui publiaient aussi les trêves, et servaient de parlementaires.Leurs personnes étaient sacrées. En quatorze cent cinquante-deux, les Gantois arrêtèrent un héraut envoyé par les ambassadeurs du roi de France, et, malgré leur licence , ils n'osèrent lui faire violence, se contentant d'étrangler son valet , qui , par malheur , portait une croix de Saint- André , marque des enseignes du duc de Bourgogne '

Parmi les superstitions militaires de ce temps ,

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